AVEC LES ADTBES FONCTIONS BÈ L^ORGANISME
tOQt contraire; il est vrai de dire que chez ce dernier imlividu, la sensibilité générale étoit douloureusement aiïectée parla vae, le toucher ou le bruit de la soie, comme quelques personnes le sont par la peau veloutée de la pèche ou le brillant raboteux du satin. L'ouïe, après le coït, supporte avec peine le moindre bruit, et les excès vénériens déterminent des bourdonnements d'oreille et quelquefois la surdité.
Le goût n'a pas de relations directes avec la génération^ mais ses organes accessoires, tels que les glandes salivaires et parotides, la langue et les lèvres, en entretiennent de très intimes : tous ces organes entrent en turgescence quand les désirs vénériens se font sentfr ; le développement des glandes salivaires est en rapport avec l'énergie génitale, et leur sécrétion augmente pendant le coït et h l'époque des règles. Burdachcite l'observation d'une mélancolie produite par des désirs non satisfaits et guérie par la salivation. Souvent avec l'orchite, quelle que soit sa nature, apparaît Tin* flammotion des carotides. M. Desportes assure que l'angine couenneuse amène parfois un état d'orgasme des parties génitales, même avant la manifestation ou après la dispari^ tion de la faculté procréatrice (1).
Le toucher a une telle influence sur le sens génésique, qu'il est, pour ainsi dire, le compagnon inséparable de la copulation, dont les baisers sont les préludes, le complément et la fin. La main de l'homme caresse avec volupté les seins et les formes arrondies de la femme, et ces attouchements envoient à l'àme dos deux conjoints des excitations plus vives, qui appellent la volupté et hâtent la formation d'un nouvel être.
(I) Revue médicale. 4828, t. IH, p. Ui.
130 BAPINJUT» DB LA FONCTION silltBATBICI
Enfin, et pour ea finir arec les organes (lépenijant des centre* nerveui, l'appareil musciilairi! jouit de sa plus groiidu éner^ii; peiiiliiiit reii>tvnce île la fucuUé procréutfice : sans furrc rhei rciifnnt el aiïflitilîs chez le lieillanl, les muïclos sont HiisqucH et pAles chez le uisirat, i]ai, comme lri>to compensation, est à jumaîï eicmpt de la goutte.
L'ftme, dont J'ai déjà parlé tout à l'heure, a toutes ses Taculléseii rapiiofls intimes aiec lu générnlion. L'acte procréateur trouve dans la joie cl dans luutt-s l(-<i diïposilioi» à l'allé^jreiiieuneeiciiation heureuse, tandis qu'il e^t eiiquclifue sorte paruhsé pur les chagrins, les soucis, la crainte, la frajeur et les préoccupations trop prunoncùes de l'eRpril.
Le [louvoir de l'imoginnlion est ici immense: c'est par elle i|ue naissent les désirs vcnériens , que se produit l'érection, et que s 'accom plissent plu>ieurs autres actes de l'appareil généraieur. Pulion rapporte qu'une Tomme de quuranle-huit an^, dont l'&gu tiilique avait passé depuis quatre ans, et ilunt la sensibilité était furt eialtée, fut prii.e, en assistant i l'accourhemciit long et pénible d'une de SCS sœurs, de douleurs semblables à cellts de la parturilion ; que ifuelqucN heures après se déclara une faémorrhagie par les parlies génitales, qui dura pendant plu~ sieurs jours, et que trois jours après la cessation de ret écoulement, les seins non-seuirmcnt se luméliùrenl, mais encore fournirenl une sécrétion de lail(1}. Si la puissance de l'imagination n'est pas en rapport direct ovvc l'énergie delà génération, on peut dire que la première ne peut guère citster sans la seconde, car on ne cunnall aucune production intellectuelle portaut le cachet de l'originahté qui soil émanée d'un eunuque.
(<) Anhivei giairalci d§ mtdecix^, L. XVtl, p. litS,
me Ui lUTBBi FONCTIONS Dt L^ORGAillêlIB. t&l
La raison, cette faculté mère, si je puis ainsi m'exprimcr, dans laquelle viennent se confondre la mémoire, le jugement, la volonté, etc., entretient, elle aussi, des relations réciproques avec fa faculté génitale. Les imbéciles, les crétins surtout, s'adonnent ardemment h Tonanisitie (1), et les excès vénériens ou la [pasturbation conduisent ceux qui s'y abandonnent, tantôt a Timbécillité^ tantôt à la manie du suicide, et tantôt à la démence (2).
Le caractère n'est pas à l'abri de l'influence de la génération : l'impuissant et le masturbateur tombent dans une mélancolie profonde, deviennent timides, sont fuible< de volonléy montrent de l'indifTérence pour tout, et nourrissent un amer dégoût de la vie (3); les eunu(|ues sont pusillanimes, lâches et ne savent pas mourir ; Richerand a fait la remarque que les amputés de la verge sont pris d'une mélancolie qui les dispose éminemment aux lièvres de mau>ais caractère, et les conduit souvent h la mort, tandis que les hommes auxquels on coupe un membre supportent gaiement cette mutilation (&).
Enfin, et pour en finir, le génésique développe chez les deux sexes le sentiment de la sociabilité, puisqu'il exig^ le rapprochement de deux individus. C'est également sous son inQuence que se perfectionnent les peuples, et que la civilisation marche toujours vers de nouvelles et plus brillantes destinées.
(4) Esquirol, Maladies mentales^ t. II, p. 353 et soiv.
(5) Esquirol, Maladies mentales, t. II, p. 219.
(a) Deslandes, De l'Onanisme et des autres abus vénériens. Paris, 4836, p. 4 33.
