‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 45 sur 164 · I. — ExcrrANTs · texte numérisé non relu

I. — ExcrrANTs

A. — Médicaments excitants.

Nous les classerons d'après le règne de la nature auquel ils appartienncuL

Règne ixorgamque. — Nous trouvons dans ce règne et })ar rang d'importance : le phosphore, l'acide phosplioriquc et le chlorure de sodium.

Phosphore. — Le phosphore est, à coup sûr, l'agent qui mérite le mieux la qualification d'aphrodisiaque. Alphonse Leroy et Bouttotz ont expérimenté sur eux-mêmes le phosphore et ont parfaitement constaté son action excitante sur l'appareil copulateur; les observations de Hartcop, cité par Faylar et Pcreira de Londres, confirment les expériences de A. Leroy; enfin, dans ces derniers temps, M. le docteur Delpech, médecin deThôpital Necker, a préconisé le phosphore, comme nous le verrons plus loin (1), contre l'impuissance des ouvriers qui travaillent le caoutchouc vulcanisé. Cependant l'influence do cet agent sur l'appareil génésiaque n'est pas assez spécifique pour lui valoir une dénomination spéciale; c'est un excitant énergique dont l'action se fait surfont sentir sur les systèmes nerveux, sanguin, sécréteur et musculaire ; il exalte les facultés intellectuelles et produit une diurèse abondante. Son administration exige les plus grandes précautions; ou le donne à l'intérieur dissous dans l'éther ou les huiles; je me trouve bien de la forme capsulaire imaginée par M. Dujardin-Baumelz ; chaque capsule contient 1 milligramme d'huile pliospliorée ;

(1) Voyez le chapiu-e consacré à l'irapuissance résultaiil de Tintoxication par le sulfure de carbone.

13/l IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.

on en d(3nne de 3 à Zi par jonr. A l'extérieur, on emploie le phosphore en frictions, sous forme de Uniment ou de pommade.

Acide phosphorique. — Alibert cite, d'après Pelletier, un fait remarquable : un homme, dit-il, énervé par les plaisirs de Vénus, était tombé dans un état de marasme et de consomption dorsale ; dans un espace de temps très-court, il recouvra ses forces par le seul secours d'une limonade préparée avec l'acide phosphorique et le miel. — Gomme le phosphore, l'acide phosphorique exige certains ménagements. On le prescrit à la dose de 20 à 30 gouttes dans un verre d'eau sucrée, à répéter plusieurs fois par jour.

CJdonire de sodium. — On a depuis longtemps constaté que les individus qui se nourrissent de salaisons sont très-prolifiques, et on a même donné le nom de 5«/«ce6' àceux qui sont très-enclins aux plaisirs de l'amour ; nous trouverons plus loin le sel marin parmi les condiments qui doivent entrer dans l'hygiène des impuissants, et dans la thérapeutique des bains de mer.

Règne végétal. — C'est le règne végétal qui nous fournit la Uste la plus longue des excitants ; aussi, pour mettre quelque ordre dans leur énumération, rapprocher les espèces qui ont des caractères identiques, et aussi pour abréger cette nomenclature, je suivrai l'ordre alphabétique des familles admises par les botanistes.

A7ionacées. — Çette famille ne nous présente qu'une seule espèce, le cananga {Uvaria odoratd) qui croît aux Moluques. Ses fleurs, à odeur suave, entrent, avec l'huile de coco, de curcuma etc., dans une pommade que l'on imite en Europe sous le nom d'huile de macassar.

Aroidées ou oracées. — Je ne citerai de cette famille que Vaçore-vrai^ le roseau aromatique ^ dont la racine fraîche est employée, à Gonstantinople, pour faire une confiture

MÉDICAMEÎS'TS EXCITANTS. 135

très-répandue dans les harems, afin d'exciter à l'amour.

Champiguùns. — Lîi fausse oronge, le bolet odorant, la moi'elle et la truffe jouissent, h divers degrés, d'une réputation excitante que l'expérience n'a pas toujours confirmée. Dans tous les cas, cette propriété ne se fait sentir que chez les personnes qui usent avec abondance de ces champignons.

Conifères. — Tous les végétaux de cette famille sont remarquables par leur saveur aromatique et résineuse; la térébenthine et le t/enevrier, dont l'action sur l'appareil urinaire est incontestable, ont été employés à relever l'énergie virile, à • cause du voisinage et des rapports qui unissent l'appareil urinaire et l'appareil génital. C'est un mode d'action semblable à celui des cantharides dont je parlerai plus loin. Les baies de genévrier, employées à l'extérieur, comme tonique, sous forme de fumigations ou de frictions, peuvent rendre des services. hd. Sabine, qui appartient à la même famille, a été également préconisée contre l'atonie des organes génitaux, à cause de l'action excitante qu'elle exerce sur l'appareil génital de la femme. Tous les emménagogues, rue, safran, cataire, etc. sont dans le même cas que la sabine.

•Crucifères. — Toutes les crucifères sont stimulantes à des •degrés divers; elles doivent cette propriété àla présence d'une huile volatile qui leur communique une odeur aromatique; cependant je ne citerai guère que la roquette dont Columelle a dit :

Excitât ad vencrem tardas crnca maritos , et quelques espèces comestibles, telles que les raves, les vets, la moutarde, etc. Cette dernière est précieuse comme '.topique, et j'aurai plus loin l'occasion déparier des services qu'elle peut rendre dans le sujet qui nous occupe.

Drimyrrhizées ou amomées. — Famille peu étudiée en botanique et qui cependant renferme de nombreuses espèces

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dont les propriétés excitantes sont incontestables. Je citerai en première ligne le gakmga dont les propriétés aphrodisiaques ne rencontraient anciennement aucun contradicteur. Théopliraste qui, par ses nombreux écrits, mérita de lui donner son nom, herbe de Théophraste, assure que cette plante a une grandissime vertu d'échauffer à paillardise^ car, non-seulement, dit-il, si on en mange, mais si on en fait une application sur les parties génitales, on accomplit l'acte vénérien

douze fois autant de fois que l'on veut; quant aux femmes^

si elles en mangent, encore plus chaudes deviennent que les hommes.

En faisant la part de l'exagération à laquelle Tbéophrasteest entraîné par son enthousiasme, on ne peut nier que legalanga ne possède des vertus excitantes ; malheureusement, cette plante, que l'on cultive dans l'Inde, se trouve difficilement dans notre commerce, et l'on fait souvent passer pour la racine du galanga, la racine du roseau aromatique dont j'ai parlé plus haut, et qui a quelque ressemblance avec celle de l'amomée. A côté du galanga je ne citerai que quelques espèces réputées excitantes : les unes pour leurs graines^ comme le petit cardamome, et les autres pour leurs racines,, comme les curciimas, Varoiv-root, les zédoaires et le gi7igejïibre.

Iridacées. — Cette famille n'offre à notre attention que le safra7î qui rentre dans la classe des emménagogues dont j'ai parlé à l'occasion de la sabine (famille des conifères).

Labiées. — Quoique presque toutes très-aromatiques, les labiées n'ont que de faibles propriétés excitantes; il en^ est même, parmi celles qui contiennent du camphre, qui sont accusées d'avoir des propriétés contraires; la menthe^ d'après Hippocrate, serait dans ce cas : Si quis eam, dit-il,, ssepe comedat, ejus génitale seinen ita colliqtiescit ut effluat, et arrigere prohibet et corpus imbecillwn redit; il est vrai que.

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