‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité v. 1-2Chapitre 38 sur 122 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

IMPUISSANCE IDIOPATIIIULE.

J'oppelle impuissance idiopaltiique l 'impossibilité d'excr* cer le coït en dehors lie toute lésion apjinrcnle ou constalakle àvs organes génitaux, on dehors de tout état palhologirjuc d'un appureil quelconque autre que l'appareil f;énilal, en dehors des lois ph}siologiqucs qui réj^isscnt les Ages, les constitutions et les lempérnments, en dehors de l'inlenenlion des racultés morales, en un mol, un état t)'inertie de Tuctivité génésique que n'ex|ilir|uent ni l'aiin* lomic normale, ni l'analomie pathologique, ni les rapports de sympathie physiologique ou morbide du sens générateur 8«cc les autres fonctions de l'économie iinimale. C'est a cet état seulement que convient la dénomination de nt^nis^ <Du de syncope génitale.

Celte névrose est eicessivement rare.

Telle n'est pas, je le sais, l'opinion des auteurs qui m'ont précédé. Les anciens, privés des lumivres de l'analomrc pathologique, ne pouvant, par conséquent, rattacher à certaines lésions locales l'inertie des organes génitaux , et n'ayant que des notions superficielles sur les rapports sympathii]oes des diverses parties de l'économie entre elles, rapportaient Tolontiers A des troubles de l'innervation ou de la (orce vitale, s'ils étaient de l'école do Barlhez, les affections dont la cause et le siège véritables leur échappaient, Ce diagnostic, on plutdt celte absence de diagnostic, a étendu sur le

176 mPOIBSilIfCB IDIOPATHIQim.

sujet qui m'occupe d'épaisses ténèbres qui sont encore loin d'être dissipées. Il n'en poufait être autrement, puisqu'on mettait dans le même cadre, sans rappeler la confusion presque généralement admise de l'impuissance et de la stérilité, l'impuissance symptomatique du diabète et de la spermatorrhée, i c6té de l'impuissance consécutive i la masturbation, aux excès de tout genre, de l'impuissance amenée sympathiquement par un état particulier de l'estomac, des facultés morales, etc, etc., et toujours, pour masquer son ignorance, on accusait de ces désordres l'innenration ou la force vitale, ces deux inconnues de la médecine, que Ton n'a pu encore parfaitement dégager.

Du chaos dans lequel était plongée Tétiologie de l'impuissance, ne pouvait sortir, on le comprend, une thérapeutique rationnelle : le hasard, entravé encore par une idée préconçue, fit tous les frais de la médication. Comme l'innervation ou la force vitale étaient accusées d*inertie, on recourut, pour les relever de leur faiblesse, aux échauffants de toutes sortes, aux excitants de toute espèce, et l'on classa sous le titre d'aphrodisiaques des agents dont la liste est inépuisable; les trois règnes de la nature furent mis à contribution : on fouilla les entrailles des animaux, on confia k l'alambic les végétaux des deux mondes, et Ton soumit les minéraux aux réactions les plus aventureuses de l'alchimie. L'esprit recule épouvanté devant tout ce qu'inventa l'imagination pour réveiller l'énergie abattue de l'innervation génitale.

On alla plus loin encore : on appela k son aide la poljpharmacie, et grâce a son complaisant concours, on composa des préparations incroyables que l'on décora de titres pompeux, comme pour ajouter une vertu nouvelle i toutes celles qu'on leur prêtait avec complaisance. Le nombre des

tlIPniSSANCB IDIOPATHIQUË. 179

formoles aphrodisiaques que nous ont laissé nos |)ré(lécesseurs est Jmmense ; je ne rapporterai comme type du genre que celle que Zaculus-Lusitanus nous a conservée sous le nom de cachunde^ et que les grands de la terre estimaient d'une manière toute spéciale, tant à cause de ses vertus surprenantes que pour son prix très élevé. Ce dernier motif ne saurait être mis en doute, quand on saura que les pierres tes plus précieuses entraient en quantité assez considérable dans ce remède, dont voici la formule :

I âS 90

Terre de Cimole I^DOOgram

Ambre iOO —

Musc

Ambre gris

Calambac 300 —

Perles préparées 90 —

Rubis

Êmeraudes

Grenat >***<»-

Hyacinthe préparée

Sandal rouge 400 —

Sandal jauoe 90 ^-t

Mastic \

Jonc odoriférant \

Galanga

Cannelle

Aloôe lavé avec le sac de roses. . . .

Rhubarbe ^ a» 60 —

MiroboJans bellirigues

Mirobolans d'Inde

Absinthe

Corail rooge

Bol d'Arménie

Ivoire calciné - 350 —

oc Broyez ces ingrédients et les réduisez en poudre la plus fine -f

IflO llll'OISSA^CB IDKirAlUIQliB.

» Képandi'z dessus des vins odorir^ranls, des baumes, et de l'eaii distillée des Itcurg de l'arbre qui porte Ja cannelle ;

D Faites sécher le lout ii l'ombre;

» Mèlrz une quanlilé suffisante de sucre te plus fin ;

» Enlin réduiseï le tout en une masse visqueuse et smci tenace, d'une couleur passablement rouge, avec un murilage de ^omme adragont et de gomme arabique. «

Vollii la Tormulc de celle |ifttc, ù laquelle les marchands doniioicril dos formes iliverscs, et qu'ils cipédiaîent dans toutes les parties dti monde et surtout à Lisbonne.

Voici maintenant les propriétés fubuleuses de celte préparation. S'il en rallnil croire /acutus-Lusilonus, que je vais traduire servilement, on devrait reconnaitroquela médecine eM en voir ilûcroissnnie, et que l'nrl de guérir n'est plus aujouril'liui qu'une .liïrcuse mytililinilion. » Les prince» indiens et les grands de la (Iliinc, ilil /iiculus-Lusitanus, en tiennent, pondant lejour, dans leur bouclie, une petite quantité, gros, par exemple, comme une lentille ; cette petite portion rend en .se fonilant un<^ liqueur douce et odorante, qui desneml insensiblement clans l'estomac, et donne à leur haleine une odeur si agréable que tous ceux qui les approelieiit en sont frappés. O remède mérite vraiment que l<>s rois et les grands en fassent usage : il est bon pour la conservation de ta clialcur naturelle; il garantit le corps de la cnrruplion ; il prévii-nl le.s funestes inlluencos de l'aîr empesté; il di*sipc les iliituir lires, et il soula;;c merteilleusèment ceu\ qui sont itllnqués de métanrotic. Il arrête les palpitations de cœur, giiéiit la canlialgie, l'apoplexie et ré|iilepsie; ranime les esprits aniniaui et vitous, forliiie toutes les fieultés, rél.,blit reslomac, et résiste aui poisons do toute espèce. Il fait du bien au cerveau, et c'est le meilleur remède que l'on puisse employer contre l'infection de

IMPUISSANGK IDIOPATIIIljUK. 181

rbaleine. Il excite & Tacle vénérien; c'est par cette raison que les deux sexes en font un si grand usage dans l'Inde. En un mot, c'est un remède vraiment royal : il prolonge la ?ie, il éloigne la mort; aussi se vend-il fort cher. Ceux qui remploieront ue pourront s'empêcher d*en admirer les eiïets surprenants (1). »

Les modernes, grâce aux progrès de la chimie et h Tin- Ouencc qu'a exercée la doctrine de Broussais, ne tombent plus dans les écarts d'une poly pharmacie ridicule; mais comme l'étiologie de Timpuissance ne leur est guère mieux connue, et comme, suivant en cette voie les erremc*nts des anciens, ils continuent i rapporter à l'alTaiblissenicnt de l'innervation la très grande majorité des cas d'impuissance, ils poursuivent la pensée, i l'exemple de leurs prédécesseurs , d'activer l'énergie vitale et de relever le^ forces nenreuses du génésique. A cet eiïet, ils recourent tantôt aux excitants généraux, tels que la vératrine, la strychnine, etc., tantôt aux excitants spéciaux, tels que le phosphore, Télectricité, les cantharides, dont l'action sur les organes génitaux n'est que consécutive.

Cette simplification dans la médication n'amène pas des résultats plus heureux que les préparations polypharmaciques des anciens; et il en doit être ainsi, puisque la même confusion règne dans l'étiologie, et par conséquent dans le choix du traitement.

Cependant, quelques rayons de lumière ont pénétré les ténèbres de cette nuit profonde; les travaux de MM. Lallemand, Civiale (2), etc., ont dépouillé du titre de névrose

(1) De medic princip, hi$t., lib. I, obs. 37.

(2) Traité pratique des maladies des organes fjénito-urinairei, Paris, 4 850.

183 I1IP0I86A1<ICB IDIOPATBIQOB*

certaines impuissances doiil la cause manifeste est dans Itlé" sion d'une partie de Tappareil génital; mais leurs oufraget, limités par leur nature même à une seule face de la question dont je dois embrasser l'ensemble, n'ont pu Tarracher tout entière aux nuages où l'ignorance et l'imagination Tavaient entraîner, et lui donner le caractère de positivisme qui distingue aujourd'hui h pi'u près toutes les parties de la science.

C*est U* de%oir que je me suis imposé eo écrivant ce livre^ c'est la route que je me suis tracée en étudiant Timpiiiisance et la stérilité.

En suivant cette voie tout opposée k celle de mes defan* ciers, je n*ai pas tardé é me convaincre que la névroae génitale, dégagée de toute lésion locale et de toute sympathie, en d'autres termes que l'impuissance idiopatbique était excessivement rare.

Cependant je l'ai bien manifestement observée, comme je le dirai tout k l'heure, et je dois, par conséquent, lui donner ici une place.

Mais l'impuissance idiopatbique est loin de se présenter constamment avoc les mêmes caractères, et il est très essentiel, au point de vue du traitement, de déterminer d'une manière précise les formes diverses qu'elle peut revêtir, car ces formes sont intimement liées aux modifications que subit l'énergie virile.

Bien que la turgescence de la verge soit sous la dépendance de la circulation et de l'innervation, je ne considérerai ici que la fonction érectile dans son ensemble, me réservant de faire ressortir, dans la partie consacrée è la th(Ta|ieuli<{ue, 1rs indications plus spécialement relatives è rinilux nerveux, et relies que réclament les troubles de la circulation de Tappareil copulaleur.

Les phénomènes de la vie ont, dans chaque individualité,

I1IPUI8SÂNGB IDIOPATHIQUB. 188

uo lype normal, régulier, qui n'est pas le même pour tous les hommes, et qui, combinés entre eux d'une manière harmonique, constituent l'état de santé.

Eo dehors du type normal est la maladie. Mais les altérations que peuvent éprouver les phéno* mènes ou, pour mieux parler, les fonctions de l'organisme, sont de différentes sortes ; elles doivent être ramenées sous quatre chefs principaux :

1* La fonction peut être abolie;

^2" La fonction peut être simplement affaiblie, c'est-i-dire s'exercer avec moins d'énergie que dans l'état normal;

3* La fonction peut être pervertie, c'est-à^ire ne plus obéir è ses excitants naturels -,

A"" Enfin, la fonction peut être exaltée, c'est-à-dire se produire avec une intensité plus grande que dans le type régulier.

Appliquons h l'érection cette division si légitimement vraie des altérations dont toute fonction est susceptible, et nous aurons alors :

1* L'impuissance par l'abolition ou l'anéantissement de la force copulatrice;

2* L'impuissance par la diminution de l'énergie virile; 3* L'impuissance parla perversiondel'cxcitation génitale; &* Enfin, l'impuissance par un surcroît anormal d'excitabilité.

Le premier genre d'impuissance n'est jamais idiopathiquej il est sous la dépendance, soit d'une cause physiologique, comme chez les vieillards, soit d'une mutilation, comme chez certains eunuques, soit d'une cause morbide, comme dans quelques affections des centres nerveux. Je n'aurai donc pas à m'en occuper ici. Les trois autres espèces, au contraire, fixeront séparé-

18& iaiPI'l89JlXCK IDIOFATHIQUK.

ment mon ottention, parce que chocone d'elles présente une physionomie porticulière et réclame une médication propre.

g I. <- InipalaMMee IdiopAïkl^He par ëéittwi ë'éaergle.

Celte espèce d'impuissance peut être congénitale ou accidentelle.

Quand elle est congénitale, c'est-à-dire lorsque le malade n'a pas eu d'érection, elle est presque toujours liée à un état déplorable de la constitution et h l'atrophie, ou tout au moins h un arrêt de développement de l'appareil génital, de telle sorte qu'il est très difficile de décider si, dans ce cas, l'impuissance est cause ou effet. Cependant Planque cite, d'après les éphémérides d'Allemagne, un fait d'impuissance congénitale au milieu des conditions les plus favorables au coït: «On n'aurait pas si bien réussi, dit-il, avec ce stupide impuissant dont parle Hartmann (1). Il était fort et robuste et avait les testicules fort gros, la verge courte, petite et flasque, mais il ne connaissait ni érection ni semence, et n'avait jamais eu de sentiment d'amour (:2). »

Cette observation laconique ne peut, on le comprend, servir de base à une opinion ; d'autre part, il ne s'est jamais présenté à mon examen un impuissant de naissance sans vices de conformation ou sans maladies, et offrant tous les caractères d'une parfaite virilité; aussi suis-jc porté à croire que cette impuissance idiopathique congénitale, si elle existe^ est excessivement rare, et qu'il faut se mettre en garde contre les exemples qu'en pourraient citer des observateurs super- Gciels.

Comme tous les cas d'impuissance congénitale qu'il m'a

(I) Kph. germ , dec. 3, an 4, obs. 85, p. f 84.

