LÉSIONS OKGANIQUES DE L^UTÉRUS
nons de parler, offrit un nouveau symptôme et une terminaison inattendue : outre les phénomènes ordinaires dont il a déjà été question, la malade se plaignit d'un ténesme utérin, d'une douleur qui l'obligeait à faire des efforts pour rejeter quelque chose ; on visita et Ton observa ce qui suit : la membrane muqueuse du vagin était sèche, rugueuse, engorgée et sensible; le col utérin était rétracté, comme si une production étrangère se trouvait dans l'intérieur de l'organe^ ce fut alors que la malade déclara que, précédemment, dans les cas analogues, on lui avait eitrait de la matrice des fragments d'un tissu membraneux. On essaya de dilater le col utérin avec l'éponge préparée et la pommade de belladone, et après plusieurs tentatives réitérées, on réussit à saisir avec les doigts et à extraire trois fausses membranes : une de A pouces de longueur sur 3 de largeur, et deux plus petites de formes irrégulières; immédiatement après l'extraction de ces corps, un flux de sang eut lieu, dura deux jours et termina cet étrange accès.
» La malade me raconta, dit M. Benavente, que, pendant trois ans, depuis le mois de septembre 18/i9 jusqu'en octobre 1852, elle avait souffert constamment de ces attaques aux époques de ses règles, qui, il est vrai, ne se montraient plus que tous les deux ou trois mois; et que ces attaques se terminaient toujours par Texpulsion de plusieurs membranes de formes et de grandeurs différentes, de manière qu'il y en avait une si grande quantité d'extraites qu'elle possédait deux flocons très grands qui en étaient pleins.
M Elles sont do texture cellulo-libreuse, résistantes, élastiques ; quelques-unes de l'épaisseur de la dure-mère et les autres minces, demi-transparentes, de couleur blanche et grise; la surface interne lisse et brune, el l'externe iné^
810 THltUBLIItl OK l'acte tl'lllPHfeGnATIOII.
^alc c\ iirrnititt>ticori! des lambeaut de imu cellulxtreqai □i> laissent niicuti doute sur l'aiiMrcnru de celle sarCace. La forme offi'cli^c pur ces membraite» e>t Uès variable: eWv nt quadran^uloirr, Iriatijtulairc, semi-lunaire, etc. ; mais cellei de ces productions qui appellent [ilus pnrlicultéretnenl l'aitention sont d(> forme —'■^~ — inttèremmt setobUblet â nue motrice
uj'ai en ma pOiis consentes dans do I D, Pedro Gonialei 1 pathologique, oii poui médecins do Madrid
» Après avoir réuni scrupulfuïmifnt h mali
I ceM fausset membranes ai donné uneè moii ani r son cabinet annlomo' r cl ru%BmiDer loii> In le d<^r.
salérédeols el etammé reconnus qu'il «'«kirmiI d'une affection non encore décrite par les noso^raphes, et il ne parut, eu égard aux caractères qu'elle présentait, que ta dénomination qui lui convenait le mieui était celle de m^trite chronique pseudo- membraneuse.
» La coïiicidenredc ce» ntt^iques avec les périodes men- Blruetles aurait pu faire croire h une espèce de disménorrhée, si les sj'mptùmes de la métrite chronique, tels qu'engorgement de l'utérus, sensation de poids dans l'épigaslre, liradlemenlsdons les aines, etc., etc., ii'nt aient fias persisté d'une époque nieiis<ruclle à l'autre. Eu égard aux caractères particuliers dc« fiiusses Aicmbrones, on ne pouvait pas davantage (leiixer au mâle hjdalidc. décrit par madame Uoivin, et qui est toujours le ré^ultut d'un coït fécondant. D'ailleurs, dans les ras dont parle lu célèbre accoucheuse, et sans tenir compte îles phénomènes qui précèdeot l'etpulsion du m6le,^ celui-ci nous offre un sac membraneut sans ouverture, et contenant dans son intérieur un liquide plus ou moins semblable h l'eau de l'amuios. Dans le cas qui
LÉSIOIIB OMARIQUM DB l'dTÉRUB. 811
nous occupe, au contraire, les membranes ont toutes une ouverture naturelle, de la forme quelquefois de celle du col utérin, et ne peuvent, par conséquent, contenir aucun liquide; aussi, la malade perd-elle seulement une petite quantité de sang après l'eipulsion de la fausse membrane.
