‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 79 sur 164 · IMPUISSANCE CONSÉCUTIVE. — POLLUTIONS · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE CONSÉCUTIVE. — POLLUTIONS

leurs (1) sur cette maladie, on me permettra de citer l'exemple suivant : « Un jeune homme do vingt ans, d'une complexion primitivement forte, presque athlétique, mais affaibli par les excès dont je vais donner l'histoire, s'était, depuis l'âge de quinze à dix-huit ans, livré à cet acte destructeur dont Tissot a si bien décrit les dangers. Il s'y livrait de préférence dans le bain, et avait quelquefois porté le nombre des pollutions jusqu'à quinze dans un seul jour. Des excès aussi multipliés affaiblirent sa constitution, portèrent atteinte à la force de son intelligence et du trouble dans sa mémoire. D'après les avis de quelques personnes prudentes, ce jeune homme renonça à cette funeste habitude, et, depuis deux ans, il vivait dans la continence la plus exemplaire. Sa constitution s'était raffermie; la mémoire et les autres facultés mentales avaient repris leur ancienne vigueur. Ses parents, qui le destinaient au commerce, le placèrent chez un négociant : il se livrait à ses nouvelles occupations avec tout le zèle et l'activité que comportaient et son âge et sa constitution robuste. Chéri de ce négociant et de sa femme, dont il recevait tous les jours des témoignages d'amitié, il s'abusa sur le genre d'attachement que la femme avait pour lui, et s'imagina d'en être tendrement aimé; de son côté, il la payait d'un tendre retour. Placé entre la crainte de violer les devoirs de la reconnaissance, et le désir de posséder cette femme qui n'était cependant ni jeune ni jolie, sa situation devint de jour en jour plus pénible et plus embarrassante. Quand par hasard elle jetait un coup d'œil sur lui, il entrait en érection et ne tardait pas à éjaculer; la nuit, il avait des pollutions fréquentes, etc., etc. (2). » J'ai connu un jeune homme à peu près dans la position de celui dont on vient de lire l'histoire. Après des excès de mas-

(1) Voyez la page 192.

(2) Dictionnaire fJp<t sciences médicales, nri. Satyrusîs, t. L, p. m.

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turbatioli, qui îivaient cessé depuis assez longtemps, dix-huit mois environ, ce jeune homme devint operdument amoureux d'une jeune fille. Toutes les fois qu'il se trouvait en sa présence ou que son image se présentait à son esprit, il entrait en érection, et alors le moindre contact sur la verge déterminait l'éjaculation. 11 était obligé de rester immobile pour empêcher le frottement de son pantalon ou de sa chemise ; il lui est môme arrivé d'avoir sa perte séminale en touchant seulement la main delà personne aimée.

Que cet état tienne à une surexcitation de tout le système nerveux ou simplement de celui des organes génitaux, il le faut adraeltre comme l'expression d'une situation anormale qui n'est certes pas l'impuissance, mais qui peut en être regardée comme une cause plus ou moins prochaine ou plus ou moins éloignée.

Cependant, il est cà remarquer que les personnes atteintes de pollutions, soit nocturnes, soit diurnes, perdent une partie de leur empire sur le sens génital, c'est-à-dire que celui-ci se montre plus facilement rcfractaire que dans l'état normal aux ordres de la volonté ; on dirait que l'organe générateur tend cà perdre l'habitude de cette obéissance pour subir l'influence d'excitateurs anormaux. Ce commencement de révolte de l'appareil copulateur contre la volonté passe très-souvent inaperçu, ou est expliqué et justifié aux yeux du malade parles pollutions qui le fatiguent; c'est une nuance dans le degré de l'énergie virile dont le médecin doit tenir compte, car cet état est toujours l'indice d'un mal plus grave ; s'il n'annonce pas constamment la spermatorrhée, il promet à coup sûr, si les passions se perpétuent, un affaiblissement génital plus ou moins prochain.

Il y a donc nécessité de combattre les pollutions, non pas tantpour le dommage dont elles chargent le présent, que pour les dangers dont elles menacent l'avenir.