(i) Biblioihèque choitie de médecine^ t. VI, p. i39, an. iMPUittAiici.

IMPUISSANCE IDIOFATUIQUIS l*AR DÉFAUT D*ÉNEKG1E. 185

été permis d*obscrver étaient accompagiu^s d'une grande faiblesse dans la constitution ou d'un nrrèt de développement des organes génitaux, j'ai toujours employé une thérapeutique que j'exposerai dans le chapitre suivant, auquel je renvoie le lecteur.

Mais si l'impuissance idiopathique congénitale était par- Taitcment constatée, j'estime qu'il faudrait mettre en usage les moyens destinés à combattre l'impuissance idiopathique accidentelle dont je vais maintenant parler.

Cette impuissance peut se produire de deu\ manières : ou primitivement, ou secondairement.

Primitivement, l'impuissance survient sans cause connue, sans motif plausible, au milieu de la santé la plus parfaite» des désirs les plus vifs, de la quiétude morale la plus complète; en un mot, au milieu des conditions les plus favorables à la copulation.

Secondairement, l'impuissance se montre h la suite d'un accident qui aurait pu entraîner, et qui même a entraîné rinertie de la verge, mais qui, disparu depuis plus ou moins longtemps, ne peut plus exercer son influence sur l'énergie virile; je m'explique: — Pris d'une indigestion à la suite d'un repas copieux, M. X..., avoué près la cour impériale de Paris, est frappé pendant toute la nuit d'une impuissance absolue. Le lendemain, remis de leur fatigue, les organes digestifs reprennent normalement leurs fonctions sans que les organes génitaux suivent leur exemple. L'impuissance persiste pendant quinze jours environ, malgré l'éloignement de la cause qui l'avait produite, et dont l'action, fugitive d'ordinaire, n'avait pu laisser des traces dans l'appareil générateur.

Il ne faut pas confondre cette impuissance idiopathique secondaire avec l'impuissance entretenue par un sentiment

186 IHPOlSftAIlCB IDIUPATHIQUI.

de crainte ou de honte. L'homme, ainsi que je le dirai longuement lorsque j'examinerai l'empire que le moral exerce sur le génésique^ l'homme dont les désirs ont une fois trouvé, par une cause quelconque» des organes rebelles, lâche générniement, qu'on me passe la locution, la bride k son imagination, qui, se faisant un tableau a?ec les cooleurs les plus sombres, frappe le malheureuii d'impuissance, selon l'expression de Virey, par la crainte d'être impuissant.

li'onaphrodisie idiopathîque secondaire ne reconnaît que des causes éloignées essentiellement fugitives. Ces causes peuvent être ou physiques ou mprales. I Parmi les premières, il faut placer tout ce qui trouble ) vivement et rapidement l'organisme : Tindigestion, dont j'ai déjà parlé, l'ivresse non habituelle^ le passage trop brusque du chaud au froid de tout le corps ou simplement des or- ,; ganes génitaux. Ln médecin de jNantes en qui j'ai toute confiance m'u dit avoir donné des soins à un négociant de Bucharest, devenu impuissant à la suite d'un bain de mer pris au mois de janvier, t Ia's causes morales sont incontestablement celles dont l'action est ici la plus énergique: toute émotion violente, tout sentiment vif, qu'il soit sympathique ou antipathique, comme une grande joie, une terreur profonde, peuvent amener une syncope génitale. J'ai soigné un homme dont l'énergie virile s'émoussa tout à coup en apprenant qu'il avait gogné un lot de 30,000 francs dans une des nombreuses loteries qui s'établirent après la révolution de février. J'en ai connu un autre qui nfa assuré n'avoir pu obtenir une érection pendant les six mois qui suivirent l'accident du chemin de fer de la live gauche de Versailles, dans lequel, sauvé comme par un miracle, il avait éprouvé un eiïroi indicible.

IMPUISSANGB IDIOPATHIQUB PAR DftPAIJT d'ÉNERGIE. 187

Aucune douleur, soit générale, soit locale, aucun trouble dans la fonction urinaire, rien ne dénote Taltéralion survenue dans les fonctions génératrices : la verge est molle» flasque, décolorée ; le gland pâle et ridé ; l'artère dorsale du pénis cède à la moindre pression, et ses battements sont à peine perceptibles; le scrotum, distendu et pendant, est insensible à l'action du froid et des attouchements erotiques. Quelquefois cependant la verge et le scrotum présentent des caractères tout opposés : le gland à sa coloration normale; le corps du pénis est dur, résistant, comme dans l'engorgement des corps caverneux, mais reste pendant, et ne s'élève pas, comme dans Térection, contre la paroi antérieure de l'abdomen ; les bourses, sans atteindre le degré de contraction de celles d'un homme sain, ne sont pas complètement étrangères à l'influence des agents extérieurs.

Ces différences dans l'état des organes génitaux externes sont importantes à noter, car c'est sur elles que reposent certaines indications thérapeutiques dont je parlerai tout à l'heure.

La sonde, introduite dans la vessie, ne décèle rien d'anor« mal sur tous les points de son parcours. Quelquefois, sous l'empire d'un rêve lascif, et même par la seule influence de la chaleur du lit et de la position horizontale sur le dos, une pollution nocturne se produit, tantôt sans érection ni plaisir, tantôt avec érétisme de la verge et sensation voluptueuse. Ces pollutions sont peu fréquentes et ne se répètent qu'à des époques assez éloignées les unes des autres; aucune perte séminale ne se manifeste durant le jour, ni à la suite des urines, ni pendant les eflbrts de la défécation. Dans quelques eus, sous lempire de vifs désirs vénériens, d'attouchements lascifs, pendant l'équilation ou une promenade en voiture, le pénis semble vouloir reprendre sa force perdue.

i88 lMi*tlS8ANCE IDIOFATUIIHIB*

et alors un suintement blanch&tre et gluant se montre au méat urinaire ; les malades ne manquent jamais de prendre ce liquide p ur du sperme, et demeurent convaincus qu'ils sont atteints de pertes séminales.

C'est avec cette opinion qu'ils se présentent au médecin.

Combien de fois n'ai-jc pas eu h redresser de pareilles erreurs, et combien l'expérience m'a appris qu'il était dif- Bcile de les détruire ! Étrange bizarrerie humaine ! L'âme éprouve autant de difficulté h se débarrasser d'une préoccupation douloureuse qu'à renoncer aux pensées les plus douces et les plus consolantes ! Presque toujours le moral du malade est profondément aiïecté ; son esprit inquiet a multiplié et grossi les symptômes ; son imagination, nourrie et faussée en même temps par la lecture de livres de médecine ou par les récits des gens du monde, se |)erd dans un abîme de maux dont le fond, qui est la tombe, ne lui apparaît qu'à travers des souffrances inouïes et Tinanité de désirs qui font tout à la fois son désespoir et sa honte.

C'cïil en de pareilles circonstances que des ménagements de toutes sortes, des précautions de toute nature, sont d'une absolue nécessité : si le médecin, après avoir fait au moral la large part qui lui revient, et avoir dégagé l'impuissance de tous les accidents qu'une imagination effrayée a créés ou grossis, dispute dès l'abord au malade l'afTection dont il se croit atteint, tout est perdu; la confiance que l'on avait en ses lumières lui est retirée, et le malade l'accuse intérieurement de ne rien comprendre, ou tout au moins de ne pas croire à son mal.

L'excès contraire, c'est-à-dire le rembrunissement du tableou créé par lo peur, a aussi ses dangers; il prépare à la thérapeutique des entraves dont il ii*est pas toujours facile de se débarrasser, s'il n'étouffe pas aussi la confiance

IMPUISSANCE IDIOPATIIIQUB PAR DÉFAUT d'ÉNERGIE. 189

dans Tesprit du malade, en lui donnant l'idée ou que le médecin confond son aiïeclion avec une autre, ou que son mal est au-dessus des ressources de l'art.

La conduite la plus sage, ainsi que je l'expliquerai ail* leurs, alors que je parlerai de la toute-puissance du moral sur le sens générateur, me paraît être la suivante ; au début, accepter comme vrais les accidents signalés, sembler croire 8 Texistence du mal accusé, et s'attacher surtout et avant toute chose à faire disparaître le symptôme dont le malade se préoccupe le plus.

Pour un esprit prévenu, un résultai heureux a mille fois plus de valeur que les dissertations et les médications les plus savantes^ les charlatans le savent bien, car ils ne font jamais qu'une thérapeutique de symptômes.

Pour les cas dont il est ici question, l'impuissance est rarement l'accident dont se tourmente le plus le malade. Se croyant atteint d'une affection de la prostate ou des vésicules séminales, le malheureux considère som anaphrodisie comme la conséquence çle ces affections, et n'attache réellement une importance pathologique et médicalrice qu'à ce qu*il croit la cause de tous les désordres dont il se plaint.

Le suintement du liquide blanchâtre et gluant dont je parlais tout à l'heure est, dans la majorité des cas, le signe dont le malade est le plus affecté; quelquefois, mais plus rarement, ce sont des élancements dans le canal de l'urètre, élancements que le malade compare toujours, pour leur rapidité et leur acuité, à des coups d'épingle; et moins 'fréquemment encore, car je ne Tai observé qu'une seule fois, c'est une espèce de titillation ou de névralgie du gland.

Dans toutes ces circonstances, il est assez facile de se rendre maitre des accidents qui ne sont sous la dépendance

490 laraiMANGB imoPAmovi.

d'aucune aiïection organique et d'aucun trouble de la force nerfeuse générale.

Dans les cas de suintement au méat urinaire du liquide blanchâtre, qui n'est autre que du fluide prostatique, on épargnera h la prostate toute eicitation capable d'augmenter sa sécrétion : le commerce des femmes, les lectures erotiques, les théâtres seront proscrits ; Téquilation, les promenades en voiture, la position assise trop longtemps prolongée seront défendues ; tout excitant sera rayé du régime alimentaire, et l'on ordonnera soir et matin des ablutions d'eau froide sur le périnée et les organes génitaux.

Les élancements dans le canal de Turètre céderont facilement à l'emploi des opiacés i l'intérieur et k Teitérieur, et i des bains chauds pris tous les jours ou tous les deux jours.

Enfin, dans les cas de titillation du gland, je me suis senfi avec avantage d'une pommade composée de parties égales d'extrait d'opium et d'extrait de belladone dont je recou\rais le gland, après avoir fait pratiquer sur lui et avec la même pommade une friction de dix minutes de durée.

Après ce premier succès, le malade, dont l'esprit s'ouvre è l'espérance, appartient au médecin corps et âme. Alors, mais seulement alors, l'homme de l'art, dont les assertions s'appuient sur une base irrécusable et sont légitimées par un fait, peut essayer de combattre Terreur du malade et lui faire partager ses convictions.

Cependant cette règle de conduite souffre de nombreuses exceptions, et il vaut souvent mieux paraître poursuivre rafTection supposée, de peur que l'imagination, se préoccupant trop de l'unaphrodisie, ue donne accès à des appréhensions qui entreliendnnent Timpuissance.

Le médecin agira selon la connaissance qu'il aura acquise

IWUISSANGB miOPATHIQUfi PAS DÉFAUT D*ÉNER6IB. 19l

de $on malade; mais quelle que soit sa détermination, il doit sérieusement s'occuper des moyens les plus propres è dissiper la syncope génitale.

Ces moyens sont nombreui ; ils se proposent tous de réveiller Faction nerveuse aiïaiblie ou relâchée, et c'est dans leur cadre que viennent naturellement se placer les médicaments dits aphrodisiaques.

Je partagerai en trois grandes classes les ressources que la thérapeutique fournit pour combattre l'impuissance idiopathique par défaut d'énergie virile :

1® Agents médicamenteui ; 2o Agents physiques; fto Moyens mécaniques.

Chacun de ces modes de traitement a une action très distincte, et il est de la plus haute importance de se rendre an compte exact de sa manière d'agir. Les ténèbres qui enveloppent la thérapeutique de l'impuissance me paraissent tenir, en dehors de toute considération de diagnostic, à la confusion que l'on a faite de toute médication, en employant indistinctement et au hasard, tantôt les échauffants, tantôt les excitants généraux ou locaux, ici l'acupuncture, là l'électricité, etc.

L'expérience m'a appris qu'il n'existait pas de spécifique contre la syncope génitale ; que le traitement variait, pour ainsi dire, avec chaque individu, avec chaque idiosyncrasie, et que les agents, décorés du nom d'aphrodisiaques, ne mé* ritaient pas cette dénomination dans la sévère acception du mot, ou qu'il fallait alors l'appliquer aux trois quarts des substances de la matière médicale.

On comprend que je ne puisse ici passer en revue cette immense nomenclature ; mais il est essentiel, comme on le verra par la suite, de se bien pénétrer du mode d'action,

192 IMPUISSAKCB IDIOPATHIQUI.

noil-seulement de la méthode de troitcmcnt que l'on met eu usoge, mais encore de l'agent ou du moyen que Ton appelle n son nide.

C'est ce que je vais essayer de faire en terminant ce paragraphe.

\^ A(jenis médicamenteux.

G)mmc leur nom l'indique, ces agents sont tous fournis par la matière médicale et appartiennent aux trois règnes de la nature.

On 1rs doit distinguer de deux monières : 1* selon le lien où se foit sentir leur action; 2* selon leur mode même d'agir.

Sous le premier point de vue, je divise les médicaments dont il .s^)git en deux classes : 1^ ceux dont l'action s'étend sur toute Péconomie ; 2" ceux dont l'inlluence est limitée à un appareil ou à un organe; ces derniers se partagent en agents dont l'action est directe sur legénésique, et en agents quiogisscnt sur un appareil ou sur un orgone spécial chargé de transmettre u l'appareil co|)ulatcur les modifications qu'il a reçues.