» Quel est le mode de formation de ces tissus morbides? Il est probable que la face interne de l'utérus, alors qu'elle est le siège d'une phlegmasie spéciale, eibale une lymphe plastique qui se condense et adhère à la membrane muqueuse de la matrice, comme il arrive dans tous les cas d'inflammation dipththéhtique ; le tissu ainsi formé acquiert d'autant plus de volume qu'il séjourne plus longtemps dans la cavité utérine, par la simple raison que la congestion sanguine qui se produit aux époques menstruelles lui fournit de nouveaux aliments pour se développer. L'analogie permet de comparer au mode de formation de la caduque celui de ces fausses membranes, avec cette diiïérence seulement que la première dépend d'un acte physiologique, et que les secondes sont produites par une aiïection morbide.
» Je ne puis m'expliquer comment il se fait que la métrite chronique, une affection aussi commune, n'ait jamais été observée sous la forme que je viens de décrire. J'ai l'espérance que, l'éveil étant à présent donné, on ne tardera pas à en signaler de nouveaux exemples. »
Sans doute, la stérilité déterminée par la présence de fausses membranes dans l'intérieur de Tutérus n'est que temporaire, c'est-à-dire d'une durée égale a celle de cette forme de métrite chronique; mais ai l'on fait attention à la persistance avec laquelle se perpétue l'inflammation chro* nique de la matrice, on avouera que cette cause de stérilité, eoaune nous en avons d'ailleurs la preuve dans l'observa-
81*2 THODBLEK »K l'aCTK n'ilinitGNATION.
tion qui précède, a une adinn trop proloDj^éf' pour ne pu fixer l'allenlion Au pratirjen. On dvvra liom-. recourir «ui moyens préconisés roiilrc cette forme tic la plilegmane, et qu'il ne m'appartient pas île rappeler ici, poi«fue lew orliaii sur la stérililé n'eil quA cotis^cBtive.
Dégénérescences. — " ""' "iScrirB le titre de ce f»ngraphe pour saisir imm t l'influence fftvIieuK i|uc
duivciil eiercer sur la f( non leii maladie* tlhertei
qu'il exprime. Qu'elle soit < t multgne ou bfiiif;n«. Ii
dé^énéreiicence do la matrice faitanl perdre aui lûra» les condilion8 aiialomiques qui s cunslitueni, allJ-re faUlemciil les fonction» vitales de trgane. Comment ruuccvuir, pur ciemiile, la coi n de la contrai-ttlité 4%m
un n^^nIll! musculaire dont le res sont lanlAt métamorphosées en une espèce de bouillie, comme dans l'encéphaloide; tantôt rendues ineitensibles, comme dans le Kbroplastique; lanldt durcies, comme dans l 'ossification. etc. .etr.
Je n'oi point h fuirc ici l'histoire de cette partie de la patholo|:ic utérine; l'étude du cancer, de la lubcrculi.«atioii, de l'ossification et des antres espèces de dégénèrescences de la matrice ne rentre pas dans les limites restreintes de l'ouvrage que j'écris; je me dois contenter d'en marquer l'importance au point de vue de l'objet qui m'occupe, et d'en abandonner la description aus traités généraux des maladies des organes reproducteurs chez la femme.
D'ailleurs, si nous en exceptons le cancer et ses diver>es formes, et lu tuberculisation dont la réalité n'est pas admiiv par tous les auteurs , nous sommes forcé de reconnaître que, généralement, les dégéiiéreKcentes utérines arrivent à un Age où depuis longtemps déjà la faculté procréatrice s'est éteinte, de telle sorte qu'en entreprenant l'examen de ces aiïections, nous ressemblerions fort au héros de Cer-
CORPS ÉTRANGERS DE l'uTÈRI'S. 818
vailles, qui épuisait ses forces et son courage contre des ennemis imaginaires. — Quant au cancer, son étude m'entrainerait dans de telles discussions étiologiques et sympto* matiqueSy que je paraîtrais, à coup sûr, faire bien plutôt un travail de pathologie générale qu'une œuvre limitée et restreinte au seul cas de stérilité.
Je le répète donc, il me parait suffisant d'énoncer le titre de ce paragraphe, pour que chacun comprenne le rôle néfaste que jouent, dans la fécondation de la femme, les dégénérescences diverses qui rentrent dans son cadre.
g III. — liéstoMs vitale* d« r«tér«ii.
