‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 19 sur 164 · ACTE COl'ULATEUR CHEZ LA FEMME · texte numérisé non relu

ACTE COl'ULATEUR CHEZ LA FEMME

2° De la volupté qui chez elle, comme chez l'homme, complète l'acte copulateur.

L'intromission de la verge dans le vagin n'impose à la femme qu'un rôle entièrement passif ; la conformation de ses organes la dispense sous ce rapport de toute préparation antérieure, et pour accomplir cette partie de l'acte, elle n'a besoin ni d'excitation vénérienne, ni de désirs érotiques ; il suffit que sa volonté s'efface et livre sans opposition l'appareil copulateur.

Mais il n'en est pas de môme pour la volupté qu'elle doit trouver dans le coït; ici sa volonté, à défaut de l'instinct, est nécessaire pour faire naître les désirs vénériens et rendre le plaisir à la fois plus vif et plus complet ; ensuite ce plaisir est, comme chez l'homme, le résultat d'un mécanisme dont les troubles correspondent à des états morbides qui devront m' occuper plus tard.

Je dois donc ici, à l'exemple de ce que j'ai fait pour l'homme, examiner ce mécanisme au repos et en activité.

L'appareil sensuel chez la femme est analogue à celui de l'homme, et le mécanisme de l'un est entièrement identique avec celui de l'autre.

Le gland du clitoris, la partie la plus sensible de tout l'appareil, est mis en relation avec les deux bulbes au moyen d'un réseau veineux appelé réseau intermédiaire.

Les deux bulbes du vestibule, placés sur les parties latérales de l'entrée du vagin, sous lei branches de l'arcade pubienne, ont non-seulement la même fonction que le bulbe de l'homme, mais encore ils activent la copulation en resserrant l'entrée vaginale, et par conséquent en comprimant la verge.

Ce double effet est obtenu au moyen du muscle constrictor cunniy qui, malgré la confusion dans laquelle sont tombés beaucoup d'anatomistes, est l'analogue du muscle bulbo-caverneux chez l'homme.

14 PHYSIOLOGIE DE l'eSPKCE.

Je ne reviendrai pas ici sur le mécanisme de l'érection qui m'a occupé dans le paragraphe précédent ; il est exactement le même chez la femme ; seulement je dois ne pas laisser dans, l'ombre une circonstance heureuse pour le développement de la volupté chez elle, circonstance depuis longtemps signalée par Lieutaud, quand il disait : « Le clitoris n'a point la direction de la verge; il se porte dans un sens contraire, c'est-àdire de haut en bas, sans qu'il puisse se relever dans son action (i). » Cette direction du clitoris, déterminée par les éléments anatomiques qui l'entourent, en déjetant son gland au devant du rebord supérieur de l'entrée vaginale, augmente les frottements que la verge est appelée à exercer sur l'organe le plus sensible de l'appareil génital chez la femme, et accroît par conséquent chez elle la somme des voluptés qui lui est dévolue.

Le vagin, quoique moins bien doté que l'appareil dont je viens de parler, est cependant pourvu d'un tissu érectile qui rampe dans toute sa longueur, entre les diverses membranes qui le constituent. La partie la plus étroite de ce conduit se trouve à l'entrée, circonstance remarquable au point de vue du plaisir chez l'homme et chez la femme. Enfin, la volupté de cette dernière est encore augmentée par la présence des poils qui garnissent le mont de Vénus, et dont l'influence sur la sensibilité de cette partie n'avait pas échappé à Carus (2).

§ III. — Copulation.

Après avoir établi, dans les deux paragraphes précédents, le mécanisme au moyen duquel chaque sexe est rendu capable

(1) Lieutaud, Essais anatomiques, vol. II, p. 310.

(2) Carus, Physiologie, vol. 111, p. 55.

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