ALTÉRATIONS DB POSITION DU COL DE L^UTÉRUS
Ces prévisions, on le comprend^ se tirent des circonstances mêmes qui augmentent l'excitation erotique ; les unes morales, comme Tamour comprimé, la lecture des romans, les concerts, les spectacles, etc.; les autres physiques, telles que le tempérament, les habitudes de mollesse, la répétition fréquente du congrès, etc.
Mais je le répète encore, parce qu'on ne saurait trop le redire, les spasmes cyniques n'impliquent pas fatalement les spasmes utérins, et de même que les premiers peuvent atteindre une activité considérable sans la manifestation des seconds, de même ceux-ci peuvent se produire au milieu du calme d'un coït indiiïérent.
Par conséquent, le congrès ne doit pas être accusé de susciter les spasmes utérins, et si ces derniers se montrent pendant l'accouplement, il ne faut voir dans ces deux faits qu'une simple coïncidence, qu'un pur phénomène du hasard.
Cependant, par cela même qu'il arrive que, quelle que soit la froideur que la femme apporte à la copulation, il se produit dans ses organes sexuels, par la seule présence de la verge* une action, toute locale si l'on veut, mais qui, prolongée, 6nit quelquefois par se changer en excitation voluptueuse, on peut admettre que la même influence se fait aussi sentir sur l'utérus et que le coït devient ainsi la cause occasionnelle de ses mouvements spasmodiques.
Quoi qu'il en soit, il faut reconnaître que la source de ces derniers est surtout dans les circonstances diverses qui déterminent l'état spasmodique d'un organe quelconque. Sous ce rapport, l'utérus ne se soustrait pas aux lois générales de l'organisme, et cette subordination me dispense de passer en revue toutes les causes assignées aux troubles de l'innervation.
Cependant, parmi ces circonstances, il en est une spéciale
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à fscfe seiuel, et sur latjuelk' je ii«vrais p«r ooii»é«)iiMl( m'jirrêlcr un instaiU; je leui jiarlcr Ju cuit incomplet (xtv ta femme. Mais, uiriKi ijue je l'ai A^h dit (ilus haut, cette circon^laiire, bien que pouvant afîiener U forme »p«Mn»diqiie (le la surencitubilité ulériiie, et>t si kouvciiI la cau| d'un ét.it latent d'e»"'*»'''''"^ "-e je rroi» ea devoir r«mellrc riiiïitoirc im
eut latent. H «iuitm pour 80[i e\Binen, r* da cet uuvrage.
Les acridentfl qui i aucune gravité, mime au y reminc. Si le» s\n règle l'eialtolioM Om tuiu)t tuiles, [il -.allolé, les distraction-
lacré k l'iuQueDce Ue etl signaler ccttv cjuk, el, L^teur au dernier cha|iiUe
de ce ]iarai;raphe n'oai vue de la fécondité de !■ finbleni obéir à la loi 401 érieiiiics, l'âge, let babtles |ui^(HTii|iiilioi»d'e<jjrtl, la Tatigue corporelle, etc., en modérant celles-ci, calmeot aussi les premiers. — Anciennement on plaçait une grande confiance danscertainsagenlsde la matière médicale, appelé! hypnotiques, et ilonl l'emploi serait en efTet ralionnel dam les circonstances qui nous occupent, si leun propriété* anafihrodisiatjues avaient des bases un peu plus solides ifiie toutes tes fables que l'on s'est plu à écrire sur leur compte: ni le njDiphen, ni l'agnug casius, ni le nitrate de potasse, ni les semences froides n'éteignent les désirs et ne refroidissent les trans|iorts amoureux. — J'aurais plus de ronfiance dans les bains de siège froids, d'autant mieui que leuractioo s'étend jusque sur l'utérus, ainsi que le prouve la pratique des éleveurs d'animaut, qui font des alîusiond froides sur la croupe, par exemple, des inesses, au moment où elles sont abandonnées par le mAle Je reviendrai plus tard sur cette idée du bain de siég<' froid administré immédiatement après le coil.
ALTteATlONS Dl POSITION DU COL DB L'OTiftUS. 779
Les antispasiDodiqQes, alors qu'il ne faut agir que sur l'utéruSy jouent un rôle notable dans la médication, et parmi eui, je signale surtout Tasa fœtida, le castoréum et la valériane, comme ayant une action en quelque sorte spéciale sur l'organe gestateur.
Dans ces derniers temps , on a proposé le cathétérisme intra-utérin comme modificateur de la sensibilité utérine; j'ai plus d'une fois retiré des avantages de ce moyen ; mais comme il réussit surtout dans les cas de névralgie, je renvoie son appréciation au chapitre où cette affection est abordée.