(4) Diction, dêê KiêHCêt médicaUê, t. XL, p. 4 93.
!3*2 cincnnsTAKCKS ym i>»xuem sir le D^veu>i'PRMKKr
CIRCONSTANCES DIVERSES (jUI l?IFLlt>T SUR I.E DÈveLOPrEMENT ET l'exercice RE LA GËNËnATION.
Ces circonstances sont de deux sortes : A , celles qui sont inhérentes h l'inJiviJu ; B, celles qui sont en dehors de lui. (l'est lions cet onlre que je vais les ciaminer.
A. (7irci)nil(incr'l inhi'rFntex <i t'nuliridx.
Les principflles de ces circoiislanrcs sont l'Age, la constitution, le tempérament, les passions, les hahitudes, le ré- (lime, les professions et les travaui.
Age. — Lb vraie maturité procréatrice, dit Mendc(l), est l'élat de la vie dons lequel les fonctions génitales peuvent s'accomplir sans porter ntteînle à la santé de l'individu, ni sous le rapport physique, ni sous le point de vne moral, cl de telle sorte, en outre, que le raraclère de l'espèce soït imprimé aux produits de la monièrc îi la fois la plus profonde et la plus complète. En un mot, c'est l'époque où l'individu, parvenu an point de pouvoir se conserver luimfime, devient apic h concourir au maintien de l'espèce.
Celte époque n'est pas celle de la puberté. Une fonction, surtout la génération, ii'ai:(]uiert pas toute son énergie au moment de son apparition j îl fnul, comme l'observe judicieusement tturdacii, que la {luissonce existe pendant quelque temps sans entrer eu exercice, pour qu'elle puisse se développer parfaitement, ili^ployer en entier ses eiïuts, etse répandre sur tout l'ensemble de l'oraanisme. Choi (es ani-
(t) Uattdbtich rUr ftriekllifhfn tfnl'rt», I, IV. p. Ilï.
n l'bxibcics de la génkbation. 133
maui,la nature a pris soin d'empêcher raccouplementimmé* diatement après l'éveil du seus génital : sans parler de la loi du plus fort, qui donne aux mâles seuls complètement développés la puissance de repousser les rivaux et de conquérir la femelle, je citerai Teiemple du cerf, qui, à trois ans» entre bien en rut, mais qui est dépourvu de la voix propre à attirer la femelle ; cette voix commence è se faire entendre l'année suivante, mais faible encore, et ce n'est qu'à cinq ans qu'elle acquiert toute sa force.
A la puberté, c'est-à-dire à l'époque de l'éveil du sens génital, l'érection chez l'homme semble ne pas être complètement encore sous l'empire de l'ème ; elle se produit, qu'on me passe le mot, à tort et è travers, sans but bien déterminé et sous l'influence de circonstances diverses ; chex la femme, le plaisir ne parait pas atteindre les limites de la volupté, et ce n'est pas sans raison que les hommes véritablement sensuels préfèrent la femme de vingt à trente ans. D'un autre côté, les enfants dont les parents sont trop jeunes, la mère surtout, ont rarement une complexion robuste. Comme toutes les autres, la faculté procréatrice s'accroit jusqu'à un certain point par l'exercice, et l'on a remarqué que les produits d'une conception trop hâtive sont fréquemment d'une constitution plus frêle et plus délicate, toutes choses égales d'ailleurs, que ceux qui correspondent au milieu de la vie procréatrice; on a également noté que le premier accouchement a ordinairement lieu avant l'expiration complète du temps de la grossesse. Enfin les glandes mammaires participent aussi à cette inertie de i appareil génital, et sécrètent beaucoup moins de lait qu'à une époque ultérieure de la vie utérine.
Lorsque la puissance a suffisamment accru l'énergie de la fonction génitale, l'homme et la femme deviennent nu-
13& CIRCOKSTANGM Qf'l inrLVRNT IVR Ll HtTELOPPEMENT
biln; r'phI alors qun les or^nneM dans (oute kur forcfl acrompliisfiil la ^i^rii^ralion snriii|iéril pour l'individn et fiani (locnmiige |)Our rt3«|)èrc. La nubrlité, (ju'il faut atuir auîn de iji^liiiguer de In puberté, commence à >iti^t ans pour les femmes et û vingt i|ualre nns pour les hommes; l'usage la recuiR môme presrpie toujours de quelt^ue^ années, et le* léjcixlations uni varié i l'inlini pour la fiiiilion de l'époque éa mariage. I.yrur^ne vouhiit quples hommes se mnriasseni à trente-si'pt uns et If femmes à dii-sept ; l'Iolon prescrÎTait aai premieri l'A^cdclrenlL' ans, et aux autres celui de vingt; Solon liia le morisge des hommes i> trente-sept ans, et II Rome, il ne leur fut , pendant quel'jne temps, permit de te mnrier qu'à quarante ans. Aujourd'hui les lois sont moiru léièrei, mai«les mœurs et les usages fout qu'en moyenne, en France du moins, les hommes se marient de trente 1 (juarante ans et les Femmes de dii-htiit h lîngl-sii.
