‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 52 sur 164 · MÉDICAMENTS EXCITATEURS · texte numérisé non relu

MÉDICAMENTS EXCITATEURS

tué d'ailleurs comme un athlète, mais qui depuis dix-huit mois qu'il était marié, n'avait eu avec sa femme que des rapports presque fraternels, nous sommes parvenus à lui donner une virilité qu'il perdit bientôt, quelque temps après qu'il eut cessé l'usage de la noix vomique » (1).

Malgré ce dernier exemple, il n'est pas rare de voir l'action de la noix vomique persister, et les malades guérir soit de leurs paralysies, soit de leur impuissance, qui est elle-même une paralysie ou une faiblesse des conducteurs nerveux.

Bien que l'action excitatrice que la noix vomique et, mieux encore, que la strychnine exercent sur Tinnervation génitale, n'ait rien de spécifique, puisque la même action se fait également sentir sur les autres parties du système nerveux, il faut tenir grand compte de cette influence , car, en dehors de cette substance et de ses deux alcaloïdes, nous n'avons que des agents dont la puissance est moindre et plus incertaine.

Ce sont :

1" La fève de Saint-Ignace, qui se rapproche le plus de la noix vomique par la quantité de strychnine qu'elle contient ;

T Le Rhiis toxicodendron et le Uhus radicans, dont l'action est bien inférieure à celle de la noix vomique;

3° La coca du Pérou^ qui est plus célèbre par la tradition des Incas que par Texpérience ;

Zi° Enfin Verfjot de seigle, qui, malgrô son importance en obstétrique pour activer les contractions de l'utérus, et malgré ses bons effets dans le traitement delà spcrmatorrhée, ainsi que je le dirai plus loin, n'offre pas, dans le sujet qui nous occupe, les mêmes garanties que la noix vomique.

Cependant on no saurait avoir trop d'armes à sa disposition,

(1) Traité de thérapeutique et de matière médicale, 'i' édit. t. 1, p. 792; et 8« édit., t. II, p. 12.

et c'est pour ce motif que j'ai signalé ces agents à côté de la noix voniique et surtout de la strychnine.

On emploie les uns et îes autres, à l'intérieur, sous forme de pilules ou de solutions, et à rextérieur, en frictions sur l'appareil génital où ils font office d'excitateurs locaux.

\). — Excitateurs impondéralAes.

Électricité. — Les applications thérapeutiques de l'électricité se sont modifiées, on le comprend, avec les progrès de la physique sur cette branche de la science : avant la découverte de Galvaiii, l'électricité statique ou de tension était seule employée, soit sous forme de bain, soit sous forme d'étincelles (1) ; plus tard, après l'invention de la pile de Volta, on s'adressa aux courants, soit continus, soit intermittents; et enfin, dans ces dernières années, lorsque Faraday et A. de ia Rive (2) eurent fait connaître les influences réciproques des courants sur les aimants et des aimants sur les courants, on recourut aux appareils consacrés à cette nouvelle forme d'électricité.

Mise ainsi en possession de trois modes différents d'électrisation : 1° électricité statique ou par tension ; T électricité galvanique ou par contact ; et 3° électricité magnétique ou par induction, la médecine se devait d'étudier leurs actions physiologiques et pathologiques diverses; en d'autres termes, elle devait s'assurer s'il était indifférent de puiser à l'une de ces trois sources, ou s'il fallait établir entre elles des distinctions, basées sur une diversité d'action.

C'est en effet ce qu'elle n'a pas manqué de faire.

(1) Voyez l'ouvrage du Mauduyt, Mémoire sur les différentes manières d'administrer l'électricité, et observations sur les effets qu'elles ont produits, l vol. iu-8, 1784, imprimé par ordre du roi.

(2) De la Rive, Traité d'électricité [théorique et appliquée. Paris, 1854 et 1855, 3 vol. in-8.

l-XClTAlliUnS IMl'ONDÉKAUl.liS. — ÉLECTUIC.ITÉ. lo9

Le bain électrique positif a été généralement abandonné à cause de la nullité de ses effets, et le bain électrique négatif n'est conservé que par l'école italienne, en raison de son pouvoir hyposthénisant très-vanté par Giacomini.

