‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 20 sur 164 · COPULATION · texte numérisé non relu

COPULATION

d'accomplir physiologiquemeiit Tacte de la copulation, il nous faut maintenant assister à leur rapprochement et nous rendre compte des phénomènes locaux et généraux qui accompagnent, chez l'homme et chez la femme, cette mise en commun de leur orgasme vénérien.

Étudié dans la sphère des organes copulateurs, c'est-à-dire examiné dans les phénomènes purement locaux, le coït ne peut avoir lieu qu'après une période de préparation pendant laquelle les organes des deux sexes entrent en érection sous l'influence de l'éréthisme vénérien. Quand le membre viril pénètre dans le vestibule, le gland du pénis vient heurter le gland du clitoris qui, placé à l'entrée du canal copulateur, peut céder et se fléchir à la faveur de sa position et de l'angle que fait son corps. Après cette première excitation des deux foyers sensitifs, le gland pénien glisse sur le rebord des deux bulbes, par un mouvement brusque et saccadé ; le collet et le corps du pénis sont embrassés par la saillie de ces bulbes ; le gland, au contraire, qui s'est avancé plus loin, est en contact avec la surface fine et délicate de la muqueuse vaginale, rendue elle-même élastique par la doublure que lui constitue le tissu érectile que j'ai dit ramper entre ses membranes. Cette disposition, en permettant au vagin de se mouler sur le volume de la verge, augmente encore la turgescence, et par conséquent la sensibilité du clitoris, en forçant le sang, chassé des parois du vagin, de se rendre, en partie du moins, aux bulbes du vestibule, à travers les veines émissaires dépourvues de valvules, et de parvenir ainsi, d'ime manière médiate et directe, jusqu'au clitoris. A son tour, la turgescence, et par conséquent la sensibilité du gland pénien est accrue par l'action compressive du tissu vaginal de plus en plus turgescent et par celle des deux bulbes du vestibule.

De plus, le clitoris, abaissé fortement et porté à la rencontre de la face dorsale du gland et du corps de la verge, par la

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portion antérieure du muscle compresseur, subit de la part du pénis et lui inflige à son tour des frottements voluptueux, de sorte que chaque mouvement de copulation influe à la fois sur les deux sexes, et concourt, au point culminant de cette excitation mutuelle et réciproque, à amener d'un côté l'éjaculation et de l'autre la réception de la liqueur séminale dans l'ouverture béante du col de la matrice.

On s'est demandé — et beaucoup de sérieux esprits ont abordé ce problème — auquel de l'homme ou de la femme revenait la plus grande somme de jouissance dans ces moments de suprême ivresse. Gomme toutes les questions reposant sur des bases essentiellement variables et relatives, celle-ci a reçu les solutions les plus contraires; en présence, en effet, de toutes les circonstances qui influent sur le sens génital, je ne sais s'il est possible de résoudre à priori un semblable problème.

Plus tard, lorsque j'étudierai l'influence du tempérament, de la constitution et d'une foule de circonstances tant particulières que générales sur le sens génésique, on se convaincra que, si la question de la difî"érence de volupté entre les deux sexes n'a pas encore reçu une solution convenable, on se convaincra, dis-je, que la question est insoluble au milieu de toutes les conditions diverses dont on ne peut faire une abstraction entière ; et cela est si vrai, qu'il est très-difficile de dresser le tableau exact et complet des phénomènes généraux qui accompagnent le coït : tandis que chez l'un la volupté se traduit par quelques tressaillements à peine sensibles, elle atteint chez l'autre le paroxysme de l'exaltation tant morale que physique. Les nuances, entre ces deux états extrêmes, sont infinies : la circulation s'accélère, les artères battent fortement ; le sang veineux, arrêté dans les vaisseaux par la contraction des muscles, augmente la chaleur générale, et cette stagnation, plus prononcée au cerveau par la contraction des muscles du cou et

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