La fjiculté procréatrice s'éteint, chez la femnie, atec l« menstruation; je ne reviendrai pus ici sur ce que j'ai dit précédemment de celte fonction. Chei l'homme, la retraite de la m6me Taculié est moins liée que chez lu femme h une époque déterminée, et ne présente pas, comme chei l'autre seie. des aciideuls plus ou moins funestes. En général, i partir ds la cinquantième année, lu faculté {jénilale diminue, et cet ab»i»<'mcnt duns l'énergie de la force procr^otrire ve en augmenlaul ursduellement jusqu'à la soivonle-diiièmet où lei désirs ont mfme en général disparu. Je dirai aillenn loi csraiiéros que prc»euto le sperme des tieiilards, mait on |>eut déjà pressentir que les produits du la vieillesse sont cacDchymcx, délicats, et plus que tous autres tournis k Vinfllience des couses morhiliqiies,
Comlitution ; tempérament. — Bien que les metlan ■Ml» le méiM rubrM]ue, je doi« me garder de confondra le
R È'klBIGICB DB LA GIrIrITIOII» 185
coMtitulton et le tempérament, comme Pont fait et le Tont encore qaelquea auteurs. La constilution^ éminemment sous l'empire de la plasticité, exprime le degré de développement et d'activité des organes, tandis que le tempérament désigne la prédoroinence et l'influence d'une partie de l'organisme sur toutes les autres, coïncidant d'ailleurs avec un état parfait de santé.
On comprend dès lors quels sont, d'un côté, la constitution, et de l'autre, le tempérament qui Tavorisent et secondent le plus heureusement l'éveil et l'exercice de la génération.
Lafdculté procréatrice, par les lois mêmes qui président à sa destinée, ne doit entrer en action qu'après l'entier dé« veioppement de tout Torganisme, ainsi que je Tai dit eo parlant de la nubilité, et s*éteint lorsque ta vitalité générale diminue, lorsque les forces plastiques et animales commencent è perdre de leur intensité ; par conséquent, il doit exister nne relation intime entre la fonction génitale d'une part, et la constitution de l'autre, qui marque précisément le degré de développement et d'activité de toutes les parties de Torganisme.
C'est ce qui arrive en effet.
Les individus dont toutes les fonctions s'exécutent nonseulement avec régularité, m:iis encore avec énergie, comme ceux qui sont doués d'une constitution athlétique, sont les plus aptes tout à la fois à la copulation et à la fécondation ; les Messalines choisissent de préférence les hommes de cette trempe, et les amis de la santé publique doivent souhaiter è tous les enfants des pères et des mères aussi heureusement dotés.
Les constitutions faibles, cacochymes, qu'elles soient le résultat d'un vice héréditaire ou d'un mal acqofs, retentiasent profondément snr la génération . Moins tcwttentéea
136 CIHCUNSTANCE» V0> IKPI.UBM ^IJt LB DtVBUJfPSMEhT
de àésirt
milles aui I
1 vulu|i-
I imprcssium
luGuses, elles semblent accomplir l'acle, non comme un plaisir, mais comme un detoir, et celte nonchalance, cetlc froideur dans le coït est incapable d'imprimer une énergie bien «ive au produit de la conceptiun, sans parler des alïections héréditaires que cette absence de vitalité chez les parents est loin de contre-bnlnneer el de détruire.
Quelquefois même l'apathie générale se communique ii la fonction génitale elle-même, et alors, selon qu'elle frappe plus particulièrement les organes de In copulation ou ceui de ia fécondation, elle détermine l'impuissance ou la stérilité. Ce n'est pas ici le lieu de parler de ces états pathologiques, et je reocoie le lecteur au chapitre de cet ouvrage qui les concerne.
Au point de vue génital, plus encore que sous tout autre rapport, le tempérament joue un rôle de la plus liautc importance ; c'est par le muL tempérament que le monde exprime l'aptitude ou l'inhabileté aux plaisirs de Vénus: Cette femme n'o point de tempérament, dit-on ; cette autre a un tempérament de feu.
L'observation journalière vient conGrmer la vérité du langage populaire, et quoiqu'il soit diflîcile d'établir une ligne de démarcation bien tranchée entre les tempéraments, on les distingue d'ordinaire par une habitude extérieure particulière, un état spécial des fonctions physiques et des facultés morales, par un genre propre de maladies, en un mot, par un ensemble de phénomènes physiologiques, psychiques et pathologiques faciles i saisir et à classer.
Les anciens, dont la délicatesse d'observation était inlinie, avaient admis i|uatre tempéraments primordiaux : le hUieuw ou colérique, le sanrjuin, le mélaticoli'iue ou alrubiUiire, el le pitmleuaj on pliiegmatique. Mais comme la prédomi-
ET L'BXEftClCB DE LA GÉNÉHATlOIf. 157
naoce de l'activité porte rarement sor un seul système, it suiBl de combiner ces expressions deux à deux ou trois à trois, pour peindre toutes les nuances que présente la nature.
Afin de mieux faire saisir l'empire des tempéraments sur la génération, je rappellerai les considérations que j'ai déjè présentées sur l'action des climats et des âges, en exposant les ingénieux rapprochements que les anciens établissaient entre ces diverses conditions d'influence. Â chacun des tempéraments primordiaux que j'ai énoncés plus haut, nos pères rattachaient un des quatre âges de la vie, une des quatre saisons de l'année et un des climats du globe : au tempérament bilieux correspondaient l'âge adulte, l'été et les climats chauds ; le tempérament sanguin était celui de la jeunesse, du printemps et des pays tempérés; le tempérament atrabilaire était celui de l'âge mûr, de l'automne et des contrées équatoriales ; enfin, le tempérament pituiteux était celui des vieillards, de l'hiver, et des pays humides et froids.
