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IMPUISSANCE SYMPTOMATIQUE. — CHLOROSE

Aussi pas plus qu'ailleurs, la nature, sous ce rapport, ne s'est montrée marâtre envers nous.

Dans toutes les maladies aitjuës, quelle qu'en soit d'ailleurs la cause, l'inaction et le silence ont été imposés aux organes et au sens vénériens. Gomme dans un pays envahi par l'ennemi et dont tous les corps d'armée abandonnent leurs retranchements et leurs garnisons pour se porter sur le point menacé, on dirait que les forces vitales délaissent les appareils oii leur action peut sans péril être momentanément suspendue, afin d'opposer une résistance plus énergique au mal qui se présente.

Aussi l'impuissance, dans ces états pathologiques, est-elle un de ces symptômes qu'il serait dangereux de combattre ; il n'est venu à l'esprit de personne, que je sache, de songer à sauvegarder la vie de propagation pendant le coma d'une fièvre typhoïde, ou les accès d'une fièvre intermittente pernicieuse.

Je ne m'arrêterai donc pas davantage à une impuissance fatale et salutaire, je pourrai môme dire naturelle, mais non physiologique, et j'aborderai la seule maladie de la circulation, qui, sans menacer im?nédiatement la vie de l'individu, offre quelquefois l'impuissance comme un de ses symptômes. Cette maladie est la chlorose.

Chlorose. — Il n'est plus aujourd'hui personne qui soutienne, avec Hoffmann, que la chlorose est une maladie spéciale aux femmes ; les observations publiées par Copland (1), Roche (2), Désormeaux (3), fanquerel des Planches {à) et

(1) Copland, Dirt. of Pract. Mcriicine. Lontlon, t. I, p. 87.

(2) Roche, Nouveaux éléments de pathologie. Paris l. II, p. 380.

(3) Désormeaux, Répertoire (jénéral des sciences médicales, art. Chlorose.

(4) Tanquerel des Planches, Presse médicale, n» 5i, juillet 1837 p. -425, " '

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J. Uzac (1), coniirmées tous les jours par des observations nouvelles, ne laissent aucun, doute sur la réalité de cette affection chez les bomnaes.

Je ne viens pas grossir le nombre des faits confirraatifs de cette opinion; je veux seulement réparer un oubli qui s'est glissé dans l'histoire de la chlorose de l'homme, et que la connaissance que nous avons de celle de la femme aurait dû cependant prévenir.

Je veux parler de l'état de l'orgasme vénérien.

Est-il besoin de rappeler que la chlorose a toujours, chez les personnes du sexe, un retentissement plus ou moins profond sur les fonctions de l'appareil génital, à ce point que quelques auteurs, prenant l'exception pour la règle, mais voulant consacrer par une désignation, spéciale l'influence exercée par la maladie sur la fonction génératrice, l'appellent /lèure «ïmoî^reuse, fièvre d'amour?

Ces circonstances, qui m'avaient depuis longtemps frappé, me firent soupçonner la même influence chez l'homme, et mes investigations, dirigées vers ce but, ne tardèrent pas à me convaincre de la réalité de ma supposition.

Un des faits les plus saillants qui s'offrirent à moi fut le suivant :

Un jeune homme de vingt-cinq ans, maigre, pâle, aux mouvements et à la parole lents, aux cheveux châtain clair, originaire de Pologne, et alors instituteur dans une maison particulière, se présente à ma consultation comme atteint d'impuissance.

Il accuse depuis longtemps des troubles du côté des voies digestives, et ces troubles ont pris une telle intensité que toute digestion est devenue presque impossible; la constipation est

(1) J. Uzac, De hi chlorose chez Vhomme, thèse de doctoral. Paris, i853.

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permanente, mais il n'existe de douleurs ni au ventre ni h l'estomac.

Les- fonctions de l'innervation sont encore plus affectées : la sensibilité physique est devenue tellement exquise que le moindre changement de température, que le plus petit bruity le plus léger frottement, l'affectent d'une manière pénible ; la sensibilité morale n'est pas plus sauvegardée, car le malade ne peut lire sans pleurer et sans- être profondément ému, je ne dis pas un roman, mais les nouvelles- diverses enregistrées par les journaux ; le sommeil est nul et l'opium est impuissant à le rappeler.

Au milieu de ces désordres, les facultés intellectuelles ne sont pas restées intactes, et le malade est atteint d'une hypochondrie profonde qui le pousse incessamment vers le suicide.