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D'après ce que j'ai dit jusqu'à présent des pollutions nocturnes et diui'nes, on doit admettre qu'elles sont sous la dépendance, soit d'une surexcitation nerveuse générale ou locale, soit d'une irritation plilegmasique de l'appareil séminal.

La médication, on le comprend, sauf quelques préceptes généraux, tels qu'abstention de coït et d'onanisme, éloignementde tout motif d'excitation, soit morale, soit physique, etc., se conforme a la nature propre de l'affection.

Dans le premier cas, les opiacés, les sédatifs, les antispasmodiques , les bains chauds, généraux ou locaux, surtout le chloral, préconisé par H. Thompson et Bradbury, dans .les contractions spasmodiques des vésicules, occupent une place importante. Si la pauvreté du sang ou le délabrement de la constitution entretiennent la susceptibilité nerveuse, on a recours, outre le régime" approprié, aux ferrugineux, au quinquina, au lu})ulin, qui joint, selon M. Zambaco, à son action sédative sur les organes génitaux, une action tonifiante non moins remarquable (1).

Dans les cas d'irritation plilegmasique locale, on peut avec avantage recourir aux antiphlogistiques locaux, surtout quand le malade accuse de la pesanteur au périnée, une sorte de cuisson ou de gêne pendant ou après l'émission de l'urine, et un sentiment de chaleur dans la portion prostatique de l'urèthre, après l'éjaculation spermatique. Si la phlegmasie était à ce point légère qu'elle nese manifestât par aucun des symptômes dont je viens de parler, on retirait un plus grand avantage du bain de siège froid, d'applications toniques externes que de la cautérisation de la prostate.

Mais, je le répète, la continence morale et physique, secondée par une hygiène et un régime convenables, est le moyen le plus puissant à opposer aux pollutions qui , dans beau-

(1) Bullp.Un de thérnpentiqiif>. IS54, t. XTAII, p. \(\\,

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coup de cas, ne réclament pas les secours de la matière médicale.

Spermalorr/iée. — Cette affection a eu le sort de beaucoup d'autres qui, après avoir été admises dès la plus haute antiquité, ont été révoquées en doute et même niées par ceux-là mêmes qui étaient le mieux placés pour les décrire. Hippocrate, avec cet esprit observateur qui a fait le désespoir de tous ceux qui l'ont suivi, mentionne les symptômes principaux de cette maladie. « Elle attaque, dit-il, principalement les nouveaux mariés et les gens adonnés aux plaisirs vénériens ; ils sont sans lièvre, ont bon appétit et maigrissent. Si vous les interrogez, ils répondent que des espèces de fourrais leur semblent descendre de la tête le long du racliis ; après la miction ou la défécation, ils rendent du sperme abondant et aqueux ; ils n'engendrent pas, ils ont des pollutions nocturnes, soit qu'ils couchent ou non avec une femme (1). » Celse n'est pas moins explicite qu'Hippocrate : Est etiam, dit-il à son tour, circa naturalia vitiiim, quod sinevenere, sine noctumis imaginibiis sic fertiir, ut, interposito spatio, tabe hominem consumât. (2).

Toute la symptomatologie de la spermatorrhée est contenue dans la phrase d'Hippocrate et. dans celle de Celse, et l'on a droit de s'étonner qu'après des témoignages si explicites et des autorités si compétentes, il faille arriver jusqu'au xvn" siècle pour retrouver quelque trace de cette affection dans les auteurs, même les plus estimés. Tauvry (B) fait la môme observation qu'Hippocrate ; Morgagni (Zi), tout en reconnaissant,

(I) Hippoci-ate, OEttum, trad. par LiUré. Paris 1851, t. VU; Des

maladies, t. Il, p. 79.

("2) Celse, De medicinâ, lib. IV, sec. xxi, Editio nova, curant ibus Fou-

quier et Ratier, Parisiis, 1823, p. 175.

(3) Tauvry, Nouvelle anatomio raisonnée, 1693, p. 164.

(4) Morgagni, De causis et sedib. morb., epist. iï, art. 16.

