CHAPITRE IV
RAPRORTS ni LA PONCTION GÉNÉRATRICE AVEC LES AUTRB8
FONCTIONS DE l'oRGANISKB.
L'homme n'est appelé à reproduire son semblable qae lorsque toutes les fonctions de l'organisme s'exécutent avec une énergie suffisante ; la fonction génératrice est la dernière à entrer en exercice et la première à disparaître de la scène de la vie, parce que la nature a voulu que le produit de cette fonction portât l'empreinte de la vitalité la plus forte, et que la grande et sublime mission de la perpétuation de l'espèce s'accomplit au milieu des conditions les plus favorables de toutes sortes.
Avant la mise en jeu des organes génitaux, l'homme, pour ne parler ici que de lui, n'a qu'une vie individuelle, ne participe au monde e^érieur que pour la satisfaction de ses personnels, et, par cet égoisme d'un instant, i|
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s'ouvre la voie de reiistence dont le bot unique, aux yeui de la nature, est la production d'un être nouveau et sem-* blabic à lui. Avant la puberté, riiomme, si je puis ainsi dire, n'est pas une réalité, ce n*est qu'une espérance ; il n'est rien dans le passé, il est peu dans le présent, il est tout dans l'avenir. Confondus sous la dénomination commune d'enfants, les deux sexes se ressemblent au physique et au moral ; mais a mesure qu'ils avancent vers l'époque oà chacun d'eux aura à remplir une fonction spéciale, les formes extérieures se modifient, la \ie végétative semble ne plus obéir au même courant, et des tendances difTérentes dirigent leurs jeunes esprits; ces divergences se prononcent de plus en plus tous les jours, et lorsque la fonction génératrice apparaît, ces dissemblances se montrent plus prononcées et plus caractéristiques : chez la jeune fille, la menstruation prend un type plus fixe; les seins se développent, leurs mamelons deviennent plus larges et plus gros; l'auréole, qui était rosée chez les blondes et jaunâtre chez les brunes, devient, dans le premier cas, d'un rouge sale, et dans le lecond, d'un brun plus foncé ; le mont de Vénus acquiert plus d'élévation et de largeur; les poils qui le garnissent deviennent plus roides, plus frisés et plus foncés en couleur; chez l'homme, les formes perdent leurs contours et deviennent ar\guleuses; la barbe croit à la figure, et des poils se montrent à la poitrine, aui aisselles et sur les membres ; la voix devient grave, la marche plus assurée, et la raison tempère la fougue de l'imagination.
Et la preuve que tous ces changements sont dus a l'éveil de la fonction génératrice, c'est que, chez les castrats, le système adipeux l'emporte sur le s}stème musculaire, et conserve aux formes extérieures ces contours moelleux qui sont l'apanage de la f^^mme ; leur figure ne se garnit pas de
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Wbe, et les poils manquent aussi ou sont rares et mal plantés aux autres parties du corps ; chez la femme stérile, au contraire, par atrophie ou absence congénitale des ovaires, des poils naissent sur la lèvre supérieure et au menton, et ses habitudes extérieures ont tellement perdu le cachet du sexe féminin, qu'elles lui ont valu chez les anciens le nom de virago^ et chez nous celui d'hommasse.
Des changements analogues, mais en sens contraire, ont également lieu lorsque la fonction génératrice est éteinte. Chez les deux sexes, les formes gracieuses qui les distinguaient s'effacent peu à peu sous des rides nombreuses; les cheveux et les poils accusent l'afTaiblissement des forces vitales par leur chute ou leur changement de couleur; les fonctions digestives, plus languissantes, ralentissent la circulation etdiminuent par conséquent la caloricité (1) ; Tintelligence s'affaiblit à son tour, et quand la décrépitude est assez avancée et quand sont éteints tous les signes distinctifs de l'un et l'autre sexe, Thomme et la femme tombent en enfance^ selon l'heureuse expression populaire, c'est-à-dire dans cet état amorphe où les deux sexes se confondent dans un mutuel oubli de leurs attributs.
