ACTE COPULATBDH CUfl l\ FEMME. SB
que nous menons d'étudier chez l'hoiniDe, et Iq ro.c(w)nisQ)p de l'un est entièrement identique avec celui de l'autre.
Le gland du clitoris, la partie la plus sensible (je Iput rappareil, est mis en relation a\oc les deux bulbes au moyen d'un réseau veineux que M. Kobelt appelle réseau inlef**? médiaire.
Les (Jeux bulbes du vestibule, placés sur les parties latérales de l'entrée du vagin, sous les branches de Tarcajje pubienne, ont non-seulement la même fonction que nous avons vue dévolue au (julbe de Thomme, mais encore ils activent la copulation en resserrant l'entrée vaginale, et par conséquent en comprimant la verge.
Ce double elTet est obtenu au moyen du muscle con^ strictor cunni^ qui, malgré la confusion dans laquelle sont tombés beaucoup d'anatomistes, est l'analogue du muscle bulbo-cavernenx chez l'homme.
Je ne re\iendrai pas ici sur le mécanisme du sens génital qui m'a longuement occupé dans le paragraphe précédent , il est exactement le même chez la femme; seulement je dois ne pas laisser dans l'ombre une circonstance heureuse pour le développement de la volupté chez elle, circonstance depuis longtemps signalée par Liculaud, quand il disait : «Le clitoris n'a point la direction de la ver^^e; il se porte dans un sens contraire, c'est-à-dire de haut en bas, sans qu'il puisse se relever dans son action (1). » Celle direction du clitoris, déterminée par les éléments anatomiques qui l'entourent, en déjetant son ginnd au-devant du rebord supérieur de l'entrée vaginale, augmente les frottements que |a verge est appelée h exercer sur l'organe le plus sensible de l'appareil génital chez la femme, et accroît par consé-
(1) Euai» anatomiquen, volll, p. 310.
qoent chez elle la somme dos voluptés qui lui est dévolue. Le vagin, quoique moins bien doté que l'iipporeil dont je viens de parler, est cependant pourvu d'un tissu éreclilc qui rampe dans foule sa longueur, entre les diverses membranes qui le constituent. liS partie la plus étroite de ce conduit se trouve à Tentrée, circonstance remarquable au poiot de vue du plaisir chez l'homme et chez la femme. Enfin, la volupté de cette dernière est encore augmentée par la présence des poils qui garnissent le mont de Vénus, et dont rinfluence sur la sensibilité de cette partie n'avait pas échappée Carus (1).
S III. — C«palatloa.
Dans les deui paragraphes précédents j'ai fait connaître séparément, dans chaque sexe, Tappareil qui sert à leur rapprochement, et j'ai essayé, d'après M. Kobelt, de rendre physiologiqucment raison des sensations voluptueuses que l'un et l'autre éprouvent dans la satisfaction de leurs désirs vénériens.
Il nous faut maintenant assister à ce ropprochement, étudier : l"" le double mécanisme que j'ai décrit, et ^ l'ébranlement que l'exercice de la fonction génitale imprime à tout l'organisme; en un mot, il me faut parler du coït, de la copulation proprement dite.
Étudié dans la sphère des or<;anes copulatcurs, c'està-dire examiné dans les phénomènes purement locaux, le coït ne peut avoir lieu qu'après une période de préparation pendant laquelle les organes des deux sexes entrent en érection sous Tinfluence de l'éréthisme vénérien. Quand le membre viril pénètre dans le vestibule, le gland du pénis
(I) Phyniohiçie, vol. III. p :\^.
CUPULAIION. 37
vient heurter le gland da clitoris qui, placé à l'entrée du canal copulateur, peut céder et se Qéchir à la faveur de sa position et de l'angle que fait son corps. Après cette première excitation des deux foyers sensitifs, le gland pénien glisse sur le rebord des deux bulbes, par un mouvement brusque et saccadé; le collet et le corps du pénis sont embrassés par la saillie de ces bulbes; le gland, au contraire, qui s'est avancé plus loin, est en contact avec la surface fine et délicate de la muqueuse vaginale, rendue elle-même élastique par la doublure que lui constitue le tissu érectilo que j'ai dit ramper entre ses membranes. Cette disposition, en permettant au vagin de se* mouler sur le volume de la verge, augmente encore la turgescence, et par conséquent la sensibilité du clitoris, en forçant le sang, chassé des parois du vagin, de se rendre, en partie du moins, aux bulbes du vestibule, à travers les veines émissaires dépourvues de valvules, et de parvenir ainsi, d'une manière médiate et directe, jusqu'au clitoris. A son tour, la turgescence, et par conséquent la sensibilité du gland pénien, est accrue par l'action compressive du tissu vaginal de plus en plus turgescent et par celle des deux bulbes du vestibule.
De plus, le clitoris, abaissé fortement et porté h la rencontre de la face dorsale du gland et du corps de la verge, par la portion antérieure du muscle compresseur, subit de la part du pénis et lui inflige à son tour des frottements voluptueux, de sorte que chaque mouvement de copulation influe à la fois sur les deux sexes, et concourt, au point culminant de cette excitation mutuelle et réciproque, à amener d'un câté l'éjaculation et de l'autre la réception de la liqueur séminale dans la matrice.