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comme Gelse. que chez les hommes aQ'aibUs par la débauche le sperme peut s'écouler sans plaisir, sans excitation vénérienne, ainsi qu'il arrive par l'effet d'un lavement trop chaud, Moi'gagni, dis-je, remarque que le liquide de l'écoulement vient tantôt de la prostate et tantôt des vésicules séminales, et commence ainsi une confusion que n'ont même pas encore entièrement dissipée aujourd'hui les recherches de AVichmann , de son traducteur, Sainte -Marie et celles surtout de Lallemand.

Wichmann (1) s'attache d'abord à distinguer la pollution diurne et la pollution nocturne (2), et établit ensuite les caractères difféi'entiels de la pollution diurne, et ceux de tous les autres écoulements que l'on confondait alors sous le nom générique de gonorrhée.

La pollution diurne, ou ce que l'on désigne aujourd'hui sous le nom de spermatorrhée, a lieu dans l'état de veille, sans excitation et sans désirs vénériens, sans érection, sans plaisir et en l'absence de toute action d'agents aphrodisiaques ; de plus, ajoute Wichmann, dans la pollution diurne, les malades ne perdent pas sans cesse leur semence par une excrétion continuelle de cette liqueur, comme les femmes sujettes à la leucorrhée ; mais ils l'éjaculent toute à la fois et en une seule fois, et c'est cette circonstance qui a fait donner à cette maladie le nom de pollution. Gomme Hippocrate et Gelse, Wichmann a soin de mentionner que la perte diurne du sperme se produit surtout à la fin de l'émission des urines et à la suite des efforts de la défécation.

Gertes, à ces caractères, il est facile de distinguer la pohution diurne de l'écoulement spermatique qui se produit à la

(1) Wichmann, De pollutione diunid frequenti, sed rarius observatd tabescentiœ causa. Gotlingue, -1782,111-8.

(2) L'étal morbide ({uc nous avons désigné par le mot de spenuatorrhée est exprimé dans Wiclmiaim par celui de pollution diurne.

33Û impuis6a>(.;k chkz l'iio.m.me.

suite d'entretiens et d'attouchements libidineux , et aussi des écoulements de diverses natures qui se font goutte à goutte et d'une manière continue. Cependant Swediaur, qui connaissait pourtant le travail du médecin de Hanovre, retombe dans la confusion que ce travail avait principalement pour but de faire cesser. « La blennorrhéc de la prostate, dit-il, est un écoulement morbiiique du mucus de cette glande, ou de la liqueur des vésicules séminales, principalement pendant le jour, sans désir vénérien. Cette maladie est bientôt suivie d'une faiblesse ou débilité générale; cet épuisement est accompagné d'une émaciation universelle du corps, et mène par degrés à la mort, si le malade a différé, comme cela n'arrive que trop souvent , à consulter un médecin éclairé, ou que les moyens propres n'y ont pas été employés à temps

» La vraie ou véritable gonorrhée {gonorrhœa proprie sic dicta) est une émission de la semence ou de la liqueur spermatique contre nature, fréquente, affaiblissante, avec une sensation voluptueuse {liquoris semiiialis ejeciio frequens libidiîiosa, involuntaria, clebililans) \ ou comprend généralement sous ce genre les pollutions nocturnes ou diurnes accompagnées d'une sensation libidineuse.

D II y a une autre espèce de cette maladie : c'est un écoulement de la liqueur séminale contre nature, fréquent, diurne, affaiblissant, sans érection de la verge, ni désir vénérien. Le docteur J. E. Wichmann, à Hanovre, est le seul auteur qui ait bien traité ce sujet dans un petit ouvrage : De jjollidione diimid, 1782 (1). »

En laissant de côté ce que Swediaur appelle la véritable gonorrhée, et qui correspond à ce que j'ai désigné sous le nom

(1) Traité complet dés maladies syphilitiques, 1798, l. I, p. 116 et 117.

l:Ml'L'lS.SA.M:i!: CU-NSEt.l riVE. SFKKiMA l OhHllKli. 335

de pollution^ on se demande en quoi diffèrent, au point de vue des sym])tômes, sa blennorrhée de la prostate et la pollution diurne de Wichraann.

