‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 77 sur 164 · IMPUISSANCE CONSÉCUTIYI'. — PERTES SÉMINALES · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE CONSÉCUTIYI'. — PERTES SÉMINALES

une autre partie de cet ouvrage, entreront [dans le cadre de la stérilité, car leur étude, enfermée dans les limites de Timpuissance, serait nécessairement incomplète et ferait en même temps un double emploi.

Cependant je m'arrêterai à une lésion qui, si elle affecte souvent la faculté reproductrice, ne laisse jamais intacte la force copulatricc : c'est la lésion des vésicules séminales et des canaux éjaculateurs qui donne naissance aux pertes séminales, ou spermatorrtiée. .

L'exception que je fais en faveur de cette maladie, en la décrivant ici, se justifie par ce que je viens de dire, à savoir : que si, arrivée à un certain degré, elle est une cause certaine d'impuissance, elle ne détruit pas toujours le principe' de la fécondité, comme on peut s'en convaincre en examinant au microscope le sperme de certains tabescents qui ne présentent également rien d'anormal du côté des glandes spermatiques.;

Mais alors s'élève une autre question qui appellera ailleurs toute mon attention, et que je ne veux indiquer présentement qu'afin de légitimer la place que j'accorde ici à la spermatorrhée. L'éjaculation spermatique, si difficile et le plus souvent impossible chez les individus atteints de pertes séminales, constituant, chez l'homme, une des conditions de la faculté fécondante, doit, par son absence, constituer une cause positive de stérilité. Sans doute, à première vue, et en ne jugeant que par la théorie, les choses paraissent devoir se passer ainsi; mais lorsqu'on songe à la possibilité de la fécondation artificielle, à certains déplacements de l'utérus, etc., on reste convaincu que si l'éjaculfition est une des conditions de l'acte normal de la procréation chez l'homme, elle n'en est point une condition tellement absolue que, dans quelques circonstances rares il est vrai, cet acte ne puisse s'accomplir sans elle.

Cette question, dont l'importance est si grande au point de

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vue de la famille et de la médecine légale, sera pour moi le sujet d'un examen sérieux, alors que j'étudierai l'étiologie de la stérilité chez l'homme ; pour le moment, je n'ai voulu qu'expliquei- l'exception que je fais ici en [faveur de la spermatorrhée, et montrer qu'elle entraîne plus constamment l'impuissance que la stérilité.

Pollutions. Spermatorrhée. — Les pertes séminales ne sont pas exclusivement produites par les excès vénériens ; des causes nombreuses président à leur naissance, et comme elles sont souvent réunies en plus ou moins grand nombre sur le même individu, il est quelquefois difficile d'assigner à chacune d'elles l'influence qui lui revient en propre. Cependant -les excès de masturbation et de coït tiennent une des premières places dans la production de ces phénomènes morbides, et c'est à leur action seulement que je vais limiter l'espace que je puis consacrer ici aux pertes séminales involontaires.

Celles-ci admettent divers degrés que tous les auteurs se sont attachés à séparer avec soin ; cette distinction était, en effet, nécessaire, non- seulement au point de vue du pronostic, mais encore sous le rapport du traitement, ainsi que nous le verrons tout à l'heure.

En ne considérant que les conditions physiologiques qui, dans l'état normal, accompagnent la sortie du sperme, c'est-à-dire désirs vénériens, érection de la verge et sensation voluptueuse, nous devons nous demander, avant toute chose, si ces conditions sont ou non conservées. Dans le premier cas, la perte séminale ne rentre plus qu'indirectement dans notre cadre, ou tout au moins ne peut plus être considérée que comme une cause éloignée et plus ou moins certaine d'impuissance ; dans le second cas, au contraire, l'affection est complètement de notre domaine, puisqu'elle est suivie de l'abolition d'une ou de plusieurs circonstances nécessaires à l'acte copulateur.

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