M. Kobelt, en terminant sa monographie, se croit en mesure de décider auquel des deux sexes appartient la plus
grande somme do volupté dans Tacle vénérien. Je ne sais, en présence do lodtcs les rircoiistances qui influent sur le sens génital, s'il est possible de résoudre à priori un semblable [irobleme. Ce|M*ndnnt la question a trop souvent tlC(:upé des hommes srrioux, pour que je ne fasse pas con- Aaitrô la pensée de M. Kobolt, résuméo ainsi dans une note finale : « Avor ers donnoos analomiques et physiologiques, dit-il, si nous essayons de résoudre In question, controversée Itïii de fois, relativement à la somme de volupté ou d'orgasme qui revient à chacun des sexes dans Pacte de la copulation, nous trouverons, quant à Tindividu féminin, que la dimension considérable de ses bulbes, comparée au \olume du gland du clitoris, que leur action immédiate sur cet organe, que la compression (Miergi(|ue qu*ils éprouvent de la part de l;i vcrj^o, et surtout le grand nombre de nerfs concentrés dans un si petit espace { multum in minimo)^ tout cela joint a la grande sensibilité générale de la femme, sont aut int de raisons pour nous faire admettre que la part qui lui revient est la plus considérable. >^
Plus tard, lorsque j'étudierai Tirifluence du tempérament, de la ( onslitution et d'une foule de circonstances tant particulières que générales, on se convaincra que si la question de la différence de volupté entre les deux sexes n'a pas encore reçu une solution convenable, on se convaincra, disje, que la question est insoluble au milieu de toutes les conditions diverses dont on ne peut faire une abstraction entière; et cela est si vrai, qu'il est très diflicile de dresser le tableau exact et complet des phénomènes généraux qui accompagnent le coit: tandis que chez l'un la volupté se traduit par quel(]iies tressaillements ù peine sensibles, elle atteint chez l'aulre le paroxysme de l'exaltation tant morale que physique. Les nuances, entre ces deux étals extrêmes,
sont intiiiies : la circulation s'accélère, les artères battent fortement; le sang veineux, arrêté dans les vaisseaux par la contraction des muscles, augmente la chaleur générale, et cette stagnation, plus prononcée au cerveau par la contraction des muscles du cou et le renversement de la tète en arrière, détermitie une congestion cérébrale momentanée, pondant laquelle rintelligènce se perd et toutes les facultés ^'anéantissent. Les yeux, violemment injectés, deviennent hagards, et rendent le regard incertain, ou, dan^la majorité des cas, se fernlent spasmoJiquement pour éviter le contact de la lumière.
La respiration, haletante et entrecoupée chez quelquesuns, se suspend chez quelques autres par la contraction spasmodique du larynx, ot l'air, quelque temps comprimé, se ftfit enfin jour au dehors, à tnivers des paroles sans suite et des mots inconnus.
Les centres nerveux, conj^estionnés comme je le disais tout è l'heure, ne communiquent plus que des sensations et des volitions confuses : la motilité et la sensibilité accusent un désordre inexprimable ; les membres, saisis de convulsions et quelquefois de crampes, s'agitent dans tous les sens, ou se tendent et se roidissent comme des barres de fer; les mâchoires, serrées Punè contre l'autre, font grincer les dents, et quelques personnes portent It^ délire erotique si loin, qu'oubliant le compagnon de leurs voluptés, elles mordent jusqu'au sang une épaule qu'on a l'imprudence de ien^ abandonner.
Cet état frénétique, cette épilepsie et ce délire dureÂt peu d'ordinaire; ils suffisent cependant pour épuiser les forces de l'organisme, surtout chez l'homme où cette surexcitation se termine par une évacuation de sperme plus ou moins abondante. Une prostration arrive alors, et d'autant
plus forte que réréthiëmca été plus violent. Cet abattement subit, cetle faiblesse générale et cette tendance au sommeil i]ui s'emparent Je l'homnic après la consommation de l'acte, sont incontestablement dus à l'émission de la liqueur séminale, car la femme, quelque énergie qu'elle ait apportée dans le coït, n'éprouve qu'une lassitude passagère incomparablement inférieure à la prostration de l'homme, et qui loi permet bien plus rapidement qu'à ce dernier la répétition de l'acte. fiTriste est omne animal post coitum , prœtermulierem gallumquej » a dit Galien, je crois, et cet axiome est essentiellement vrai pour l'espèce humaine.
A partir de ce moment, la fonction génératrice échappe a notre conscience; le râle de l'homme est fini, celui de la femme commence h devenir réellement actif. Mais tout, au début, s^e passe encore à son insu; ce ne sera que plus tard, •lors que la formation m>\^térieuse d'un nouvel être sera consommée, qu'elle acquerra In connaissance des droits et des devoirs nouveaux qui lui sont dévolus par la nature. Mais, pour la formation de ce nouvel être, l'homme et la femme n'ont rempli qu'une bien faible partie de leurs obligations par le coït que je viens de décrire, car la mission principale de l'un est le dépôt, dans les organes de l'autre, d'une liqueur prolifique, sans laquelle la reproduction est impossible.
Nous allons donc étudier cette seconde partie de la fonction génitale, tant chez l'homme que chez la femme, et compléter ainsi ce qu'on appelle dans la science la physiologie de l'espèce.
A€TB SÉMINAL. /^l