COPULATION
le renversement de la tète en arrière, détermine une congestion cérébrale momentanée, pendant laquelle l'intelligence se perd et toutes les facultés s'anéantissent. Les yeux, violemment injectés, deviennent hagards et rendent le regard incertain, ou, comme dans la majorité des cas, se ferment spasmodiquement pour éviter le contact dp a lumière.
La respiration, haletante et entrecoupée chez quelquesuns, se suspend chez quelques autres par la coniraction spasmodique du larynx, et l'air, quelque temps comprimé, se fait enfin jour au dehors, à travers des paroles sans suite et des mots inconnus.
Les centres nerveux, congestionnés, comme je le disais tout à l'heure, ne communiquent plus que desvolitions confuses : la motilité et la sensibilité accusent un désordre inexprimable ; les membres, saisis de convulsions et quelquefois de crampes, s'agitent dans tous les sens, ou se tendent et se roidissent comme des barres de fer; les mâchoires serrées l'mie contre l'autre, font grincer les dents, et quelques personnes portent le délire érotique si loin, qu'oubliant le compagnon de leurs voluptés, elles mordent jusqu'au sang- une épaule qu'on a l'imprudence de leur abandonner
Cet état frénétique, cette épilepsie et ce délire durent peu d'ordinaire; ils suffisent cependant pour épuiser les forces de l'organisme, surtout chez l'homme où cette surexcitation se termuie par une évacuation de sperme plus ou moins abondante. Une prostration arrive alors, et d'autant plus forte que l'éréthisme a été plus violent. Cet abattement subit cette f-u blesse générale et cette tendance au sommeil qui s'emparent de l'homme après la consommation de l'acte, sont dus en partie à l'émission de la liqueur séminale, car la femme quelque énergie qu'elle ait apportée dans le coït, n'éprouvé qu'une lassitude passagère, incomparablement inférieure à la prostration de l'homme, et qui lui permet bien plus rapide-
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ment qu'à ce dernier la répétition de l'acte. « Triste est omne animal post coïtum, prœter mulierem gallwnque, » a dit Galien, je crois, et cet axiome est essentiellement vrai pour l'espèce humaine.
A partir de ce moment, la fonction génératrice échappe à notre conscience; le rôle de l'homme est fini, celui de la femme commence à devenir réellement actif. Mais tout au début se passe encore à son insu; ce ne sera que plus tard, alors que la formation mystérieuse d'un nouvel être sera consommée, qu'elle acquerra la connaissance des droits et des devoirs nouveaux qui lui sont dévolus par la nature. Mais, pour la formation de ce nouvel être, l'homme et la femme n'ont rempli qu'une bien faible partie de leurs obligations par le coït que je viens de décrire, car la mission principale de l'un estle dépôt, dans les organes de l'autre, d'une liqueur prolifique, sans laquelle la reproduction est impossible.
Nous allons donc étudier cette seconde partie de la fonction génitale, tant chez l'homme que chez la femme, et compléter ainsi ce qu'on appelle dans la science la physiologie de l'espèce.