‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 145 sur 164 · ORLÏTÉRATION DU CANAL UTÉRIN · texte numérisé non relu

ORLÏTÉRATION DU CANAL UTÉRIN

toration accidentelle qui fait le sujet de ce paragraphe. Dans l'atrésie congénitale, en faisant abstraction des cas constitués par l'imperforation delà muqueuse vaginale, le col est plein, le conduit utérin n'a jamais existé, et l'art, s'il intervient, est forcé de percer un canal à travers des tissus compacts. Dans l'oblitération accidentelle, en admettant l'adhérence tout entière des parois du conduit, circonstance rare et extrême, la chirurgie opère sur des tissus anormaux eta,pour se conduire et pour garant de son entreprise, les limites mêmes du canal naturel.

L'inflammation, l'ulcération et la cautérisation du col utérin sont les causes les plus ordinaires de son oblitération ; celle-ci, comme je viens de le dire, s'opère par l'adhérence d'un ou de plusieurs points, ou de la totalité de la muqueuse.

Cependant, il ne faut pas croire que l'oblitération consécutive dont je parle soit fatale et commune; si, en effet, à une époque où l'on fait abus des cautérisations, et si au milieu des cas si nombreux d'inflammations et d'ulcérations, spécifiques ou non, du col utérin, qui se présentent à la pratique médicale, on ne rencontre pas plus souvent l'accident dont il est ici question, il faut l'attribuer à la sécrétion muqueuse qui, dans toutes ces circonstances, est accrue, et dont le produit fait l'office de corps isolant. De plus, dans les cas de cautérisation, l'eschare contribue aussi à isoler les surfaces avivées, car l'adhérence dont il s'agit se montre de préférence après unecautérisation légère, après l'action du nitrate d'argent, par exemple, plutôt qu'après celle du nitrate acide de mercure ou celle du fer rouge.

Cependant, en dépit de ces circonstances heureuses, la matière plastique ne parvient pas toujours à être maintenue sur les parties où elle se forme, et alors, jetant des racines sur un point opposé, elle rapproche et réunit, en ces points, les parois du conduit utérin, et y détermine une oblitération à peu près

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complète, sur une étendue plus ou moins considérable de son parcours.

Je dis à peu près complète, parce que les règles parviennent presque toujours à se créer un passage quelquefois imperceptible, mais incapable de recevoir le sperme.

11 faut donc, sous peine d'empêcher à jamais la jonction du produit mâle et du produit femelle, rétablir le passage dans son intégrité ou tout au moins dans sa viabilité.

L'opération à faire consiste, tantôt en un simple débridement, et tantôt en une dissection des parois adhérentes; quelquefois môme, quand l'oblitération ne porte que sur un point, il suffit de forcer l'obstacle avec le bout d'une sonde, et alors on retombe dans les cas de dilatation dont j'ai longuement parlé plus haut.

A moins d'un état de dégénérescence de l'organe ou de toute autre contre-indication formelle, le chirurgien doit toujours agir dans les circonstances qui nous occupent. L'opération en elle-même, quelle que soit l'étendue de l'oblitération, n'est ni difficile pour l'homme de l'art, ni dangereuse pour la patiente; tandis qu'elle est, au point de vue de la fécondation, de la plus haute importance, puisqu'elle remédie à une cause certaine de stérilité.

m. — Allongement hypertropliique du col de Vutéms.

L'histoire des abaissements de l'utérus a été singulièrement modifiée par un mémoire que Huguier a publié en 18(50 (1), et ramenée dans des limites beaucoup plus étroites que par le passé.

(1) Huguier, Mémoires sur les allongements hypertrophiqnes du col de V utérus dans les affections désignées sous le nom de descente, de précipitation de cet organe, et sur leur traitement par la résection ou Vamputation de la totalité du col, suivant la variété de celte maladie. Paris, 1800^ ia-i, avec plauchcs.

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