A ce cortège si connu des symptômes de la chlorose auquel il faut ajouter la décoloration de la peau et la llaccidité des chairs, il manquait un signe dont la présence n'est pas d'une absolue nécessité pour caîractériser l'affection, mais dont je devais tenir compte dans mon diagnostic.

Je' veux parler du bruit de souffle signalé dans quelques artères, et surtout dans les carotides.

Hors ce signe, rien ne manquait au tableau ordinaire de la chlorose.

Les organes génitaux ne présentaient extérieurement rien de particulier. La verge et les testicules avaient leur volume ordinaire, et la peau du scrotum- se contractait encore sous l'impression du froid ou de la main.

Les désirs vénériens étaient absents, et les plaisirs de l'amour inspiraient môme, je ne dirai pas du dégoût, mais une indifférence bien proche delà répulsion.

Les érections étaient nulles, quelle que fût la nature des excitations appelées à les provoquer. A des intervalles assez éloignés, et sans influence de rêves lascifs ou de pensées

amoureuses, des cjaculations se produisaient pendant la nuit, tantôt à 1 état de veille, tantôt pendant le sommeil, occasionnant une certaine volupté, mais laissant après elles une lassitude générale dont le malade se ressentait plusieurs jours de suite.

Tous ces accidents du côté de l'appareil génital étaient contemporains de ceux qui m'avaient été signalés du côté des voies digestives et de l'innervation. Avant leur arrivée, la fonction génitale s'accomplissait, sinon avec énergie, du moins avec régularité et sans inspirer aucune crainte.

En présence de tous ces faits, je ne pus douter que j'avais affaire à une impuissance symptomatique de la chlorose.

Le traitement devait être la pierre de touche de ce diagnostic.

Il le fut en effet, et ne me laissa aucun doute sur la vérité de mon jugement : le quinquina d'abord, à cause de l'état du tube digestif, les ferrugineux ensuite, associés au régime approprié à la chlorose, et enfin l'habitation à la campagne, eurent raison, dans moins de huit mois, de tous les phénomènes morbides, tant physiques que moraux.

Les organes génitaux ne furent l'objet d'aucune thérapeutique spéciale ; sous l'influence du traitement général de la chlorose, ils reprirent peu à peu leur énergie perdue, et les désirs vénériens reparurent au fur et à mesure que la mélancolie et les idées de suicide s'affaiblissaient.

Depuis deux ans à peu près, la guérison ne s'est pas démentie, et le malade, que je vois de temps en temps, jouit de l'intégrité parfaite de toutes ses fonctions.

Deux autres faits analogues d'impuissance, mais avec des caractères moins tranchés du côté des facultés morales , également traités et guéris par les ferrugineux et le régime tonique, prouvent que la chlorose chez l'homme exerce sur les organes génitaux, comme chez la femme, une influence bien marquée, et que cette influence est identique dans les deux

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sexes, non-seulement sur les désirs vénériens qu'elle glace, mais encore sur les organes génitaux qu'elle frappe, chez l'un d'impuisssance, et chez l'autre de frigidité. Gomment se fait-il donc que jusqu'à présent les rapports qui unissent l'impuissance et la chlorose dans notre sexe aient été pissés sous silence, et que les désordres de la fonction génitale chez la femme n'aient pas provoqué l'examen de la môme fonction chez l'homme ? Le peu de fréquence de la chlorose chez ce dernier et les opinions diverses que l'on a émises sur la nature de la maladie sont peut-être la cause de cet oubli des observateurs.

Je ne sais si la chlorose syphilitique décrite par M. Ricord peut, comme la chlorose ordinaire, s'accompagner d'impuissance. Je n'ai pas eu occasion d'observer cette variété de la maladie.

Quoi qu'il en soit, l'histoire de l'impuissance dont il est ici question se confond tellement a\ec celle de la chlorose, que l'étiologie, le pronostic et le traitement de l'une sont identiquement les mêmes que l'étiologie, le pronostic et le traitement de l'autre.

§ III. — Ile l'innervation.

Les altérations de l'innervation se partagent en deux grandes classes : 1° celles qui sont liées à une lésion matérielle des organes, et qui ont, si je puis ainsi dire, une anatomie pathologique ; 2° celles qui ne laissent après elles aucune trace dans les organes, et que l'on désigne généralement sous le nom de néiTOses.

Les altérations organiques du système nerveux qui jettent le trouble dans l'innervation génitale, sensibilité et motilité, peuvent exister, soit dans les centres nerveux, cerveau et moelle épinière, soit sur le trajet des nerfs conducteurs, soit sur les nerfs eux-mêmes de l'appareil copulateur.