Gullerier, qui nonnne gonorrhée toute sortie de l'hwneur spermatique hors de l' économie, admet deux espèces de gonorrhées pathologiques : l'une qui se produit pendant les efforts de la défécation chez les personnes ordinairement constipées, et qui disparaît avec la constipation ; et l'autre qui ressemble assez à la pollution diurne de Wichmann, si ce n'est que par les progrès de la maladie, l'écoulement auquel s'est jointe l'humeur prostatique finit par devenir continuel ; mais ce nest plus (pi une lijmphe sans co)isistance qui s^écliappe du méat urinaire (1).

Telles étaient, d'une manière générale, les données de la science sur ce sujet, quand Lallemand fit connaîtj-e le résultat de ses recherches (2), et jeta sur cette matière un jour nouveau et plus brilhmt.

L'illustre professeur de Montpellier énumère d'une manière plus précise qu'on ne l'avait fait avant lui les causes multiples qui donnent naissance à la sortie involontaire du sperme; parmi ces causes, il place en première ligne la blennorrhagie, et l'on s'étonne qu'il ait réservé pour le second rang les excès de masturbation, surtout quand on connaît l'explication qu'il donne de leur mode d'action.

Selon Lallemand, la masturbation fait naître, en raison de sa fréquence, dans les organes séminaux, un état de i)hlogose qui détermine la spermatorrhée. Cette opinion est acceptable) mais à la condition qu'elle ne soit pas prise d'une manière

(1) Dkiionnaire des sciences médicales, ai t. Gonoiuuiki;, i. XIX, p. i et 5.

(2) Lallenmiul, Des pertes séminales inoolontaires. Pai-is, 1836-1814 :{ vol. in-8.

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absolue, et que l'on accorde que, dans des cas moins rares qu'on ne le croit, la spermatorrhée n'est en aucune façon liée à un état plilegmasique des organes génitaux.

Sans doute, les excès vénériens occasionnent des uréthrites, desorchites, des inflammations du canal déférent, et l'on comprend très-bien que la fréquence et l'altération de la sécrétion séminale et l'émission involontaire de son produit soient le principal, sinon le seul symptôme de la phlegmasic chronique du testicule et de son appareil excréteur.

Mais en dehors de ces altérations, dont il est aujourd'hui impossible de contester la réalité, ne conçoit-on pas que les excès dont nous parlons aient pu porter leur action d'une manière plus exclusive sur le système nerveux génital, et l'aient frappé d'atonie par la fatigue et les pertes qu'ils lui ont imposées?

L'observation journahère et rigoureuse des faits répond par l'affirmative.

Sous le rapport de la symptomatologie, toutes les spermatorrhées ne s'accompagnent pas, au début, de ce sentiment de souffrance, de cuisson, qui, avec le sperme sanguinolent, dénote l'existence d'un point phlegmasique.

La thérapeutique, à son tour, éclaire ce point de diagnostic, car les moyens les plus divers comptent également des succès, et le galvanisme dont Lallemand lui-même a eu à se louer dans un grand nombre de circonstances me semble militer en faveur de l'opinion que je défends.

La distinction que je m'attache à établir n'a pas un but purement spéculatif; elle a une portée pratique dont on sentira tout à l'heure l'importance, alors que je formulerai les bases du traitement.

Entre-temps, je me crois autorisé à admettre deux sortes de spermatorrhées :

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1' La spennatorrhée avec phlegmasie aiguë ou chronique des vésicules séminales ;

'i" La spermatorrhée avec simple atonie nerveuse de l'appareil génital.

Il n'est pas toujours facile, surtout à une époque éloignée du début de la maladie de distinguer l'une de l'autre, ces deux variétés de la spennatorrhée; cependant, en interrogeant le malade avec soin, en fixant ses souvenirs sur les circonstances qui ont précédé et qui ont accompagné les premiers symptômes de l'affection, il est possible d'arriver à un diagnostic à peu près certain.

Quand une phlegmasie est le point de dépari de la spennatorrhée, le coït, alors qu'il est encore possible, s'accomplit avec rapidité, c'est-à-dire que l'éjaculation ne se fait pas attendre longtemps ; cehe-ci s'accompagne d'un sentiment de chaleur, de cuisson même du côté de la prostate, et le sperme peut présenter quelques stries sanguinolentes.