B. Déptaeemenii uUrim Mlépindantê du e&it,
La détermination de l'axe de l'utérus peut être intéressante sous ie rapport anatomique, mais elle est à coup sAr d'une minime valeur sous celui de la pathologie, de celle surtout qui fait de la stérilité le sujet de ses études ; c'est qu'à ce point de vue cet axe est celui du vagin, qu'il est toujours facile d'apprécier malgré les variations de capacité auxquelles est soumis le conduit de la pudeur y en d'autres termes, c'est que l'axe de l'ulérus se confond avec celui du vagin, ou pour mieux dire, c'est que ces deux organes n'ont qu'un seul axe parlant du milieu de la vulve et allant aboutir au sommet de la matrice, après avoir passé par l'ouverture du museau de tanche et le canal qui lui fait suite.
Les déplacements de l'utérus dont il me reste à m'occuper se font tantôt dans la direction de cet axe et tantôt en dehors du plan tracé par cet axe.
Cette distinction donne naissance à deux groupes de déplacements qui, eux-mêmes, se subdivisent en drux genres, selon que la totalité de l'organe ou seulement la portion la
DÉPLACBVBNT SUIVANT L*AXB DO TAGIN. 78S
harmonie avec celle du vagin ; mais cette harmonie est bien souvent irréalisable , et son application ne peut, dans l'immense majorité des cas, être conseillée par le médecin.
Heureusement, cette inBrmité est peu fréquente et rarement poussée au point d'empêcher la fécondation. Quand elle existe, elle est, comme je l'ai dit plus haut, liée à une affection de l'utérus, des trompes ou des ovaires; ou bien encore, elle est amenée par la présence d'une tumeur ou par des adhérences, suites d'une péritonite ou d'une métrite. Dans tous ces cas, c'est à ces causes diverses qu'il faut adresser la médication pour ne pas compromettre la santé générale de la femme dans des tiraillements inutiles et intempestifs.
Cependant, on pourra recourir à quelques moyens inoffensifs et dont l'action locale peut, en toutes circonstances faciliter rabaissement de l'utérus : tels sont, par exemple, les bains chauds longtemps prolongés, la marche, Téquitation, la danse, et enGn une ceinture épigastriquc dont la pression s'exercerait de haut en bas.
Hors ces moyens, j'estime dangereux et inutiles les tiraillements exercés sur l'utérus, soit directement, soit à l'aide d'un spéculum-ventouse, soit de toute autre manière.
Déplacement en bas. — Quand les déplacements de cette espèce sont peu prononcés, ils constituent bien plutôt une condition favorable qu'un obstacle à la fécondation, en ce qu'ils diminuent l'espace que doit franchir le jet de la liqueur séminale.
Quand ils sont plus considérables, que l'utérus remplit la totalité ou la presque totalité du vagin, la copulation seule est rendue difBcile et demande pour son accomplissement certaines précautions.
Enfin, quand le déplacement est complet, quand l'utérus
78& TllOU8l.es tu LA RtCBPTlDN M-EBMATtQDI.
|>eiiti au (icl)ors «lu la vulve, lo cmigrt.-5 e*l iinpoiMble, et b fécinidnlion, cjue l'on prévoit pouvoir s'elTccloer eacore, a'» lieu qu'au milieu ilo roiitlilions anormales vl iii»olitcft.
Comme on le voit, \e$ déplacements dv ulte espèce JmiI les trois degrés que je viens d'énuiuérer onl été défigoét •ous It's noms d'aAa* malrice, n'cïcrccnt COndité (le la Temmc. oi sont une condition fa le congrès 8'accom| cnlalioa n'est pasiuiisu; OD n'a pas doiiué âansqueli{ues cas, e Uin» individus, tels t|ui
prolapsus et de chtitt <k tible influence sur la letmme je l'ai déjà dit, iU iHccplion,suilout lonque mme dont la force d'éja- Ite circoiislsnce à laquelle m qu'elle mérite , peut, udulté prucréatrÎL-c que cer* rd, le débauché usé a*aat l'Age, etc., montrent avec telles l'emmes et perdent avec telles aulrej. C'est un chapitre de plus à rajer de l'histoire des Liinrreries de lo génération.
Quand te déplacement est assez considérable pour que l'utérus franchisse la vulve, la conception, ai-je dit, peut encore avoir lieu, mois alors elle s'accomplît sans copalalion et au milieu de circonstances étranges. Je ne sais si U fécondation a jamais élé réali>ée dans des condilioos si pe« engageantes, mais on comprend très bien qu'elle puisse avoir lieu pur le dordemeni du sperme contre l'ouverture du museau de tunclic mis à découvert.
Quoi qu'il en suit, jier cela même que la fécondation est possible, il convient de la ramener dans les conditions ordinaires de son accompli.<sument, et pour cela faire, on repousse l'utérus dans l'icilérieur et on le retient en place par des mojens contcnlifs, dont je n'ai point à m'occuper ici, et au premier rang desquels se trouvent les pessaircs, les tampons d'épongé et les ceintures hjpogaslriques, dont je dirai
DÉPLACEMENT SUIVANT l'aXE DU VAGIN. 785
tout à l'heure quelques mots à l'occasion des déplaceiuenls de l'utérus hors 'Se l'axe du vagiii^ c'est-à-dire o Toccasion des versions.