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Je renverrai cette dernière catégorie au chapitre con sacré aux maladies des organes génitaux, ainsi que je l'ai déjà fait à l'occasion de la nutrition et de là circulation, afin de pouvoir embrasser, dans un seul coup d'œil, le tableau complet des maladies locales qui entraînent l'impuissance.

Les névroses, de leur côté, se partagent en deux grandes classes, selon qu'elles affectent plus spécialement ou l'innervation organique ou l'innervation intellectuelle, si je puis ^linsi dire.

De cette manière, en récapitulant toutes les divisions que je viens d'admettre, j'aurai à examiner :

1° Les troubles de l'innervation avec altérations anatomiques, qui comprendront, selon' le siège de ces altérations :

a. Maladies des centres nerveux ;

b. Maladies des nerfs intermédiaires des centres nerveux et de l'appareil génital lui-môme.

2° Les troubles de l'innervation sans altérations anatomiques, qui comprendront :

a. Les névroses organiques ;

b. Les névroses intellectuelles.

C'est dans cet ordre que je vais envisager ce cadre si vaste. 1° Troubles de rinnervation avec altérations anatomiques.

a. Ualadms des centres nerveux. — Pour répondre à toutes leS' données de ce programme, il faudrait passer en revue la pathologie entière du cerveau, de la moelle et de leurs enveloppes, car il n'est pas une seule des affections de ces organes qui ne puisse agir et qui n'agisse en effet sur le sen*^ et l'appareil de la génération.

Mais si, comme je l'ai fait pour la circulation, j'éloigne de mon cadre les maladies qui, par leur acuité et leur rapidité, menacent prochainement la vie de l'individu, et parmi lesquelles se trouvent la grande famille des phlegmasies, et celle

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des hémorrhagies, etc., il ne reste plus que quelques affections dont les unes, comme l'hydrocéphale chronique,, le ramollissement du cerveau, etc., appartiennent d'ordinaire à des âges où l'appareil vénérien n'a pas encore commencé ou a déjà fini son rôle; et dont les autres, comme le cancer, les tubercules, les hydatides du cerveau ou de la moelle, et les altérations diverses des méniDges cérébrales ou rachidicnnes, n'offrent partout dans leur histoire que des contradictions et des doutes..

Cependant on peut dire d'une manière générale, en s'appuyant sur les lois même de l'innervation, que toutes les maladies des centres nerveux, quelle qu'en soit d'ailleurs la nature, ont un retentissement quelconque sur la fonction génitale, soit en abolissant ou pervertissant l'intelligence, et par suite les désirs vénériens, soit en agissant directement cVime manière on cVam autre sur les organes génitaux eux-mêmes, car cette action est loin d'être toujours débilitante, puisque Serres a noté l'érection du pénis six fois sur onze cas d'hémorrliagie cérébelleuse.

Mais si le cadre de cet ouvrage ne me permet pas d'aborder la description de chacune de ces maladies, je dois les signaler à l'attention du médecin comme un point de départ très-fréquent de l'impuissance..

Évidemment, je ne parle pas ici de ces affections aiguës, la méningite, l'apoplexie, la cérébrite, la myélite, etc., qui arrachent celui qu'elles frappent à ses attributs, à ses besoins, à ses facultés, en un mot à sa mission sur cette terre ; mais de ces maladies à marche lente et quelquefois tortueuse qui, tout en apportant à l'organisme un germe de mort, respectent longtemps encore les sources de la vie : parmi elles sont les tumeurs de toute nature, exostose intracrunienne ou intravertébrale, productions morbides, dégénérescences, etc., en un mot toutes les affections qui amènent une altération lente et progressive des centres nerveux.

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La possibilité d'une de ces affections dont le début est bien souvent insidieux, devra toujours être présente à l'esprit du médecin et avoir sa place dans l'étiologie de l'impuissance; il suffit que l'attention soit éveillée sur ce point, car aussitôt des symptômes tels que fourmillements dans les membres inférieurs, fatigue rapide, constipation, etc., dont le malade ne tient encore aucun compte, tant ils sont légers et fugitifs, prennent, aux yeux du médecin averti, une importance et une gravité faciles à comprendre. Que de malheureux eussent été sans doute conservés, si les premiers signes de leur mal avaient pu être appréciés à leur juste valeur ! Je le répète donc, car je ne saurais trop insister sur ce point, toutes les fois que l'origine d'une impuissance sera difficile à saisir, que sa source, comme il n'arrive que trop souvent, se perdra dans des méandres inextricables, qu'on interroge avec soin l'innervation générale, et qu'on ne l'abandonne qu'après avoir minutieusement exploré l'intelligence, la sensibilité et la motilité.

