‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 50 sur 164 · MOYENS MÉCANIQUES D* EXCITATION · texte numérisé non relu

MOYENS MÉCANIQUES D* EXCITATION

J'ai été moi-môme plusieurs fois témoin de rel'ficacité d'un pareil moyen ; mais ses effets, essentiellement passagers, me l'ont toujours fait regarder comme la suprême espérance de ceux qui n'en ont plus, et je l'ai mis au rang des étranges auxiliaires de la débauche dont notre ministère ne doit jamais être le complice.

D'ailleurs on peut facilement remplacer la flagellation par d'autres moyens capables, comme elle, d'exciter la chaleur locale; on aies frictions sèches ou humides, les fomentations, les ventouses, les sinapismes, les moxas,lesYésicatoires et tous les révulsifs; il n'est donc pas besoin de recourir à une pratique barbare et que la débauche a compromise.

Les motifs qui me font proscrire la flagellation me font également repousser Vîa'ticatioji, qui n'est qu'une variété de la flagellation violente dont on augmente la force parles aiguillons des orties. Le médecin, je le repète, ne doit point disputer aux lupanars une pareille ressource qui ne produit qu'un effet passager, et qui ne saurait entrer dans le domaine de la thérapeutique.

Fentouse. — J'ai déjà parlé de ce moyen très-vanté par Mondât (1). On se propose, à l'aide d'un cylindre armé d'une , pompe aspirante, d'attirer le sang dans les corps caverneux et de déterminer mécaniquement une. érection. Ce moyen, qui ne réussit pas toujours, pourrait ne pas être sans danger, si l'on agissait brusquement et avec violence; il ne faut arriver que progressivement à un vide complet, et la durée et le nombre des séances sont proportionnés à la force élastique des tissus; de plus, on s'abstiendra de l'emploi d'un semblable

in-12. Amsterdam, 1701 (La traduction de 1701 est la meilleure et la plus complète , elle contient des détails supprimés dans l'édition de 1732 donnée par l'abbé Granet).

(1) Mondât, De la stérilité de lliommc et de la femme, 5'^ édit. Paris, 1840,

ibll IMPUISSANCE CHEZ l'iIO.MME.

moyen chez les malades irritables et dont la sensibilité générale ou locale est facilement mise en jeu; on ne devra guère y recourir que pour les sujets lymphatiques, pour ceux dont la circulation est paresseuse et chez lesquels le système vasculaire est, en quelque sorte, frappé d'atonie. 11 suit de là que l'usage seul de la ventouse est complètement impuissant à produire une érection durable, et qu'une médication générale excitante en doit seconder et soutenir les effets.

Sinapisine. — Le but que l'on se propose avec le cylindre à pompe aspirante m'a donné l'idée d'arriver au môme résultat en m'appuyant, non sur les lois de la mécanique, mais sur les lois vitales; j'ai penso qu'il était quelquefois préférable d'augmenter l'afflux du sang dans les corps caverneux et le gland, par une modification pathologique des tissus, modification qui n'offre aucun inconvénient, puisqu'on est toujours maître d'en graduer l'intensité. A cet effet, je fais préparer un cataplasme composé de farine de graines de lin et de farine de moutarde, dans des proportions différentes selon l'action que l'on veut produire, et j'en enveloppe toute la verge, qui reste -ainsi dans cette espèce de fourreau plus ou moins longtemps, .de dix minutes à un quart d'heure d'ordinaire.

Ce moyen, que je suis étonné de n'avoir vu indiqué nulle . part (1), m'a rendu parfois de signalés services et a licureusoment remplacé l'instrument mécanique dont je parlais tout à l'heure.

L'application sur la verge d'un sinapisme, même adouci par la présence de la farine de graines de lin, n'est pas toujours «ans douleur, et le coït, exercé sous l'empire d'un semblable .excitant, pourrait être plutôt un supplice qu'une volupté ; pour

(l") Il est vrai que Gesner et Chaplal vantent la moutarde comme aphrodisiaque, mais ils ]'emp]oyai«nt sous forme de bains. — Voyez l'article Impuissance du Dictionnaire des sciences médicales, 1818, !.. XXIV, p. 192.

Page 1