OBSTRUCTION DU CANAL UTÉRIN
Quand un néoplasme, tumeur ou polype, est la cause de l'obstruction, il faut, si la chose est possible, recourir à une opération chirurgicale. Je sais bien, comme je le dirai en parlant des corps étrangers de l'utérus, que la fécondation et la gestation sont possibles avec la présence d'un polype, par exemple, dans la matrice; mais je suis convaincu de l'impossibilité de la fécondation, si le polype descend dans le col et l'obstrue. Danstous les cas, l'existence de ces productions morbides est une grave présomption de stérilité et, à ce point de vue, leur disparition me parait nécessaire.
Dans les cas de granulations, de bourgeons charnus, de végétations, n'importe leur nature, la curette de llécamier rendrait d'incontestables services, si elle n'avait pas l'inconvénient d'exposer l'organe gestateur à une plilegmasie intense, et de pallier seulementle mal pour un temps fort court, au lieu de le guérir. Sans doute dans quelques circonstances qu'il serait assez difficile de spécifier, cette opération de curage peut n'amener aucun accident sérieux, puisque Récamier assure l'avoir pratiquée plusieurs fois ; mais l'incertitude précisément qui plane sur les conséquences qu'elle peut entraîner l'a mise en une juste suspicion auprès des praticiens; pour mon compte, je donne de beaucoup la préférence à la cautérisation, faite avec un bâton de nitrate d'argent que j'introduis rapidement dans toute la longueur du canal utérin, et que je remplace ensuite par unemôche de charpie fortement enduite decérat, pour prévenir l'adhérence des parois cautérisées. Cette manœuvre n'empêche en aucune façon un traitement général, s'il est nécessaire, comme dans les cas de végétations syphilitiques, ou un traitement local mieux approprié à la nature de l'affection. Le nitrate d'argent, porté dans le canal utérin, n'a d'autre prétention que celle de débarrasser ce canal des obstructions qui en gênent le parcours, mais il ne doit point s'élever jusqu'au titre de spécifique. Sans doute, dans beau-
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coup de circonstances, son action modifie lieLireusement la vitalité des tissus, et concourt ainsi à la disparition de la maladie mère, si je puis ainsi dire; mais cette action purement locale, est, dans beaucoup de cas, insuffisante, et réclame le concours d'une médication générale. Je n'ai point ici à faire l'histoire de cette médication; mais j'ai dû la signaler comme un complément indispensable au traitement de ce genre d'affections du col de la matrice.
Si l'obstruction est formée par des brides, une nodosité, une cicatrice vicieuse, ou par toute autre production de tissu anormal, que la dilatation telle que je l'ai expliquée plus haut est impuissante à faire disparaître, on ne doit pas hésiter à recourir aux scarifications, ainsi qu'on les pratique sur le canal deVurèthre. Quel que soit l'instrument dont on fasse usage, que ce soit celui d'Amussat, celui de Leroy (d'ÉtioUes), ou celui de Raybard (1), on doit toujours agir de haut en bas, c'est-à-dire de dedans en dehors, et ne pas intéresser les tissus sains du col de l'utérus.
Enfin, les mucosités que l'on rencontre si fréquemment dans le canal utérin, et qui sont, plus souvent qu'on ne pense, un obstacle réel au passagedu sperme, rentrent tellement dans les considérations que j'aurai à présenter plus tard sur la leucorrhée, que je crois devoir réserver leur étude pour le chapitre consacré à l'influence exercée par les pertes blanches.
Cependant je ferai observer ici, pour n'y plus revenir, que gi les mucosités s'étaient dinxies, il les faudrait considérer comme de véritables calculs, et en opérer l'extraction de la manière que j'ai indiquée plus haut.
Oblitération nu canal utérin. — Une grande différence existe entre l'atrésie congénitale dont j'ai déjà parlé et l'obli-
(1) Voy. Gaiijot et Spillmann, Arsenal de la chirurgie contemporaine. Paris, 1872, t. II.