‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 134 sur 164 · DÉPLACEMENTS DES OVAIRES · texte numérisé non relu

DÉPLACEMENTS DES OVAIRES

ovaires quittent leur position par reiîet de leur propre poids; dans le second cas, au contraire, le déplacement est indirect : l'ovaire sain n'abandonne sa place que parce que l'ovaire malade lui imprime un mouvement, soit de traction, soit de bascule.

Dans la seconde variété, les causes du déplacement sont à coup sûr plus nombreuses que dans la première. La mobilité des ovaires flottant dans le bassin, leurs relations avec la masse intestinale non moins mobile qu'eux, et leurs rapports avec une membrane aussi facilement inflammable que le péritoine, expliquent la facilité d'adhérences, causes de semblables déplacements.

L'utérus, dont j'examinerai plus loin les altérations de position , a été accusé à son tour d'entraîner les ovaires dans les mouvements anormaux qu'il exécute, ce qui créerait une troisième variété de Taffection que j'examine. Sans contester la réalité d'un semblable déplacement, je ferai remarquer qu'au point de vue oii nous sommes placé, cette cause n'a peut-être pas toute Timportance que l'on serait porté à lui attribuer au premier abord, car l'utérus, en se déplaçant, entraîne tout à la fois la trompe et l'ovaire, et par ainsi, ne doit point altérer les rapports qui unissent ces organes; dans ces cas, les motifs de la stérilité, quand elle existe, se trouvent suffisamment expliqués par le déplacement de la matrice, sans qu'il soit nécessaire d'invoquer un phénomène étrange ou tout au moins douteux.

Quoi qu'il en soit, le diagnostic du déplacement des ovaires, hormis les cas d'augmentation de volume et de poids de ces organes, est toujours difficile et constamment obscur ; la palpation abdominale et le toucher rectal ne fournissent que des données incertaines, et la percussion est à peu près impuissante à trouver et à limiter deux organes que peuvent si facilement lui dérober quelques anses intestinales. L'hémorrhagie

menstruelle est souvent, il est vrai, altérée dans son type; mais ces altérations peuvent être rattachées à tant de causes, qu'il ne faut les accepter que comme une ressource essentiellement aléatoire.

Les antécédents de la malade, dans les cas surtout d'adhérences, ont une importance réelle, si l'on réfléchit au mécanisme de ces adhérences qui, presque toujours, succèdent à une péritonite ou à l'inflammatioa de quelque organe du bassin ; c'est ainsi qu'il me fut un jour possible de m'expliquer la stérilité d'une femme qui, deux années avant son mariage, mais après l'établissement de la menstruation, avait eu une phlegmasie intense des ganglions lymphatiques lombaires.

Cette observation est curieuse par la terminaison qui sembla justifier le diagnostic que j'avais porté, et mérite à ce titre de trouver ici une place.

En l'absence de tout autre signe de stérilité, soit du côté du mari, soit du côté de la femme, etm'appuyant exclusivement sur les conséquences qu'avait pu avoir la phlegmasie dont j'ai parlé, je conclus à l'existence de brides, formées entre les ganglions lombaires enflammés et les trompes ou les ovaires, poussés à la rencontre les uns des autres par la pression des intestins et par la position horizontale sur le dos. Je déclarai donc à la malade que je n'avais rien à faire et que tout traitement était superflu.

Velpeau, consulté, se rangea à mon diagnostic et, comme moi, jugea toute médication inutile.

Fieury, qui à cette époque était à la tête de l'établissement hydrothérapiquede Bellevue, refusa d'admettre notre manière de voir et crut simplement, quoique les règles fussent régulières et normales, à une atonie des organes de la génération; en conséquence il conseilla une saison à Bellevue.

La malade y passa deux mois sans succès, et finit par se rendre au conseil que Velpeau et moi lui avions donné, c'est-

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