Malgré ce tableau ébauché à grands traits, on doit comprendre le rôle important que joue la fonction génératrice dans l'histoire de l'homme : une fonction qui tient ainsi sous sa dépendance l'accroissement et le dépérissement de Porganisme, doit avoir avec toutes les autres fonctions des rapports intimes qui établissent entre elles des influences réciproques.
Ce sont ces rapports que je me propose d'examinp.r dans ce chapitre.
(4) Voyez Réveillé Parise, Traité de la vieillesse hygiénique, moral H philMopkiqtêe. Paris, 4853, p. Ô2.
H s BAPraiTS DB LA FOlfCTtOll OtlftlATIICB
Je les étudierai d*abord ao point de voe des fonctions de la vie organique, comme aurait dit Bichat, ou de la vie plastique, comme dit Burdach ; et je terminerai par l'examen des relations de la fonction génératrice avec les fonctions de la vie animale.
A. Rapporté avec la vie orgamquê,
1* Nutrition. — « La nutrition et la génération, dit Burdach, sont des directions opposées de la vie. Cependant il } a sympathie entre elles. Une nutrition abondante et une bonne digestion sont des circonstances favorables à la procréation, car la formation de l'individualité est la condition nécessaire de toute formation dirigée dans les intérêts de l'espèce. Le défaut de nutrition commence par suspendre la sécrétion du sperme et éteindre les désirs; puis les testicules commencent par se flétrir. La fécondité dépend aussi de la nutrition, C4ir elle est plus grande quand la nourriture abonde ou choz les nniroaux qui trouvent facilement à se nourrir, ceu\ par exemple qui habitent la mer (1). »
Il ne faut pas ici confondre lu nutrition avec un résultat quelquefois exa'^éré de cette fonction, le développement tro|) considérable du tissu graisseux, car leur influence sur la fonction génératrice est complètement opposée.
Cette réserve admise, doit-on accepter comme expression de la \érité les paroles de Burdach? Je ne le pense pas. Sans chercher mes exemples dans les hautes classes de la société, où le luxe, la paresse et mille autres causes d'innervation, peuvent masquer l'action de la nutrition, je citerai la fécondité proverbiale des paysans et du peuple, qui ont une nourriture souvent insuflisante et toujours malsaine.
( I ) Traité de phytiologte, irad. par Joordan. Paris, ia97, t. ▼, p. Il .
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Lirlande, les contrées les plus pauvres de rAllemagne et de la Russie, fournissent toutes les années, sans s'amoindrir et s'éteindre, des contingents considérables à Témigration.
Cette influence d'une nutrition trop abondante sur la fonction reproductrice n'est pas spéciale à l'espèce humaine ; elle se retrouve dans l'histoire de tous les êtres organisés, et l'industrie l'a su mettre h profit pour multiplier outre mesure certaines espèces dont elle tire parti : « Les étangs de la Sologne, dit le docteur Mayer, sont si favorables h la croissance des carpes, que la rapidité du développement de leur taille — luxe — les rend tout à fait infécondes, et qu'ils sont obligés, eui propriétaires, pour conserver de la graine de leur poisson, d'avoir des carpières de misère^ où ils tiennent les carpes exclusivement destinées à la reproduction. Ces carpières, spéciales à la reproduction, sont d'étroites pièces d'eau où les carpes femelles sont entassées par myriades, sont les unes sur les autres, meurent de faim, en un mot. Ne pouvant profiter, ces carpes pondent ; et ces pondeuses fécondes ont été baptisées en Sologne du nom significatif de petnarcb(l). »
Cependant, que l'on n'eiagère pas ma pensée : je suis loin de prétendre que des privations prolongées, que des carpières de misère^ pour me servir de l'expression des habitants de la Sologne, sont des conditions heureuses, sinon les plus favorables à la reproduction ; non, telle n'est pas ma manière de voir ; mais je suis convaincu qu'une nourriture frugale, grossière même, mais snflisante, est infiniment préférable pour le but à atteindre, que ces raffinements culinaires inventés par les palais blasés^ et que ces excès de table dont toute civilisation avancée donne le
(I) lh$ ropports conjugaux. Paris, 4 854 , p. 95.