Sous le second rapport, dont l'importance est extrême, je distingue également les aphrodisia(|ues en deux classes : 1* ceux qui agissent sur le système vasculaire et les nutritions; 2"^ ceux qui agissent sur Tinnervation. J'appelle les premiers excitants et les seconds excitateurs.

Je classerai donc de la manière suivante les agents que fournit la matière médicale pour la thérapeutique de l'impuissance iiliopatliique par défaut d*énergie :

- ( I" Excitants généraux.

Excitants : J ° . «

^2» ExcilanU locaux. ('' E^itanU gfnésiqueâ direct».

( 2* EsciUnts locaox divera.

laraiSSANGB IDIOPATBIQUB PAR DfiFAUT D* ÉNERGIE. 193

U-Excitaleorslgcaux. { «•Exc.taleursgénés.quesd.rec.s.

(2*Excilateurs locaux divers.

Si Ton se rappelle que Térection de la verge se produit à la suite d'une surexcitation nerveuse générale et locale, eld*un grand afQux de sang dans le tissu éreclile du pénis; et que ces deux phénomènes, augmentation de l'innerva - (ion et accélération de la circulation, sont constamment sous la dépendance l'un de l'autre, on comprendra tout à la fois la légitimité et l'importance de mes divisions. En eiïet, qu'une impuissance idiopathique s'accompagne d'une constitution faible, d*un tempérament lymphatique, de la laxité de la fibre, de l'apathie des fonctions digestives, etc., etc., nais dans des limites pourtant compatibles avec l'exercice de la virilité, si vous recourez aux excitateurs, soit généraux, comme la strychnine, la vératrine, soit locaux, comme le phosphore, la rue odorante, vous avez dix chances contre une pour ne pas réussir. N'est-il pas vrai qu'au milieu des circonstances physiologiques que je viens d'énoncer^ le système nerveux présente une susceptibilité plus grande, et que dans la majorité des cas, il la faut contenir au lieu de l'exciter ? Sans doute, cette susceptibilité peut être irrégu-* lière, elle peut faire subir aux organes génitaux des écarts qu'il est utile de combattre ; mais cette indication, que je suis bien loin de nier, est en quelque sorte secondaire, et se trouve parfois remplie par celle qui se tire de l'étal de h circulation; car n'oubliez jamais, en thérapeutique, celte porole si profonde du père de la médecine : « sanguis

MODERATOR NERVORUM. f>

Comme on le voit, il n'est pas indifférent d'abandonner au hasard le choix de la médication h prescrire , et c'est ici qu'à défaut de symptômes précis, nettement dessinés,

i9& IHH1I88ANCB IDIOPATIlOOlé

rhomroe de l'art doit faire appel h son tact oa plutôt k aan instinct médical.

Cependant je vais essayer de donner à cette partie de la thérapeutique une base moins inc«rtatne^que Tinstinct, et fiier autant qu'il me sera possible les conditions physiologiques et pathologiques qui réclament telle méthode de traitement à l'exclusion de telle autre.

Mais avant d'aller plus loin, rappelons que si les organes génitaui jouissent d'une sensibilité particulière qui les met sous la dépendance de certains indtateurs, ils sont soumis aui lois de la sensibilité générale, et que bien souvent il suffit de ranimer celle-ci pour que la première rentre dans son état normal.

Cet axiome physiologique montre toute l'importance que l'on doit, avant toutes choses, attacher à l'état général du malade, c'est-à-dire à sa constitution, à son tempérament et à son état de sauté ou de maladie.

De ce premier examen sortira l'indication du traitement général.

On n'a pas jusqu'à présent, ce me semble, attaché une sufGsante importance à cette partie du traitement; on a trop oublié les liens qui rattachent l'appareil génital au reste de l'économie, et l'on a ainsi perdu de vue les ressources que l'on pouvait tirer de ces relations. Les exigences des malades ne sont sans doute pas étrangères à cet oubli des lois de la physiologie : les gens du monde ne comprennent pas d'ordinaire les longs détours auxquels la médecine est quelquefois condamnée, et, dans l'impatience de leurs désirs, ils n'apprécient bien que les roojens locaux ou ceux dont l'action est directe sur forgane malade. Que le médecin sache résister à cet enlraineroent; son honneur et son devoir rexigerit. Il pourra bien quelquefois, à l'aide de médica-

iKPtJtSSANGB IDIOPATBIQCB PAK DÉFAUT d'éNEBGIB. 195

menls énergiques, comme le phosphore ou les cantharides, amener une érection de la verge ; mais celte érection Forcée, plus douloureuse que voluptueuse, sera passagère et Fugitive comme l'action de l'agent qui l'aura produite, et le malade sera peut-être après plus inhabile encore à la copulation, sans parler des complications qui peuvent surgir de l'emploi de moyens aussi violents.

Une médication générale me paraît donc nécessaire avant l'usage des moyens locaux ou directs, ou tout au moins concurremment avec lui ; les indications en seront puisées dans les conditions physiologiques et morbides de l'économie tout entière, et devront se proposer comme but final d'activer ou de régulariser l'innervation, soit en agissant directement sur les centres nerveux, soit en opérant d*abord sur le système vasculaire et les nutritions.

Il est impossible, on le comprend, de peindre toutes les variétés des idiosyncrasies, où viennent se mêler et se fondre, tout en conservant quelquefois leur physionomie spéciale, la constitution, le tempérament, les tendances morales, rinergie intellectuelle, les habitudes, le régime, etc., etc., et qui font de chaque homme une individualité propre que le médecin véritablement digne de ce nom doit étudier et connaitre avant la prescription de toute thérapeutique. C'est la connaissance et la rapide appréciation des idiosyucrasies, de la force d'action et de réaction des divers organismes, qui constituent les grands praticiens et forment tout le secret de leurs succès.

Cet art, qui bien souvent a l'instinct médical pour guide, exige une appréciation exacte des lois qui président aux synergies physiologiques et pathologiques, et ne peut, par conséquent, être développé dans un ouvrage de la nature de celui-ci. C'est en se conformant aux principes de cet art que

lOG IMPUISSANCE IDIOPATHIQUB.

le praticien trouvera rindication, tantôt des eicitanls, tanlAi des excitateurs généraux , et quelquefois de Tunion simultanée de ces deux ordres d'agents.

La médication directe sur les organes génitaux concor* dera, dans la majorité des cas, avec le traitement général, cVst-à-dire l'usage des excitants généraux sera suivi ou accompagné de celui des excitants directs, et Temploi des excitateurs généraux entraînera celui des excitateurs directs.

Cependant cette règle souffre des exceptions, cl Télat local des organes génitaux peut, dans beaucoup de cas, éclairer la thérapeutique.

Lorsque la verge sera flasque et molle, que le gland sera pAle, décoloré et ridé, ainsi que le fourreau du pénis; lors* que Tarière dorsale aura des battements Faibles, facilement compressibles, et que les veines dorsales et superficielles seront affaissées et peu saillantes ; iorsqu'enfin le scrotum distendu ne se contractera sous Tinlluence ni du froid, ni des ottouchementâ amoureux, on donnera la préférence aux excitants directs, afin de rappeler et d'activer dans les organes «zénératours la nutrition et la calorification qui semblent principalement leur faire défaut.

Ces conditions des organes copulateurs légitiment éga« lement l'emploi des excitants dont l'action se porte sur des organes voisins de l'appareil génital ; c'est dans ces circonstances que les cantliarides peuvent être utiles : l'usage des meloé détermine à la vessie une irritation qui, se communiquant de proche en proche, active la circulation dans les parties qui en sont le siège, et qui, en amenant le sang dans leur système \asculaire, y rappelle tout u la fois la chaleur cl la vie.

Mais la \iolence de leurs eiïols et leur mode mémo d'action sur l'appareil génital exigent, dans leur emploi, la

IVPUISâAhCE lDIOPATUIi}0B PAR DEFALT D*É^ERGIE. 197

Circonspection la plus grande : sans parler ici des accidents que les cantharides déterminent dans le réservoir urinaire, je ferai remarquer qu^in usage inconsidéré de cet agent peut amener le priapisme, autre sorte d'impuissance que j'examinerai tout à l'heure, au lieu de la simple turgescence de la verge nécessaire au coït.

De plus, l'action des cantharides sur les organes génitaux est essentiellement pathologique, et il n'est pas toujours sans danger d'appeler tout à coup une irritation presque inflammatoire dans des organes aiïaiblis et depuis longtemps en repos; la force de réaction peut être alors insulTisanlc, et l'on a à redouter des accidents très graves, tels que la gangrène ou la mortification de la verge.

Je le répète donc, la plus rigoureuse prudence présidera à l'administration des cantharides, et le sage praticien n'y aura recours qu'après l'usage infructueux ou insuffisant des

excitants directs.

Lorsque la verge présentera des caractères opposés a ceux que je viens de signaler, c'est-à-dire lorsqu'elle sera dure, tendue, quoique pendante, lorsque le gland aura sa coloration normale, et que les veines bleuiront sous les téguments, les excitateurs directs réclament la préférence, car tout indique que l'innervation affaiblie ne peut plus réagir pour chasser le sang amoncelé dans le tissu vasculaire.

Ces indications, qu'on le croie bien, ne sont point le résultat d'idées spéculatives ; je les ai puisées dans des expériences entreprises k cet égard sur des hommes sains, et dans des observations pratiques qu'il m'a été permis de faire sur des malades. Elles m'auraient peut-être échappé, comme elles sont passées inaperçues pour mes devanciers, si je n'avais en à ma disposition que les agents médicamen* teux dont l'action est en eflet lente et difficile à sai^ir au

498 IIIPUIMAIIGB IIMOPAraïQOI.

milieu de conditions de toutes sortes essentielleneDi variables et très souvent changeantes.

Heureusement, les agents physiques et les moyens mécaniques, dont les uns agissent sur l'innervation et les autres sur le système vasculaire, ont une action rapide et aaisissabie que j*ai su mettre à profit pour le sujet qui m'occupe. GrAce à eux, j'ai pu établir les distinctions que je formulnis tout à l'heure, car, semblables aux agents de la matière médicale, les uns sont excitants, et les autres eici<* tateurs.

C'est ce que nous allons voir, en eiïet, dans les deux alinéa suivants.

2* Agents physiques.

Ijes agents physiques comprennent le calorique dans ses divers degrés d'élévation ou d'abaissement (la chaleur, le froid), l'électricité, n'importe la source d'oii elle émane, électricité statique ou de tension, électricité de contact ou galvanisme, électricité d'induction ou électro-magnétique, enfin le magnétisme, auxquels viennent se joindre comme adjuvant et complément l'acupuncture.

Les uns excitants, comme le calorique, les autres excitateurs, comme l'électricité, ces divers agents exercent une action, soit générale, soit locale, selon le lieu et le mode de leur application.

Je vois rapidement indiquer les conditions thérapeutiques de chacun d'eux.

CALoaiQUB. — L'action du calorique sur l'organisme peut aller depuis la plus simple excitation jusqu'à l'altération et In destruction des parties soumises a son contact. La chirurgie met t|uel(|U(.'rois à profit cette action destructive j

IMPUISSANCB IDlOPATUIQUfi PAB DÉFAUT D*ÉNBRGIE. 199

mai» pour le sujet qui nous occupe, on n'y a jamais recoure* Aussi il doit bien rester entendu que dans tout le cours de cet ouvrage, à moins d'une déclaration précise, je ne parlerai jamais que d'une élévation de températare compatible avec l'intégrité des tissus.

Comme je l'ai dit plus haut, le calorique exerce une action générale ou locale, selon le mode de son application.

Les formes sous lesquelles on l'administre comme excitant général sont : les boissons chaudes, l'insolation générale, l'exposition devant un foyer de chaleur, l'étuve sèche et humide, tous les procédés de bains de vapeur, le bain liquide, les bains solides, le contact du corps de Tbomme ou d'autres animaux, etc.

Les moyens dont on se sert pour produire Taction locale sont: l'insolation peu concentrée par des verres lenticulaires faibles, les douches de vapeur, les bains liquides partiels, le cautère objectif instantané, l'application de briques, bouteilles, sachets, linges chauffés, etc., etc.

Je me suis assez longuement étendu plus haut sur le diagnostic thérapeutique des excitants, soit généraux, soit locaux, pour que je croie inutile de revenir sur ces considérations à l'occasion du calorique. Je dirai seulement que, dans l'impuissance idiopathique, c'est à l'action locale du calorique que j'ai principalement recours; la forme à laquelle je donne la préférence est la douche de vapeur, quand à l'action du chaud je veux joindre l'action de la percussion, moyen assez puissant pour activer la fonction pyrétogénésique locale, sans addition de calorique non naturel; tandis que je me contente de l'application de sachets ou de linges chauffés sur le scrotum , le périnée et la verge, quand l'irritabilité du sujet se révolte contre une médication plus énergique.

200 IMPOISSANGI IDIOPATHIQUI .

Dans quelques cas cependant où le resserrement du système vasculaire général parait ne pas être sans influence sur l'atonie des organes génitaui, en diminuant l'activité circulatoire de toute l'économie, on pourra recourir è l'étuve sèche ou humide, ou bien encore au bain russe. Mais on aura soin de limiter à un quart d'heure ou une deroi*heure au plus la durée de cette excitation générale, car cette excitation prolongée est suivie.d'une faiblesse et d'un épuisement général dont les organes génitaux prennent leur part.

