C. (Composition du sperme
Le sperme est un liquide épais, filant, d'une couleur blanch&tre, plus pesant que l'eau, d'une odeur spéciale, suî generis^ d'une réaction légèrement alcaline, qui est due peut-être au fluide prostatique, soluble dans l'eau et les acides, coagulable par l'alcool. Abandonné à lui-même, il laisse déposer des prismes à quatre pans, terminés par de longues pyramides quadrangulaires et groupés vn étoiles, qui sont du phosphate calcaire et du phosphate ammoniaco-magnésien. Ensuite il se dessèche en une lamelle jaune fendillée, insoluble dans l'eau, et répand une odeur de corne brûlée. Il a donné à l'analyse chimique de Vauquelin :
Eau 000
Mucilage animal 60
Soude 4 0
Phosphate de chaux 30
L'examen microscopique a fourni des résultats plus rigoureux que Tanaiyse chimique, il a fait constater dans le sperme : 1* une partie fluide; 3!^ des globules analogues aux globules muqtieux; 3* des granules élémentaires; &<* et par-dessus tout une innombrable quantité de corpuscules mouvants, filiformes, que l'on appelle spermatozoïdes y zoospermes^ animalcules spermatiqtiesj etc., etc.
Je ne m'occuperai ici que des spermatozoïdes qui con-
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stituent la partie riiellcmetit récondaiile de lu li(|uuur itvminale.
Les spermetoioides ont èlé découverts, eti aoâl 1677, par un jeune étudiant nllcmand, l.oiiîs' llamm. l.eeuwentiocck, à qui ils furent montréti. on lit l'objet de ses études, et peu (le lem|is après, llartsicker les décrivit pour la première fois dans le Journal des savants. Ils se rencontrent ches toti'' tes animaux à IV'poque du rut, et n'apparaissent rbcK l'homme qu'tt l'ège où s'élal>lit la fonction génératrice. Ceui de l'homme, comme <xu\ d'un très grand nombre d'animaui, présentent une partie renflée à laquelle on a donné le nom de cor/ts ou de léle, et un filament que l'on désigne sous le nom de quexie; la léte est ovoïde et un peu aplatie; b queue, faisant suite à la grosse extrémité du corps, est esser. épaisse h son origine, s'amincit peu à peu et se termine par un iilament très délié. \ un grossissement de 300 ou àOO fois, on voit que leur longueur totale est de 1/20' de millimètre, et que le grand diamètre de leur fCte est de 1/200' â 1/300"= de millimètre.
Quand on les observe au microscope, les animalcules spermatiques se fout surtout remarquer par la rapidité el la nature de leurs mouvements : ils nu suivent aucune direction déterminée ; ils vont en avant, reviennent en arrière, plongent au fornl du liquide ou arrivent a su iturfiicc, se heurtent, se croisent entre eux, putisent entre les lamelles épitliélialcs ou lus globules muqueui qui les environnent ; en un mot, ils semblent obéir à une impulsion volont:iiro. D'après Ilenle, ils peuvent parcourir un espace de 2 centimètres en sejil ou huit minutes. Ce mouvement, qui parait èlre produit par les ondulations de l'animal, cesse après quelques instants, sous l'influence du froid, d'une température élevée ou du dessèchement j mais en dehom de
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ces circonstanœs défavorables, les spermatozoïdes peuvent pendant plusieurs heures manifester leur existence ; Wagner assure même qu'il a noté ces signes de vie après vingt-quatre heures.
' Cependant les animalcules spermatiqueSf observés dans les organes de la femme qui les doivent normalement recevoir, vivent un temps beaucoup plus long dans ces organes ; plusieurs observateurs ont acquis cette certitude, en examinant le sperme trouvé dans le vagin, et surtout dans l'utérus et les trompes de Fallope. Leeuwenhoeck pensait que les spermatozoïdes pouvaient se mouvoir dans ces organes pendant huit jours; Prévost et Dumas ont vu les zoospermes s'agitant encore, dans les trompes de chienne, sept jours après le coït, et M. BischolTa observé le même phénomène dans les trompes de lapines, huit jours après l'accouplement. La motilité des animalcules spermatiques est dinninuée et même détruite par certaines circonstances que les observateurs ont notées; parmi elles je citerai le froid, le chaud, l'électricité par décharge, les acides, l'acide cyanhydrique (Prévost et Dumas), la strychnine (Wagner), les narcotiques, le mucus vaginal dont l'acidité est augmentée, et le mucus utérin dont l'alcalinité est plus prononcée (Donné) ; d'un autre cdté, le mucus, la salive, le lait, le pus (Donné), l'urine (Wagner), n'ont aucune influence sur cette même motilité.