Dans la spermatorrhée atonique, au contraire, l'appareil génital semble frappé d'une espèce de langueur qui n'est pas encore l'impuissance, mais qui exige, pour être secouée, l'intervention très-énergique de l'imagination. L'éjaculation, lente à se produire, n'occasionne aucune douleur et ne présente jamais un sperme sanguinolent.

Des pollutions, d'abord nocturnes et ensuite diurnes, précèdent presque toujours la spermatorrhée phlegmaJique • assez généralement ces pollutions font défaut dans la spermatorrhée atonique, qui se décèle progressivement par l'affaiblissement de plus en plus prononcé de l'énergie virile.

Souvent des lésions plus ou moins graves de la prostate des canaux éjaculateurs, des vésicules séminales ou de tout autre organe de l'appareil spermatique, accompagnent la spermatorrhée phlegmasique ; alors des matières morbides, telles que du pus, du sang décomposé, etc., se trouvent mêlées au

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c3S IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.

sperme et ne laissent aucun doute sur la nature de l'affection.

Ce signe est d'autant plus important à noter, que dans la spermatorrhée atonique le produit de l'écoulement perd la consistance et l'opacité normales du sperme, qu'il se présente sous l'apparence d'une sérosité à peine filante, et que l'émission de la semence et celle de l'urine ne déterminent ni cuisson ni douleur.

Tels sont les traits particuliers qui séparent les deux variétés de spermatorrhée, lesquelles ont d'ailleurs des rapports de ressemblance qu'il ne m'appartient point d'exposer ici. J'ai dû m'arrêter un instant aux principaux caractères qui les distinguent, parce qu'ils déterminent la nature du traitement à opposer à l'impuissance.

Sans la séparation que je viens d'établir, et sur laquelle j'appelle sérieusement l'attention des praticiens, il est impossible de s'expliquer les succès que l'on retire des médications les plus opposées, et qui conduisent, ainsi que j'en ai acquis la conviction par moi-même, à repousser tout traitement exclusif.

J'ai assez souvent porté le caustique dans le canal de l'urèthre pour me croire le droit d'avoir une opinion propre, et je ne crains pas. d'avancer que, si le nitrate d'argent guérit quelquefois, il est dans beaucoup de circonstances non-seulement inutile, mais encore nuisible; je l'ai vu, dans diverses occasions, augmenter les pertes et déterminer des accidents qui, pour n'avoir rien de grave, ne laissaient pas que de compliquer d'une manière fâcheuse la position déjà si triste du malade.

Dans les cas oti la cautérisation échouait, je réussissais tantôt avec les ferrugineux, tantôt avec la noix vomique, tantôt avec l'ergot de seigle, tantôt avec les stupéfiants et les antispasmodiques, etc., etc.

Bien évidemment, et il n'en saurait être différemment pour

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tout esprit non prévenu, cette diversité dans les résultats obtenus implique la variété dans la nature de l'affection, dont la connaissance exacte, je le répète, épargne des tâtonnements au mrdecin et des souffrances au malade.

Si la phlcgmasie est aiguë, c'est-à-dire si l'éjaculation est douloureuse et le sperme sanguinolent, on ne doit pas hésiter à recourir auxantiphlogistiques locaux, à moins que la faiblesse du sujet n'en contredise formellement l'emploi; les bains de siège chauds à Teau de son ou de mauve, le repos, la position horizontale, le régime lacté et l'éloignement de toutes excitations amoureuses, complètent le traitement dont l'indication est assez rare dans la pratique.

Mais ce qui l'est beaucoup moins, c'est la phlegmasie chronique de Tappareil excréteur du sperme qui, sauf quelques circonstances exceptionnelles, n'exige ni les émissions sanguines ni les débilitants. C'est ici, surtout lorsque la phlogose s'accompagne de quelque ulcération ou de quelque désordre anatomique du verumontanum, que la cautérisation fait merveille. Sous ce rapport, Lallemand a rendu un immense service à la science et à l'humanité, car, il le faut bien reconnaître, avant lui, c'est-à-dire avant l'introduction de sa méthode dans la thérapeutique, cette sorte de spermalorrhèe était souvent incurable, et les malheureux qu'elle atteignait s'acheminaient lentement vers la tombe, à travers des souffrances et une faiblesse toujours croissantes.