Ces rapprochements, grâce aux notions qui précèdent, expliquent mieux que je ne le pourrais faire, l'influence des tempéraments sur la génération ; ainsi la mollesse des tissus et l'inertie des fonctions qui caractérisent le tempérament lymphatique, étant peu compatibles avec les ardeurs de l'amour, les anciens l'avaient fait Tapanage des vieillards, dont la puissance génératrice est nulle; de l'hiver, dont les frimas glacent les désirs, et des pays froids et humides, dont l'action est tout aussi débilitante que celle de l'hiver. Au contraire, l'âge adulte, l'été, les climats chauds, toutes choses favorables aux plaisirs sexuels, sont le propre de Phomme bilieux, «dont le tempérament est si chaud et si amoureux, qu'il aurait beau avoir la vertu des personnes les plus saintes, sa nature lui donnera toujours une pente è
1SB CIHCORSrjttMIM VVt IIIPI,L-BNT S(I)I LK DKVILOPPBMENT
l'amoitr des remmex. On aurait pluldt éteint un grnnd f«a avec une ^onlte dVau, et l'on nbligernil plutAt un fleave r-i|iiile h remonter vers *n source, .que de corriger l'inrlinalion (le cel homme (l).»
A»ec Af iiareiltps donnée*, il rst fiirile d'étnblir la gro'lation de» tem]>érampnt« tjui éïtillenl et sureicilenl In faculté procrénirice, et île noter reu», au contraire, i|ui lemfièrenl OH éleignent les désirs de l'ainour.
Faniliés uuiralft ; passions. — l'Iu? que toute autre partie de l'or^nnî^me, l'ap|iareil "(nital iiubil l'influence du moral. Fn ce qui concerne les fucullés intolleiluelles, on [leiil dire, totileii clioses <^gale.4 d'ailleiir», que t'élendne de re8|iril et l'nrdeur de l'imnginalion dgiiisenl plui vivfinent sur le !ien4 <-(^nilal i|ue Icx intelligonres bornées et paresseuse!); c'est il ce titre, [ilus encon- peut-éire qo'nu point de rue de leor vanilé, que les femmes recherchent l'amour éfi articles, de^i .«avants et des titl^raleurs ; malheureusement, lei Irnvniix «bstniits et les m6ililations auxquels cette claMed'hommes est soumise, surtout h'SSOTantx, diminuent beaucoup l'hcufeuse influence de leur euprrt, et frappent quelquefois mAme I eu r:i organes sexuels d'impuinance et de «lérililé, ainsi que nous le verrons aill'-urs f3).
Les Mnlimerils de l'àmc- i^xercenl sur la génération an empirn il peu près absolu, el l'on ne comprendrait pas qu'il en fi)t aulrcment, puisque c'est dans l'éme que réside le consensus intime qui éieilli.' et anime le sens génésique. Mais, de m^mo que les sentiments ou les facultés de l'Ame
(l) VeOflllo. Tableuit du Camour conjit^iil
{*) Phjlioloyie rt hygifie dr* hommtt livré* ■ pwlBiocMm-HenilM PsriM. Pane, I8U.
f parlio, i;hap. fV, ux Irovaux 4t (ttpeH,
Et l'iIÉRCICB M LA CtlVtRATfOlf; 489
99 p6QTent ranger en deui groupes distincts et opposés, de même rinfluence qu'ils exercent sur Tactivité gdnilale est contraire; car tandis que les facultés aiïectives la favofisent, lea facultés répulsives en éteignent Tardeur et en glacent le» Toluptés.
Les passions, qui ne sont que les facultés de TAme surexcitées, élevées à une plus haute puissance d'expression, agissent dans le même sens que les facultés auxquelles elles répondent, mais seulement avec plus d'énergie et do vivacité.
Cependant cette énergie et cette vivacité des sentiments afTectîfs, qoi sont, sans contredit, des excitants heureux da génésiqoe, doivent être contenties dans de certaines limites. —Les extrêmes se touchent, dit-on. — Jamais maxime ne fut plus applicable qu'en cette circonstance. Un amour violent, longtemps réprimé dans ses désirs, plonge tout l'organisme, au roomenl de sa réalisation, dans une espèce d'extase oè l'Ame, c'est-à-dire la partie immatérielle de notre être^ semble concentrer en elle toute force et toute vitalité, et parait oublier les organes qui lui servent d'ordinaire pour transmettre ses volitions. Le consensus s'est replié en luimême, et comme le sens génital ne s'éveille qu'aux excitations de ce consensus, il faut attendre, pour que tout rentre dans Tordre, que la surexcitation morale ait cessé, ou qu'elle loit revenue du moins au type normal de la simple excita* lion. Le plaisir qui suit cette détente générale et qui suc*cède à cette impuissance momentanée, est d'ordinaire plus ardent et la fécondation plus facile. «J'en sçay, dit Montaigne, que j'aurai plus d'une fois occasion de citer è propos de l'influence du moral sur le génésiqoe, j'en sçay a qui îl a servy d'y apporter le corps même, demy- rassasié, d'ailleurs, pour endormir l'ardeur de cette fureur^ et qui , par
1A(1 C(RC0NSTAllr.e8 ull nFLLEItT SI H LE DAvRLOPPRHBNT
l'aage, se trouve moins impuissunt de ce iju'il esl moini puissant (1). "
Habituiies. — S'il est vrai que l'habitude soit une seconde nature, il est facile de romprcndre, par ce que j'ai dit préci^deiiiment de la constitution, du tempérament et des Tacultés de l'Ame, l'empire qu'elle peut exercer sur la gênéralioti.
Mais eu dehors des habitudes physiques et morales dont je parlerai tout à l'heure, et qui modifient plus ou moins les prédispositions de l'organisme et les tendances de l'esprit, il est une habitude spéciale au sujet qui m'otxupc, et qui doit par cela même lUer la première mon attention. Je donne à cette habitude l'épithèle de coptUatrire , parce qu'elle résulte de l'ciercice longtemps prolongé du coïl entre deux individus.
