‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 99 sur 164 · CORPS ÉTRANGERS DE I/APPAREIL COPIJLATEUR · texte numérisé non relu

CORPS ÉTRANGERS DE I/APPAREIL COPIJLATEUR

Il est bien évident qu'il ne peut s'agir ici que des corps étrangers introduits dans le vagin, car ceux qui seraient appliqués sur la vulve seraient, ou sous la dépendance de la volonté de la femme, et par conséquent l'empêchement au coït reconnaîtrait une cause tout à fait étrangère à l'organisme, ou sous la dépendance d'une volonté autre que celle de la femme, mais plus forte qu'elle. Dans ce dernier groupe viendrait se placer rinfibulation, si cette méthode barbare de garder la virginité des filles et l'honneur des femmes n'était pas frappée de toute la réprobation qu'elle mérite, et si je ne m'étais pas interdit toute excursion en dehors du domaine de la médecine proprement dite (1).

Je n'aurais donc, ainsi que je le disais tout à l'heure, qu'à m'occuper des corps étrangers introduits dans le vagin.

L'examen comparatif des accidents que peut amener l'introduction d'un corps étranger dans la cavité vaginale, au point de vue de l'impuissance et de la stérilité de la femme, mérite, à coup sûr, une certaine attention, car les faits de ce genre se présentent fréquemment dans la pratique, depuis surtout que l'on fait un usage presque abusif des pessaires.

Il est incontestable que certains corps étrangers introduits dans le vagin n'occasionnent ni impuissance ni stérilité, et bien plus, que leur présence facilite au contraire la fécondité de la femme. Il m'est plus d'une fois arrivé d'introduire une éponge dans le vagin pour atteindre ce résultat, soit que je voulusse modifier momentanément la direction du col utérin, soit que je me proposasse de déterminer sur cet organe une

(I) Ou lira avec plaisir sur ce sujet un petit livre, très-recherché par les bibliophiles : Plaidoyer de M- Freijdier contre l'introduction de cadenas, ou ceintures de chasteté. Montpellier, Rocliard, 1750, petit in-8. — Réiaiprinié à lOU e.vemplaires par Jules Gay, 18G3. Même format.

ilk^ IMI^UISSANCE CHEZ LA FEMME.

excitation indispensable à la fécondation, comme je le dirai ailleurs, et qui faisait défaut.

Je n'ai donc pas à m'occuper ici de cette classe de corps étrangers.

Il en est d'autres qui, sans empêcher la fécondation, s'opposent complètement, ou tout au moins d'une manière douioureusej au rapprochement des sexes ; de ce nombre est la très-grande majorité des pessaires, surtout s'il existe un prolapsus de la matrice assez prononcé et une laxité des parois vaginales assez grande pour laisser couler l'instrument contenteur, et par suite pour ne plus permettre à celui-ci de soutenir la matrice.

D'autres enfin, en obstruant complètement la cavité vaginale, déterminent tantôt la stérilité seulement et tantôt l'impuissance et la stérilité, suivant la hauteur à laquelle le corps étranger est arrêté.

Comme on le voit, la distinction est importante à faire, non sous les rapports de l'étiologie et du traitement, mais au point de vue des symptômes et surtout des accidents divers que peut entraîner la [)résence de ces corps étrangers.

Les motifs qui amènent l'introduction d'un corps étranger dans le vagin sont nombreux et variés; tantôt, comme je le disais plus haut, c'est le médecin lui-même qui a placé un pessaire, une éponge ou tout autre objet qui, oublié par la malade, séjourne dans l'organe pendant un temps quelquefois très-long; tantôt c'est une pensée de luxure, l'appât du plaisir vénérien qui a sollicité l'introduction dans la cavité vaginale d'un corps quelconque, et qui, au moment du spasme cynique^ comme disaient les anciens, a échappé des mains de la femme et est resté dans l'appareil copulattur, protégé par un sentiment de honte ou de pudeur; tantôt enfin la prccencc du corps étranger dans le vngin est le résultai d'un acte criminel ou de brutalité, comme dans le fait, obscivé par Dnpujtrcn.

ItÉFAl r d'intromission. CORPS ÉTRANGERS. Iill7

de cette tille de la campagne, qui portait un petit pot dont la concavité regardait le col de l'utérus, et qui avait été placé là par des soldats, après le viol commis par eux sur la jeune fille.

Quel que soit le motif qui ail amené le corps étranger dans le vagin, il est incontestable que sa présence s'oppose plus ou moins à l'entier accomplissement de la fonction génitale. Je ne parle pas des autres accidents pathologiques qui en peuvent résulter, tels que la douleur, lïnllammation, la déchirure, la gangrène même des parois vaginales, car je me dois renfermer dans le cadre de ma thèse.

A ce point de vue exclusif, la présence du corps étranger peut ne rendre que le coït, ou impossible, ou simplement douloureux, sans empêcher la fécondation; ou bien, tout en étant un obstacle plus ou moins absolu à la copulation, il peutj en même temps, s'opposer à l'arrivée du sperme dans l'utérus, et par conséquent rendre impossible l'imprégnation.

On conçoit très-bien, en effet, que si le col de l'utérus abaissé s'engage dans unpcssaire, le congrès sera incomplet, douloureux pour la femme, dont le museau de tanche aura à supporter les chocs de la verge, et pénible pour l'homme, dont le gland viendra heurter les parois endurcies du pessaire ; mais, malgré ces circonstances défavorables au plaisir, rien n'empêchera le sperme de venir frapper le museau de tanche, de pénétrer dans l'utérus sans qu'il soit arrêié par la tuméfaction que présente ordinairement, en semblable occurrence, le col delà matrice, et d'accomplir l'acte de la fécondation.

t)ans l'observation de Dupuytren, la femme était fatalement condamnée à une stérilité d'une durée plus ou moins longue, puisque l'ouverture intérieure de l'utérus était entièrement soustraite à l'action de la liqueur spermatique.

La thérapeutique des corps étrangers du vagin est basée sui* les principes généraux de la médecine opératoire des coi'ps étrangers en général. — Je ne dois donc pas m'y arrêter ici.

lill^ IMPUISSANCE CHLZ LA FEMME.

— Seulement je ferai remarquer que dans certaines circonstances cette extraction est entourée des plus grandes difficultés, parce que très-souvent des concrétions se forment sur le corps étranger et en empêchent le glissement, et parce qu'aussi quelquefois des végétations fongueuses se développent sur la muqueuse, s'étendent jusque sur le corps étranger, et lui constituent ainsi des liens qui le retiennent en place. Dans d'autres cas, le corps étranger a perforé la paroi vaginale, a pénétré dans la vessie ou le rectum, et c'est alors par ces organes que l'on est obligé de l'extraire.

Comme on le voit, la conduite du chirurgien ne peut être réglée d'avance; elle devra s'inspirer des circonstances relatives à la nature, à la position du corps étranger, aux complications qui l'accompagnent et aux désordres qu'il a déjà produits.

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