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§ I. — Ilistorique.
Dans le courant du dernier siècle, S\varamerdam et ensuite Roësel eurent l'idée de tenter la fécondation artificielle, pour apporter un argument nouveau et irréfutable à l'opinion qu'ils soutenaient relativement à la préexistence du germe des œufs dans la femelle.
Ces premiers expérimentateurs ne réussirent pas dans leurs tentatives; l'honneur en fut réservé, vers la fin du même siècle, à l'abbé Spallanzani qui, plus heureux que ses prédécesseurs, parvint à féconder artificiellement des amphibies, des ovipares et enfin des \ ivipares.
La fécondation artificielle d'une chienne fit grand bruit dans ce qu'on appelait alors la République des lettres, et C. Bonnet, l'auteur des Considérations sur les corps orcjcmisés et de la Palingénésie philosophique, ami de Spallanzani, se h;\ta de lui écrire : « Je ne sais même si ce que vous venez de découvrir n'aura pas quelque jour dans l'espèce humaine des applications auxquelles nous ne songeons point et dont les suites ne seront pas légères (1). »
Malgré ces encouragements, Spallanzani ne poursuivit pas ses tentatives sur la femme, et il nous faut arriver à ces der-
(1) Spallanzani, Expériences pour servir à lliisloire de la génération des animaux et des plantes. Genève, 1786, p. 275.
niôres années pour trouver les premiers essais relatifs à la réalisation de la prédiction de Bonnet.
Nous ne parlons pas du cas de fécondation artificielle rapporté par Hunter dans les Transactions de 1799, parce que ce fait manque de toute authenticité et ne mérite que l'oubli.
Après un long temps de silence, M. Dehaut rappelle la question de la fécondation artificielle chez la femme, dans une petite brochure parue en 1865 (1).
Ce travail, qui ne s'appuie sur aucune expérience, paraît être une pure conception de l'esprit, quoique l'auteur décrive les instruments dont on doit faire usage.
L'année suivante, en 1866, parut la Chirurgie utérine, de M. Marion Sims, qui contenait, avec tous les détails rationnels, une observation de fécondation artificielle suivie de succès. Nous reviendrons tout à l'heure sur ce fait qui mérite attention.
Dès ce moment l'éveil donné par M. Marion Sims est suivi par d'autres expérimentateurs qui se hâtent défaire connaître leurs tentatives, pour la plupart heureuses.
La Réforme médicale^ rédigée alors par notre regretté confrère et ami, le docteur Marchai (de Galvi), inséra, en 1867, dans ses colonnes un premier fait sans grande importance, communiqué par M. Lesueur, et un second appartenant au docteur Gigon (d'Angoulême), dont l'opération remontait à 18Zi6.
L'année suivante, en 1868, M. le docteur Girault énuméra, dans V Abeille médicale, dix cas de fécondation artificielle chez la femme, dont le premier datait de 1838.
Enfin, en 1871, M. Fabien Gigon, probablement le fils ou
(1) Dehaut, De la fécondation artificielle dans r espèce humaine comme moyen de remédier à certaines causes de stérilité chez l'homme et chez la femme.