L'électrisation par étincelles ou par la bouteille de Leyde a seule été maintenue dans la thérapeutique, et ses effets ont été depuis longtemps di^tingués de ceux du galvanisme : «Bien que l'électricité que l'on obtient au moyen du frottement par la machine électrique soit de môme nature que celle produite par la pile galvanique, nous devons faire remarquer cependant quo la [)rcmièrc convient mieux quand il s'agit d'exciter les musoles de la vie de relation. Le galvanisme, au contraire, est préférable lorsqu'on veut agir sur la sensibilité et sur les organes délicats ou sur les muscles de la vie organique (1).))

Duchenne (de Boulogne) est loin de partager l'opinion de l'allas, qui est celle de tous ses devanciers. Dans un ouvrage important (2), ce savant regretté, après avoir reproché àl'électricité de tension de n'agir que sur les muscles superliciels, et de produire des commotions qui .ne sont pas sans danger, conclut de la manière suivante : « En somme, dit-il, l'excitation musculaire par l'électricité statique doit être exclue, selon moi, de la pratique, d'autant qu'elle peut être remplacée par un autre agent électrique qui excite plus énergiquenient et plus efficacement la contractilité musculaire, sans uffrir aucun de ses inconvénients. »

Cependant Duchenne est obligé de reconnaître que l'électrisation par étincelles ou par la bouteille deLeyde n'est pas toujours aussi insignifiante qu'il' le prétend, et il s'en console en avouant que « ces résultats prouvent seulement que cer-

(1) l'allas, De l'influence de' Vélectricilé atmosphérique et terrestre sur rorgaulsalion, 1 vol. in-8. Paris, 1817, p. 75. (-2) Duchenne (de Boulogne), De l'électrisation localisée, 3« édition.

160 IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.

taines paralysies guérissent toujours sous l'influence de l'électricité, de quelque manière et sous quelque forme qu'on l'administre. » Ces résultats heureux ne sont pas aussi exceptionnels que semble le croire Duchenne, car le docteur Golding Bird, chargé de l'application de l'électricité à l'hôpital Guy, à Londres, qui ne se sert que delà machine à frottement, accuse des succès presque constants dans les paralysies qui ne sont pas sous la dépendance d'une affection des centres nerveux.

L'électricité par contact ou le galvanisme agit à travers les tissus, dans la plus grande profondeur, sur les muscles, sur les os môme, et de plus son action peut être limitée sur un point donné. Sa puissance excitatrice ne se développe qu'avec un courant intermittent, car Matteucci, tirant des déductions thérapeutiques de ses vivisections, a conseillé l'emploi d'un courant continu, comme hyposthénisant du système nerveux dans le tétanos. Mais pour obtenir cette puissance excitatrice, pour lutter contre des paralysies du mouvement, celles surtout dans lesquelles la nutrition musculaire est altérée et la sensibilité diminuée, il faut recourir à des batteries très fortes, de 102 à 120 piles da Bunsen, dont l'emploi, on le comprend, pourrait ne pas être sans danger. D'ailleurs, comme le fait justement remarquer Duchenne, les appareils galvaniques (batteries de Cruikshank, de Bunsen, piles de Wollaston) sont difficilement applicables dans la pratique, soit à cause de leur volume, soit à cause de l'emploi des acides qu'ils nécessitent, soit à cause des gaz qui s'én dégagent. Enfin l'intensité de leurs courants est trop variable pour être soumise à une graduation exacte et précise.

