‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 141 sur 164 · TROUBLES DE J.A RÉCEPTION SPERMATIQUE · texte numérisé non relu

TROUBLES DE J.A RÉCEPTION SPERMATIQUE

Je n'examinerai dans ce chapitre que les affections du col de l'utérus. Pour être logique jusqu'au bout, je devrais aussi passer en revue celles du corps de cet organe, car le sperme no fait que traverser le col, et est réellementreçudans la cavité de la matrice.

Mais outre que, dans cet acte de réception, le rôle le plus difficile est dévolu au col, le corps de l'utérus accomplit plusieurs autres missions sur lesquelles je dois m'arrêter plus loin, de telle sorte que je crois préférable, et pour ie lecteur et pour moi, de réserver pour un seul cadre, qui sera le chapitre suivant, toutes les affeclions du corps et du fond de la matrice, et de n'admettre dans celui-ci que les lésions seules du Col.

s *• — vices tic conformation «lu col «le l'utcsus.

Absence du col de l'utérus. — Ge vice de conformation se présente toujours avec l'absence du corps de la matrice; on ne comprend pas qu'il en soit autrement, puisque le col n'est qu'une partie de l'organe gestateur, et que l'un et l'autre sont formés par les canaux de Muller.

Cependant quelques auteurs citent des exemples d'absence du col avec développement normal du corps delà matrice; mais quand on les lit avec quelque attention, on se prend à

douter delà réalité'des résultats qu'ils annoncent. Je parle ici de l'absence congénitale du col, car il est bien évident, ainsi que je le dirai tout à l'heure, que cet organe s'atrophie quelquefois d'une manière morbide et disparaît souvent par l'efîet de l'agc. Sans doute, le col de l'utérus peut ne pas avoir les dimensions qu'il présente d'ordinaire, quoiqu'il soit presque impossible de rien déterminer à cet égard, à cause des nombreuses variations individnelles qu'offre cet organe; mais il y a loin cependant d'un volume moindre à une absence complète. On comprend avec peine, en effet, qu'un arrêt de développement frappe isolément le col de l'utérus, et respecte le reste de l'organe gestateur; aussi je n'hésite pas à admettre que, dans les cas cités comme absence complète du col de la matrice avec développement normal du corps, on avait affaire à un déplacement de l'organe, à une forte déviation en arrière, ou à une insertion vaginale sur les lèvres du museau de tanche, comme Marion Sims en cite un exemple (1).

Arrêt de développement. — Le développement rudimentaire de l'utérus, et partant de son col, a été noté aussi souvent que l'absence complète; sur le vivant il est difficile de distiiiguer l'un de l'autre; le dommage n'est considérable qu'au point de vue tératologique, car sous le rapport de la fécondation, la femme est également stérile dans l'un et l'autre cas.

Ces anomalies de l'utérus peuvent exister avec l'intégrité parfaite des organes externes de la génération, et la femme ne perd alors aucun des bénéfices de la copulation : « Fœmina erat, dit Colombus, cujus vulva ab aliarum fœminarum vulvis nihil peculiare et diversum habebat : et matricis colli porlio prominebat vel matricis collo simile, matrix autem nuUa aderat in abdomine, neque vasa seminaria, neque testes. Et quoties

(1) Marion Sims, Notes cliniques sur la chirurgie utérine, 1866, p. 253.

AîsOMALIES DU COL UTÉRIN. — CONICnK. "7/

ciim viro coibat (coibat autem swpe), niirandiim in modiim conqiiercbatiir (1). »

Notre époque, comme je l'ai développé plus haut {'!), ne contredit pas l'opinion exprimée par l'anatoniiste du xvi' siècle, et proclame bien haut, au contraire, que l'utérus n'a aucune influence sur les désirs et les plaisirs copulateurs.

Les ovaires, dont le point d'origine est dans le corps de Wolf, peuvent exister en l'absence de l'utérus ; dans ce cas l'ovulation est privée de l'hémorrhagie utérine, mais s'accompagne de molimen et quelquefois d'une liémorrhagie supplémentaire, fournie souvent par la muqueuse voginale.

Presque toujours les trompes suivent les destinées de l'utérus dont elles ne sont que des ramifications, et avec lequel elles découlent des tubes de Muller.

Mais, je le répète, toutes ces considérations n'ont qu'un intérêt pnrcm.ent scientifique, car la stérilité qui en résulte est radicale et au-dessus des ressources de l'art.

Conicité du col de riitérus. — Je ne veux parler ici que de l'allongement anormal du col de l'utérus se produisant en dehors de toute affection organique de l'organe. Cette augmentation de longueur porte quelquefois sur ia totalité du col, et tantôt est limitée à une des lèvres du museau de tanche. Dugès et madame Boivin (3) citent des exemples de l'un et de l'autre cas ; et Uuparcque rapporte une observation qui montre tout à la fois le degré que cet allongement peut atteindre, et sa possibilité congénitale que tous les auteurs ne paraissent pas admettre.

Une semblable difformité doit, dans beaucoup de circon-

(1) Realdus Colombus, De re anatomicâ, 1572, lih. XV, p. 195.

(2) Voyez la page i7i.

(3) M'"" Boivin et Dugès, Traité pratique des maladies de l'utérus et de ses annexes. Paris, 1833, 1. I, p. 103.

(4) Duparcque, Traité sur les altérations organiques simples et cancéreuses de la matrice, T éd. 1839, t. I, p. 15G.

Stances, empêcher la fécondation ; il advient, en effet, ou que le col utérin, poussé par la verge, se coude sur lui-même, soit en avant, soit en arrière, do manière à diriger en haut l'ouverture du museau de tanche; ou qu'il se croise avec le membre viril, de tehe sorte que l'tyaculation va se perdre dans le cul-de-sac du vagin.

A ces circonstances purement mécaniques dont il faut bien reconnaître la possibilité, Lisfranc ajoute, comme cause de stérilité dans le cas de la forme conique du col, l'étroitesse extrême de l'ouverture utéro-vagiuale du museau de tanche. « Son sommet qui est en bas, dit-il, offre à peine le diamètre de 2 millimètres 1/2 environ (une ligne); il est percé à son centre d'une petite ouverture qu'on dirait avoir été pratiquée avec une vrille très-fine; toujours, jusqu'aujourd'hui, j'ai observé que l'extrémité inférieure de la matrice gagnait en longueur ce qu'elle perdait en largeur. La disposition sur laquelle j'insiste, et que j'ai le premier indiquée, rend la conception très-difficile et même ordinairement impossible. Sur le très-grand nombre de personnes que j'ai touchées, ou que j'ai examinées avec le spéculum, j'ai reconnu que la forme du col utérin dont je m'occupe rendait les femmes stériles dixneuf fois sur vingt, et j'ai toujours appris, en les interrogeant, que celles qui avaient été assez heureuses pour devenir enceintes n'avaient fait ordinairement qu'un enfant, très-rarement deux. J'écris ce que j'ai observé, et je ne soutiens point que les faits ne puissent pas offrir des exceptions (1). »

Marion Sims est arrivé à peu près aux mêmes résultats que Lisfranc : sur 218 femmes dont le siège de la stérilité était au col, 175 offraient une hypertrophie conique, congénitale ou morbide (2).

(1) Lisfranc, Clinique chirurgicale de lliôpital de la Pitié. Paris, 1833, t. II, p. 139.

(2) Marion Sims, loc. cit., p, 237.

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