C. — Moyens mécaniques d'excitation
Massage. — Le massage, employé comme moyen hygiénique chez tous les peuples de l'Orient et du nord de l'Europe, dont il relève les forces et l'énergie, s'administre toujours à une haute température, de 25 à 36 degré Réaumur, soit dans une étuve sèche, soit dans une étuvehumide, soit dans le bain. Comme il est toujours possible de varier la température de l'étuve et de modifier le milieu dans lequel on place le malade avant ou après le massage, on comprend que l'on peut, selon la constitution individuelle, augmenter ou diminuer le degré d'excitation que l'on se propose.
< Il est difûcile de croire, disent MM. Trousseau et Pidou.x, qu'un pareil moyen n'ait pas une influence puissante sur l'homme malade. — aussi est-il d'expérience que dans les rhumatismes aigus non fébriles, dans les rhumatismes chroniques, dans les paralysies qui sont envoie de guérison, dans l'impuissance vénérienne, cette médication est suivie d'heureux résultats (I). »
Pourtant le massage ne peut constituer à lui seul toute la médication; c'est un adjuvant énergique dont j'ai retiré de bons effets dans maintes circonstances, mais, je le répète, ce n'est qu'un adjuvant, ou plutôt un complément de médication, comme datis les paralysies en voie de guérisoyi.
M. Sarlandière, considérant la difficulté de rencontrer dans nos pays des personnes assez habiles dans l'art du massage, et prenant égard à la fatigue qu'il cause à celui qui l'exerce, a pensé que l'on pourrait atteindre le môme but par une percussion molle, plus ou moins forte, plus ou moins lente, à l'aide d'un corps non contondant et placé au bout d'un levier, afin
(1) Trousseau et Pidoux, Traité de thérapeutique et de matière médicale, 9« édit., t. I, p. 868.
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de moins fatiguer l'opérateur. A cet effet, il a fait confectionner des battoirs élastiques dont la palette circulaire, de quatre pouces de diamètre, est adaptée à un manche de dix pouces de longueur. Les palettes rembourrées de crin, sont recouvertes de flanelle pour les percussions à sec, et de feutre et de caoutchouc pour les percussions au milieu de la vapeur aqueuse.
Ce mode] de massage, dont je suis loin de contester les avantages, et dont l'action excitante est nécessairement limitée aux parties sur lesqucUes elle s'exerce, a tellement d'analogie avec la flagehation, non-seulement pour le mode opératoire, mais encore pour les effets produits, que je renvoie à Tarticle Flagellationles considérations que je pourrais ajouter sur le massage par percussion.
Frictions. — On distingue les frictions en frictions sèches et en frictions humides.
Les frictions humides s'exécutent au moyen d'une brosse en flanelle ou d'un tampon en un tissu quelconque, imprégné d'un agent médicamenteux, soit en poudre fine, soit en pommade, soit en liquide.
Les frictions sèches ou humides, qu'on les fasse tout le long delà colonne vertébrale, ou qu'on les limite au périnée et à la base de la verge, sont d'un puissant secours dans des cas nombreux d'impuissance.
L'action excitanle des frictions peut être singulièrement augmentée par la présence d'un agent médicamenteux qui, grâce aux modifications subies par la peau et par les bouches les plus superficielles des vaisseaux absorbants, pénètre avec plus de facilité dans l'organisme, et porte ses propriétés d'abord sur le point qui lui donne accès, et plus tard dans l'économie toute entière.
