IMPUISSANCE SYMPTOMATIQUE. VÉSANIES
Or, comme l'impuissance se montre fréquemment aussi au milieu des mômes circonstances, on peut facilement admettre que les troubles du sens génital sont complètement indépendants des troubles de l'intelligence ; et que, tout au plus, la même cause a donné naissance à la névrose vénérienne et à la névrose intellectuelle, sans que les destinées de Tune soient liées aux destinées de l'autre.
J'insiste sur ces origines communes de l'impuissance et des vésaiiies, parce qu'à mon avis, on a fait à la névrose intellectuelle une trop large part dans l'ctiologie de l'anaphrodisie.
Certes, je ne puis méconnaître que, dans certaines circonstances, l'excitateur de l'orgasme vénérien est détourné au profit d'une idée délirante, et qu'alors l'impuissance est bien sous la dépendance de la vésanie. Mais il faut reconnaître aussi que ces cas sont plus rares qu'on ne pense, et que l'on a été induit en erreur par une communauté d'origine dont on n'a. pas tenu assez compte.
Il est temps de remettre les choses en leur place et de ne plus donner aux vésanies un rôle prépondérant dans l'étiologie de l'impuissance : qu'on y regarde de près, et l'on sera bientôt de mon avis.
Cependant, ainsi que je l'ai dit tout à l'heure, certaines aberrations intellectuelles détournent à leur profit le consensus érotique et produisent l'indifférence vénérienne plutôt que la paralysie de l'appareil copulateur. De ce nombre sont les vésanies partielles, à délire spécial, telles que l'hypocondrie, la mélancolie, la nostalgie, etc.
D'autres, en amenant la subversion des facultés intellectuelles et morales, peuvent affecter le sens génital d excitations anormales et produire la perversion du génésique. Telles sont les diverses espèces de manies.
Enfin les vésanies absolues, caractérisées par l'aDHiiblisse-
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ment ou l'abolition des facultés intellectuelles, comme le crotinisme, l'imbécillité, l'idiotie et la démence, présentent quelquefois des caractères tout opposés à l'impuissance, et sont marquées par une salacité pathologique.
En résumé, dans l'immense majorité des cas, l'impuissance et la vésanie reconnaissent la même cause, et, malgré cette communauté d'origine, sont indépendantes l'une de l'autre, comme le sont deux fils d'un môme père. Par conséquent le traitement de l'impuissance doit s'adresser à la cause ellemême, et ne \oir dans la \ésanie qu'une complication dont, en saine pratique, il faut tenir compte.
Cependant dans quelques circonstances la vésanie est bienréellement le point de départ de troubles du côté des fonctions - génitales; mais ces troubles sont loin d'être constamment les mômes : tantôt il n'existe qu'une simple diversion du consensus érotique; tantôt il y a perversion morale du sens génital; et tantôt enfin il se montre une excitation morbide des organes vénériens, contrastant avec Taffaiblissement des -facultés intellectuelles.
Dans ces cas, le traitement de ces troubles génésiaques se confond avec celui de la vésanie; il est rarement utile de s'adresser directement au sens génital; au contraire, une thérapeutique spéciale peut, la plupart du temps, augmenter des désordres que fait seul disparaître l'amendement des facultés intellectuelles.
§ IV. — D une intoxication.
Qu'on me permette d'employer ici le mot intoxication dans son sens le plus large, dans son acception la plus générale, et d'entendre, par cette expression, l'introduction dans l'organisme d'un agent morbide, virus ou poison, capable de produire les accidents les plus graves et même la mort, mais à la