L'habitude copulatrice ne produit pas les mêmes elTets sur toutes les personnes, ou du moins les manifestations de ces effets ne sont pas identiques dnns tous les cos.
Le plus généralement, l'uniformité des rapports engendre une espèce de satiété qui enlève au consensus l'aiguillon de la nouveauté et au plaisir le charme de l'imprévu; en l'sb* sence de ces excitants, le sens génital languit, devient pares- 6eui, et se refuse quelquefois même à accomplirsa fonction. Quand un poète a dit que l'amour mourait de nourriture, il a nécessairement voulu parler de l'habitude copulatrice, qui pousse tant de maris hors de la couche conjugale, ot qui rompt tant de liens formés sous les plus favorables au»pices.
Quelquefois, au contraire, Thabilude copulalriL-e produit un elTel diamétralement opposé à celui qucjeviensdesigna-
(1) £|M{|, 1. 1, p. 101, édil. ds «713. Paris.
BT L*BXIiCICB DB LA GiNÉRATION. Iftl
1er: non-seulement elle éveille les désirs et soutient l'éréthisme génital, mais encore elle glace toute ardeur génésique, et repousse tout excitant qui n'a pas sa source dans la personne qui est l'objet de cette habitude. Je possède dans mes notes une curieuse obsertation, qui trouvera ailleurs sa place, mais que je crois utile d'analyser brièvement ici, pour montrer jusqu'où peut aller l'empire de cette habitude. Marié • vingt-deux ans à une femme qu'il aimait profondément, M. X... devint veuf h l'âge de trente-sept ans, S9ns jamais avoir éprouvé aucune défaillance dans ses fonctions génitales et sans avoir jamais déserté la couche conjugale. La mort, en frappant sa femme, sembla avoir glacé ses organes génitaux, et, malgré des désirs réels, il ne put, à partir de son veuvage, obtenir une érection suffisante pour le coït. C'est alors qu'il vint me consulter, et qu'il m'avoua qu'il n'obte* nait une demi-érection qu'auprès des femmes qui, par leur tournure, la couleur de leurs cheveux et la forme de leur taille, lui rappelaient le mieux son épouse; de plus, ces demi-érections n'étaient possibles qu'au lit et que lorsque la femme était dons le simple opporeil de la couche maritale* Mais l'illusion du malheureux ne pouvant aller plus loin, h cause de l'absence de ces mille petits riens qui, tous les jours répétés, engendrent l'habitude, Térection s'arrètoit aussi, et le coTt devenait impossible.
L'impuissance de ce malade tenait bien évidemment à la cause que je signale, car après une année laborieusement employée è oublier le souvenir de sa femme, M. X... recouvra toute sa virilité, ayant toutefois conservé une préférence très marquée pour les personnes du sexe qui , par leurs qualités physiques, lui rappelaient le plus servilement son épouse.
Les habitudes physiques sont tellement liées au régime
iM CIRCONSTAHCBÏ QUI INPLUBNT f-V» Ll DftVEI.OPPEMF.NT cl H la profcii&ioM, el les liab>tu<Je« murales au genre île travail Je» iriilîviOus, qui'cetiuiEJ'ui è Jire iie« unes eliles autres trouvera iiaturellmneut sa |ilai;e ilatis Us articles suitmits.
Régime. — On peut poser en rtftli' générale que (oui ce qui luiid à établir la prédomina me ilu H\slème iiurveui, ou plulAt du sjstènie nenoso-sanfiuin sur les aulrei partiel de l'organisme, el h diminuer l'inlluence du sjstème Ijmgibstiquc, doit èlre considéri^ comme esseciliellemeiit Favorable il l'exercice de 1» ((^■■t'rotioii. Pourtant il est un précepte non moins général et non moins vrai, qui veut qn*: l» prédominance du sjstème nerveux soit enfermée dans d« certaine» bornes, el que les fonctions du ce gv!>t>''me, ne tub- Etiluant h toutes tes autres, ne Iransfonnent pas tes malbeureu\ qui le possèdent en tristes sensilives qu'effraie le moindre bruit, qu'aiïeL'le l'odeur lu plus doute, etc.
Le régime joue un très gruml rAle dan» le développement de cei pauvfes natures. C'est parmi les femmes, surtout tes femmes des capitales et des boudoirs parfumés, ^ue se rencontrent ces élres chélifs, maigres, dont (ouïe !• vitalité se concentre dans la ligure, qui, munie de quelque* muscles san» ampleur, jouît d'une eipression saisùsable wulemefit i la lumière des bougies. Ofi tes voit dans les ulons loucher du piano, pincer de la barpe et chanter la romance, et cepi'ndanl, malgré soi, on se dil que la vie n'anime ni ces mams ni cette voii, et que ces accords et ces chants sont froids comme la mort et faibles comme le néant.
Ce n'e^t painl auprès de ces femmes que la copulation est ricbe de loluplés; ce n'ist point avec elles que se perpétue l'espèce. Si les hi-ibitunts des petites tilles ol ceui de le campagne, parmi lesquels se renconireni rarement de semblables organisalions, ne vi'naient pas conslammenl remplir les places vides dans les capitales, la population de celles-ci
If L^VBICICB OB LA GÉHtBATIOlf. illA
rariit bieotôt disparu, laÎMant, après quelques géoérations, ■D désert k la place du bruit et du mouvement. L'assimilation des étrangers que Rome opérait dans son sein n'avait évidemment pas d'autre but, et Ton a depuis longtemps remarqué que, sans ce sjslèmie, la capitale du monde alors connu aurait péri après quelques générations.