Cependant la médecine n'était pas entièrement désarmée, et si elle triomphait moins fréquemment qu'aujourd'hui, elle ne succombait pas toujours. Les révulsifs sur l'intestin ou sur le périnée, les lavements froids, les suppositoires appropriés, les bains, les douches générales et périnéales étaient des ressources dont le médecin tire encore parti, concurremment avec le caustique.

Mais, je le répète, dans la spermatorrhée phlegmasique, le

3/,0 IMPUISSANCE CHEZ i/hOMME.

moyen par excellence est la cautérisation avec le nitrate d'argent, et c'est à elle que l'on doit constamment recourir, lorsque les appréhensions du malade ne forcent pas a y re-

Ce moyen est, au contraire, proscrit sévèrement dans la «permatorrhée atoniqoe, et remplacé par les toniques, les astringents et les excitateurs, tant extérieurement qu mterieu-

rement. . . , ,

Dans cette seconde variété de spermalorrhee, j ai retire les plus grands avantages de l'ergot de seigle, soit seul, so.t même associé à la noix vomique. La formule dont je me sers d ordinaire est la suivante :

Poudre d'ergol de seigle i gramme.

Conserve de roses 1-

On tait 10 pilules dont on commence à donner une matin et soir, et dont on augmente le nombre jusqu'à ce qu'on soit

arrivé à 5 par jour.

Assez généralement je seconde l'action de ces pilules par une infusion de sommités d'absinthe, que je tais prendre, en guise de tisane, à la dose de deux ou trois verres par

La noix vomique, quand elle doit être associée à l'ergot de seigle, est dosée de manière à pouvoir administrer le même nombre de pilules.

D'après les observations faites par Debout (1) et /ambaco (2) sur l'action toniOante du lupulin (principe actif du houblon) , on peut espérer retirer quelque avantage de l'emploi de ce médicament, malgré son action sédative sur les organes géni-

taux. , . , .

Enfin, M. le docteur Duclos, de Tours, a préconise contre

(1) Bulletin de thérapeutique, 1852, l. XLIV, p. 239 et 385.

(2) Ibid., 1854, t. XLVII, p. 161.

IMPUISSANCE CONSÉCUTIVE. — SPERMATORRHÉE. 3 H

la spermatorrhée avec impuissance V extrait alcoolique de la noix vo)niqiie, de la manière suivante (1) :

Extrait alcoolique de noix vomique. . . 5 grnnunes.

Diviser en 100 pilules à administrer comme il suit :

Pendant cinq jours, 1 pilule tous les soirs.

Les cinq jours suivants, 1 le matin, 2 le soir.

Pendant cinq autres jours, 2 le matin, 2 le soir.

Pendant cinq autres jours encore, 2 le malin, 3 le soir; et ainsi de suite, jusqu'à ce que le malade en prenne 8 par jour : /i à la fois le matin et h le soir.

Quelques malades ont pris, sans accident, jusqu'à ih pilules par jour.

A l'extérieur, M. Duclos seconde sa médication interne en faisant faire, sur les lombes et la partie interne et supérieure des cuisses, des frictions avec le Uniment suivant :

Teinture de noix vomique )

, * ,,. aa 60 grammes.

— d arnica ou de melisse..)

— de cantliarides 15 — ■

Enfin, M. Wutzer (2) recommande, dans le même cas, les pilules suivantes, qui m'ont moins bien réussi que l'ergot de seigle ou la noix vomique :

Acide phosphorique solide i grammes.

Camphre broyé \,'iO cenligr.

Poudre d'écorce de quinquina i grammes.

Extrait de cascarille q. s.

Faites des pilules de 10 centigr. , et roulez-les dans la poudre de cannelle. On en prend 5 trois fois par jour.

Le traitement de la spermatorrhée, quel que soit celui auquel on donne la préférence, est également celui de l'impuis-

(1) Bulletin de thérapeutique, t. WXVI, 15 juin 18i9

(2) Ibid., t. XXXVII, p. m, 15 septembre 1819.

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