Froid. — Le froid, que je considère ici comme un simple abaissement de température, et qui, dans les circonstances où nous sommes placé, Ta rarement jusqu'à la congélation de l'eau, doit présenter des pro|)riétés opposées è celles de la chaleur, c'est-à-dire ajoir une action byposthénisanté.

C'est ce qui a lieu, en eflct, pour la glace, dont la médecine et la chirurgie tirent de grands avantages dans les cas de congestion et d'inflammation.

Mais si l'on se rend un compte exact de l'action du froid précisément dans les circonstances que je viens de rappeler, on se convaincra qu'elle est surtout caractérisée par le resserrement des tissus sur lesquels elle s'exerce, resserrement qui empêche l'afflux du sang dans les parties malades et qui facilite l'écoulement de celui qui constituait soit la congestion, soit rinflammation. Un froid moins intense doit nécessairement produire un effet moins énergique, et l'on peut ainsi ramener l'action resserrante du froid à une action purement tonique.

C'est en eiïet ce que Texpérience m'a prouvé ; et bien souvent j'ai eu à me louer de l'action modérée du froid dans les cas d'atonie, de relâchement du tissu de la verge.

Le froid appliqué d'une manière générale, comme dans

I1IFUISSA^GE IDIOPATHIQUB PAR DÉFAUT d'ÉNERGIE. 201

les bains de mer, dans les bains de rivière, surtout en été, est une puissante ressource entre les mains du médecin, et j'aurai plus d'une fois occasion d'y revenir dans le courant de cet ouvrage.

Mais dans Timpuissance idiopathiquc, c'est surtout à l'application locale du froid modéré que j'ai recours. J'ordonne ordinairement, comme simple adjuvant d'une médication plus énergique, des lavages à l'eau froide sur les parties génitales, le périnée, et quelquefois les lombes, tous les matins, et j'ai eu bien souvent à me louer de cette pratique.

Électricité. — Les applications thérapeutiques de l'électricité se sont modifiées, on le comprend, avec les progrès de la physique sur celte branche de la science : avant la découverte de Galvani, l'électricité statique ou de tension était seule employée, soit sous forme de bain, soit sous forme d'étincelles (1) ; plus tard, après l'invention de la pile deVolta, on s'adressa aux courants, soit continus, soitintermittents; et enfin, dans ces dernières années, lorsque MM. Faraday et A. de la Rive (2) eurent fait connaître les influences réciproques des courants sur les aimants et des aimants sur les courants, on recourut aux appareils consacrés a celte nouvelle forme d'électricité.

Mise ainsi en possession de trois modes différents d'électrisation : 1^ électricité statique ou par tension ; 2* électritricité galvanique ou par contact, et 3<* électricité magnétique ou par induction, la médecine se devait d'étudier leurs

(1) Voyez roavrage de Maaduyt, Mémoire iur les différentes mc^ nières d'administrer V électricité, et observations sur les effets qu'elles ont produits^ 4 vol. in-8, 1784, imprimé par ordre du roi.

(2) Traité d'électricité théorique et appliquée^ Paris, 1854 et 4855, 2 vol. iD-8.

IDIOPATHIQVB.

^^wiic*^ 7^»^jJW4ues et pathologiques diverses, eo d'auv^N 4iin0i»s elk de%ait s'assurer s'il était iiidiiïérenide pui* y^ j^ i\t§tc de ces trois sources, ou s'il fallait établir eotre ^li>. i^^ distinctions basées sur une diversité d'action.

C\';4 en eiïet ce qu'elle n'a pas manqué de faire.

Lt bain électrique positif a été généralement abandonné è cause de la nullité de ses effets, et le bain électrique né- ^«lif n'est conservé que par l'école italienne, en raison de 4Uii pouvoir lijpostbénisant très vanté par Giacomini.

L*électrisation par étincelles ou pur la bouteille deLeyde a seule été maintenue dans la thérapeutique, et ses effets ont été depuis longtemps distingués de ceui du galvanisme: • Bien que l'électricité que l'on obtient au moyen du frottement par la machine électrique soit de même nature que eelle produite par la pile galvanique, nous devons faire remarquer cependant que la première convient mieui quand il s'agit d'eiLciter les muscles de la \ic de relation. Le galvanisme, uu conlraire, est préférable lorsqu'on \eutagir sur la sensibilité et sur les organes délicats ou sur les muscles de la ue organique (1). •

M. Duchenne (Je Boulogne) est loin de partager l'opinion de Pallas, qui est celle de tous ses devanciers. Dans un ouvrage im|)ortant. De l'éleclrisation localisée^ cet auteur, après avoir reproché à Télectricité de tension de n'agir que sur les muscles superlicicls, et de produire des commotions qui ne sont pas sans danger, conclut de la manière suivante : cf En somme, dit-il, l'excitation musculaire par l'électricité statique doit ôtre exclue, selon moi, de la pratique, d'autant plus qu'elle peut être remplacée par un autre agent élec-

(f) Pallas, De l'infltêence de l'éleclricité atmosphérique et têrrutre $ur V organUaiion, S vol. in-8. Paris, 4 847, p. 75.

IHPUlSSAlfCB IDIOPATBIQUB KAR DÉFAUT d'ÉNBRGIE. 90ft

trM|lie qui eicite plus éoergiquemént et pind efficacemeot la contractilité musculaire, sans ôlTrir aucun de ses incoD-* féoients.»

Cependant M. Duchenne est obligé de reconnaître que réiectrisation par étincelles ou par la bouteille de Leyde. n'est pas toujours aussi insigniBante qu'il le prétend, et il s'en console en avouant que «ces résultats prouvent seulement que certaines paralysies guérissent toujours sous l'influence de réiectricité, de quelque manière et sous quelque forme qu'on l'administre. » Ces résultats heureux ne sont pas aussi exceptionnels que semble le croire M. Duchenne, car le docteur Golding Bird, chargé de l'application de l'électricité à l'hôpital Guy, à Londres^ qui ne se sert que de la machine à frottement, accuse des succès presque constants dans les paralysies qui ne sont pas sous la dépendance, d'une affection des centres nerveux.

L'électricité par contact ou le galvanisme agit à travers les tissus, dans la plus grande profondeur, sur les muscles, sur les os même, et de plus son action peut être limitée sur un point donné. Sa puissance excitatrice ne se développe qu'avec un courant intermittent, car M. Mattemxi, tirant des déductions thérapeutiques de ses vivisections, a conseillé l'emploi d'un courant continu, comme byposthénisant du système nerveux dans le tétanos. Mais pour obtenir cette puissance excitatrice, pour lutter contre des paralysies du mouvement, celles surtout dans lesquelles la nutrition musculaire est altérée et la sensibilité diminuée, il faut recourir à des batteries très fortes, de 100 à 120 piles de Bunsen, dont l'emploi, on le comprend, pourrait ne pas être sans danger. D'ailleurs, comme le fait justement remarquer M. Duchenne, les appareils galvaniques (batteries de Cruikshank, de Bunsen, piles de Wollaston) sont difBciler

20i IMPUIMANCK IDIOPATUIQUK.

ment applicables dans la pratique, soit à cause de leur volume, soit à cause de l'emploi des acides qu'ils néce^si* tent, soit a cause des gaz qui s*en dégagent. Enfin l'intensité de leurs courants est trop variable pour être soumise à une graduation exacte et précise.

M. Duclienne, dont toutes les préférences sont acquises à l'électricité d'induction, en fait ressortir comme il suit les avantages : « L'électricité d'induction, dit-il, est celle qui convient le mieux à l'excitation musculaire dans le traitement des paralysies du mouvement, dans les affections choréiques; on peut en effet l'appliquer h la contractilité musculaire sans produire de douleurs, sans craindre de surexciter le sujet, a quelque dose qu'on agisse, pourvu que les intermittences du courant soient assez éloignées les unes des autres.

h\l est souvent besoin d'un courant des plus intenses dans le traitement de certaines affections musculaires, ainsi que je l'ai déjà fait. Dans ce cas, l'électricité d*induction est la seule applicable, parce qu'elle n'exerce pas d'action calorifique, comme l'électricité de contact.

» Enfin les appareils d'induction peuvent, sous un petit volume, agir sur la contractilité avec une puissance considérable; ce qui facilite singulièrement leur application(i). »

Grèce aux courants électriques, qu'ils soient dus au gaivanisme ou & l'électricité d*induction, on peut porter l'action thérapeutique de cet agent jusque dans les profondeurs les plus reculées des organes, ce qu'il était impossible d'obtenir a\ec l'électricité statique. Le vérumontanum , les conduits éjaculateurs, les vésicules séminales, tous les points du parcours de l'urètre peuvent directement recevoir l'in-

(1) De félectritation localiêée et de son application à la physiologie ^ à la pathologie et à la thérapeutique . Paris, 1855, p. 25, 26.

IMPUISSANCE IDIOPATUIQUE PAR DÉFAUT D'ÉlfEHGIB. 205

flaencc éleclrique et £tre traversés par un courant, sons qao les parties voisines participent à cette excitotion.

Je ferai connaître le mode opératoire, au fur et h mesure que les indications se présenteront , mais j'ai tenu ici à indiquer d'avance les ressources nouvelles que Télectricité dynamique a mises entre les mains du praticien, en variant è rinfini les modes de son application.

Magnétishb. — Les expériences d'OErsted^ d'Ampère et d'Arago ayant démontré l'identité des phénomènes ma^* gnétiqucs et des courants électriques, j'aurai peu de chose à ajouter sur la vertu thérapeutique des aimants à ce que j'ai dit des propriétés excitatrices de l'électricité, d'autant plus que des insuccès par le magnétisme me font toujours préférer, dans le traitement de l'impuissance, l'électrisalion, soit statique, soit dynamique.

Les plaques aimantées ne conviennent guère que chez les sujets pusillanimes, chez les personnes excessivement irritables et dans les cas de sensibilité exagérée des organes génitaux.

C'est à ce titre que les armures aimantées du père Hcll trouvent ici une place.

Ces armures sont composées, on le sait, de plusieurs pièces d'acier aimanté, percées à leurs extrémités de trous destinés aux lacets a l'aide desquels on les attache les unes aux autres, en ayant soin de les opposer pùle à pôle, c'està-dire que le pôle sud de l'une regarde le pâle nord de Tautre.

Dans les expériences que j'ai faites sur les organes géni« taux, je me suis servi de deux ou troi;) plaques. L'une entourait la verge, surtout u sa base, où se trouvent les dernières Gbres de rischio-caverneux; l'autre, placée au périnée, jusque sur la bulbe de l'urètre^ embrassait le bulbo-caver-

fH)6 mPOlMAlICt IDIOPATIIQOt.

Deux dans toute son étendue, depuis le muscle trtnsverse du périnée, le sphincter et le releveor de Tanus, jusqu'à la racine des corps caverneux. Enfin, dans les circonstances où je me suis servi de trois plaques, je mettais la troisième à la partie inférieure des lombes, dans la portion du sacmm correspondante au plexus sacré.

Les plaques peuvent rester en place depuis quelques jours jusqu'à un mois; mais il faut avoir soin, lorsqu'elles doivent demeurer en contact avec la peau plus de quinie jours, de les faire réaimanler avant ce temps, ou de recou* vrir la face interne des armures d'une feuille d'argent ou de platine.

3* Moyens mécaniques.

Les moyens mécaniques sont ou excitants, ou excitateurs; ils exercent, les uns une action complètement générale; les autres une action soit générale, soit locale, selon le lieu de leur application ; d'autres enfin une action pure* ment locale.

Les moyens mécaniques généraux sont le massage;

Les moyens mécaniques généraux ou locaux sont les frictions, les douches d'air ou de vapeur;

Les moyens mécaniques purement locaux sont l'acupuncture, Téleclro-puncture, la flagellation, la ventouse el le sinapisme.

Je vais rapidement passer tous ces moyens en revue, en indiquant pour chacun d'eu\ son action excitante ou excitatrice.

Massaob. — Le massage, employé comme moyen hygiénique chez tous les peuples de l'Orient et du nord de l'Europe, dont il relève les forces et Ténergic, s'administre toujours à une haute température, de 25 à 35 degrés Réaumur^

IMPUISSAlfCB IMOPITBIQCS MS BiFAOT d'ÉNERGIB. M7

90Ît dans one étu?e sèche, soit dans une étu?e humide, soit dans le bain. Comme il est toujours possible de varier la température de l'étave et de modifier le* milieu dans lequel on place le malade avant 0:1 après le massage, on comprend que Ton peut, selon la constitution et le tempe-. rament du sujet, ou d'après certaines circonstances individaelles, augmenter ou diminuer le degré d'excitation que Ton se propose.

« Il est difficile de croire ^ disent MM. Trousseau et Pidoux, qu'un pareil moyen n'ait pas une influence puis« santé sur Thomme malade, — aussi est-il d'expérience que dans les rhumatismes aigus non fébriles, dans les rhuma^ tismes chroniques, dans les paralysies qui sont en voie de goérison, dans l'impuissance vénérienne, cette médication est suivie d'heureux résultats (1).»

Pourtant le massage ne peut constituer à lui seul toute la médication ; c'est un adjuvant énergique dont j'ai retiré de bons eiTets dans maintes circonstances, mais, je le répète^ ce n'est qu'un adjuvant, ou plutôt un complément de médication, comme dans les paralysies en voie de guérison.