Dans le chapitre précédent, je me suis longuement étendu sur les lésions vitales du col de l'utérus, parce que ces lésions, comme on a pu s'en convaincre, exercent bien réellement une influence fâcheuse sur Taptitudc procréatrice de la femme; il n'en est plus de même quand elles siègent sur le corps même de l'organe; la faculté génératrice n'en est pas aiïectée, et ces lésions, d'ailleurs, rarement indépendantes des lésions analogues du col, n'ont une réelle importance que dans la production de l'avorlement précoce, de telle sorte que les considérations que je pourrais présenter sur elles se trouvent tout à la fois dans le chapitre précédent et dans celui qui suit, auxquels je dois nécessairement renvoyer le lecteur.
§ lY. — Corps é<raBgen de l'oténui.
Il en est de ce paragraphe comme de celui qui précède : pour l'intelligence de la question relative à la stérilité, il suffit d'en écrire le titre; mais pour les développements
811k TROVBLBS DK t'ACIt D'mPnAeNATKm,
que le Mujel comporte, il fiiudritit faire on de* cli«jtitrei te* plus étendus de la pathologie uténnt; ; on oonçoit rn «Un <fu« In cavité de \a mfltnn> n'est |>a« n»et grandi- pour <)m j'ovule, queltjur: petit qu'il «oit, trouve j> $'y lo^er (|iui»d des calculs, une liiinour ou un polype la tt>mplis«enl. Va
udmettaiit même igue ilont) l'uléru!', sa joi; sible par la préseuced d'un véritable écran dans le trompe, ut
Cependiint si l'obtiii cavité utérine, U fécontli ainsi qu'on en a descxei la tumeur anormale est c
i germinole arrive }h»<|K nperme phI rendue ini|>i»n^or, qui fait «)or« l'ofBcc s. l'fltiile es! réaorbé «Hl it dans l'utérus lui-méM.
iTupait |>as en totalité la irrail encore se produirr, alors le corps étranger ua lefois expulsé aiec l« pro-
duit de Is conception. <■ Quand la grossesse complique lei polypes, dit Lisfranc, ces productions organiques aroidentelles, qui siègent k des hauteurs difTérentes dans la matrice, sont tantôt expulsées par le fœtus au momi-nt où il se dégage lui-même de la capacité de l'utérus, tantôt elles restent dans cet organe après l'accouchement. Le docteur Rhodamel m'a montré une tumeur polypeuse du volume d'un gros oeuf de poule; elle éluit située dans le col de la matrice; file proéminait légèrement dans le va^in ; elle fut chassée des organes génitaui par le produit de la conception à mesure qu'il en sortit lui-même. J. liatin pratique un accouchement qui n'offre rien d'extraordinaire ; le délivre sort spontanément, tout se passe hien d'abonl; mais \ers le quiniième jour, une perte rouge se manifeste ; nous sommes appelé ; nous touchons la malade et nous partageons l'opinion de notre confrère, qui avait constaté la présence d'un polype; cette tumeur formait au-dessous du col utérin une tria légère saillie; elle pénétrait dans l'utérus ii one
TROCBLBS Dfc LA FONCTION DB GESTATION. 815
hauteur qu'il était impossible de reconnaître ; la femme avait perdu une très grande quantité de sang; elle était presque anémique. M. Bouillaud la vit avec nous ; je portai une ligature dans le fond de la matrice; l'écoulement de sang fut immédiatement arrèlé ; il ne survint aucun accident, la malade guérit parfaitement (1). »
Il n'a pu être question jusqu'ici que des corps étrangers «olides dont le maintien dans la cavité utérine n'implique pas l'occlusion de celle-ci ; mais si le corps étranger était un liquide ou un gaz, comme dans les cas d'hydromètre et de tjmpanite, la fermeture, quelle qu'en soit la cause, de l'orifice utéro-vaginal serait un motif de stérilité de plus è ajouter à ceux que détermine déjà la présence du corps étranger.
Les obstacles qui, en fermant l'ouverture inférieure de la matrice, s'opposent à l'écoulement des fluides contenus dans l'intérieur de l'organe gestateur, m'ont assez occupé précédemment pour qu'ici je ne m'étende pas davantage sur eux.