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triste spectacle. On a depuis longtemps fait la remarque que Rome eût péri avant la fin de la République, si les étrangers n'eussent continuellement comblé les \ides que son intempérance creusait sans cesse. Mais il ne suRit pas, pour que la faculté procréatrice atteigne sa plus haute énergie, que la nourriture réunisse les conditions que je viens d'énumérer, il faut encore que les fonctions digcstives s'accomplissent dans leur intégrité. Je dirai ailleurs, alors que j'exposerai les causes de Timpuissance, combien les aflections de l'estomac et des intestins influent sur l'acte de la copulation, et je raconterai l'histoire d'un garçon de café, soumis à mon observation, qui, sous l'empire d'un état morbide de l'estomac, était incapable d'entrer en érection, et qui, cet étal s'améliorant, ne pouvait exercer le coit que dans des positions où l'épigastre était soustrait à toute espèce de pression.
De son cdlé, la génération influe aussi sur la nutrition. L'exercice de cette fonction, quand il est modéré et en rapport avec les forces de l'individu, aiguise Tappétit et favorise la nutrition ; quand au contraire il franchit les bornes tracées par l'âge et la constitution, les fonctions digcstives s'aflaiblissent, l'estomac languissant ne s'assimile plus les portions alibilesdes aliments, et l'émaciation générale est la conséquence fatale de cette perversion de la nutrition. Qui ne connaît les suites funestes des excès de l'onanisme ou du coït?
La suppression de la faculté génitale, à son tour, retentit profondément sur la nutrition : elle la favorise, l'exaspère même ; les castrats sont ordinairement charges d'embonpoint, et les hommes qui deviennent inhabiles à la procréation, à la suite d'une vie licencieuse, ne tardent pas à engraisser. On dirait que la force vitale, ne pouvant plus s'échapper par irémondoire dont le siège est dans les organes génitaux, se réfugie tout entière dans les facultés
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nutritif es, et qu'alors elle emploie à produire toute Ténergie qu'elle mettait à dépenser.
2"* Circulation; respiration. La respiration, selon l'heureuse expression de Burdach, élant une tendance du sang a se porter au dehors pour entrer en conflit avec Tat* mosphère, nous réunissons dans le même paragraphe les fonctions du cœur et celles du poumon.
L'uneet l'autre ont des rapports directsavec la génération.
La première, par le calorique qu'elle développe, accompagne et favorise les actes génitaux, et tout le monde sait que la chaleur animale augmente à l'époque de la puberté. Bien plus, la vie du sang est exaltée par la faculté procréatrice. D'après les expériences de MM* Barruel (l),Wedekind(2) et Raspail (3), l'odeur qu'exhale la vapeur de ce liquide est plus forte chez l'homme que chez la femme et l'enfant, et présente un caractère particulier que l'on ne rencontre pas chez les castrats, les vieillards et les individus inhabiles à la fécondation ; elle pénètre la chair des animaux, . et nul n'ignore combien elle est caractéristique dans la chair du bouc, du taureau, et en général de tous les animaux qui n'ont pas été coupés. Quelques-uns ont prétendu que cette odeur sut generis était due à l'absorption de la semence ; mais Burdach,sans repousser entièrement cette explication , attribue au phénomène une autre cause et ajoute : « Ce qui prouve, au contraire, que la fonction procréatrice perfec-
(I ] Mémoire sur r existence d'un principe propre à caractériser le sang de l'homme et celui des diverses eepèces d'animaux, inséré dans les Annales d hygiène, t. I, p. 267 ; t. II, p. 217.
(2) Moyen de distinguer le sang humain du sang des animaux ^ {Annales ^hygiène, U XI, p. 205.)
