ALLONGEMENT HYPERTROPIIIQUE DU COL UTÉRIN. 6P
Sans cloute les abaissements de diverses sortes ne doivent point être rayés de la pathologie gynécologique ; mais leur existence, que l'on croyait anciennement si commune, doit être restreinte et céder une large place à une autre affection beaucoup plus fréquente, et avec laquelle, jusqu'à Huguier, l'abaissement était presque toujours confondu. Je veux parler de l'allongement hypertrophique du col delà matrice.
Huguier, dont le travail laisse peu à désirer, a distingué l'hypertrophie cervicale selon qu'elle siège à la partie vaginale du col ou à la partie sus-vaginale, c'est-à-dire au-dessus de son insertion au cul-de-sac du vagin.
Cette distinction, adoptée par tout le monde et que nous suivrons à notre tour, n'indique pas une indépendance absolue de l'une de ces parties à l'endroit de l'autre; mais, tout en admettant que l'une de ces portions de l'organe ne peut acquérir un volume un peu considérable sans que l'autre participe à son tour à cette augmentation, il faut reconnaître que, selon le siège qu'elle occupe, l'hypertrophie présente des signes physiques distincts et produit des troubles fonctionnels différents.
Nous allons donc examiner séparément : 1° l'hypertrophie sous-vaginale; 2° l'hypertrophie sus-vaginale, au double point de vue de la facilité du coït et de la stérilité.
1° Hijpertrophic sous-vaginale du col. — De tout temps l'hypertrophie qui nous occirpe a été signalée, soit comme une anomalie, soit comme un état morbide entraînant presque fatalement le prolapsus de l'utérus ; mais c'est depuis la publication du travail de Huguier, que cette affection a pris dans la nosologie la place qu'elle mérite réellement.
L'hypertrophie sous-vaginale se présente dans trois conditions très-différentes qui légitiment les trois variétés suivantes :
1» Hypertrophie congénitale;
2° Hypertrophie par défaut d'involutmi ; 3" Hypertrophie morbide.
La première variété m'a déjà occupé quand j'ai parlé des anomalies du col et plus particulièrement de sa conicité. Je n'ajouterai ici que quelques mots pour compléter l'article auquel je renvoie.
Bennet, en Angleterre, assure avoir rencontré, chez des vierges, des cols d'une longueur de 9 centimètres, et qui s'échappaient de la vulve, sous forme d'un doigt volumineux. West a également vu de ces ahongements se présenter à l'orifice Yulvaire et s'accompagner des symptômes relatifs aux prolapsus, surtout à l'époque des règles.
Mes observations ne contredisent pas les assertions deWest ; mais, contrairement à Bennet, je n'ai jamais rencontré, chez des vierges ou des femmes nullipares, un col présentant 9 centimètres de longueur.
Néanmoins, il n'est pas nécessaire que le col ait un pareil allongement, ni qu'il y ait franchi l'orifice vulvaire, pour comprendre combien sa présence près de cet orifice rend difficiles et quelquefois impossibles les rapports sexuels, non-seulement à cause des douleurs éprouvées par la femme, mais encore par l'obstacle tout mécanique que le col hypertrophié oppose à l'intromission. De plus, la stérilité accompagne presque toujours cet état, soit par suite de l'impuissance dont nous venons de parler, soit à cause de la forme conique du museau de tanche qui nous a occupé plus haut, soit à cause du rétrécissement du canal cervical, amené par l'hypertrophie des tissus du col.
Cette dernière considération sera d'un grand poids dans la détermination à prendre pour remédier à cette infirmité, et attirera notre attention, quand nous exposerons le traitement de cette forme de l'hypertrophie cervicale.
La seconde variété, que nous avons appelée hypertrophie