Le régime, ou, pour mieux dire, la manière de vivre esf donc, au point de vue qui nous occupe, de la plus haute importance ^ mais comme je ne fais point ici un livre d1iy«giène, et que, dans ces considérations générales surtout, il me doit suffire d'indiquer le buta atteindre, je répéterai que pour seconder efficacement l'acte génital, le régime doit favoriser, dans de certaines limites, la prédominance du tempérament nervoso-sanguin, et combattre les tendances à la suprématie du tempérament lymphatique.
Profeision; travaux. — Les professions, que l'on ne doit pas s'attendre k voir passer ici en revue, se partagent en deux grandes classes : l"" celles qui n'exigent que les forces purement corporelles, et que l'on apjielle métiers; 2* celles qui réclament l'intervention de l'intelligence, et que l'on nomme professions. Les premières, toutes choses égales d'ailleurs, favorisent plus que les secondes l'acte vénérien : en activant la circulation, elles augmentent la nutrition, et partant toutes les sécrétions dont l'abondance, cependant, ne saurait troubler l'harmonie de l'économie, à cause de la transpiration plus considérable que détermine l'exercice prolongé du corps.
Mais tous les métiers ne sont pas dans ces heureuses conditions : les tailleurs, les bottiers, etc., renfermés presque toujours dans des pièces sans air et sans lumière, accroupis sur des tables ou des escabeaux, et soumis en quelque sorte à un exercice négatif, arrivent, par toutes espèces de priva-
ihh CIBr.ONSrAKCKS QV^ INFLUKNT SUR I.R DtVELnpPEMENT
tioiis, à cet ^(a( malodir et iiorveui dont je parlais tout h l'heure. C'est i1bii§ rclte rlnsse de lu p(i[iublioii ouvrière (|ue se rcMcniitrc le p\m grnnd nombre d'èlres niolingres et dtlTormes; c'est dans elle aussi que germent le plus de vices et que les mauvaises passions se recrutent. La ronclton génératrice participe d'ordinaire b cette dégradation physique et morale, et si quelque maladie héréditaire ou cette sorte d'emprisonnement ne relnntissent pas d'une manière suflisaniment n^roste sur la génération, le roiiloct journalier des deui sexes, des conversations et de<i exemples fatalement licencieuT, poussent ces malheureux à des eicès et à des vices qui épuisent bientôt leur faculté génératrice.
Il en est il peu près de même pour les ouvriers des manufactures, dont la vie s'étiole au milieu d'une atmosphère empcMéc ou chargée de molécules délétères.
Les professions libérales ou celles qui exigent l'intervention de l'inlelligeiice sont éminemment favorobles è l'acte de la génération. Par h politesse dont elles ont j'upanage, et par la ciillure des arts et des sciences, elles donnent au système nerveux une pins grande délicatesse de sensibilité, et par k' travail auquel l'esprit est soumis, elles ne laissent point s'affaisser et dormir li; consensus qui lient sous sa dépendanre le sens génésique.
Celle influence est encore plus marquée pour les professions qui s'adressent [dus spéci-ilement h l'Ame, comme tous les beau\-arts en général. Cependant il est a remarquer que tous les grands artistes et les grands poètes ont eu fort peu d'enranls, et cette observation n'a pas échappé à Desloiiches, qui lo consigne ainsi dans son Philoxnphc marié:
On dit qu'on n'a jamsis ions lei dons à la rois.
El que les grands e:iprifs, dailleurs Irès oslimable^,
Ont tort pea de lalrnt pour fonner leurs Mint>liblw.
ET l'eYERGICB de LA GfiNÉRATION. 1&5
Les conceptions sublimes doivent élrc précédées de méditations profondes, même chez les hommes de génie, qui obéissent alors h la loi commune qui nous apprend que rénergie de la fonction génitale n'est jamais en raison directe de la longueur et des difficultés des travaux intellectuels.
Je dirai en eiïet ailleurs que les études abstraites et trop longtemps prolongées constituent une cause assez fréquente d'impuissance et parfois de stérilité.
B. Circonslancea étrangères à V individu.
Ces circonstances sont nombreuses et se peuvent déduire de cette infinité d'accidents qui accentuent le cours de la vie; on comprend que je ne puis ici aborder une pareille énumération, et que je me dois contenter de signaler les causes les plus générales qui, n'ayant point un siège dans l'organisme ou n'étant point soumises à la volonté, exercent sur le développement et l'énergie de la fonction génératrice une influence marquée et incontestable. Parmi ces causes, je citerai les climats, les saisons, les années, le jour, la nuit, dans les considérations desquelles seront compris le froid, le chaud, l'humide, la latitude, la position géographique, etc.
Climats. — J'ai dit, en parlant de la menstruation, que les femmes étaient réglées de meilleure heure dans les pays chauds que dans les contrées froides ou tempérées, et que cette influence de la chaleur ne saurait être mise en doute, lorsqu'on voit les femmes des pays très froids, comme les Samoîèdes, vivant presque toute l'année dans des souterrains où règne une chaleur étouflante produite par de l'eau jetée sur des pierres rougies, quand on voit ces femmes, dis -je, être aussi précoces que celles des tro|)ique«.