M. Sarlandière, considérant la difficulté de rencontrer dans nos pays des personnes assez habiles dans l'art du massage, et prenant égard à la fatigue qu'il cause à celui qui Texerce, a pensé que l'on pourrait atteindre le même but par une percussion molle, plus ou moins forte, plus ou moins lente, a l'aide d'un corps non contondant et placé au bout d'un levier, afin de moins fatiguer l'opérateur. A cet effet, il a fait confectionner des battoirs élastiques dont la palette circulaire, de quatre pouces de diamètre, est adaptée à un manche de dix pouces de longueur. Les palettes, rembour-

(4) Traité de thérapeutique et de matière médicale, 2* édit., t. I,

208 mPUIMARCB IDIOPATBIQUI»

rues de crin, sont recouvertes de flanelle poar les perçus* sions à sec, et de feulre et de caoutchouc pour les percussions au milieu de la vapeur aqueuse.

Ce mode de massage, dont je suis loin de contester les avantages, et dont Taction eicitalrice est nécessairement limitée aux parties sur lesquelles elle s'exerce, a tellement d'analogie avec la flagellation, non-seulement pour le mode opératoire, mais encore pour Icseiïcts produits, que je renvoie h Vùr{k\e FlageUatim les considérations que je pourrais ajouter sur le massage par percussion.

FaicTioNs. - On distingue les frictions en frictions sèches et en frictions humides.

Les frictions sèches se pratiquent avec la paume de la main, avec une brosse ordinaire, avec une brosse on fla* ncllc, avec un morceau de drap, etc.

Les frictions humides s'exécutent nu moyen d'une brosse en flanelle ou d'un tampon en un tissu quelconque, imprégné d'un agent n^édicamenteux, ftoit en poudre fine, soit en liquide.

Les frictions sèches ou humides, qu'on les fusse tout le long de la colonne vertébrale, on qu'on les limite au périnée et à la base de la verge, sont d'un puissant secours dans des cas nombreux d'impuissance.

L'action tout h la fois excitante et excitatrice des frictions peut être singulièrement augmentée por la présence d'un agent médicamenteux excitant ou excitateur qui, grâce aux modifications subies pnr la peau et par les bouches les plus superricicllcs des vaisseaux absorbants, pénètre avec plus de facilité dans l'organisme, et porte ses propriétés d'abord sur le point qui lui donne accès, et plus tard dans l'économie tout entière.

DoucuES. — J'ai déjà parlé des douches de vapeur, je ne

IHFOlâSANCE IDIOPATHIQUF. PAR DÂFALf d'É.NERGIE. 209

reviendrai pas ici sur ce que j'en ai dit précédemment. J'indiquerai comme étant d'un grand secours, dans les cas de laxiié et de mollesse des tissus, les douclics sèches, cVsl-adire les douches d'air chaud. A cet eiïet, et a défaut d'appareil plus compliqué, on peut se servir d'une seringue qui fait l'oRice d'une pompe aspirante ; dans la majorité des cas, il suffit de faire chauffer le corps de l'instrument avant d'y introduire l'air par le refoulement en haut du piston, et d'administrer la douche quelques minutes après; dans les cas où une élévation plus grande de température est nécessaire, on fait d'abord pénétrer Tair dans Tintérieur de la seringue, et, après avoir hermétiquement fermé l'ouverture de la canule, pour prévenir la sortie de l'air qui se dilate sous rinOuence de la chaleur, on chauffe la seringue, ou au bain-marie, ou a un foyer plus ardent.

Les douches d'air chaud se dirigent, soit sur les organes génitaux, sur le périnée ou les lombes, comme excitateur local, soit sur la colonne vertébrale et à l'occiput, comme excitateur général.

On peut remplacer l'air par la fumée résultant de la calcination d'un agent médicamenteux. Dans quelques cas, de simples fumigations suffisent ; mais alors on doit toujours se proposer d'agir localement sur les organes génitaux. Le malade est assis sur une chaise percée, les reins entourés d'une couverture qui, embrassant le siège dans ses plis, tombe jusqu'à terre. Un réchaud est placé sous la chaise, et l'on projette de temps en temps sur la braise qu'il contient le médicament en poudre dont on veut faire usage.

Dans les cas, au contraire, où l'action mécanique de la

douche doit être ajoutée à l'action physique de la chaleur

et à l'action médicamenteuse de Tagent, on recueille cette

fumée dans une vessie ou dans un flacon h tube, et on la

210 IMP0I88ANGI IDIOPAniQllt.

fait passer dans la seriogoe préalablement chaufTée. Pour siinpii6er ce mécanisme et abréger la durée des opérations, j*ai fait confectionner un appareil peu embarrassant et facile à manœuvrer. A la base d'une seringue ordinaire, à côté de fembout où s'adapte la canule, est percée une ouverture munie d*une soupape s'ouvrent de bas en haut ou de dehors en dedans ; à cette ouverture est adaptée un tube communiquant avec une cloche de métal destinée a recevoir les fumées dégagées par la calcination du médicament. En bouchant le bout de la canule et en faisant manœuvrer le piston, la fumée est attirée dans la seringue, et en est chassée ensuite, lorsqu'on pousse le piston, par la voie de la canule que l'on a soin de déboucher; la soupape, qui se ferme par la pression exercée sur le fluide contenu dans la seringue, empêche ce fluide de rentrer dans le tube, et par suite dans la cloche.

Cet appareil, très simple, je le répète, a l'avantage de conserver à la fumée une température sulTisante pour» produire rcxcitation que Ton recherche, et, dans plus d'une circonstance, j'en ai retiré des avantages incontestables.

Acopo^CTORB• ÉLBCTao-puRCTtSE. — « Il cst bien évident, disent MlM. Trousseau et Pidoux, que l'aiguille enfoncée dans les fibres musculaires de la vie animale ou de la vie organique, agit en excitant leur contraction, et ce phénomène tout expérimental peut se passer sous nos yeux ; à ce titre, l'acupuncture doit évidemment se ranger parmi les moyens excitateurs (1). »

De tous les travaux qui ont été publiés sur l'acupuncture, aucun n'est relatif à l'emploi de ce moyen contre l'impuis-

(4) TraUé de tKérapêuiiquê $1 de matièr§ méHeaU, t« édit., t. I, p. 854 .

1IIP0I8SANCB miOPATHIQOE PAB DÉFAUT D*ÉNBRG1B. 211

Mnce; on Ta préconisé avec raison dans le rhumatisme, la aciatique, les névralgies, etc.; elles essais que j'ai tentés dans l'anaphrodisie m'ont expliqué le silence des auteurs sur ce point. A moins que Timpuissance ne soit accompagnée d'an ▼ice rhumatismal, Tacupuncture m'a toujours paru un moyen douteux et d'un elTet peu durable. Une ou deux fois ao plus^ sur vingt expériences, je suis parvenu à réveiller momentanément et légèrement la sensibilité, et j'ai constamment échoué dans les autres cas.

Mais il n'en est pas de même de l'électro-puncture ; c'est une ressource heureuse et énergique pour conduire profondément l'électricité qui, ainsi que nous l'avons vu, agit superficiellement lorsqu'elle est appliquée par les moyens ordinaires. Mais en raison même de la pénétration du fluide dans les tissus les plus cachés, l'opération exige certaines précautions qu'il est utile d'observer. Si c'est à l'électricité statique que l'on a recours, une seule aiguille peut suflire: on rimptante tantôt dans les muscles du périnée, tantôt dans les fibres supérieures du bulbo-caverneux, et l'on peut même, après avoir traversé rischio-caverneux, aller jusqu'aux branches des corps caverneux. On met alors l'aiguille en communication avec un des conducteurs de la machine électrique, ou avec l'armature extérieure de la bouteille de Lejde médiocrement chargée, et l'on tire quelques étincelles. L'opération ne doit pas durer plus d'un quart d'heure, et le nombre des étincelles sera toujours proportionné à la sensibilité locale ou générale du sujet.

Les courants galvaniques peuvent s'établir avec une seule aiguille : celle-ci est alors mise en communication avec le pôle positif de la pile, tandis que le pôle négatif est en contact avec une autre partie du corps ; mais le plus ordinairement on se sert de deui aiguilles dont les têles, percées

212 IMPriSft.INCE IDIOPATHigUE.

d'une ouverlurc, reçoivent les conducteurs de la pile. Le lieu où les aiguilles sont placées est très variable : le pé« rinée, la base de la verge, le scrotum, les corps caverneux eux-mêmes, peuvent recevoir les aiguilles, et le choix en est déterminé par les indications particulières que présentent les sujets.

Mais dans tous les cas, il faut avoir soin de ne donner d*abord que de légères secousses, et de n'augmenter l'intensilé et In durée des courants que si la partie est profondément insensible et si le malade les supporte avec facilité. En règle générale, Télectricité, que ce soit rélectricité statique ou galvanique, unie h Tacupuncture, exige que les secousses soient d'autant plus énergiques et d*autant plus souvent répétées, que Timpuissance est plus ancienne, que la circulotion capillaire est moins active, et que les tissus sur lesquels on opère sont doués d'une moindre sensibilité.

Flacellation. LaTicATiON. — c( Je connais, dit Pic de la Mirandole, et il existe encore un homme dont le tempérament amoureux et les excrs n'ont peut-être jamais eu d'exemple: il ne peut caresser une femme, malgré la violence de ses désirs, s'il n'est auparavant fustigé. En vain sa raison lui fait regarder comme un crime ce raffinement de volupté, sa fureur pour ce cruel plaisir est (elle qu'il encourage lui-même, et accuse de mollesse et de hkheté celui qui le fouette, lorsque la fotigue ou la pitié lui font ralentir ses eiïorls. Le patient n'est au comble de ses plaisirs qu'en voyant ruisseler le sang dont une grêle ufTreuse de coups a couvert les mi^mhres innocents du libertin le plus effréné. Ce malheureux réclame ordinairement pour ce service, avec les plus instantes supplications. In main de la femme avilie dont il veut jouir, lui donne lui-même les verges qu'il a fait tremper dès la veille dans le vinaigre, et lui demande k

IHFUISSAKCE IDIOFATHIQUE l'AM DÉFAUT o'ÉMfRGIE. 213

genoux la faveur insigne d*étre ainsi déohiré. Plus clic frappe avec violence, plus elle acquiert de droits à son amour et è sa reconnaissance, en lui rendant des feux qu'il n'avait plus, jusqu'à ce que le dernier période de la soulTrancc et l'épuisement tolal de ses forces lui fussent goûter la plénitude de la volupté en égale proportion. Trouvez un seul homme pour qui le comble de ta douleur et cette espèce de torture doivent être celui du plaisir, et si d'ailleurs il n'est pas entièrement corrompu, lorsque de sang-froid il connaîtra sa maladie, il rougira de ses excès et les détestora (1). » La flagellation, employée comme moyen d'éveiller le sens vénérien, nous a été transmise par les anciens; presque tous les auteurs grecs et romains en font mention, ainsi que des fêtes instituées en l'honneur de Priape, pendant lesquelles les hommes et les femmes se battaient mutuellement de verges, pour mieux s'exciter à l'amour. Tamerlan, celui*là même qui se faisait appeler le Fils de Dieu, fut père de cent enfants, et ne parvint, dit-on, à cette innombrable progéniture qu'avec l'aide de la flagellation. L'abbé Terrasson, l'auteur du Voyage de Séthos^ qui, au dire de Voltaire, prenait un goût particulier à se faire administrer le fouet par les courtisanes, s'attira une épigramme fort connue dont je ne rappellerai que le dernier vers : Frappez fort^ il a fait Sélhos, J.-J. Rousseau a décrit l'elTet qu'il ressentit, étant enfant, à la suite de la correction que lui administra mademoiselle Lambercier : « Assez longtemps, dit-il, elle s'en tint è la menace, et cette menace d'un châtiment tout nouveau pour moi me semblait très effrayante; mais, après l'exécution, je la trouvai moins terrible à

(I) Œuvres complètes, Dotogoe, 4 495, 4 vol. in-folio. — Contra aêirolagoSf lib. lll, cap. xxyii.

21 & IHHiraSANGI iDiorAraïQiii.

répreuve que TaUente ne Tavait été; et ceqa'îl y a de plus bizarre, c'est que ce diàtiment m'aiïectionoa davantage eiH core h celle qui me l'avait imposé. Il fallait même toute la vérité de cette aiïi*ction et toute ma douceur naturelle pour m'empècher de chercher le retour du même traitement en le méritant ; car j'avais trouvé dans la douleur, dans la honte même, un mélange de sensualité qui m'avait laissé plus de désirs que de crainte de l'éprouver derechef par la même main (1 ). » 4 une seconde correction, mademoiselle Lambercier s'étant ûperçu^'^ à quelque signe^ de l'espèce de sensualité qu^éprouvait Jean-Jacques, comprit que le châtiment n'atteignait pas le but qu'elle se proposait, et y renonça.

Plusieurs ouvrages ont été consacrés a la flagellation, el parmi les principnui on pourra consulter ceui de J.-H. Meîbomius (2), de Dollet (3), et de l'nbbé Boiteau (&).

J'avais été moi-même plusieurs fois témoin deTelBcacité d'un pareil moyen; mais ses eiïets, essentiellement passagers, mo l'avaient toujours fait regarder comme ta suprême espérance de ceui qui n'en ont plus, et je l'avais mis au rang des étranges auxiliaires de la débauche dont notre ministère ne doit jamais être le complice.

Cependant, en songeant que les pratiques de notre art sont légitimées par l'esprit qui les dicte et l'intention qui les dirige, je me demandais si la luxure seule devait proBter

(<) ConfenionM^ lit. I.

(9) De fiagrorum usu in re medioA et venereû et himbormm fWMnnqne officio. Texte latin et tmductioo, I vol. iD-3S, 4795. Paris, cbec Mercier.

(3) Traité du fouet et de mi e/fetn iur le physique de Vamour ou aphrodisiaque externe, par D..., médecin. 4 vol. in-3î, 4 788. Paris, sans nom de libraire.