Duchenne, dont toutes les préférences sont acquises à l'électricité d'induction, en fait ressortir comme il suit les avantages : « L'électricité d'induction, dit-il, est celle qui convient le mieux à Texcitation musculaire dans le traitement

EXCITATEURS 1M1'0NJ)ÉRAI?LES. — MAGNÉTISME. lOJ

des paralysies du mouvement, dans les afTections clioréiqucs ; on peut en elfet rappliquer à la contractilité musculaire san^ produire de douleurs, sans craindre de surexciter le sujet, à quelque dose qu'on agisse, pourvu que les intermittences du courant soient assez éloignées les unes des autres.

» Il est souvent besoin d'un courant des plus intenses dans le traitement de certaines adections musculaires. Alors, l'électricité d'induction est la seule applicable, parcequ'elle n'exerce pas d'action calorifique, comme l'électricité de contact.

» Enfin les appareils d'induction peuvent, sous un petit volume, agir sur la contractilité avec une puissance considérable; ce qui facilite singulièrement leur application (1). »

Grâce aux courants électriques, qu'ils soient dus au galvanisme ou à l'électricité d'induction, on peut porter l'action thérapeutique de cet agent jusque dans les profondeurs les plus reculées des organes, ce qu'il était impossible d'obtenir avec l'électricité statique. Le vérumontanum, les conduits éjaculateurs, les vésicules séminales, tous les points du parcours de l'urèthre peuvent directement recevoir l'influence électrique et être traversés par un courant, sans que les parties voisines partici[)ent à cette excitation.

Je ferai connaître le mode opératoire, au fur et à mesure ({ue les indications se présenteront; mais j'ai tenu ici à indiquer d'avance les ressources nouvelles que l'électricité dynamique a mises entre les mains du praticien, en variant à Tinfini les modes de son application.

Magnétisme. — Les expériences d'01^]rsted, d'Ampère et d'Arago ayant démontré l'identité des' phénomènes magnétiques et des courants électriques, j'aurai peu de chose à ajouter, sur la vertu thérapeutique des aimants, à ce que j'ai

(I) Duchenne (do Boulogne), De Vélcctrisalion localisée et de son application, à la pathologie et à la thérapeutique, 3' édit. Paris, 187-2, p. 33.

ItOUIfAUD. Il

IMI'UISSANXE CHEZ l'hOMME.

dit des propriétés excitatrices de l'électricité, d'autant plus que des insuccès par le magnétisme me font toujours préférer, dans le traitement de l'impuissance, l'électrisation, soit statique, soit dynamique.

Les plaques aimantées ne conviennent guère que chez les sujets pusillanimes, clicz les personnes excessivement irritables, et dans les cas de sensibilité exagérée des organes géni-

C'est à ce titre que les armures aimantées du père Uell

trouvent ici une place.

Ces armures sont composées, on le sait, de plusieurs pièces d'acier aimanté, percées à leurs extrémités de trous destinés aux lacets h Taide desquels on les attache les unes aux autres, en a^ant soin de les opposer pôle à pôle, c'est-à-dire que le pôle sud de l'une regarde le pôle nord de l'autre.

Dans les expériences que j'ai faites sur les organes génitaux je me suis servi de deux ou trois plaques. L'une entourait la verge, surtout à sa base, où se trouvent les dernières fibres de l'ischio-caverneux ; l'autre, placée au pérmee, jusque sur le bulbe de l'urèthre, embrassait le bulbo-caverneux dans toute son étendue, depuis le muscle transverse du périnée, le sphincter et le releveur de l'anus, jusqu'cà la racine des corps caverneux. Enûn, dans les circonstances où je me suis servi de trois plaques, je mettais la troisième à la partie inférieure des lombes, dans la portion du sacrum correspondante au plexus sacré.

Les plaques peuvent rester en place depuis quelques jours jusqu a un mois ; mais il faut avoir soin, lorsqu'elles doivent demeurer en contact avec la peau plus de quinze jours, de les faire réaimanter avant ce temps, ou de recouvrir la face interne des armures d'une feuille d'argent ou de platine.

