ANOMALIES DU COL UTÉRIN. ATRÉSIE
Je m'occupe plus loin de rallongement hypertrophique du col, survenant à la suite d'une lésion organique de l'organe; en cette place, je ne retiens que l'allongement congénital, et je le considère comme une cause à peu près certaine de stérilité, soit à cause de sa facile courbure pendant le coït, soit à cause de l'étroitesse de Touverture utéro-vaginale.
Bien des moyens ont été proposés pour diminuer la longueur du col et dilater son ouverture : les astringents, les caustiques, le feu, les dilatateurs de toutes sortes, ont tour à tour été préconisés et employés sans grand succès.
Devant ces tentatives infructueuses, Lisfranc proposa l'amputation du col de l'utérus, et cita même deux cas oii cette opération fut pratiquée heureusement, l'une par lui et la seconde par un autre médecin qu'il ne nomme pas. « L'opération dont je viens d'entretenir le lecteur, dit-il en terminant, entrerat-elle dans le domaine de la médecine opératoire? Je laisse à l'expérience le soin de décider cette grande question. »
L'expérience s'est prononcée en faveur de Lisfranc ; l'amputation du col règne aujourd'hui sans conteste dans le domaine de la chirurgie.
Atrésie et étroitesse du col. — La non-perméabilité du col de la matrice peut être congénitale ou acquise :
Dans le premier cas, l'atrésie s'appelle une imperforation;
Dans le second cas, l'ytrésiese nomme une oblitération.
Je ne m'occupe ici que de l'atrésie primitive, parce que l'atrésie consécutive rentre nécessairement dans le cadre des lésions organiques du col.
L'atrésie congénitale a presque toujours son siège à l'ouverture vaginale du col ou dans un point peu éloigné.
La nature de l'obstacle est tantôt une simple membrane qui tapisse le museau de tanche, et tantôt un tissu cehulaire, traversé par des fibres musculaires plus ou moins nombreuses.
680 STÉHILITÉ CHEZ l.A FEMME.
Ce vice de conformation ne s'accompagne pas ordinairement d'autres anomalies de l'appareil génital; aussi nesedécèle-t-il, le plus communément, qu'à la puberté, parles symptômes qui caractérisent la rétention des règles.
Cette circonstance fait une obligation d'agir au plus vite, non pour donner à la jeune fille l'aptitude à la fécondation, mais pour la mettre à l'abri des dangers qui menacent sa vie.
Quand la muqueuse vaginale, en se repliant sur le museau de tanche, est le seul obturateur de l'ouverture, l'opération est très-simple et peut être faite avec un trocart, un bistouri ou des ciseaux.
Quand l'imperforation tient à la présence du tissu cellulaire dont j'ai parlé, l'opération est tout à la fois plus délicate et plus compliquée que la première. Après le percement de l'obstacle fait avec le trocart ou le bistouri, il est nécessaire de débrider à droite et à gauche, et de maintenir l'ouverture béante au moyen de mèches de charpie, d'éponge préparée ou de cônes de laminaria, introduits dans son intérieur.
Il est incontestable, si les règles font défaut, et si l'on suppose l'absence ou l'atrophie des ovaires, que toute opération est inutile, et pour l'écoulement d'un flux qui n'existe pas, et pour une fécondité absolument impossible.
Le plus ordinairement, il n'y a qu'une simple étroitesse d'une des deux ouvertures, suffisante pour amener souvent la stérilité, et pour produire toujours la dysménorrhée.
Il est rare que les deux ouvertures du canal utérin soient en même temps rétrécies; l'ouverture vaginale l'est plus souvent que l'ouverture utérine, sans admettre pourtant que cette anomalie soit commune.
Néanmoins, elle se rencontre dans la pratique et empêche fréquemment la fécondation.
Il faut donc y remédier.
Assez généralement la dilatation, forcée ou progressive, est
LÉSIONS ORGANIOUI^S DU COL UTÉIUN. 08 1
insuffisante, ot il est nécessaire de recourir à nue opération chirurgicale.
Cependant il est sage de toujours tenter la dilatation, car si ce moyen n'est pas radical, il sert au moins de traitement préparatoire.
L'opération cliirurgicale comporte des méthodes variables avec chaque cas ; mais elle doit toujours avoir pour objectif la rétractation du tissn cicatriciel, et empêcher que cette rétractation ne détermine un rétrécissement pire que le premier.
§ II. — Lésionii organi<|iies du col de l'iilcrtis.
Si l'on excepte quelques dégénérescences, qui môme ne sont pas toujours une cause de stérilité, puisqu'on a vu des femmes portant un cancer au col de l'utérus être fécondées, je ne sais aucune lésion organique qui, par elle-même, empêche le sperme d'arriver dans la matrice. Sans doute beaucoup de ces affections, ainsi que je vais le dire, peuvent consécutivement créer des obstacles au passage du fluide séminal ; mais il n'est, je le répète, aucune rougeur, aucune érosion, aucune ulcération qui, par leur nature seule, soient capables de s'opposer à la conception.
iMais il n'en est plus de même quand on les considère dans les conséquences que quelques-unes d'entre elles peuvent entraîner, et aussi au point de vue du traitement qu'elles réclament.
Les affections consécutives aux lésions organiques du col de l'utérus, et qui constituent par elles-mêmes de véritables lésions organiques de cet organe, affectent, à notre point de vue, tantôt la perméabilité seulement du canai utérin, et tantôt le col tout entier, dont elles altèrent tout à la fois la capacité, la direction et le volume.
Je vais examiner séparément chacune de ces lésion^.
STÉHILllÉ CHEZ LA FILM.ME.
A — Oblitération totale ou partielle du col.
Les affections capables d'amener l'atrésie du col utérin n'aboutissent pas toujours aux mêmes résultats : tantôt elles diminuent seulement le diamètre du canal iitéro-vulvaire {rétrécissement); tantôt elles donnent naissance à des produits anormaux ou h des brides qui interceptent sa perméabilité (obstruction); tantôt, enfin, elles en déterminent l'occlusion complète par l'adhérence de ses parois [oblitération).
Dans tous ces cas, les conditions de la progression du sperme à travers le col de l'utérus sont assez profondément modifiées, pour que la liqueur séminale éprouve une véritable impossibilité d'arriver jusque dans la matrice, et que, par suite, la stérilité en soit la conséquence.
Rétréci 5 SE AI ejnt du canal utérin. — Le simple rétrécissement du canal utéro-vulvaire est, des trois accidents que je viens de signaler, le moins défavorable pour la conception; il est ordinairement amené, ou par la plilegmasie, soit aiguë, soit chronique, ou par l'engorgement du col utérin.
Rétrécissement j:)Jilerpnasique. — Le rétrécissement qui est dû à la phlegmasie offre dans sa formation un mécanisme identique avec celui qui préside à certains rétrécissements du canal de l'urèthre; ainsi il est constitué tantôt parle durcissement de la muqueuse, tantôt par un bourrelet du ti^su cellulaire sous-jacent, et tantôt par une induration du tissu même du col de l'utérus.
Il est aisé de constater le rétrécissement par le cathétérisme, mais il n'est pas aussi facile de déterminer la nature du rétrécissement. Sans doute, une main exercée peut faire la part de ce qui revient ou au durcissement de la muqueuse, ou au bourrelet du tissu cellulaire sous-jacent, ou à l'induration du tissu même du col ; mais pour la majorité des médecins, j'es-