(4) Histoire de$ flageHanê, par {'•bbé Boileaa, tradaii du latin, t vd . in-1%. Amsterdam. 4 701.

I1IPU188ANCB IDlOFATHIi^UB PAR DÉFAUT d'ÉNBRGIB. 215

des bénéOces de cetle excitation, et si la médecine n'avait pas le droit, comme Molière, de prendre son bien partout où elle le trouvait. Sans doute la science doit se détourner de ces vieillards débauchés et de ces libertins usés avant ràgequi lui demandent un moment d'énergie factice, pour s'enivrer dans une dernière orgie et pour outrager la nature dans une volupté contrainte et pleine de dangers ; mais il ne lui est pas permis de dédaigner une ressource, par cela seul que le libertinage Ta acceptée et consacrée ; la scieoce est comme le feu, elle purifie tout ce qu'elle touche.

Je pensai donc à utiliser la llagellation, non comme la pratiquent les courtisanes, mais par un procédé et dans une intention que pussent avouer la morale la plus sévère et la dignité de notre profession.

Je repoussais d'abord l'idée d'une excitation énergique et passagère, et je fus ensuite conduit è modifier les instruments meurtriers dont on fait ordinairement usage. Dans ma pensée, la flagellation devait agir, non par la violence de son application, mais par son usage modéré et souvent répété. De même que l'ingestion d une grande quantité d'alcool trouble les facultés morales et détruit l'organisme, une dose plus faible du même liquide prise tous les jours excite doucement l'intelligence et fortifie l'économie. A cet effet, une ou deux fois par jour au plus, je fais pratiquer pendant cinq ou dix minutes une flagellation plus ou moins anodine, selon les sujets, sur les lombes et sur les fesses ; je m'arrête ordinairement lorsque la peau devient rouge, et je ne pousse jamais l'opération jusqu'au saignement des parties frappées.

Les lanières et les cordes nouées présentent de tels inconvénients, que depuis fort longtemps ou les a remplacées par des verges que quelques-uns trempent dans du vinaigre

216 mrUIMANGB IDlOrATHIQUI.

avanl de s'en servir, comme le faisait la personne dont parle Pic de la Mirandole. Mais les verges, outre qu'elles sont exposées h se casser, produisent, à cause de leur inégalité de grosseur, une excitation peu uniforme, et déterminent conséquemment des ecchymoses ou des blessures qui fatiguent beaucoup le malade.

Pour parer autant que possible à ces désavantages, j'ai fait construire un balai métallique qui, par la diversité des éléments qui le composent, dégage une certaine quantité d'électricité dont l'action ne peut être ici que très salutaire. Au bout d'un manche a marteau ordinaire, j'ai fait placer une virole de cuivre dans laquelle viennent s'implanter des fils de cuivre, de laiton, de fer, de platine, etc., au nombre de 80 h 100 et d'une longueur de kO h 50 centimètres. Ces fils fle\ibles, et pourtant rigides, se nuMcnt et se choquent dans leur extrémité libre pendant l'opération, et en raison même de leur flexibilité, présentent toujours aux parties frappées une surface égale et uiiirorme.

La flagellation ainsi pratiquée, c'est-è-dire avec une grande modération, tous les jours et à Taide d*un balai métallique, modifie progressivement et d'une manière heureuse la sensibilité de la peau, et la stimulation f: régressive qu'elle y détermine se communique aux organes génitaux et en modifie favorablement aussi l'excitabilité.

Les motifs qui m'ont fuit tout a l'heure proscrire la flagellation telle que l'entendent les libertins et les courtisanes, me font également repousser l'urtication, qui n'est qu'une variété de flagellation violente dont on augmente la force par les aiguillons des orties. Le médecin ne doit point disputer aux lupanars une pareille rci^source, qui ne produit qu'un eflet passager, et qui est plutôt du domaine de la débauche que de celui de la thérapeutique.

I3IPLISSANCE IDIOPATHIQUB PAR DÉVAUT d'ÉNERGIF, 217

Vertouse. — J'ai déjà parlé de ce moyen très vanté par Mondot. On se propose, h Taidc d*un cylindre armé d*une pompe aspirante, d'attirer le sang dans les corps caverneux et de déterminer mécaniquement une érection. Ce moyen, qui ne réussit pas toujours, pourrait ne pas 6tresans danger si Ton agissait brusquement et avec violence; il ne faut arriver que progressivement à un vide complet, et la durée et le nombre des séances seront proportionnées à la force élastique des tissus; de plus, on s'abstiendra de Temploî d*un semblable mojen chez les malades irritables et dont la sensibilité générale ou locale est facilement mise en jeu; on ne devra guère y recourir que pour les sujets lymphatiques, pour ceux dont la circulation est paresseuse et chez lesquels le système vasculnire est en quelque sorte frappé d*otonie. Il suit de là que l'usnge seul de la \entouse est complètement impuissant à produire une érection durable, et qu'une médication générale excitante en doit seconder et soutenir les effets.

Sinapisme. — Le but que l'on se propose avec le cylindre à pompe aspirante m'a donné l'idée d'arriver au même résultat en m'appuyant, non sur les lois de la mécanique, mais sur les lois vitales, et j'ai pensé qu'il était quelquefois préférable d'augmenter l'afflux du sang dons les corps caverneux et le gland par une modification pathologique des tissus, modification qui n'offre aucun inconvénient puisqu'on est toujours maître d'en graduer l'intensité. A cet effet, je fais préparer un cataplasme composé de farine de graine de lin et de farine de moutarde, dans des proportions différentes selon l'action que Ton veut produire, et j'en enveloppe toute la verge, qui reste ainsi dans cette espèce de fourreau plus ou moins longtemps, de dix minutes à un quart d'heure d'ordinaire.

Si8 IMMJiaSAlfCI IDIOPATIHHIS*

Ce muveii, que je suis étonné de n'avoir vu indiqué nulle part (1)« m'a rendu parfois de signalés services» et a beureuHemeut remplacé Tiostrument mécanique dont je parlais ioutàrtieure.

L'application sur la verge d'un sinapisme, même adouci par la préi>ence de la farine de graine de lin, n'est pas toujours sans douleur, et le coït, exercé sous l'empire d*uu semblable excitant, pourrait être plutôt un supplice qu une volupté ; pour calmer cette souffrance, qui quelquefois ne se fait pas sentir ou qui est passagère, j'ordonne de pratiquer sur le pénis des lotions a\ec l'eau fraîche, et cette simple précaution permet souvent au malade une copulation sans douleur.

Le cataplasme sinapisé est un mo)en énergique, et qui, par conséquent, réclame de la prudence et de la circonspection. En agissant en aveugle, on s'expose au pénitis ou inflammation de la \erge, et même à la gangrène de c*et organe. Il faut, en rèj;le générale, enlever le cataplasme dès que le malade accuse ce qu'il appelle des picotements ; presque toujours, un elTet suflisant est alors produit, et l'on ne doit faire une nou\elle application que le lendemain ou même plusieurs jours après la première. Le nombre total de ces applications ne saurait être déterminé à l'avance, mais il sera subordonné aux clfets obienus et à Tétat d'irritation de la verge.

Bien évidemment la médication générale ne ^e^a point négligée, et Ton \ apportera d'autant plu>de soins que le malade sera moins sensible à l'action du sinapisme.

(IMl esl vrai que Gesner et Cbaptal vantenl la moutarde comme aphrodisiaque, mais ils l'employaiefli soos forme de bains. — Voyei l'article Ibpoimance du DictkmMin dn $eience$ mrdrrci/et, t. XXIV, p. «92.

1MPU188ANCB IDlOrATHIQUB PAR PlftVBftSlON d'ÉNBKGIB. 219

S tM, — MipMNaaBBH IdlopatU^se par pcrvcrslMi d'éa«rfto.

GîUe espèce d'impoissance est moins rare que l'on ne pense, et si elle n'a pas trouvé place dans le cadre des auteurs qui m'ont précédé, c'est qu'elle a été confondue avec riropaissance produite par la crainte ou toute autre cause morale. Cependant, en j regardant de près, on ne tarde pas i reconnaître entre elles une telle différence, que l'on s'étonne de la confusion dans laquelle sont tombés les nosographes.

Sans doute, chez quelques individus, un premier échec de ce genre peut en amener un second, mais dans ce cas on reconnaîtra toujours Tinfluence du moral à une érection plus faible et moins franche que dans les circonstances ordinaires.

L'impuissance idiopathique par perversion d'énergie est une de celles qui affectent le plus profondément rânie du malade, parce qu'au sentiment de honte qu'éprouvent tous ces infortunés, se joint l'amère déception produite par la perte de douces espérances que Térection fait concevoir ; cette déception est d'autant plus cruelle que l'individu se sent plein de force et de virilité. El en eiïet, en dehors du coït, des érections ont lieu, et d'autant plus fréquentes et énergiques que l'esprit du malade est constamment fixé sur l'état de ses organes sexuels, et que les évacuations spermatiques ne sont pas en rapport avec l'excitation qui emplit constamment les vésicules séminales ; de plus, des pollutions nocturnes avec érection et plaisir, amenées par des rêves lascifs, sont pour l'infortuné une preuve de sa puissance, si déjà, par la masturbation, il ne s'est convaincu de l'intégrité de ses organes.

230 IMPOIStSAKCE IDtOPATHiVOI*

Il y 0 divers degrés dans cet état bizarre : tanlAt l'érection est complètement rebelle à ses excitants naturels ; tantôt après s*étre produite plus ou moins parfaitement, elle tombe à la porte même du sanctuaire féminin, après quelques instants è peine de durée ; tantôt, au contraire, elle se sou-* tient asseï longtemps dans le vagin même, et disj-aralt» comme chez ces présomptueux qui veulent montrer coup sur coup une vigueur qu'ils n*ont pas, au moment même où ils croient toucher au but; dans tous les cas, l'éjaculation n*a pas lieu, et Thomme est frustré du plaisir qu'il se promettait. Un malade h qui j'ai donné des soins, pour ne pas perdre le fruit de son érection, et peut-être plus encore pour sauvegarder son honneur, m'avoua que sous prétexte d'attouchements préparatoires au coït, if se faisait masturber par sa maîtresse, et obtenait ainsi une éjacutation impossible penJant raccoii|)iemcnt, et qui le dispensait honorablement d'un acte qu'il se savait inhabile h accomplir.

Cette aberration étrange du sens génital, à laquelle il est quelquefois dirticile d'assigner une cause, a son siège tantôt dans le consensus moral, tantôt dans l'appareil génital lui-même, et tantôt dans Tun et Tautre h la fois.

C'est que dans l'état physiologique, la fonction génitale ne s'accomplit qu'à la condition de la mise en jeu de l'etritabilité morale qui d'abord donne naissance aux désirs vénériens, produit ensuite l'érection de la verge, première manifestation de l'excitabilité physique, la soutient, est accrue par elle, et concourt pour une bonne part h amener l'éjaculation. Il se passe donc un mouvement réflexe entre l'excitabilité morale et l'excitabilité physique, dont le point de départ est dans la première , sollicitée normalement par des impressions ou des pensées relatives h l'autre sexe.

IMPtL^ANCE lOIOPATHlQUE PAR PERVERSION d'ÊNERCIE. 221

Telles sont les condilions d*c\nlabilrié pour Texcrcice du coït physiologique.

Mais ces condilions peuvent èlrc altérées, non par Tabsence de Texcitabililé ou morale ou physique, ce qui constitue une forme d'impuissance que j'ai déjà examinée, mais par la vicieuse direction de cette même excitabilité; en d'autres termes, le consensiLS ou le sens génital peuvent simultanément, ou chacun de son côté, se montrer rebelles o leurs excitants naturels et ne répondre qu'à des sollicitations anormales.

C'est ce que j'appelle l'impuis^sancc par perversion.

Cette perversion est complète ou incomplète.

Dans le premier cas, l'excitabilité morale, et, par une conséquence fatale, rexcilabilité physique, restent sourdes a tout ce qui les éveille et les surexcite dans Tétai physiologique.

La perversion est incomplète lorsqu'après un commencement d'excitation interne et d'érection, celles-ci ne se peuvent soutenir malgré la persistance de l'action excitatrice, et s'aiïaissent avant l'entière consommation de l'acte.

Je dois examiner h part chacune de ces deux formes de l'impuissance qui m'occupe ici.

Pbrvbrsior complète. — Si la médecine n'était pas une science d'observation, et si elle re|)Osail exclusivement sur des idées spéculatives, on devrait admettre, comme pouvant exister séparément et d'une manière distincte, une perversion complète de l'excitabilité morale et une perversion complète de l'excitabilité physique; car d'un cdté nous voyons, sous l'empire d*un amour violent, les organes ne pas répondre h l'ardeur des désirs, et d'autre part la verge entrer en érection pendant la nuit et le sommeil, sans rêves

33S tMMIIUAN€E lHlOPAniQini.

lascifs, par la seule influence de la chaleur du lit, de la position, de la plénitude de la vessie, etc.

Sans doute, l'excitabilité morale et l'eicitabilité physique peuvent ne pas toujours marcher d'accord dans certaines circonstances pathologiques ou irrégulières de Tune d'elles, comme dans les exemples que je viens de citer; mais dans le type normal de l'excitation, la perversion de l'excitabilité morale entraîne toujours Tinertie des organes pour le coït, et la perversion de l'excitabilité physique ne peut se pro* duirc avec Tinlégrité de l'excitabilité morale.

J'explique ma pensée par un exemple.