On a également remarqué que les spermatozoïdes n'ont pas toujours la même énergie, la même densité, les mêmes dimensions depuis le moment où ils se rencontrent dans le testicule, jusqu'à celui où on les examine après le coït. Ils peuvent être plus ou moins nombreux, très rares, remplacés par des produits incomplets, et même manquer complètement chez certains malades. M. Duplay dans un
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travail] dont j'surni i m'oci'Uper plus tard (l), ovuiico (|ue U sécrétion «permatiiiuf* «'cITectue encore cliei les vieillards ile quatre-vingt-six ans, quoiqu'elle soit moins tibondante que chez l'adulte, et que, contrairement à l'opinion généralumenl admise, les »permalOEoides se retrouvent encore dans leur liqueur séminale. Enfin, dans ses recherclies sur l'oblitération des voies spennaliques (2), M. Gosselin n constaté que le nombre des imimalcules va en au(;menlanl, depuis le tesliciilu et l'épidtdymc, où ils sont très rares, jusqu'aux vésicules séminales , où ils sont très nombreux ,
l.a nature des spermatozoïdes est vivement controversée aujourd'hui. Les premiers observateurs, Leeuwenhoeck, Spallnnzani, etr. , n'élevnient nucuti doute sur leur animalité, et, s'appnyant sur cetlo opinion, Ehrenberg les pla^a parmi les micruiooaires suceur<i, tandis que Ciermak, les faisant rentrer dans les infusoires, classa les uns dans les vibriunides, les autres dans les cerraires, etc., etc.
Leur organiiRlion a été diversement décrite par les au- Ipurs. Valentin a signalé dans If" spermiitotoides de l'ours un suvoir antérieur, un anus, dos vésicules stomacales ou itm circonvolutions d'intostin . Gerbcr .JSïure avoir distingué des organes de ^énéniliun dans les spermatozoïdes du tabiai. Scbwann prétend qu'il existe, au centre de la t^tc lUi ipermatoiuides de l'homme, une ventouse ou un suçoir analogue ù celui des cercniro» et des douves. M. Pouchel, sur les travaux duquel j'aurai à revenir bientôt, a noté en avant une sorte de ventouse stomacale, en arriére une cir- COQfolution intestinale, faisant suite i ce premier organe,
(1) ntr^reSeï lur Ir tprrmr det vieittard* [Anhitet d< mMrcàu, (862, f s^no. I, XXX. p. 3l(6).
(t) Arcluvtt lUnti-Utinc. Pans. 11147, t. XtV, p. 40&.
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et recoQoati qae toute la surface des spermatozoïdes est recouverte d'uD feuillet épithélial.
Ainsi que je le disais plus haut, l'animalité des spermatozoïdes est vivement attaquée aujourd'hui, et la nature de ces prétendus animaux ne serait autre chose qu'une cellule embryonnaire.
Les travaux et les observations de Wagner, de Lallemand, de Hallemann, et surtout de Kœiliker, ont le plus contribué à propager cette manière de voir. M, Charles Robin, se rangeant sous ce drapeau, a mieux, peut-être que ses devanciers, décrit le développement des spermatozoïdes, dans un Mémoire qui fixa tout d'abord l'attention du monde sa\ant (1). Après avoir interprété les recherches de Reicherl sur le développement des spermatozoïdes, il décrit celui des spermatozoïdes des méduses : « Leurs tubes spermagènes, dit^il, sont creux, et renferment, hors l'état de gestation, de petites cellules sphériques granuleuses; au milieu de celles-ci apparaissent des vésicules qui se distinguent des premières par un volume plus grand, un contenu clair et transparent avec un noyau ou vésicule germinative au centre. Leur volume grandit, au point d'atteindre un diamètre de 0°',10; en même temps, le vitellus devient granuleux, masque plus ou moins la vésicule germinative; leur paroi ou membrane vitelline amorphe devient très épaisse, et une couche assez cohérente de cellules au milieu desquelles elles sont nées les Gxe à la face interne des tubes en doigt de gant. Ceux-ci, qui avaient au plus 1 millimètre de long, deviennent quatre ou cinq fois plus longs et larges en proportion. A cette période, les mâles se distinguent des
(1) Mémoire 8ur iexittence d'un CBuf ou ofmle chez les mdles comme ekes (et femeltêi [Complet rendue de l'Académie dee sciences) , 4848, t. XXYIl, p. 4S7.
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femelles par la couleur gris bleu de leurs organes générateurs, qui sont gris rosé sur ces dernières; mais chaque ovule pris séparément est semblable : Taspect général, le volume, sont les mêmes; il n'y a de dilTérenre que dans l'enveloppe vitellinedes ovules mules, qui est de moitié plus mince que celle des ovules Tcmelles. )>
Quant au développement de la queue de ces cellules etnbryonnaires du mâle ou sperm^itozoïdes, et aux mouvements dont elles sont douées, M. Cli. Kobin compare le premier au développement des cils vibratilcs, et les mouvements ù la surface de Tépithélium des muqueuses et des téguments d'êtres adultes de toutes les classes ou è Tétat de larves.
Je dirai plus loin comment iM. Ch. Robin, par suite de l'assimilation qu'il fiiit de l'ovule mAle à l'ovule feuiolle, explique le rAle des spermatozoïdes dans l'acte de la génération.
S II. — .%rl« ovnrlcn.
Quelques animaux n'ont (|u'un seul ovaire, comme les myxinoides et quelques squales; llatlikcn'a rencontré qu'un seul ovîiire et qu'un seul testicule chez plusieurs poissons osseux. Chez la plupart des oi<;eaux, à l'exception dos rapaces,ilne se développe que rovairoeirovitlucle gauches; mais ceux du cùté droit existent a Télat rudimentuire chez le fœtus. D'autres animaux inférieurs, au contraire, comptent un nombre plus ou moins grand de ces organes: ainsi chez les vers cestoïdes les organes génitaux mAles et femelles se répètent dans chacun de leurs anneaux parvenus à maturité.
Dans l'espèce humaine, dont je nroccuperai dési»rmais exclusivement, \q^ o\.'urcs sont au nombre de deux, flottant