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RÉTRÉCISSEMENT DU CANAL UTÉRIN

time cette distinction très-difficile. Fort lieiireiisenient, elle n'a pas dans la pratique l'importance qu'on pourrait être tenté de lui attribuer, ainsi qu'on le verra par ce queje\ais dire du traitement à opposer à ces sortes de rétrécissement.

La position mobile de l'utérus dans l'excavation du bassin et la direction de son orifice vulvaire ne permettent pas de laisser à demeure des corps rigides et lourds, qui exposent la femme à des dangers réels, comme ne l'a que trop montré la discussion de l'Académie de médecine sur le redresseur intra-utérin de Simpson et de Valleix (1). Mais si des sondes métalliques ne doivent point être laissées en place, on peut, sans inconvénient, pratiquer le catliétérisme avec des sondes dont le calibre va en augmentant. Le séjour de la sonde dans la cavité du col a une durée proportionnelle aux efforts qu'il faut faire pour surmonter le rétrécissement; cependant, en thèse générale, la sonde peut être maintenue dans le canal utéro-vulvaire, depuis cinq minutes jusqu'cà une demi-heure et même davantage.

De plus, on peut recourir à des substances dilatatrices que l'on laisse à demeure pendant un ou deux jours. De ce nombre sont les cônes en éponge préparée, en laminaria, en racine de gentiane, etc., etc.

Quelquefois il arrive que la dilatation, quelque méthodique et quelque bien faite qu'elle soit, est impuissante à faire disparaître le tissu anormal qui constitue le rétrécissement, et qu'il faut, comme dans les rétrécissements du canal de l'urèthrc, recourir à la i^carification et à la cautérisation.

Ces deux opérations étant également nécessitées par la présence de brides ou de fausses membranes développées dans le canal utérin, je renvoie leur examen au paragraphe suivant, consacré en partie à l'étude de ces productions anormales.

(1) Bulletin de l'Académie de médecine. Paris, 1851 t XIX n fi^S et siiiv. ' ■ " ' ^'

(58 /l STÉRILITÉ CHEZ LA Fl-MME.

Rétrécissement concjeslif. — Ce rétrécissement est en quelque sorte mécanique : il est dû à la pression exercée sur les parois du canal utérin par les parties voisines engorcées. Dans ces cas, l'ouverture extérieure tantôt disparaît comme au fond d'un entonnoir, et tantôt, au contraire^ est proéminente par l'effet du gonflement des lèvres du museau de tanche qui la ferment par l'augmentation de leur volume.

Je n'ai point à faire ici l'histoire de l'engorgement du col, que je dois considérer en lui-même, indépendamment des maladies dont il n'est le plus souvent qu'un épiphénomène.

Presque toujours, quelle que soit la forme que revête l'engorgement, et qui le fait appeler tantôt engorgement congestif, tantôt engorgement dur, l'affection est produite par un état phlegmasique qui réclame impérieusement et exclusivement, dès le début, l'emploi des antiphlogistiques. Plus tard, quand la phlegraasie a disparu, les toniques et les reconstituants, comme le régime approprié, l'hydrothérapie, les bains do mer, achèvent la médication, avec les toniques et les astringents locaux.

Dans les cas d'engorgement phlegmasique simple, avec ou sans ulcération, mais avec une douleur constante par la pression à la partie postérieure du col, je me trouve toujours trèsbien, quand la constitution de la malade le permet, d'une application de quelques sangsues sur le col même de l'utérus.

Dans quelques circonstances, sous l'empire d'une constitution pléthorique et d'une menstrualion insuffisante, ii se produit, chez quelques femmes, un engorgement dont aucune maladie n'est le point de départ, et qui, plus souvent peut-être que l'engorgement pathologique, rétrécit le canal utérin et met obstacle au passage du sperme.

Parmi plusieurs faits de cette nature que je pourrais rapporter, je me bornerai au suivant, très-intéressant et très-remarquable.

RÉTRÉCISSEMENT DU CANAl- UTÉRI.\. fi85

M"" G., Espciqnole, grande, forte, bien musclée et très-sanguine, m'accuse une stérilité confirmée par quatre années de mariage; l'hémorrhagie menstruelle, médiocrement abondante mais très-régulière, est presque toujours précédée de douleurs lombaires et de coliques qui s'apaisent avec l'apparition du flux menstruel.

Jamais de leucorrhée, pas même à l'époque des règles.

Au toucher on trouve le col dur, volumineux, les lèvres proéminentes, surtout l'antérieure, mais n'accusant aucune douleur.

A la vue, la couleur est rouge ; tons les vaisseaux sont gorgés; on comprend qu'il y a dans cette partie, comme d'ailleurs dans tout l'organisme, une exubérance et comme un trop-plein de la vie plastique.

Tous les autres organes de la génération sont en parfait état.

Dans ma pensée, cet excès de plasticité, en produisant un engorgement physiologique, si je puis ainsi dire, déterminait, comme l'engorgement morbide, un rétrécissement du col qui donnait lieu à la stérilité que j'avais h combattre.

Au moyen de sangsues appliquées directement, je dégorgeai le col; le mois suivant, l'absence des règles annonça une grosse.^se qui confirma toutes mes prévisions.

Depuis cette époque, toutes les fois que M'"^ G. a voulu avoir un enfant, il a fallu recourir au dégorgement du col ; à chaque fois, — il y a eu trois grossesses — la fécondation a eu lieu, et les produits, arrivés à terme, jouissent tous de la plus parfaite santé.

Gomme on le voit, le col de l'utérus peut être affecté d'un excès de plasticité qui, presque toujours, coïncide avec une exubérance de la vitalité générale.

Gependant l'engorgement physiologique du col n'est pas toujours lié à une constitution pléthorique; il peut être une disposition tout à fait locale.

t)8(> STÉRILITÉ CHEZ lA FEMMK.

La conduite à suivre n'est pas modifiée par cette circonstance, et j'estime que les sangsues ou des scarifications sur le col sont les moyens les plus prompts et les plus efficaces.

Obstruction du caxal utérix. — L'obstruction du canal utérin peut être amenée par des circonstances de diverses natures : tantôt elle est due à la présence d'un ou de plusieurs calculs; tantôt elle est formée par un néoplasme, par une tumeur, par un polype, nés sur le col même ou dans l'intérieur de l'utérus; tantôt elle tient à des granulations qui, semblables à des bourgeons charnus, remplissent le col d'une véritable végétation ; tantôt elle est occasionnée par la formation de brides ou par l'exsudation de fausses membranes, comme dans la métrite diphthéritique; tantôt, enfin, elle reconnaît pour cause les mucosités sécrétées par l'utérus, et dont l'abondance ou le durcissement créent au passage du sperme un obstacle souvent infranchissable.

On comprend de quelle importance est, au point de vue du traitement, le diagnostic différentiel de toutes ces causes d'obstruction, car en agissante l'aveugle on s'expose à aggraver le mal au lieu de le détruire.

Heureusement le diagnostic n'est pas difficile quand on a^ pour s'aider, l'inspection au spéculum et le cathétérisme utérin.

Le pronostic, au point de vue de la stérilité, n'a rien également de grave; c'est ici que l'on peut, avec toute raison, appliquer le fameux axiome : Sublatà causà tollitur effecim^ car c'est, en effet, à l'enlèvement de la production anormale, que se résume tout le traitement de l'inaptitude à la procréation.

Dans les cas de calculs, ceux-ci sont saisis, s'ils peuvent l'être, et amenés au dehors. Mais faisons remarquer que ces concrétions pierreuses n'ont jamais été trouvées que sur le cadavre, et que je n'en parle que pour mémoire.

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