B. Déplacement du corps de f utérus. — Renversement de la matrice.
Le déplacement dont il s'agit ici est, sans contredit, le plus bizarre de tous ceux que subit Tutérus : le fond de celui-ci se déprime en cul de bouteille dans Tintérieur même de son corps, se précipite vers l'ouverture inférieure, s'y engage et vient faire hernie au museau de tanche. Tout le corps de la matrice peut ainsi s'invaginer et même, selon Dugès et madame Boivin (1), la portion la plus inférieure de la matrice, c*est-à-dire le museau de tanche, se retourner quelquefois elle-même.
Ce phénomène étrange se montre le plus souvent à l'état aigu^ si je puis ainsi dire, mais on l'a aussi observé à Tétat ihroniqite.
A rétat aigu, il est presque toujours amené par quelque manœuvre intempestive ou brutale d'obstétrique, ou par la brièveté du cordon ombilical, et s'accompagne d'accidents graves qui, en menaçant prochainement la vie de la femme, le font sortir du cadre de cet ouvnige.
Mais il n'en est plus ainsi quand le renversement de la matrice se produit en dehors de l'enfantement; il n'allèie point alors la santé de la femme, et, comme nous le verrons tout a l'heure, celle-ci ne se doute même pas, la plupart du temps, de l'inGrmité qu'elle porte.
Il me faut donc arrêter un instant sur cet accident heureusement fort rare qui , malgré une étrange observation
(I) Traité pratique des maladies de Vulèrus^ l. I, p. 221.
DÉPLACEMENT SUlVAKT L*AXB DU VAGIN. 787
éprouvé que des accideols très simples , se soupçonna grosse, parce qu'elle éprouvait des dégoûts et des incom« modités presque inséparables des premiers temps de la grossesse. Au terme de trois mois, elle ressentit dans le basventre, et surtout dans les reins, de légères douleurs, qui augmentèrent graduellement jusqu'au cinquième jour; alors elles devinrent très fortes, elles expulsèrent une masse considérable, que MM. Thuilier, médecin, et Vager, chirurgien de Chàteau-Gonthier, virent et reconnurent pour la matrice renversée. Sans croire à l'existence d'une grossesse, M. Vager tenta trois jours de suite, mais inutilement, la réduction de cette matrice ; ne pouvant l'obtenir, il consulta de nouveau M. Thuilier et M. Paroissien, chirurgien, qui lui conseillèrent de la repousser seulement dans le bassin, comme l'avait fait la sage-femme, puisqu'on ne pouvait espérer de faire plus. Six jours après, la femme, qui ne se croyait plus enceinte, rendit un fœtus bien formé, long de 5 pouces, qui n'était nullement altéré, que iM. Vager vit et examina presque à l'instant de son expulsion. M. Chevreul crut longtemps que la femme n'avait qu'un polype, que ses confrères de Château-Gonthier s'étaient trompés en le prenant pour la matrice; mais il leur rendit justice en 1782, après avoir examiné la femme et s'être assuré que le renversement de ce viscère existait réellement et était entier; alors il pensa que le fœtus s'était développé dans une des trompes (l). »
L'ouvrage auquel nous empruntons cette observation bizarre, la fait suivre des observations de M. Moreau, auxquelles je ne puis mieux faire que d'adhérer. «Nous ne saurions, dit ce professeur, accepter cette explication. Si la
(4 ) Bibliothèque du médecin praticien. Paris, 4 843, 1. 1 {Maladiei dee fimm^i), p. 364.
7S8 THOUBLKH DB LA HScimiO!* NFEIMitTIQUI.
conception ovail eu lieu duiis l'une des trompes, on o'anrait pss vu le fuDlus sortir de ta cavité du vagin, maû de l'ua de ses cuiiduit!i, dont des orifices, placés près du Fond de l'organe renversé, se trouveteiit en delior* de la vulve; ou dans les essais ({iii furent tentés pour réduire l'utériu, on aurait trouvé l'un* >s gonllée, son orifice
dilaté. Kien d<.' cela n'i ', noii5 tenons porté ii
croire qu'il n') a eu prii qu'une simple précîpi-
Uli«n, et SI plus lard le lit s'est opéré, il n'a eu
lieu qu'au moment de l'avori En adoptant celle snf
position tout le merveillens L »
Quoi qu'il en soit de ce it-éire unique dans 11
science , le renversemt le us doit £lro considété
comme un obstacle rudica) k la fécondation, et que, par conséquent, on doit, par tous les moyens possibles, en tenter la réduction. Celle-ci n'est pas toujours rjcile, et la tumeur a, comme nous l'avons vu, une tendance très prononcée à se reproduire. Aussi on doit s'cslimtr heureui de pouvoir contenir dans le vagin la matrice même renversée, alin d'éviter l'ublation de cet organe, opération dont quelques r.ires sucit's tie peuvent contrebalancer les nombrcui revers, qu'elle soit faite par la ligature, ou par l'instrument traniliant.