Flagellation, urtication. — « Je connais, dit Pic de la Mirandole, et il existe encore un homme dont le tempérament
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amoureux et les excès n'ont peut-être jamais eu d'exemple : il Jie peut caresser une femme, malgré la violence de ses désirs, s'il n'est auparavant fustigé; en vain sa raison lui fait regarder comme uu crime ce raffinement de volupté. Sa fureur pour ce cruel plaisir est telle qu'il encourage lui-même, ■et accuse de mollesse et de lâcheté celui qui le fouette, lorsque la fatigue ou la pitié lui font ralentir ses efforts. Le patient n'est au comble de ses plaisirs qu'en voyant ruisseler le sang dont une grêle affreuse de coups a couvert les membres innocents du libertin le plu? effréné : ce malheureux réclame ordinairement pour ce service, avec les plus instantes supplications, la main de la femme avilie dont il veut jouir, lui donne lui même les verges qu'il a fait tremper, dès la veille, dans le ■vinaigre, et lui demande à genoux la faveur insigne d'être ainsi déchire. Plus elle frappe avec violence, plus elle acquiert de droits à sou amour et à sa reconnaissance, en lui rendant des feux qu'il n'avait plus, jusqu'à ce que le dernier période de la soufirance et l'épuisement total de ses forces lui fassent goûter la plénitude de la volupté en égale proportion. Trouvez un seul homme pour qui le comble de la douleur et cette espèce de torture doivent être celui du plaisir, et si d'ailleurs il n'est pas entièrement corrompu, lorsque de sang-froid il connaîtra sa maladie, il rougira de ses excès et les détestera (I). »
La flagellation, employée comme moyen d'éveiller le sens vénérien, nous a été transmise parles anciens; presque tous les auteurs grecs et romains en font mention, ainsi que des ■fêtes instituées en l'honneur de Priape, pendant lesquelles les hommes et les femmes se battaient mutuellement de verges, ;pour mieux s'exciter à l'amour. Tamerlan, celui-lù même qui
(1) Pic de le UWàndok^OEuvre!!: complètes, Hologno, I ilir), 1 \n] in fo). Contra astrologos, lib. III, cap. xxvii.
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se faisait appeler le Fils de Dieu, fut père de cent enfants, et ne parvint, dit-on, à cette innombrable progéniture qu'avec l'aide de la flagellation. L'abbé Terrasson, l'auteur du Voyage de Séthos, qui, au dire de Voltaire, prenait un goût particulier à se faire administrer le fouet par les courtisanes, s'attira une épigramme connue dont je ne rappellerai que le dernier vers : Frappez fort, il a fait Séthos. J.-J. Rousseau a décrit l'effet qu'il ressentit, étant enfant, à la suite de la correction que lui administra Mlle Lambercier : « Assez longtemps, dit-il, elle s'en tint à la menace, et cette menace d'un châtiment tout nouveau pour moi me semblait très-eCfrayante ; mais, après l'exécution, je la trouvai moins terrible à l'épreuve que l'attente ne l'avait été ; et ce qu'il y a de plus bizarre, c'est que ce châtiment m'affectionna davantage encore à celle qui me l'avait imposé. Il fallait même toute la vérité de cette affection et toute ma douceur naturelle pour m'empêcher de chercher le retour du même traitement, en le méritant ; car j'avais trouvé dans la douleur, dans la honte même, un mélange de sensualité qui m'avait laissé plus de désii'S que de crainte de l'éprouver derechef par la même main (1). » A une seconde correction, Mlle Lambercier s'étant aperçue, à quelques signes, de l'espèce de sensualité qu'éprouvait Jean- Jacques, comprit que le châtiment n'atteignait pas le but qu'elle se proposait, et y renonça.
Plusieurs ouvrages ont été consacrés à la flagellation, et parmi les principaux on pourra consulter ceux de J.-H. Meibomius (2), de Doppet (3), et de l'abbé Boileau [h).
(1) J.-J. Rousseau, Confessions, \ï\. I.
(2) Meibomius, De flagrorum usu in re mcdicâ et venered et luniborum renumqtic of/icio. Texte latin, Londres, 17C5, in-32 et Francfort, 1770, in-8; traduction in-32, an VIII (1800). Paris, chez Mercier.
(3) Doppet, Traité du fouet ou aphrodisiaque externe, par un amateur. 1 vol. in-32. S. D (1788). Paris, sans nom de libraire.
U) Histoire des flagellans, par rabl)é Boileau, traduit du latin, I vol.