Voici deux hommes: l'un éprouve la plus profonde indifférence, je dirai même de l'aversion pour le sexe ; l'autre, au contraire, sent les désirs vénériens s*éveiller sous l'em* pire des excitants naturels, la vue, les attouchements d'une femme, l'espérance ou le souvenir des \olii|)lés, etc., etc. Qu'arrivera-t-il chez ces deux hommes dont Icxcilabililé morale est per\ertie dans l'un et normale dons l'autre ? Le premier, soyez-en convaincu, ne pourra, quoi qu'il fasse, éveiller, par les moyens naturels, Texcitabilité physique; la perversion de son excitabilité morale le frappe d'impuissance auprès de la femme; l* second, au contraire, s*il n'a pas d'autre cause d'anaphrodisie, ne rencontrera pas des organes rebelles è ses désirs, parce que, je le répète, la perversion de l'excitabilité physique est entièrement sous la dépendance de la perversion de l'excitabilité morale.

La masturbation, l'amour contrarié, l'attention trop vivement préoccupée, les excès de travaux intellectuels, le genre même de ceux-ci, sont les causes les plus ordinaires de cet état bizarre. Âlibert rapporte un fait excessivement curieux de cette espèce, et je le dois reproduire ici pour montrer tout à la fois l'étrangeté de la cause qui lui donna

niPniUANCI IDIOFATBIQDS PAR PBITSUIOR D'ËNSaGIB. 33ft

mittance et l'entretenait, et la facilité a*ec laquelle la médecine parvint i triompher de cette aberration morale.

•« Un jeune homme, dit Alibert, élevé dan> une pension, contracta dans son enEince Thabiluile de l'onanisme. Le livre que Tiasot a écrit sur ce sujet ayant été mis entre s«s mains l'effraya sans le corriger entièrement. Cette lecture le porta néanmoins à plus de modération, et il iie se livra à la triste volupté de la masturbation qu'à de longs înter- Tilles et lorsqu'il y était excité par des désirs très violents. Cette attention fit que son tempérament n'en fut point du tout altéré; il demeura robuste, et ses facultés morales coniervàrent toute leur énergie. Mais ralfreuse habitude qu'il avait contractée empêcha de se développer en lui le moindre germe du penchant qui attire un sexe vers l'autre. 11 était parvenu a trente ans, et ses sens n'avaient jamais été émus par la vue d'une femme; ils n'étaient vivement provoqué) que par de vaines images ou des fantémes que lui créait son imagination déréglée. Il avait tie bonne heure étudié le dessin, et il s'en était toujoursoccupé avec ardeur. La beauté des formes de l'homme, dans ce beau idéal des peiotres, que la nature n'a jamais réalisé, le frappa et finit par lui inspirer une émotion eitruord inaire, une [lassion vague et bizarre, dont il disait lui-même ne pouvoir se rendre compte et sur laquelle il répugnait à s'appesantir. Il est nécessaire, néanmoins, d'avertir que cette passion n'avait aucun rapport avec les goûts des sodomistes, et qn'elle ne ponvnit être provoquée par l'aspect d'aucun homme vivant. Telle était la situation aussi étrange qu'accablante dans, laquelle se trouvait cet individu, lorsqu'il réclama mes conseils. Il n'offrait alors, je le répète, à l'eslériear aucun symptâme physique d'impuissance. Il était HÎa «t bien coosUtué, et n'avait point été, h cet égarit.

ââA IIIPUISSAKCB IDIOFAlHI^Ue.

maUrnité par la nature ; mais il avait tellement interverti Tubage de ses dons, qu'il ne connaissait plus les moyens de les ramener a leur véritable but. lie malade, d*aillcurs, connaissait e( sentait vivement son élat : « Il n*est aucun » eiïort, m'écrivait-il, que je ne fusse prêt à faire pour sortir 9 de mon i<;nominieuse situation, pour arracher de ma pen- » sée les infâmes images qui viennent l'assaillir malgré moi; » elles m'ont privé jusqu'ici des jouissances légitimes que • procure l'union des deux sexes, et de la faculté dont » jouissent les plus vils animaux, de reproduire leur espèce. » Je me meurs de chagrin et de honte. »

uPour ce qui me concerne, poursuit Alibert, je ne vis dans cette maladie qu'une perversion de l'appétit vénérien, et je pensai que l'indication la plus urgente était de replacer dans son vrai Ijpc la nature dérayée. En cfTi't, l'individu était très robuste a l'époque où il me consultait. Depuis longtemps il no s'était livré qu'avec une extrême réser\c aux plaisirs solitaires^ surtout depuis la lecture de l'onanisme de Tissot; d'ailleurs, comme je l'ai déjà dit, la beauté des formes idéales de l'homme excitait en lui dos sensations voluptueuses a l'approche desquelles les organes de la génération s'érigeaient et éjaculaient,ce qui devait faire présumer un état réel d'énergie dans les forces radicales de son économie. Il n'y avait donc ni destruction, ni altération essentielle dans la sensibilité physique, mais plutôt fausse direction de cette faculté de l'organisme : voici en conséquence le traitement que je proposai. J'ai déjà dit que l'individu dont il s'agit aimait passionnément le dessin, et qu'il s'appliquait à ce genre d'occupation avec cette ardeur dévorante qui distingue les grands peintres et qui e»i le plus sûr garant du succès ; j exigeai de lui qu'il fit une étude approfondie des formes du sexe féminin pour les reproduire par

mPOISSANCB IDIOFATHIQl E PAR PERVEDSION D*ÉNERG1E. 225

son talent. K lui en coûta sans doute pour rompre la chaîne de SCS habitudes, et de renoncer h l'Apollon du BcIvéJer pour la Vénus de Médicis. Mais peu è peu la nature, plus forte que tous les penchants factices, reprit ses droits. Dès qu'il fut parvenue préférer des. bras faibles, mais gracieux, à des bras musculeux et redoutables , dès qu'il se plut h contempler l'élégance des formes et la mollesse des contours, olors sa guérison commença h s'opérer. Après s'être fait un modèle imaginaire, il le chercha dans le monde physique. II fallut du temps, de la persévérance ; mais il se rétablit entièrement (1). »

L'exemple que je viens de rapporter, d'après Alibert, est sans contredit un des plus remarquables que je connaisse en ce genre; il me dispense de tout développement et prouve que le traitement de l'impuissance par perversion complète du génésique doit être surtout un traitement moral, car, je le répète, l'excitabilité physique n'est jamais malade dans ce cas, ou du moins elle n'est pervertie quc^econdairement a la perversion de l'excitabilité morale.

Mais il n'en est pas de même dans la perversion incom'plète que je vais maintenant examiner.

Perversion incomplète. — Dans cette espèce d'impuissance, il se produit toujours un commencement d'excitation physique et d'érection qui ne se soutiennent pas jusqu'à rentier accomplissement du coït, c'est-à-dire jusqu'il Téjaculation.

Les motifs de cet état appartiennent tantôt au domaine du moral et lanldtrau domaine du physique.

Dans le premier cas, l'excitation interne se produit, comme a l'ordinaire, sous l'influence de ses causes physio-

(I) Nouveaux élémenls de thérapeutique et de matière médicale ^

i" édil., t. II, p. 556 et suiv.

23fe6 iMPCisiAxcf iMorATiigirau

logiques, mais s'aiïaisise bientôt, malgré la penislaoce de raclion de la cause elle-même, et alors, si l'imagioatioo o*a pas assez d'empire pour tenir au secours des excitants doat rîofluence est émoussée, l'appétit vénérien s'apaise, et ai<« lui disparait l'érection qu'il avait un instant produite.

Le pouvoir de l'imagination es^t si réel dans les cas •■ les agents directs de l'excitabilité morale ont perdu leur empire, que beaucoup d'hommes ne peuvent achever un ooit commencé qu'en se transportant par la pensée auprès d'oae autre personne , et qu'en transformant les formes de la femme qu'ils tiennent dans leurs bras m des charmes imaginaires ou entrevus dans un songe.

Aussi faut-il tenir compte de cette double circonstance : faiblesse de l'excitabilité morale et allourdissement de Timaginalioii erotique, si j(* puis ain>i dire.

La cau>e la plus commune de cet état est, sans contredit, l'applicaliori exclusive et trop longtemps soutenue d'une faculté de Te^prit; on dirait que toute Texcitation se porte bur cette faculté, à l'exclusion des autres ; ainsi les savuntM, les poêles, les grands artistes, dont toute l'activité cérébialc se concentre sur un objet, sont nécessairement disposés à cette espèce d'impuissance ; les sentiments de l'ànu*, quelle (ju'en soit la nature, trop vivement tendus vers un |)oint, peuvent également absorber a leur proKt une partie de l'excitation génésiaque. J'ai vu un malade qui, pendant plus de six mois, ne put accomplir le coït, malgré des érections et des pollutions nocturnes fréquentes, parce qu'il était dominé par le chagrin que lui causait la perte d'un enfant chéri.

J'eiposerai plus longuement, dans une autre partie de

cal ouvrage, l'inlluence de l'âme sur le génésiquc ; mais j'ai

É ki indiquer, au moins en passant, son action , afin que l'on

IIIPDI88AIICB iDIOPATfilQUfi PAR PBKVBESION d'éNERGIE. 227

en tieooe compte dans le diagnostic et la ihéra])eulique de rimpuîssance qui m'occupe en ce moment.

Un symptôme très important à noter, et qui constitue le aeul signe diiïérentiel de la perversion de Texcitabilité fn<h raie et de la perversion de Texcitabilité physique dont je tais parler, c'est que, dans le premier cas, la chute de l'érection peut se produire pendant la masturbation, tandis que dans le second, elle n'ajamais lieu qu'à l'occasion du coït.

Je reviendrai tout à l'heure sur ce phénomène intéressant, dont l'explication ne saurait être comprise qu^après quelques considérations sur les causes prédisposantes de la perversion de l'excitabilité physique, dont je vais de suite m'occuper.

Le tempérament lymphatique et la prédominance du tissu adipeux sont une prédisposition h cette espèce d'impuissance; de plus, une sécrétion abondante de mucosité ches la femme pendant le coït est une circonstance qui favorise aussi la manifestation de ce phénomène morbide ; une disposition contraire, c'est-à-dire la sécheresse extrême de la muqueuse vaginale peut également la produire, ainsi que cela est arrivé plusieurs fois à un confrère qui me Ta confié* Mais dans la majorité des cas, la verge s'aiïaisse au milieu du liquide qui remplit le vagin et qui s'en échappe, et qui exerce sur elle une action débilitante analogue à celle d'un bain d*eau chaude.

Cependant cette circonstance, quoique essentiellement propre à déterminer l'impuissance dont je parle, n'est pas une condition indispensable à sa production ; sous ce rapport, il est difficile de fournir une donnée certaine ; mais il est des dispositions de tempérament et de constitution, comme je le disais plus haut, dont il faut tenir compte, ainsi que de certains états morbides, tels que le varicocèle, par exemple.

228 IMPUISSAKCE IDiOFATHIQUg.

Assez généralement» même dans Tétai complet de santé, la verge en érection, chez les individus lymphatiques on chargés d'embonpoint, n*a pas cette roideur qui, chez les personnes nerveuses ou sanguines, la fait comparer k une barre de fer; elle a je ne sais quoi de flasque qui s'harmonise avec la mollesse des autres tissus , et qui dénote le calme et la lenteur des désirs vénériens qui caractérisent ce tempérament.

D'un autre côté, et comme nouvelle conséquence do peu d'énergie virile, l'érection est lente k se produire, et pour la déterminer, il faut des attouchements prolongés et de toutes sortes.

On comprend sans peine que si de semblables prédispositions sont un peu exagérées, une érection obtenue avec tant d'artifices ne se soutienne pas et cède facilement à la moindre fatigue et h la plus petite cause débilitante.

C'est ce qui arrive en eflet.

Soit que le système nerveux ait été surexcité au delà des limites imposées par une constitution phlegmatique, soit, au contraire, que cette excitation n'ait pu atteindre une énergie suffisante, toujours est-il que l'influx nerveux cesse bientôt d'animer la verge, par suite de la lassitude qu'occasionnent les eflbrts tentés pour amener la turgescence du membre, et que le sang, n'étant plus retenu dans les corps caverneux, rentre dans la circulation générale ; et cela est si vrai que l'érection se soutient tant que les mêmes moyens d'excita* tion continuent à agir, et qu'elle tombe, au contraire, pendant la suspension ou le changement des excitants; c'est ce qui explique pourquoi, dans l'onanisme, où le mode d'excitation est continu, Térection du pénis ne-disparatt d'ordinaire qu'après l'éjaculalion du sperme, tandis que, dans le rapprochement des sexes, la turgescence de la verge s'af-

IMPUISSANCE IDIOPATUIQIË PAR PERVERSION d'ÉNERGIE. 229

faisse eo passant de l'excitation des attouchements ou des manœuvres lascives à l'excitation vaginale.

On doit maintenant comprendre le symptdme difTérentiel que j'établissais plus haut entre l'impuissance produite par la perversion de l'excitabilité morale et l'impuissance amenée par la perversion de l'excitabilité physique ^ à savoir : que, dans le premier cas, la chute de l'érection peut arriver entre les doigts du masturbateur, tandis que dans le second elle n'a jamais lieu qu'à l'occasion du coït.

Comme on le voit, ce signe est très important à noter, et bien souvent il a lui seul éclairé mon diagnostic. Je me rappelle un jeune malade dont le succès dans l'onanisme faisait le supplice, car, me disait-il, si j'étais complètement impuissant et incurable, j'en prendrais mon parti et me créerais des compensations ; mais loin de là, j'entre en érection, j'éjacule dans le silence de la masturbation, et ne suis privé que de la volupté du coït, que les plaisirs solitaires me font encore plus vivement désirer.