Montesquieu, donnant à ce fait une importance plus que
166 CIRCON8TANCB8 QUI INFLOBNT 801 Ll DtTBLOmmniT
physiologique, le classe parmi les causes de la polygamie : a Les femmes, dit-il, sont nubiles, dans les climat*^ chauds, h huit, neuf et dix ans ; ainsi l'enfance et le mariage y vont presque toujours ensemble ; elles sont TÎeilles à ?ingt ans. La raison ne se trouve donc jamais rhex elles avec la beauté. Quand la beauté demande l'empire, la raison le fait refuser; quand la raison pourrait l'obtenir, la beauté n'est plus. Les femmes doivent être dans la dépendance, car la raison ne peut leur procurer dans la vieillesse un empire que la beauté ne leur avait pas donné dans la jeunesse même. Il est donc très simple qu'un homme, lorsque la religion ne s'y oppose pas, quitte sa femme pour en prendre une autre, et que la polygamie s'introduise (1). »
Chervin, dans sa thèse inaugurale (2), a vivement combattu l'assertion de Montesquieu. II est inconteslable, en effet, par les rapports des voyageurs (3), que les hommes sont également pubères de meilleure heure dans les pays chauds que sous les climats tempérés, et qu'ils subissent profondément, au point de vue des plaisirs vénériens, l'influence excitatrice de la chaleur. Selon Miebuhr (&), Volney (5), et beaucoup d'autres voyageurs (6), rien n'est plus commun dans le Levant que de rencontrer des hommes de trente
(4) EêpHî deê Mê, 4764, io-48, liv. XYI, cbap. ii.
(i) Rechefxheê médicO'pkilùiopMqueê $w les cau$e$ phy$ique$ de la polygamie danê it$ poy« chaud». Paris, 4 84 %,
(3) Yoy. Saize, dans Histoire médicale de l*armé$ d'Ori^t, par De&geneUes. Paris. 1802, îd-S*', II* partie, p. 425; et Uiitoire de l'Afrique françaiêe, par l'abbé DemaDol, 1767, in-4 2, t. II, p. 60.
(i) Deêcription de l'Aratie, 4779, in-4», l. I.
(5) Voyage en Syrie, n m, in-S.
(6) Olivier, Voyage dam l'empire ottoman, an IX, io-8, 1. 1, p. 4 60: et Renali, dans Uiêtoire médicale de l'armée d'Orient, II* partie.
IT l'eIIRGIGB de la r.ÊNÉRATION. i&7
ans aUetnls d'impuissance. ^< C'est la maladie, dit Voliiey, |K>ur laquelle les Orientaux consultent davantage les Européens, en leur demandant du Madjoun^ c'est-à-dire des pilules aphrodisiaques (1). »
L'empire des climats chauds sur la précocité du développement et sur l'énergie du génésiquc est donc incontestable, et l'influence contraire des pays froids est également mise hors de doute par toutes les relations des vojagours.
Saisons, — D'après ce qui précède, il semblerait naturel de conclure que la saison la plus chaude de Tannée doit être la plus favorable à l'exercice de la génération ; pourtant il n'en est point ainsi, et l'influence du printemps est de beaucoup supérieure à celle de l'été.
Ce fait, en rattachant l'excitation génitale de l'espèce humaine à la loi du phénomène du rut, était connu dès la plus haute antiquité; mais il appartenait à notre époque de rétablir sur une base réellement scientifique, et ce progrès est dû aux travaux statistiques de M. Viliermé, en France (2), et de IMIVI. Quetelet et Smits, en Belgique (â).
EUi compulsant les registres des naissances, et en marquant, pour chaque mois, le nombre des conceptions, M. Viliermé a cru devoir classer les mois de l'année dans Tordre suivant, en commençant par les plus féconds:
Mai.
Janvier.
Jain.
Août.
Avril.
Novembre.
Juillet.
Septembre.
Février.
Octobre.
Mars et décembre.
(I) Loe, eiX, t. II, p. 145.
(S) Annaleê d'hygiène. Paris, 483S, t. VIII, p. 459.
(3) Annaies d'h\fgièM. Paris, 4833, t. IX, p. 308.
1&8 CIRCONSTANCES QVl INFLUENT SUS LE DÉVELOPPEMENT
Comme on le voit» c'est h Tépoquc correspondant au rut des animaux, au printemps, alors que toute la nature semble renatlre h la vie, que s'opère dans l'espèce humaine le plus grand nombre de conceptions. Les recherches entreprises en Belgique dans le même sens ont donné des résultats parfaitement identiques avec ceux qu'avait obtenus M. Villermé en France.
Cependant on pourrait se demander si l'action des premières chaleurs, limitée à la fécondation, s'exerce également sur la copulation, en d'autres termes, si cette action n'est pas spéciale à la fécondité, en donnant au sperme et aux ovaires des propriétés reproductives plus énergiques.
M. Villermé, pour résoudre cette question, s'est adressé aux comptes généraux de la justice criminelle, et il a trouvé que l'époque de Tannée à laquelle il se commettait le plus de viols et d'attentats h la pudeur était précisément celle du printemps, pendant laquelle se fait aussi le plus grand nombre de conceptions. Et que l'on n'invoque pas, pour expliquer la plus grande fréquence de ces crimes pendant le printemps, les circonstances des promenades solitaires, des vêtements légers, des rencontres dans les bois et lieux écartés, car les mêmes circonstances se reproduisent, ou è peu près, pendant les mois d'août et de septembre, classés des derniers pour les viols et les conceptions.
Cette influence du printemps n'est pas limitée aux pays tempérés; elle s'étend à toutes les zones, de telle sorte que l'on peut dire que l'homme est assujetti, jusqu*& un certain point, h une sorte de rut périodique dont le retour a lien, chaque année, au printemps.