(3) Nouveau système de chimie organique, Paris 4 838, t. III, p. 209 et soiv.
m BArrOKTC M LA PONCTION aMtMATMCI
tioDne la formation da sang en général, c'eat que Tinterraption de la menstruation, sa non-apparition, le défaut de satisfaction de l'instinct génital et fonanisme amènent la chlorose, état dans lequel le sang a une teinte pAle et sale, le caillot est friable, la Bbrine ressemble à Talbumine, et les sels existent en moins grande quantité, de même que probablement aussi le fer. Lorsque l'activité des organes génitaux s'éveille et suit une marche régulière, notamment sous Tinfluence du mariage, le sang acquiert sa constitution normale (I). »
De même que Teiercice modéré de la génération exerce une heureuse influence sur l'organisme, en éliminant le snperflu de la substance, et que les excès de coït et les abus de l'onanisme amènent des pal|»itations et la syncope ; de même tout épuisement, tout état valétudinaire fait cesser l'instinct sexuel, à moins que celui-ci ne soit stimulé par une irritation maladive ou contre nature.
Les rapports réciproques de la génération et de la respiration, tant au point de vue physiologique que pathologique, sont si connus, qu'il me parait è peine nécessaire de les énoncer. L'éveil de l'instinct génital est annoncé chei l'adulte par les changements qui se produisent dans le timbre de la voix ; la respiration est haletante et précipitée sous l'empire de cet instinct, et les |>oumons exécutent des mouvements désordonnés pendant l'acte du coït. Les excès des plaisirs de l'amour, les grossesses trop souvent répétées^ et un allaitement trop prolongé déterminent souvent la formation de tubercules dans les poumons, tandis que l'onanisme n'est pas moins souvent accompagné de l'asthme; la suppression des règles est fréquemment la cause de douleurs
(4) Loc. cti., p. 4 6.
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de poitrine etde looi ; la blennorrhagie syphilitique est qaelqoefois annoncée par des douleurs dans la trachée-artère et le larynx, et l'hémoptysie est souvent arrêtée par des applications froides sur les organes génitaux.
L'influence de la respiration sur la fonction génitale est également manifeste: les organes génitaux ne se développent pas ordinairement chez les individus atteints de cyanopathie, et Nasse remarque que cette affection retarde aussi les règles, en diminue l'abondance ou même les empêche de s'établir; nul n'ignore la lascivité des phthisiques, et tout le monde sait que la pendaison et la strangulation déterminent l'érection et réjaculalion, qui ont même lieu quelques fois après la mort; enGn Meckel a noté qu'aux altérations du larynx se joignent quelquefois l'cndolorissementet l'atrophie des testicules, accidents qui augmentent à mesure que la maladie primitive fait des progrès.
Je ne poursuivrai pas Ténumération de ces rapports pa- Ihologiques, parce que j*aurai à y revenir plus longuement dans une autre partie de cet ouvrage; mais ceux que j'ai énoncés suffisent à montrer quelles étroites relations unissent la faculté génitale et les fonctions circulatoire et respiratoire.
â* Excrétions. — Divers appareils d'excrétion existent dans l'organisme humain ; tous ont plus ou moins de rapports avec la faculté génitale; mais je n'examinerai ici que les principaux, qui sont : excrétion rectale, excrétion vésicale ou. urinaire et excrétion cutanée ; je dirai aussi quelques^ mots des relations génésiaques avec les parties du corps qui, plus que d'autres, portent en elles le caractère d'excrétions organisées, comme les os, les poils et les cheveux.
Le voisinage du rectum et des organes génitan est, pour le praticien, d'un grand secours, non-seulement pour le diagnostic de certaines maladies de ces derniers organes,
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mais encore au point de vue ihérupeuUquc, cor (ou(cs les substances introduites dans le rectum, par lavement ou sous toute autre forme, réagissent sur l'appareil génital ; on verra plus loin le parti que j'ai plus d'une fois tiréde cette indication anatomique. De plus, la dureté des matières fécales retenues dans le rectum est souvent In cause d'une érection fatigante et même d'une espèce d'éjaculation chez les individus affaiblis par les excès. Le retentissement des affections de la matrice sur le rectum et de celles du rectum sur la matrice est si généralemcntconnu qu'il me paraît simplement nécessaire de rappeler ce point de pathologie médico-chirurgicale.
Ces considérations peuvent également s'appliquer aui rapports de l'appareil génital avec l'appareil urinaire : le prurit du gland chez les graveleui et lescalculeui, la diminution de l'urée chez les castrats, et l'impuissance des diabétiques, prouvent suflisamment les relations dont Je parle.