EXCITATEURS MÉCANIOLES. — ACUPUNC TUK K. UÏS

G. — Excitateurs mi'caniqncs.

Acupiimtiire. — Électro-punctwe. — Il est bien évident, disent MM. Trousseau et Pidoux, que l'aiguille enfoncée dans les libres musculaires de la vie animale ou de la vie organique, agit en excitant leur contraction, et ce phénomène tout expérimental peut se passer sous nos yeux. A ce tilro l'acu puncture doit évidemment se ranger parmi les moyens excitateurs (1).

De tous les travaux qui ont otépu])liés sur l'acupuncture, aucun n'est relatif à l'emploi de ce moyen contre l'impuissance ; on l'a préconisé avec raison dans le rhumatisme, la sciatique, les névralgies, etc. ; et les essais que j'ai tentés dans l'anaphrodisie m'ont expliqué le silence des auteurs sur ce point. A moins que l'impuissance ne soit accompagnée d'un ■vice rhumatismal, l'acupuncture m'a toujours paru un moyen douteux et d'un effet peu durable. Une ou deux fois au plus, sur vingt expériences, je suis parvenu à réveiller momentanément et légèrement la sensibilité, et j'ai constamment échoué dans les autres cas.

Mais il n'en est pas de môme de l'électro-puncture ; c'est ime ressource heureuse et énergique pour conduire profondément l'électricité qui, ainsi que nous l'avons vu, agit superficiellement, lorsqu'elle est appliquée par les moyens ordinaires. Mais en raison même de la pénétration du fluide dans les tissus les plus cachés, l'opération exige certaines précautions qu'il est utile d'observer. Si c'est à l'électricité statique que l'on a recours, une seule aiguille peut suffire : on l'implante tantôt dans les muscles du périnée, tantôt dans les fibres supérieures du bulbo-caverneux, et l'on peut même, après avoir

(1) Trousseau et Pidoux, Traité de thérapeutique et de ni'idère médicale, H' édit,, t. H, p. yO.

IMI'UISSANCK CHEZ l'hOMME.

traversé riscliio-cuverneux, aller jusqu'aux branches des corps caverneux. On met alors l'aiguille en communication avec un des conducteurs de la machine électrique, ou avec l'armature extérieure de la bouteille de Leyde médiocrement chargée, et l'on tire quelques étincelles. L'opération ne doit pas durer plus d-un quart d'heure, et le nombre des étincelles sera toujours proportionné à la sensibilité locale ou générale du sujet.

Les courants galvaniques peuvent s'établir avec une seule aiguille : celle-ci est alors mise en communication avec le pôle positif de la pile, tandis que le pôle négatif est en contact avec une autre partie du corps; mais le pins ordmau'cment on se sert de deux aiguilles dont les têtes, percpcs d'une ouverture, reçoivent les conducteurs de la pile. Le lieu oii les aiguilles sont placées est très-variable : le périnée, la base de la verge, le scrotum, les corps caverneux eux-mêmes, peuvent recevoir les aiguiUes, et le choix en est déterminé par les indications particulières que présentent les sujets.

Mais dans tous les cas, il faut avoir soin de ne donner d\nbord que de légères secousses, et de n'augmenter l'intensité et la durée des courants que si la partie est profondément insensible, et si le malade les supporte avec facilité. En règle générale, l'électricité, que ce soit l'électricité statique ou galvanique, unie à l'acupuncture, exige que les secousses soient d'autant plus énergiques et d'autant plus souvent répétées, que l'impuissance est plus ancienne, que la circulation capillaire est moins active, et que les tissus sur lesquels on opère sont doués d'une moindre sensibilité.

m — Excitants hydro-minéraux

Hydrothérapie. — L'eau peut être employée à diverses températures, et l'on peut dire qu'il y a l'hydrothérapie à l'eau chaude et l'hydrothérapie à l'eau froide.

EXClTAiNTS HYDKO-MINÉRAUX. — HYDROTHÉRAPIE. lOO

On peut encore étudier l'action de l'eau selon ([u'ellc est prise intérieurement ou appliquée à l'extérieur.

11 ne sera ici question que de l'eiuploi externe de l'eau.