Mais de même que le rut cesse d'être périodiquement marqué chez les animaux qui, de l'étal sauvage, passent h celui de domesticité, de même l'influence du printemps est
BT l'bxERCICB DB LA GÉNÉRATION. 1A9
moins manifeste chez les habitants des villes, et surtout des capitales, que chez les populations des campagnes. Chez les premiers, en effet, mille causes tiennent sans cesse en éveil le sens génital, sans parler du climat artificiel que la civilisation leur apprend a se faire, et qui rend compte du maxi» mum de conceptions que présentent en Suède, en Finlande, h Saint-Pétersbourg, les mois de décembre et de janvier, les plus froids sans contredit de toute l'année.
Années. — Pythagore, en proclamant sa doctrine des nombres, dopna naissance aux années climatériques . Malgré l'empire que cette croyance a exercé sur Tesprit des anciens, les auteurs sont loin d'être d'accord sur les années qui méritent cette désignation. Suivant les uns, chaque septième année présente ce caractère, tandis que pour les autres, il ne faut regarder comme telles que celles qui sont le produit de la multiplication du nombre 7 par les nombres impairs â, 5, 7 et 9. La grande climatérique est la 63^ année ; les autres années climatériques remarquables sont la 7% la 21*, la &9* et la h& année. Outre les changements dans le tempérament, les maladies, la fortune, etc., que les années climatériques apportaient, les anciens étaient convaincus, et quelques esprits de nos jours partagent cette conviction, que les organes génitaux externes de la femme se resserrent et reviennent a une espèce de forme virginale qui, tout en donnant un nouvel aiguillon aux voluptés de Thommc, augmente les désirs et l'énergie génitale de la femme.
Il est superflu de discuter l'inanité de pareilles assertions; cependant il est incontestable que les désirs vénériens et l'ardeur copulatrice présentent, chez la femme, un surcroît d'intensité aux approches de l'âge critique ; on dirait iinc lampe qui. avant de s'éteindre, jette une dernière lueur plus vive et plus éclatante que celles qui l'ont précédée.
150 CIRCONSTANCBS QOI IMFLOBNT BUB LB DftVBLOPPBMENT
Il est éf^alement démontré que la Técondîté de l'espèce humaine est très considérable pendant les années qui suivent une disette, une famine, une épidémie et les discordes civiles qui jettent le trouble et la confusion dans les rap* ports sociaui, et qu'au contraire elle diminae considérablement pendont ces époques de calamité publique. Les pratiques religieuses du jeûne, que l'on observe pendant le rnrème, peuvent être assimilées k la disette, selon M. Villermé, et produisent les mêmes résultats (1). Cet auteur, è l'occasion des Recherches statistiqfies s^tr la ville de Paris et le département de la Seine^ qu'a fait publier M. de Chabrol, a rédififé des Considérations sur la fécondité^ oà se trouve le passage suivant : <t II résulte de mon travail, qui est fondé sur plus de 13,000,000 de naissances énumérées mois par mois, que le très petit nombre de naissances du mois de décembre, qui n pour neuvii^me antécédent le mois de mars, est l'effet des abstinences du carême. Une cîrconMance curieuse, c'est que le mois de mars devient progressivement chargé de plus de conceptions h dater de la fin du règne de Louis XV, c'est-è-dire è dater du temps ou le relâchement s'est progressivement introduit dans les mœurs, et un changement dans les idées et les pratiques religieuses. Enfin le mois de mars, qui était autrefois le dernier dans l'ordre des conceptions, est maintenant le septième. Les mœurs du peuple, la mesure de ses opinions, sont donc quelquefois écrites dans les résultats de la statistique; il ne faut que savoir les lire (2). »
(I ) De la distribution par mois, des conceptions et des naissances de l'homme (Annalm d'hyijiène publique. Paris, 1831, t. V. p. :i5).
f2) Sans cnnlpsl'^r d'une manière ab«ioluo rinduence du jeAne sur le nombre des conceptions, influence qui. si elle était admise aussi importante que le prétend M. Villermé, serait en opposition avec ce que j*ai dit, page M9, touchant les rapports de la notritioo et de la
iT l'bibbcke de la génération. 151
Le jinxr; la tmii. — On demandait un jour à Fontenelle s'il n'avait jamais songé à se marier: «Quelquefois, répondit le philosophe, le malin. » Est*ce que les désirs vénériens seraient plus énergiques après le repos de la nuit qu'à toute autre heure de la journée? Cependant un grand poëte, Victor Hugo, a dit :
Le plaisir, fils des nuits, dont l'œil brillant d'espoir S'éteint vers le matin et se rallume au soir.
Qui a raison du philosophe ou du poëte? Je crains bien que l'un et l'autre aient tort, au point de vue où chacun il'eoi s'est placé.
Le soir, avant l'abattement de l'excitation générale produite par la veille, avant le repos de l'imagination et le calme des sens, le stimulus, et partant les désirs, sont plus îiolents. Mais il fout se garder de conclure de la violence des désirs à une plus grande énergie dans la fécondité et le plaisir. Il est d'observation que les premiers temps des mariages d'amour ou d'inclination sont très souvent stériles, et que cet état cesse avec l'affaiblissement des désirs, amené par la satisfaction ou Thabitude. Il est également d'obser^vation que des désirs trop longtemps prolongés amènent momentanément l'impuissance chez l'homme, et changent quelquefois les voluptés en douleurs poignantes, dont une hémorrhagie par lo canal de l'urètre signale l'intensité. Donc le plaisir vénérien n'est pas toujours en raison directe des désirs.
De plus, le coït, exercé le soir, n'a pas sur l'organisme
faculté génitale, je dois faire remarquer qu'au temps des pratiques sévères de la religion , le carôme était une époque non-seulement d*ci&s(menc^, mais encore de continence, et que les mœurs se sont également relâchées sur le jeûne et sur l'œuvre de la cbair.