C. — E.rjvihion de l'ovule
Parvenus ainsi an toinie de leur accroissement, les vésicules semblent rester stalionnaires jusqu'au moment oii une surexcitation provoquée, soit par la maturité de l'œuf, soit par le rapprochement des sexes, vient eu déterminer la rupture. Sous l'influence de cette stimulation qui détermine en même temps, comme nous allons le dire, la contraction des fibres musculaires du ligament large, le liquide qui les remplit est sécrété en plus grande abondance et distend la cavité outre mesure; aussi ses parois, pressées d'autre part par le stroma congestionné de l'ovaire, se déchirent dans le point le plus culminant, et, en se rétractant, expriment avec violence le liquide qu'elles contieiuient.
llO PHYSlOLOfilE DE i/rSPÈCE.
Le liquide exprimé par le retrait du follicule, r.}ncontrant sur son passage le disque proligère et l'œuf qu'il renferme, détache et entraîne celui-ci, pendant que, de son côté, le pavillon de la trompe vient le saisir et le diriger vers son intérieur, par l'action contractile dont la trompe est douée, et par celle des cils vibratiles développés sur le pavillon et dans son intérieur, et dont l'action s'exerce de dedans en dehors, selon les observateurs qui en ont constaté l'existence.
La rupture de la vésicule ne se fait pas sans une inflammation assez intense, laquelle se traduit par une sorte d'hypertrophie et de tuméfaction de la membrane interne, et par la dilatation des vaisseaux qui se trouvent dans son épaisseur. Le feuillet externe, au contraire, fibreux, élastique, en rapport avec le stroma de l'ovaire, ne participe pas à l'inflammation, et commence à se rétracter. La rétraction de ce second feuillet, coïncidant avec la tuméfaction du premier, qui est lié, avec lui, dans certains points par des brides fibreuses, détermine dans le feuillet interne la formation de plis qui, croissant de plus en plus, arrivent bientôt au contact et donnent à l'intérieur de la vésicule ovarique l'aspect des circonvolutions cérébrales. « Ce n'est qu'en dernier lieu et assez tard, dit F. A. Pouchet, que les circonvolutions, après s'être avancées lentement vers la partie centralede la vésicule, parviennent à s'y rencontrer et à se confondre, et alors la cavité de cet organe se trouve désormais totalement remplie par l'extension de la membrane propre ; alors celle-ci constitue un corps plus ou moins globuleux ou ovoïde, dont l'intérieur présente une couleur d'un rouge grisâtre pâle, et une consistance pulpeuse qui semble tout à fait analogue à la substance grise du cerveau : c'est là le corps jaune, corpus luteum (1). »
(I) F. -A. Ponchot, TItroric positive de Voimlaiion spontanée. Vhvb, 18'i.7, 1 vol. in-S.
Ar.Tl!: OVARIEN. Al
Enfin lin troisième phénomène accompagne la rupture de la vésicule de de Graaf, c'est l'écoulement sanguin qui se produit à travers la muqueuse utérine et auquel ou donne le nom de règles^ de menstnœs, d'i'coidement menstruel ov cataménial.
Ainsi trois faits sont inséparables de la rupture d'une vésicule de de Graaf, et leur ensemble constitue ce qu'on appelle r ovulation périodique; ces trois faits sont : 1" l'expulsion de l'ovule; 2° sa réception dans la trompe de Fallope ; .V une hémorrhagie sanguine par l'utérus.
Les deux premiers constituent à proprement parler roî;?/A/tion et le dernier est exprimé par le mot inenstruation.
Ces trois phénomènes, disons-nous, sont inséparal)les les uns des autres ; ils sont en effet produits par la môme cause et obéissent au même mécanisme.
Sous l'influence de l'excitation naturelle, amenée par la maturité d'un ovule, et qui constitue le rut chez les animaux, les fibres musculaires dont sont pourvus les ligaments larges et qui sont en continuité avec les éléments contractiles des trompes, entrent en contraction et, par suite, compriment les vaisseaux veineux qu'ils embrassent, tandis que les artères, grâce à leur petitesse et à leur résistance, échappent à cette compression.
De cet obstacle au retour du sang, il résulte une turgescence sanguine dans tout l'appareil génital interne : le stroma de l'ovaire éprouve une sorte d'érection qui comprime la vésicule de de Graaf, amène sa rupture et facilite la sortie de l'ovule; la trompe, sollicitée et guidée par la contraction de sps fibres musculaires qui, nous venons de le dire, communiquent avec les fibres musculaires du ligament large, vient embrasser avec son pavillon l'ovaire presque tout entier; et enfin les capillaires de la muqueuse utérine, gonflés par le sang qui ne peut rentrer dans la circulation générale, se déchirent et laissent
A2 PHYSIOLOGIE m i/espkce.
échapper le liquide qui constitue l'hémoiThagie cataméniale.
Cette explication, que toutes les observations médicales ont confii-niée, est le résultat des travaux les plus récents et surtout de ceux du professeur liouget, de Montpellier, qui le premier l'a formulée d'une manière magistrale (1).
1). — Durée de Vacte ovarien.
Chez l'homme, la faculté procréatrice découle de l'acte séminal ; chez la femme la même faculté est une conséquence de l'acte ovarien.
Chez l'homme, la présence de zoospermes dans le liquide sécrété, est la seule preuve du travail testiculaire.
Chez la femme, l'hémorrhagie périodique est le seul indice de l'expulsion de l'ovule.
Tandis que la science ne possède aucune observation do fécondation opérée avec un liquide dépourvu d'animalcules spcrmatiques, on cite des faits d'imprégnation en dehors de toute manifestation menstruelle.
Ces faits sont vrais; ils constituent des exceptions qui, interprétées néanmoins, n'infirment pas la règle générale.
Il est incontestable, en effet, que par suite ou d'une disposition particulière ou d'un état maladif, les règles peuvent faire défaut, alors que s'accomplissent les deux autres parties de l'acte ovarien ; mais alors, presque toujours, la nature nous avertit de ce travail, soit par une hémorrhagie supplémentaire, soit par un malaise quelquefois douloureux auquel on donne le nom de mnJimen.
Los femmes eans menstrues qui ont été fécondées avaient ou une hémorrhagie supplémentaire ou le molimen hémor-
(1) J)i( lisxii rrectilc, pnr Rouget, Ihrse fie concours. Paris, 1856. — Journal de pht/xiologie de Drowii-Séquard, 1858, — Société de bioloçiie, 18.57. — Archives de physiologie, 1868 (Des mouvements érecliles).