L'eau chaude appelle le sang vers la périphérie et détermine des sueurs par suite du relûchcment des ril)res lisses des capillaires,

L'eau iVoide amène secondairement les mêmes eO'ets ; mais primitivement elle fait contracter les fibres lisses des vaisseaux, d'où le rcHux du sang vers les centres; ce n'est qu'après la cessation de l'impression du froid, ou même pendant sa prolongation (jue les fibres lisses se relâchent, et qu'il se produit les phénomènes dits de réaction, caractérisés par un reflux du sang plus considérable vers la périphérie, et conséquemment par un retour à une calorification plus accentuée.

A ce point de vue, l'hydrothérapie nous offre des ressources remarquables d'excitation, et c'est toujours à une basse température que l'eau devra être employée.

Les bains, les douches et les affusions sont les modes les plus ordinaires de l'hydrothérapie ; les uns et les autres peuvent être généraux ou locaux, selon que l'excitation doit s'adresser à toute l'économie comme un tonique, ou à une partie seule du corps pour en activer la circulation et la nutrition.

Le sujet qui nous occupe, c'est-à-dire le traitement de l'impuissance, trouve dans l'hydrothérapie, par l'eau froide, des ressources précieuses que l'observation et l'expérience ont pleinement confirmées. Les douches générales, vertébrales et périnéales occupent la plus large place dans cette thérapeutique à laquelle les affusions ne servent guère que d'adjuvants.

Mais pour que la douche produise un effet excitant, il faut qu'elle soit de courte durée et qu'elle ne dépasse guère une ou deux minutes.

De plus, et je me trouve bien de cette recommandation, je conseille quelques jours de repos après une vingtaine de don-

46(3 IMPUISSANCE CHEZ l'iI03JiME.

ches successives, autant pour prévenir un excès d'excitation (]uc pour ne pas user le remède.

Eaux minérales. — La médication par les eaux minérales est interne ou externe, ou mixle, c'est-à-dire que l'agent employé peut l'être indistinctement à l'intérieur et à l'extérieur.

Le type des eaux minérales à traitement interne, c'est-à-dire par la boisson, se trouve dans les eaux alcalines.

Le type des eaux minérales à traitement externe, c'est-àdire en bains et en douches, se rencontre dans les eaux sulfureuses.

Enfin le type des eaux minérales à traitement myxte réside dans les eaux fcalines.

Sans doute ces principes ne sont pas absolus, surtout dans la pratique, car on se baigne à Vichy, ot l'on boit à Luclion ;• mais ils peuvent servir de point de départ pour diriger l'emploi des eaux minérales dans le traitement de Tmipuissancc.

Au point de vue de la médication interne, nous ne nous arrêterons qu'aux eaux alcalines, à celles surtout qui contiennent des éléments reconstituants, comme le fer et l'arsenic.

Le nombre des eaux alcalines ferrugineuses est très-considérable, mais toutes ne sont pas aptes à être supportées ; pour que l'estomac les accepte et en absorbe les principes, il faut que le liquide soit charge d'acide carbonique, ce qui ne se rencontre pas dans toutes les eaux dites ferrugineuses.

Quoi qu'on en ait prétendu, les eaux alcalines, gazeuses et ferrui^ineuses n'ont point une action directe sur l'appareil génilal; elles n'agissent sur lui que secondairement, par l'impression qu'elles impriment à l;i luitrition, et par le relèvement des forces vitales qui en est la conséquence.

Cette influence n'est point à dédaigner et elle devient plus importante encore, si, comme on le fait dans plusieurs établissements, on seconde l'action reconstituante de la boisson par l'action tonique et excitante de douches froides.

EXCITANTS UyDRO-MINÉRALX. — EAI X .MINKUALES. 1()7

Les eaux arsenicales, moins reconstituantes que les eaux ferrugineuses, ne peuvent être continuées longtemps sans exposer le malade à une intoxication dont nous verrons plus loin les dangers.