Que Torgane copulateur, par suite d'une affection des centres nerveux, soit frappé d'asthénie ou de paralysie, le résultat est le même, l'érection est impossible (1) ; que l'altération porte sur la sensibilité ou sur la motilité, le traitement de l'impuissance n'en subit aucune modification, ou plutôt ce traitement est nul, car toute l'attention du médecin et toutes les ressources de l'art doivent s'adresser à la maladie mère, à l'affection des centres nerveux, source de tous les désordres.

Il n'en est pas ainsi lorsque, l'affection des centres nerveux ayant disparu, l'impuissance persiste. Il est alors nécessaire de recourir à un traitement spécial que j'exposerai dans le chapitre suivant, alors'qu'il sera question de l'impuissance consécutive.

(1) Voyez le mécanisme de lerection dans les considérations physiologiques placées en tète de cet ouvrage, page 28.

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b. Maladies des nerfs intermédiaires des centres nerveux et de l'appareil copulateur. — Les maladies des nerfs intermédiaires qui peuvent amener la paralysie de la verge sont de deux sortes : 1° celles dont la cause est appréciable et saisissable, comme la compression, la dégénérescence, la section du nerf; 2" celles dont la cause est entièrement vitale.

La paralysie symptomatique des alTections du premier groupe est facile à comprendre, elle porte en quelque sorte son explication avec elle. Mais il n'en est pas de même'de la paralysie sans lésion anatomiquc, sans excuse mécanique, si je puis ainsi dire, dont il n'est cependant pas possible de contester l'existence : on sait, en effet, que l'hystérie peut amener la paralysie de quelques muscles seulement; que dans certaines intoxications saturnines, le nerf radial est frappé d'immobilité, et que des faits de paralysies de la vessie et du rectum ont été recueillis, sans qu'il ait été possible de les rattacher à une lésion matérielle quelconque.

C'est là une espèce de névrose que, pour la logique de mes divisions, j'ai dû considérer à part, mais qui, dans la pratique, se confond avec la névrose génitale elle-même, tant au point de vue de la séméiotique que sous le rapport du traitement.

Je renvoie donc le lecteur au chapitre que j'ai consacré précédemment à l'impuissance idiopathique, et je reviens ici aux affections des nerfs intermédiaires, avec lésions anatomiques et produisant la paralysie de l'organe copulateur.

Ces affections présentent toutes un caractère commun : celui d'empêcher la libre circulation du fluide nerveux, en d'autres termes, et pour ne pas tomber dans les abstractions métaphysiques, elles sont constituées par un arrêt de communication, sur un des points du trajet des nerfs, entre les centres nerveux et l'appareil génital.

L'obstacle qui intercepte ainsi la communication peut être

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de nature diverse : tantôt c'est un organe voisin du nerf, déplacé ou hypertrophié; tantôt c'est une tumeur développée dans le voisinage du nerf ou dans le névrilème lui-même ; tantôt c'est une dégénérescence du nerf; tantôt enfin c'est la section môme du filet nerveux.

Si l'on réfléchit à la position qu'occupe dans le bassin le plexus sacré d'oii émanent les nerfs principaux qui vont animer l'organe copulateur, on comprendra la difficulté, je dirai même rimpossibilité de constater sur le vivant, et d'une manière directe, les lésions que je viens de signaler.

Les symptômes pathogéniques sont des guides moins incertains, mais ils ne sont pas tellement distincts des signes que présentent les affections des centres nerveux qu'on leur doive accorder une pleine confiance. N"est-îl pas vrai, en efifet, que 'l'hémiplégie ou que la paralysie générale n'accompagnent pas toujours les lésions du cerveau et de la moelle ; et que, de leur côté, ces lésions se traduisent quelquefois aussi par de simples paralysies partielles? S'il en est ainsi, et la science nous en pourrait fournir de nombreux exemples, comment distinguer les paralysies partielles dues aux lésions des centres, des paralysies partielles déterminées par les lésions des nerfs intermédiaires ?

Notre art, il faut le Teconnaître, laisse beaucoup à désirer sous ce rapport, et notre ignorance est ici d'autant plus regrettable que, en l'absence d'un diagnostic certain, on peut adresser à la moelle, par exemple, une médication dont eUe n'a que faire.

Au point de vue tout spécial de l'impuissance, l'absence d'un diagnostic différentiel certain est également une chose fâcheuse, car le traitement de la paralysie génitale se confondant avec celui de la maladie qui la produit, peut s'égarer dans des indications contraires ou, tout au moins, douteuses.

ÏS

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