‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 48 sur 164 · EXCITANTS IMPONDÉRABLES. — CALORIQUE · texte numérisé non relu

EXCITANTS IMPONDÉRABLES. — CALORIQUE

que le poisson est bien réellement excitant par lui-même, grâce au phosphore qu'il renferme; 'aussi cette action estelle plus marquée dans les espèces cartilagineuses, telles que les raies et les squales.

Presque tous les mollusques ont passé et passent encore pour exciter à l'amour. Je ne ferai que rappeler le poulpe, la sèche, la moule et enfin les huîtres que les Vénitiens, confiants en celle parole de Juvénal :

Grandia quœ modiis jam noctibus ostrea mordet.

prirent l'habitude de manger à leur souper; ce que nous faisons encore aujourd'hui, sans attacher à cette coutume l'importance des riverains de l'Adriatique.

Je ne quitterai pas la classe des poissons sans rappeler que Y ambre gris dont la nature et l'origine ont donné lieu à une foule d'hypothèses, est aujourd'hui regardé comme une excrétion morbide du cachalot, analogue aux calculs biliaires humains; l'ambre gris figurait dans une foule de recettes aphrodisiaques et jouissait anciennement d'une grande réputation sur ce point. Sans tomber dans les illusions et l'enthousiasme des anciens, il importe de conserver l'ambre gris parmi les excitants, au môme titre que le musc et le castoréum.

B. — Excitants impondérables.

L'agent par excellence de l'excitation générale ou locale est sans contredit le calorique. La médecine et la chirurgie ont occasion de l'employer à des degrés divers de température, et c'est à ce titre que je vais l'examiner ici.

Calorique. — L'action du calorique sur l'organisme peut aher depuis la plus simple excitation jusqu'à l'altération et la destruction des parties soumises à son contact. La chirurgie met quelquefois à profit cette action destructive ; mais pour le

ROUBAUD. ,n

l/lO IMPUISSANCE CHEZ l'iIOMME.

sujet qui nous occupe, on n'y a jamais recours. Aussi il doit bien rester entendu que, dans tout le cours de cet ouvrage, à moins d'une déclaration précise, je ne parlerai jamais que d'une élévation de température compatible avec l'intégrité des tissus.

Gomme je l'ai dit i)lus haut, le calorique exerce une action générale ou locale, selon le mode de son application.

Les formes sous lesquelles on l'administre comme excitant général sont : les boissons chaudes, l'insolation: générale, l'exposition devant un foyer de chaleur, l'étuve sèche et humide, tous les procédés de bains de vapeur, le bain liquide, les bains de bouc ou de sable, le contact du corps de l'homme ou d'autres animaux, etc.

Les moyens dont on se sert pour produire l'action locale sont : l'insolation peu concentrée par des verres lenticulaires faibles, les douches d'air, de vapeur ou d'eau chaude, les bains liquides partiels, le cautère objectif instantané, l'application de briques, bouteilles, sachets, linges chauffés, etc., etc.

De ces derniers moyens la thérapeutique de l'impuissancene retient guère que les douches de toutes sortes, et les applications locales des objets que je viens d'énumérer.

Je ne m'arrêterai pas ici à l'action des douches d'eau chaude' ou de vapeur, tant générales que locales, parce que ces modes d'application du calorique trouvent rarement une indication dans le sujet qui m'occupe. Je ne veux signaler, en cette place, que la douche sèche, c'est-à-dire d'air chaud comme étant d'un grand secours dans les cas de laxito et de mollesse des tissus. A cet effet, et à défaut d'appareil plus compliqué, on peut se servir d'une seringue qui fait l'office d'une pompe aspirante; dans la majorité des cas, il suffit de faire chauffer le corps de l'instrument avant d'y introduire l'air, par le refoulement en haut du piston, et d'administrer la douche quelques minutes après ; dans les cas où une élévation plus grande de tempéra-

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tiife est nécessaire, on fait d'abord pénétrer l'air dans l'intérienr de la seringne, et, après avoir hermétiquement fermé l'ouverture de la canule, pour prévenir la sortie de l'air qui se dilate sous l'influence de la chaleur, on chauffe la seringue, ou au bain-marie, ou à un foyer plus ardent.

Les douches d'air chaud se dirigent, soit sur les organes génitaux, sur le périnée ou les lombes, comme excitant local, soit sur la colonne vertébrale et à l'occiput, comme excitant général.

On peut remplacer l'air par la fumée résultant de la calcination d'un agent médicamenteux. Dans quelques cas, de simples fumigations suffisent ; mais alors on doit toujours se proposer d'agir localement sur les organes génitaux. Le malade est assis sur une chaise percée, les reins entourés d'une couverture qui, embrassant le siège dans ses plis, tombe jusqu'à terre. Un réchaud est placé sous la chaise, et l'on projette, de temps en temps, sur la braise qu'il contient, le médicament en poudre dont on veut faire usage.

Dans les cas, au contraire, où l'action mécanique de la douche doit être ajoutée à l'action physique de la chaleur et ù l'action médicamenteuse de l'agent, on recueille cette fumée dans une vessie ou dans un flacon à tube, et on la fait passer dans la seringue préalablement chauffée.

Dans quelques cas, cependant, où le resserrement du système vasculaire général paraît ne pas être sans influence sur l'atonie des organes génitaux, en diminuant l'activité circulatoire de toute l'économie, on pourra recourir à l'étuve sèche ou humide, ou bien encore au bain russe. Mais on aura soin de limiter à un quart d'heure ou à une demi-heure au plus la durée de cette excitation, et en général de toute excitation produite par le calorique, car cette excitation prolongée est suivie d'un faiblesse et d'un épuisement général dont les organes génitaux prennent leur part.

lûS IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.

Yroih. — Le froid, que je considère ici comme un simple abaissement de température, et qui, dans les circonstances où nous sommes placés, va rarement jusqu'à la congélation de l'eau, doit présenter des propriétés opposées à celles de la chaleur, c'est-à-dire avoir une action hyposthénisante.

C'est ce qui a lieu, en effet, pour la glace, dont la médecine et la chirurgie tirent de grands avantages dans les cas de congestion et d'inflammation.

Mais si l'on se rend un compte exact de l'action du froid, précisément dans les circonstances que je viens de rappeler, on se convaincra qu'elle est surtout caractérisée par le resserrement des tissus sur lesquels elle s'exerce, resserrement qui empêche l'afflux du sang dans les parties malades, et qui facilite récoulcment de celui qui constituait soit la congestion, soit l'inflammation. Un froid moins intense doit nécessairement produire un effet moins énergique, et l'on peut ainsi ramener l'action resserrante du froid à une action purement tonique.

C'est en effet ce que l'expérience a prouvé ; et bien souvent j'ai eu à me louer de l'action modérée du froid dans les cas d'atonie, de relâchement du tissu de la verge.

Le froid appliqué d'une manière générale, comme dans les bains de mer, dans les bains de rivières, les douches de toutes sortes, surtout en été, est une puissante ressource entre les mains du médecin, comme j'aurai tout à l'heure occasion de le dire, en parlant de l'hydrothérapie, des eaux minérales et des bains de mer.

Mais dans l'impuissance idiopathique, c'est surtout à l'application locale du froid qu'il faut avoir recours; j'ordonne ordinairement, comme simple adjuvant d'une médication plus énergique, des lavages à l'eau froide sur les parties génitales, le périnée et les lombes, tous les matins, etj'aieubien souvent à me louer de cette pratique.

MOYENS MÉCANIQUES d'eXCITATION.

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