Jusqu'ici je n'ai encore rien dit de la température que doit avoir l'eau minérale prise en boisson, parce que cette circonstance ne vient qu'en seconde ligne.

Mais il n'en est pas de môme quand le traitement est externe, quand il se résume en des bains et des douclies.

Évidemment, quand on s'adresse aux eaux minérales, c'est pour tirer profit des éléments médicamenteux qu'elles contiennent, et les introduire dans l'économie, soit par la digestion soit par l'absorption.

Celle-ci qui a principalement la peau pour organe, se foit lentement et d'autant moins vile que la température est moins élevée.

Il faut donc que l'eau minérale soit chaude, pour que l'enveloppe cutanée ait le temps d'en absorber les principes, et pour que le corps puisse, sans un excès de sédation, attendre cette absorption. Celle-ci n'est possible qu'aux bains.

La douclie, à moins qu'elle ne soit prolongée pendant un temps indéfini — et encore on ne serait pas sûr du ré.-ultat, — n'amène aucune absorption, parce que les molécules minéraleiî glissent sur la peau, et n'ont pas le temps de se laisser absorber.

L'action des douches est donc toute entière dans, leur tem^ pérature et aussi dans le choc qui simule assez bien la flagellation, de sorte que l'on pourrait appeler la douche une flar/cllation humide, froide ou chaude.

Il reste, pour le traitement externe, en ne tenant compte que de la composition de l'eau, le bain, soit entier, soit partiel, suivi ou non suivi de sudation ou de massage.

Mais quelle que soit sa forme, le bain sulfureux est incontestablement excitant et concourt merveilleusement à relever

les forces; s'il est secondé par un bon régime, il peut an besoin, coninie en hiver, remplacer les bains de mer dont je parlerai loiil ù l'Iiouro.

Enfin les eanx salines, à moins d'une dérivalion sur le tube digestif ou d'un dégorgement de ce que les Allemands appellent la pléthore abdommala ^ les eaux salines, disons-nous, prises à l'intérieur, sont d'un faible secoui's dans le traitement de l'impuissance.

Toute leur action, dans la majorité des cas qui nous intéressent, se rencontre dans leur emploi en bains et en douches.

Leur histoire se confond avec celle des bains de mer dont je vais maintenant parler.

Bains de mer. — ■ Les bains de mer agissent par la température de l'eau, par sa composition et par le choc de ses vagues qui se rapproche assez de la douche pour avoir imposé son nom à une de ses formes, la douche en lames.

Au point de vue de la température, le bain de mer est l'application du froid sur tout le tégument externe; nous avons vu plus haut que cette application produisait une action éminemment tonique , par suite de la réaction qui succède à l'impression du froid.

Sous le rapport de sa composition, l'eau de mer renferme surtout du chlorure de sodium, que j'ai déjà signalé comme un excitant minéral, consacré par l'expérience de tous les âges.

Comme choc, à moins que la mer ne soit fortement agitée, la douche en lame est loin d'avoir la puissance de la douche en jet; mais son action, quelque faible qu'on la suppose, venant s'ajouter à celles de la température et de la composition de l'eau, fait des bains de mer un puissant moyen de stimulation que le médecin sait habilement mettre à profit.

Il faut aussi rappeler que les malades soumis aux bains de mer vivent au milieu d'une atmosphère marine qui introduit

MÉDICATION APHRODISIAOUE. 109

dans l économie, parles voies respiratoires, les éléments d'une excitation que les personnes irritables ne peuvent même pas supporter.

Je ne parle pas d'autres circonstances accessoires, telles que le grand air, l'insolation, l'exercice, l'absence des préoccupations ordinaires, etc., car toutes ces choses se rencontrent également aux établissements d'eaux minérales; néanmoins le médecin doit en tenir compte, tant au bord do la mer qu'aux établissements thermaux, parce que ces conditions, si elles n'occupent pas la première place, jouent un rôle considi'rable et bien apj)rccié par les médecins hydrologues.

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