MÉDICAMENTS EXCITATEURS. Ï^O
calmer cette souffrance qui, quelquefois, ne se fait pas sentir ou qui est passagère, j'ordonne de pratiquer sur le pénis des lotions avec l'eau fraîclie, et cette simjjle précaution permet souvent au malade une copulation sans douleur.
Le cataplasme sinapisé est un moyen énergique, et qui, par conséquent, réclame delà prudence et de la circonspection. En agissant en aveugle, on s'eNpose aupénitis ou inflammation de la \erge, et même à la gangrène de cet organe. Il faut, en règle générale, enlever le cataplasme dès que le malade accuse ce qu'il appelle des picotements; presque toujours, un eilct suffisant est alors produit, et l'on ne doit faire une nouvelle application que le lendemain ou môme plusieurs jours après la première. Le nombre total de ces applications ne saurait être déterminé à l'avance; il est subordonné aux effets obtenus et à l'état d'irritation de la verge.
Bien évidemment la médication générale ne sera point négligée, et Ton y apportera d'autant plus de soins que le malade sera moins sensible à l'action du sinapisme.
IL — Excitateurs.
A. — Médicaments excitateurs.
Les agents médicamenteux, que l'on désigne sous le nom û'excitcf leurs, ne s'adressent plus au système vasculaire et aux nutritions, comme les excitants, mais portent leur action sur les centres et les conducteurs nerveux qui président aux contractions des muscles de la vie animale et de la vie organique.
Si l'on se rappelle le rôle considérable que jouent les nerfs vaso-moteurs et les muscies de la verge et du périnée dans le phénomène de l'érection du pénis, on comprendra toute l'importance qu'il faut attacher à des agents qui peuvent réveiller ia contractilité de ces muscles et de ces nerfs.
156 IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.
Au premier rang des substances médicannenteuses qui possèdent cette propriété, il faut mettre la 7ioix vomiqiie et ses deux alcaloïdes, la brucine et la stnjchnine^ cette dernière surtout.
Depuis longtemps déjà, MM. Trousseau et Pidoux avaient noté l'action heureuse de la noix vomique contre l'impuissance, et leurs observations ultérieures n'ont pas démenti ce qu'ils écrivaient dès la première apparition de leur ouvrage : « nous parlons maintenant, disent-ils dans toutes leurs éditions, de l'impuissance contre laquelle nous avons eu l'idée d'employer la noix vomique. Nous avons été conduits à cette médication, d'abord par l'analogie et ensuite par l'observation des phénomènes que nous avions excités chez un de nos malades. C'était un homme atteint depuis trois ans d'une paraplégie complète avec tremblement général. Les membres thoraciques et abdominaux, la vessie, le rectum étaient paralysés du mouvement; la sensibilité était conservée; l'intelligence était d'ailleurs entière. Depuis le début de la maladie, l'excitabilité des organes génitaux était complètement éteinte. Sous l'influence de la noix vomique, les mouvements se rétablirent presque complètement, le tremblement cessa, et après un mois de traitement, survinrent des érections qui , d'abord faibles , acquirent bientôt la même énergie qu'auparavant et revinrent chaque nuit. Bientôt, fixant notre attention sur ce curieux phénomène, nous constatâmes les miêmes effets sur un couvreur, âgé de quarante ans, qui avait un affaiblissement notable des extrémités inférieures et qui, depuis sept mois n'avait pu avoir de rapports avec sa femme. En quinze jours de traitement, il marchait d'un pas plus assuré ; mais les organes génitaux étaient dans un état d'irritation d'autant plus remarquable que les forces musculaires ne se rétablissaient pas avec la même énergie. Nous avons, chez une femme, observé les mêmes effets. Enfin chez un jeune homme de vingt-cinq ans, consti-