SECTION DEUXIÈME
IMPIIISSAIVCE €1IEZ 1.A iEUlIlIE
Il est incontestable que si j'avais enfermé le mot impuissance dans les limites étroites de la définition que l'on doniic ordinairement à cette expression, à savoir : inaptitude permanente ou temporaire à la copulation^ la femme, en dehors de quelques rares vices de conformation et de quelques cas de maladies, serait peu exposée à cette infirmité, car, ainsi que le dit Virey, elle peut toujours recevoir passivement les caresses de l'homme.
Cependant le rôle de la femme, dans le coït normal, n''ést pas entièrement passif; elle ne peut être déshéritée des douces émotions et du plaisir attachés à l'acte de la copulation, car sa volonté est nécessaire pour la réalisation de cet acte, puisqu'elle peut s'opposer h. son accomplissement, en refusant les approches de l'homme. Il faut donc à la femme un apjiut, un mobile pour ne pas repousser l'accouplement, et en môme temps, comme récompense, si l'on peut ainsi dire, attachée à l'accomplissement de toute fonction physiologique, une sensation de bien-ôtre et un sentiment de bonheur.
Les désirs et le plaisir vénériens incombent donc à la femme au'même titre qu'ils appartiennent à l'homme, et les uns et les autres rentrent dans l'ordre normal des conditions physiologiques du coït.
Le coït est donc chez la femme, comme chez l'homme, soumis à de certaines conditions ; or, s'il est incontestable qu'un état pathologique existe toutes les fois qu'une fonction ne s'accompHt pas dans les limites qui lui sont tracées par la nature,
384 IMPUISSANCE CUKZ LA l'EMME.
il faut admettre que l'absence d'une ou de plusieurs des conditions du coït normal chez la femme constitue un état morbide ou pathologique.
C'est cet état morbide que j'appelle impuissance. L'impuissance n'est donc pas pour moi, ainsi que l'ont définie mes devanciers, l'inaptitude permanente ou temporaire à la copulation, mais bien l'absence d'une ou de plusieurs des conditions du coït physiologique.
J'ai dit ailleurs quels étaient, chez l'homme, le nombre et la nature de ces conditions. -- Je n'y reviendrai pas ici. Chez la femme, elles sont au nombre de trois : La première, désirs vénériens, est tout à la ibis du domaine de l'âme et des sens ;
La seconde, réception dans le vagin de la verge de l'homme, appartient exclusivement au domaine organique;
Et la troisième, plaisir, prend tout à la fois sa source et dans l'âme et dans les organes. ,
Je sais que cette dernière proposition ne sera pas acceptée sans conteste, car, ainsi que le dit je ne sais quel auteur, souvent un coït, commencé dans rindifférence, se termine par la volupté. Mais je ne m'arrête pas davantage ici sur cette question, et je renvoie en son lieu et place la discussion de ce point en litige.
Quoi qu'il en soit, et pour simplifier encore plus la question, on peut dire que la lemme a deux rôles dans le coït : l'un passif, constitué par la réception de la verge de l'homme dans son conduit vaginal ; l'autre actif, rempli par les désirs et le plaisir vénériens.
L'un et l'autre de ces deux rôles peuvent être suspendus, et alors, selon que l'incapacité porte sur la partie passive ou active de l'acte, on a deux genres d'impuissance chez la femme que je désignerai, pour ne pas tomber dans une technologie prétentieuse, par des expressions connues de tous, à savoir :
IMPUISSANCE PAR OliSTACLES A l'iNTROMISSIOX. 385
1° Impuissance par obstacles à riiitromission ;
Impuissance par frigidité.
C'est à ce double point de vue que je traiterai l'iajpuissance chez la femme.