‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 78 sur 164 · IMPUISSANCE CONSÉCUTIVE. — POLLUTIONS · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE CONSÉCUTIVE. — POLLUTIONS

Ces deux états se rencontrent en effet, et il existe entre eux un tel lien de parenté que, assez généralement, l'un est amené par l'autre.

J'appelle pollution la perte de semence qui s'accompagne de l'orgasme vénérien ; et je réserve le nom de spermatorrhée aux pertes séminales qui ne sont sollicitées par aucun désir vénérien, qui ne sont pas précédées de l'érection de la verge, et qui ne provoquent aucune sensation voluptueuse,

L'impuissance ne coexiste pas toujours avec la pollution ; elle est, au contraire, un attribut constant de la spermatorrhée.

Pollutions. — La pollution, que je vais d'abord examiner pour revenir tout à l'heure à la spermatorrhée, doit nécessairement, pour constituer un état pathologique, se produire en dehors de la volonté et des excitations naturelles du génésique.

Eu égard à cette double condition, les pollutions ont été distinguées en nocturnes et diurnes, comme s'il était possible de limiter exactement ce qui appartient aux excitants internes, et ce qui revient aux excitants physiques.

Je m'explique.

Pendant le sommeil et précédant la pollution nocturne, tan^ tôt il se produit des rêves lascifs, des tableaux hideux mais toujours obscènes, et tantôt il ne se fait aucune excitation interne. — Du côté du corps, la chaleur du lit, la position horizontale, et surtout le coucher sur le dos, qui appelle une sorte de fluxion sur la moelle épinière, sont, sans compter la plénitude de la vessie, des causes externes d'excitation génitale. — Or, laquelle de ces causes amène la pollution? Est-ce le rêve lascif? Est-ce le rêve hideux, mais cependant toujours lubrique? Est-ce la chaleur du lit? Est-ce la position couchée? Est-ce enfin le contact ou le frottement de la chemise ou des draps sur la verge? — Gomme on le voit, la distinction n'est pas facile à faire, et je la crois, sinon nuisible h la clarté du discours, du moins entièrement

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inutile, alors que l'on a séparé, comme je l'ai fait, la pollution de la spermatorrhée.

Sans doute, la pollution est bien plus fréquente pendant la nuit que pendant le jour, précisément à cause de la réunion des excitants internes et externes qui n'existe pas toujours à l'état de veille.

Tous les auteurs n'admettent pas la pollution diurne telle que je l'entends ici : les uns, empiétant sur le domaine de l'acte physiologique, regardent comme un état pathologique, et nomment perte sémùtale convuisive, une éjaculation trop rapide, l'émission du sperme avant l'introduction de la verge dans le vagin ; et les autres la nient et la contestent tout simplement.

Les premiers poussent évidemment trop loin l'amour de la pathologie : la rapidité de l'éjaculation, que l'on observe fréquemment, loin d'être toujours le résultat d'un état morbide, est souvent l'attribut de la jeunesse et de désirs ardents, ou la conséquence d'une passion violente et comprimée, ou celle d'attouchements prolongés, d'excitations amoureuses trop longues.

Cependant, et il m'a été donné d'en observer un grand nombre de cas, la rapidité de l'éjaculation peut tenir à une surexcitation de la sensibilité nerveuse, soit des vésicules séminales, soit des conduits éjaculateurs, soit même du col de la vessie, à ce point que la plus légère excitation détermine incontinent la sortie du sperme, — c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase, — mais dans ces circonstances, qui tiennent évidemment à un état morbide local, la rapidité de l'éjaculation ne saurait constituer une pollution, puisque j'ai établi que cette dernière n'existait qu'en l'absence de la volonté.

A ceux qui nient la réalité de la pollution diurne, il faut répondre par des faits. Le satyriasis est l'expression la plus haute de cet état, et malgré les restrictions que j'ai faites ail-

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