Lorsque les désirs vénériens se font sentir, la peau devient le siège d'une transpiration plus abondante et imprégnée d'une odeur spéciale. Chez les castrais, la peau est molle, pâle, lisse, rarement sujette aux exanthèmes et produisant une transpiration aigrelette.
Les os, de leur côté, dont la formation cesse lorsque commence la sécrétion testiculaire, répandent une odeur spermatique quand on les lime ou qu'on les scie.
Les poils du pubis sont ordinairement, dans les deux sexes, eu égard a leur quantité, à leur couleur et h leur frisure, un indice de l'énergie de la faculté génitale. La barbe, qui ne se développe pas chez les castrats, et qui est peu fournie et tombe de bonne heure chez les individus qui ont subi l'opération à Tépoque de la puberté, est implantée avec force et ne disparait que fort rarement, même dans un âge avancé, chez les personnes qui jouissent de toute leur puis-
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sancc virile. Tandis que les poils à la lèvre supérieure et au menlon sont pour l'homme un signe de virilité, ils sont quelquefois chez lafemme, ainsi quejc Tai déj'i dit, un signe de stérilité surtout quand leur présence coïncide avec la perte des autres attributs extérieurs du sexe Téminin. On prétend , mais je n'ai pu m'assurer jusqu'à quel point celte assertion est fondée, que l'habitude de so raser stimulait les organes génitaux.
B. Rapports avec la vie animale.
La génération dont on a fait un sens spécial sous le nom de génésiquey appartient essentiellement h la \ie animale ou de relation; mais tandis que les autres sens entrent en exercice sous Tinfluence d'une excitation extérieure, comme la lumière pour la vue, les odeurs pour l'odorat, etc., le sens génital n'exécute ses fonctions que sous l'empire d*une excitation interne que l'on nomme instinct, désir vénérien. Cependant, les excitations extérieures ne sont pas sans action sur l'éveil du désir, quelquefois même celui-ci, inerte ou paresseux , ne sort de son apathie que par la vue d'une belle femme ou par des attouchements licencieux; mais, je le répète, l'érection de la verge et celle du clitoris, et par suite le plaisir^ chez les deux sexes, obéit entièrement au sens intime, à l'Ame, è l'imagination, en un mot à la partie intellectuelle de notre être. La femme violée ou contrainte au coït avec un homme que son cœur repousse, est passive dans l'acte qu't Ile laisse accomplir sans volupté ; et cependant le stimulus extérieur ne lui a pas manqué: les frottements de la verge contre ses parties génitales ont eu lieu, et ces frottements qui, en d'autres circonstances, l'eussent plongée dans des ravissements frénétiques, la trouvent maintenant
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froide et insensible, parce que Tiniliation morale loi a fait défaut. On a dit que les préludes du coït valaient mieui que le coït lui-même, et cela est vrai jusqu'à un certain point, parce que la perle de la semence, d'un cAté, et Varroi&' ment du museau de tanche par le sperme de l'autre, en enlrainant la raison au milieu de la tempête qu'ils soulèvent dans Torganisme, lui enlèvent la conscience du stimulus inléricur, et ne lui laissent qu'une conception troublée et affaiblie des sensations vénériennes.
L'àmc, le sens intime, l'intellect, comme on voudra l'appeler, et qui comprend l'imagination, les facultés attractives et répulsives, a non-seulement des rapports très intimes avec le génésique, mais encore est indispensable à son eiercice. Ces rapports, auxquels je reviendrai tout à l'heure, ne se bornent pas à la partie immatérielle de notre âme ; ils existent aussi avec sa partie matérielle, si je puis ainsi dire, avec le cerveau, que \e» philosophes et les physiologistes s'accordent à lui donner pour siège.
