‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 139 sur 164 · ADHÉRENCES DES TROMPES UTÉRINES · texte numérisé non relu

ADHÉRENCES DES TROMPES UTÉRINES

Je m'abuse peut-être sur les difficultés de l'opération, car Tyler Smith a fait construire des sondes avec lesquelles, assure-t-il, il est non-seulement parvenu jusqu'aux trompes, mais encore il a débarrassé ces organes des matières qui les obstruaient, et il a rendu ainsi la fécondité à des femmes qui en étaient privées.

J'ignore si Tyler Smith, qui a publié un bon ouvrage sur ce sujet (1), continue à Londres de pratiquer avec succès le cathétérisme des trompes de Fallope ; mais je sais qu'en France personne ne s'est fait le champion d'une pratique dont l'expérience a depuis longtemps montré l'inanité et les dangers.

Cette conclusion est d'autant moins consolante que l'art est complètement désarmé contre de semblables affections, et qu'il nous faut remettre à la nature le soin exclusif d'une guérison devenant, par cela même, plus que problématique.

§ III. — Adhérences des trompes utérines.

Des adhérences se font quelquefois entre diverses courbures des trompes, comme il arrive aux circonvolutions de l'intestin à la suite d'une péritonite; dans ce cas, il résulte soit des raccourcissements, soit des déformations de l'oviducte, qui diminuent et oblitèrent même l'intérieur du canal.

Dans d'autres circonstances l'adhésion des trompes se fait avec la face postérieure de l'utérus ou tel autre point voisin, plus ou moins éloigné de l'ovaire.

Les causes les plus ordinaires de ces adhérences sont les maladies qui atteignent principalement l'enveloppe séreuse : l'inflammation péri-utérine, la péritonite pelvienne, la péri-

(1) Tyler Smith, Parturition and the principles and practice ofohstetries. London, 1849, in- 12.

(5(58 STÉRILITÉ ClIliZ LA FEMME.

métrite, l'hématocèle, etc. Dans une observation citée plus haut (1) j'ai rapporté le fait d'une adhérence consécutive à l'inflammation des ganglions lombaires.

Mais quel que soit le point de départ de ces adhérences, la stérilité est absolue, parce que, les rapports de l'oviducle et de l'ovaire étant changés, le pavillon ne peut plus embrasser la vésicule de de Graaf, arrivée à maturité, ni par conséquent

recevoir l'ovule.

L'art est désarmé devant un pareil accident ; le hasard seul peut quelquefois rompre l'adhérence, ainsi qu'il est advenu dans l'observation que je rappelais tout à l'heure.

§ IV. — Déplacements des trompes utérines.

En parlant de la hernie des ovaires, j'ai indiqué l'observation de Bessière, dans laquelle le pavillon seul de la trompe fut trouvé à côté d'une anse d'épiploon, et celles de Desault et de Murât, dans lesquelles l'utérus et ses annexes occupaient le sac.

Je ne reviendrai pas sur ces divers faits, et je rappellerai que M. Dolbeau a présenté en 185/i, à la Sociélé anatomique, une observation analogue à celle de Bessière, et que le secrétaire de cette Société, Bauchet, a résumée de la manière suivante : « Une malade était entrée, dit-il, dans le service de Velpeau, avec une tumeur rouge fluctuante dans le pli de l'aine, au niveau du canal inguinal, tumeur parfaitement irréductible et qui fut incisée. Il s'écoula du pus; puis, deux jours après, survint une péritonite qui enleva promptementla malade. -On trouva à l'autopsie cette poche purulente qui s'était formée dans un sac herniaire ; dans ce sac, la trompe qui portait elle-même un kyste de son pavillon. A l'ouverture in-

(1) Voyez la page 652.

tra-abdominalc du canal inguinal se trouvait l'ovaire qui ne

s'était pas liernié (1). »

Les considérations que j'ai présentées plus haut sur les déplacements et les hernies des ovaires s'appliquent exactement aux déplacements et aux hernies des trompes, et me dispensent par conséquent de m'étendre davantage sur des affections dont l'anatomie pathologique retire à peu près seule tous les enseignements.

Page 1