Par l'exaltation momentanée que révèlent les facultés morales sous l'empire des désirs vénériens ou du coït, on peut conclure que le cerveau prend une large part à la génération, et que son exercice détermine dans cet organe une congestion passagère, un afflux plus considérable de sang, c'est ce qui arrive en eiïet assez fréquemment chez les vieillards, pour qui ces épanchemcnts sont plus à craindre, à cause de l'inertie de réaction de la force vitale. De plus, les excès de coït et l'onanisme sont presque toujours suivis de céphalalgie, de vertiges, d'hallucinations, quelquefois même de dégénérescence du cerveau, notamment de la suppuration et de l'induration. La compression des testicules occasionne une stupeur qui peut devenir mortelle, comme des laits trop nombreux l'ont prouvé, et qui a été mise à
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profil pour se rendre mattre des animaui les plus indomptables. Le cerveau lui-même ne réagit pas moins sur la fonction génératrice : on a vu la lubricité être produite par renfoncement des os du crâne, par l'hydrocéphale ou le ramollissement du cerveau, tandis que l'impuissance venait à la suite de plaies de la tète ou de la suppuration de l'encéphale ; enfin Burdach assure que l'hydropisie chronique des ventricules oo^asionne l'imperfection du développement des organes génitaux, le peu d'abondance des règles et l'absence de désirs vénériens (1).
Mais de tous les points du centre encéphalique, le cervelet est celui qui entretient avec la fonction génitale les rapports les plus intimes. C'est lui que Gall avait noté comme le siège du sens génésique; et, en eiïet, le développement du cervelet et des muscles de la nuque est presque toujours en I roportion directe avec l'énergie de la faculté procréatrice, car tandis que l'on trouve la nuque large et bombée chez les individus qui font preuve d'une grande virilité, on la constate étroite et aplatie chez les hommes et les animaux qui ont subi la castration.
Plusieurs fois je suis parvenu à calmer le priapisme ou à éteindre des érections fatigantes, au moyen d'applications froides a la nuque, et M. Serres a démontré, par une série d'observations^ qu'un épanchement du sang au cervelet s'annonce par une turgescence des parties génitales, qui est parfois accompagnée de pollutions, et qui dure même après la mort. La pathologie est remplie d'exemples de pareilles sympathies, et Burdach prétend même que les ulcères de la matrice font naître des douleurs à l'occiput et des spasmes dans la nuque (2).
(4) Vom Bau md Ubm éB$ Géhinu, t. III, p. 76. (t)ioc. «il., p. 423.
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iiù moelle épiiiière, elle aussi, rntreliont ovec la faculté génitale les relations les plus intimes. Depuis Hippocra te, qui Ta si admirablement décrite, tout le monde connaît la consomption dorsale qu'cntraincnt les excès vénériens et Tonanisme. La suppression des règles détermine quelquefois dans cet orgone des congestions, des phlegmasics, des épanchcments de snng ; et les organes génitoux se flétrissent lorsque le cordon rarhidien est frappé de phthisie. Ces relations, qu'indiquent les notions analomiques les plus superficielles, sont quelquefois invoquées par la débauche et la vieillesse avides de luxure, qui cherchent dans la flagellation une énergie et dos voluptés qui les fuient.
Les sens, qui sont sous une dépendance si complète du cerveau, partagent avec lui les relations qu'il nourrit avec la fonction génitale.
La vue, en portont h l'éme Timage de Tnutre sexe, éveille et exalte le sens génésique. Les excès vénériens et l'onanisme diminuent la faculté visuelle, dilatent la pupille, ternit^sent le regard, et cernent Tœil d'un cercle bleu et profond. Au moment du coit, la vue acquiert une telle sensibilité que la moindre lumière l'impressionne d'une monière désagréable.
L'odorat exerce sur les organes génitaux une action que Ton ne peut méconnaître : l'odeur qui s'exhale de ces organes est [our les deux sexes un stimulus puissant, et les courtisanes et les roués se servent, avecavantoge, de certains par* fumsque je nommerai volontiers aphrodisiaques, tels que la vonille, l'œillet, le girofle, etc.
L'ouïe ogit quelquefois sur la fonction génitale d'une manière étrange. J'ai connu une personne dont le sens génésique s'éveillait au seul frôlement d'une robe de soie, et une autre a qui ce même frôlement produisait un effet