Qu'elle soit produite par la perversion de l'excitabilité morale, ou qu'elle soit le résultat de la perversion de l'excitabilité phjsique, l'impuissance qui fait le sujet de ce paragraphe est rarement au-dessus des ressources de l'art, et, si très souvent elle n'était pas compliquée et entretenue par un sentiment de crainte, par l'appréhension d*un échec, elle n'opposerait pas, surtout l'impuissance par perversion de l'excitabilité physique, de grands obstacles à la thérapeutique*

Il faut donc, avant toute chose, rassurer le moral du malade; ici le râle du médecin est facile à remplir : on s'attachera à convaincre l'infortuné qu'il n'est point atteint d'impuissance, et on lui en fournira la preuve en lui rappelant les érections dont il est capable et l'éjaculation qu'il produit par l'onanisme. L'impuissant, lui dira-t-on, et c'est

9S0 muissANcs idiopathiqui.

Ift te symptAme radical de sa maladie, est inhabile à Téreclion et h rémission voluptueuse du sperme; si l'érection se produit, n*importe dans quelle circonstance, si i'éjaculation séminale la suit, n'importe par quel procédé, Pimpuissance n'existe pas; il peut y avoir des défaillances, des erreurs de la force virile, mais ces erreurs et ces défaillances sont loin d*ètre l'anéantissement et la mort de cette force.

Ce thème, adroitement développé, produit presque constamment un grand oiïct sur l'esprit du malade ; il est è la portée des intelligences les moins cultivées et leur semble toujours d'une logique irréprochable.

Mais lorsque ce raisonnement n'a pas amené la conviction que je poursuis, je recours à un artiGce qui manque rarement son but : je détermine une excitation génitale passagère, mais assez énergique cependant pour permettre le coït, et je re\iens alors, avec beaucoup plus de chances de succès, au raisonnement de tout à Theure, c'est-è-dire à la comparaison des erreurs de la force virile et de l'impuissance absolue.

l*e phosphore et les cantharides sont ordinairement les agents dont je me sers pour produire l'excitation passagère dont j'ai besoin ; je dis ordinairement^ parce qu'il est des circonstances où ces deux substances sont essentiellement nuisibles. Dans ces cas, il faut régler ses prescriptions, soit sur l'état général, soit sur l'état local des organes; mais, lorsque rien n'en contre-indiqne l'emploi, j'ordonne au malade la potion suivante, dont il prend une cuillerée h bouche d'heure en heure, trois ou quatre heures avant le coït.

Élher phosphore 450 centigr.

Teinture de cantharides 15 goutt.

Teinture de vanilla 30 —

Teinture de coccinelle 50 - *

IMPUISSANCE IDIOPATHIQUB PAR PBRTBB8I0N d'ÂNERGIE. 23i

Extrait de noix vomîqae 0J5 centigr.

Sîrop «impie q. 8.

Eaa distillée 325 grain.

Et une heure avant le coït, je fais pratiquer des frictions sur le périnée et à la base de la verge avec la préparation suivante :

Teinture de myrrhe 6 gram.

Teintare de cantharides 8 —

Éther phosphore 4 —

« Huile volatile de sabine \

Halle volatile de roe [aa. 4 goutt.

Haile volatile de romarin J

Ban ynlDéraire 30 gram.

Ces deux préparations, qui m'ont rendu de très grands services toutes les fois qu'il s'est agi de déterminer une érection passagère (et les circonstances qui réclament cette indication ne se bornent pas au cas dont il s'agit ici, comme on le verra dans la suite de cet ouvrage), ces deux préparations, dis-je, peuvent et doivent être modifiées selon une foule de particularités individuelles qu'il est impossible de rapporter, et dont le médecin est seul juge.

D'ailleurs, que Ton se borne h faire appel h la raison du malade, ou que l'on ait recours à l'artifice de l'érection passagère, peu importe; la chose capitale est d'agir sur le moral de l'infortuné, et d'éloigner de son ème tout senti* ment de crainte, toute appréhension de ne pas réussir.

Ce premier but étant atteint, la médication de l'impois* sauce sera différente, selon que celle-ci aura son principe dans le moral ou son siège dans les organes génitaux.

Sous le premier point de vue, il sera important de recon^ naître si l'eicitation génésiaque est détournée au profit

4'3fl«? comité <ri d'un ftentimeot asIie» que la iêcullc gênéfâqce. OQ fî r masÎBalioo érotk|oe, comme je le disais plus biut. ea laD::iii«MDte el alloordie.

Dans le premier cas, oo s'attachera à rétablir l'équilibre dVt:oD eotre les facoltés iolellectaellcs et morales ; on arrachera le saiant à ses méditations, le poète a ses rè%es, rarlt<te à ses idéalités; on éloignera du cœur les joies trop eiclusiîes ou les douleurs trop poignantes.

Ces résultats ne sont pas faciles i atteindre; on a souvent k lutter contre la volonté des malades, contre leurs habitudes, contre leurs goûts, contre les nécessités de leur position, etc., etc.; ce sont là des obstacles qu'il n'est pas toujours donné de vaincre, et dont la présence, en perpétuant la cause du mal, est à coup sAr un empêchement presque absolu i toute bonne thérapeutique.

C'est h la raison du malade que le médecin devra surtout s'adresser; il déroulera devant lui le tableau des influences réciproques de la faculté copulatrice et des facultés intellectuelles et morales, et, pour aider l'infortuné a résister i ses hobitudes, à ses goûts ou à ses sentiments, il lui prescrira des distractions de toutes sortes : les voyages, les spectacles, les bals, les concerts, des travaux manuels ou des occupations intellectuelles différents de ses travaux et de ses occupations ordinaires.

Souvent ces indications purement morales suffisent au

Jrailement ; mais quelquefois la médication exige davantage

dhNt porter sur l'organe ^ocitateur même de la faculté

iiqoe»

ovfaoe, malgré quelques dénégations que j'aurai

I d'eiamioer plus loin, est bien réellement le cer-

ir lui qu'il est nécessaire d'agir.

dinaires, c'est-à-dire quand il n'est pas

IMPUISSAKCE IDIOPATUli>tJE PAR PËHVER810N d'ÉKBRGIE. 2ââ

nécessaire de produire un eiïet énergique et rapide, on peut se contenter de lotions d'eau froide sur Tocciput, répétées deux ou trois fois par jour; Teau froide pourra être rem* placée avec quelque avantage par une décoction de plantes aromatiques ; je me sers communément de thym, de romafin, de sauge et de fenouil, que je fais bouillir ensemble et dont je laisse lentement refroidir le produit en macération. . Si ces moyens, continués pendant quelque temps, n'amènent aucun résultat, je fais administrer, d'abord tous les deux jours, puis chaque jour, trois ou quatre douches, soit de vapeurs aromatiques, soit d'air chaud, sur la partie postérieure et inférieure du crâne.

Enfin si l'impuissance persiste, j'applique à la nuque un large vésicatoire sur lequel je dépose chaque jour quelques milligrammes de strychnine ou de brucine.

Habituellement, il ne faut pas prolonger trop longtemps cette dernière médication; après cinq ou six jours de son emploi, on ferme le vésicatoire, sauf à y revenir plus tard» et l'on reprend soit les lotious froides ou aromatisées , soit les douches.

Il est quelquefois nécessaire de persévérer quelque temps dans l'usage alternatif de ces moyens, surtout si l'impuissance tient i la faiblesse du consensus, c'est-à-dire au peu d'énergie de la faculté génésiaque.

Si ce sont les organes génitaux qui sont indociles à l'excitation vénérienne, en d'autres termes, si l'impuissance dont je m'occupe a sa source dans la perversion de l'excitabilité physique, la médication doit exclusivement porter sur l'appareil génital lui-même.

Cette médication a deux faces, si je puis ainsi dire : l'une hygiénique ou prophylactique, et l'autre réellement active.

Jja médication prophylactique, en dehors du régime

33& IHPOIMANCi IDIOPATHIQUI.

toni(|ue approprié, est très simple : elle consiste à faire prntiquer sur les parties inrérieures du tronc, et deux fois par jour, des lavages froids è grande eau, soit simple, soit addrtioiinéode quelques gouttes d'acétate de plomb (extrait de Saturne), soit aromatisée avec Teau de Cologne ou tout autre liquide odorant. Je me suis toujours loué de cette pratique, et je le déclare ici d'une manière générale et comme axiome hygiénique du sujet qui m'occupe, l'habitude de pratiquer, chaque matin en se levant, des lotions froides sur les organes génitaux et le périnée, est un excellent moyen, noD*seulement de prolonger l'existence de la facalté géoératrice, mais encore de prévenir ses défaillances et la mollesse des érections.

La thérapeutique active doit être ordonnée en vue d'un coït prochain : une ou deux heures avant l'acte, on prescrira au malade une Triction de dix minutes au moins sur le périnée et il la base de la verge avec une préparation excitante, semblable à celle dont j'ai tout k l'heure donné la formule ; puis, comme excitant génésique, sans parler des baisers et des attouchements lascifs, on dirigera sur les parties génitales des fumigations aromatiques. A cet effet, le malade, assis sur une chaise percée ou sur le bord d'un fauteuil, la ceinture serrée par une couverture qui enveloppe le bassin et les membres inférieurs dépouillés de leurs vêtements, un brasier est placé immédiatement au-dessous des organes génitaux, destiné i réduire en fumée la poudre des agents que l'on projette sur lui. Le calorique qui se dégage do brasier, et les vapeurs chaudes et excitantes qui vont frapper les tissus de l'appareil générateur portent dans Mloi-€Î one excitation assex grande pour affronter l'épreuve

«Mt, si lea conditions qui l'ont produite, c'est-è-dire la ', est fidèleroeot conservée. Pour cela faire, lorsque

IMPUISSANGB IDIOPATHIQDB PAR EXCÈS d'ÉNBRGIE. 235

le malade jagera Térection et l'orgasme vénérien suffisants, il deyra, loin de se débarrasser de la couverture qui le protège, la serrer, au contraire, autour de son corps et exécuter la copulation dans un lit chauiïé à Pavance .

Une certaine hAte doit être apportée, surtout dans les premiers temps, à Teiécution du coït, car en dilTérant de le pratiquer, on retomberait dans les oppositions d'excitations que le traitement a précisément pour but de faire disparaître.

Cependant, è mesure que Ton avance dans la médication, cette condition devient de moins en moins rigoureuse, et sa non-observance, suivie de succès, est un heureux symptdme de guérison.

La thérapeutique active de l'impuissance par perversion de l'excitabilité physique n'est certainement pas bornée à ce aeol moyen ; elle comporte quelquefois l'emploi de Télectricîté, du galvanisme, de tous les excitateurs locaux ; elle réclame aussi, dans quelques circonstances, l'usage, tant eilerne qu'interne, des agents médicamenteux ; mais comme j'ai longuement parlé plus haut de toutes ces ressources, je crois inutile d'y revenir ici, d'autant mieux que l'emploi de ces divers agents on de ces divers moyens est indiqué plutdt par des considérations idiosyncrasiques que par des symptAmea spéciaux; c'est donc au praticien à juger de l'opportunité des uns à l'exclusion des autres, et non à l'écrivain qui, semblable au législateur, ne peut ni ne doit prévoir tous les cas.

$ III. — ImpialMaiiee Idlopsthl^ac par exeès d*éM«rf l«.

Depui que l'auteur de l'article Sattriasis du Dictûm* naire de$ sciences médicales^ a établi iei^ signes différen*

3d6 IMPUUiSiiNCB IDIOPiTUIQUB.

tiels du priapisme, du satyriasis et de l*érotonianiC| on est généralement d*accord pour classer et nommer de la manière suivante les accidents génésiques causés par eicès d'énergie : priapùme^ érection sans désirs vénériens ; érolomanie^ désirs amoureux sans érection; enGn taty^ riasiSy érections continuellesi désirs immodérés du coït et délire erotique.

Cependant ce cadre n'est pas complet, et Ton est étonné de ne pas y voir figurer une maladie que j'ai observée plu* sieurs fois» et dont l'existence» empêchant le coït tel que je l'ai caractérisé, c'est-à-dire érection de la verge, accouplement des sexes, plaisir et éjaculation chex l'homme du liquide spermatique, constitue une espèce d'impuissance qui doit, de toute nécessité, trouver ici sa place.

Cette maladie se traduit surtout par l'impossibilité de l'éjoculation séminale, non comme dans le priapisme, mais avec des érections normales et des désirs vénériens ordinaires.

Je donne le nom A'aspermaiisme à cette sorte d'ana* phrodisie.

Au premier abord, on s'étonnera de voir entrer celte infirmité dans le cadre de l'impuissance^ alors que sa place parait être naturellement marquée dans celui de la stérilité.

Sans doute, si je ne m'étais appuyé que sur des déductions théoriques, j'aurais suivi cette voie et je n'aurais pas reculé les limites déjà si étendues de l'anaphrodisie ; mais les faits que j'ai soigneusement interrogés et étudiés m'ont imposé la marche que j'adopte, et j'espère prouver tout à rheure que cette marche est en eflct la seule vraie et la seule scientifique.

L'impuissance idiopathique par excès d'énergie se présentera donc à nous sous les quatre formes suivantes :

IMPUISSANCE miOPATDIQUE PAR EXCÈS D*ÉNERGIE. 237

1* Érection sans désirs vénériens (jpriapismé) ;

2* Désirs vénériens sans érection (érotomanie);

&"" Désirs vénériens et érection sans éjaculation (aspernuUisme) ;

A* Désirs vénériens, érection et éjaculation avec délire erotique {satynasis).

Ces quatre états pathologiques ont chacun un groupe de sjmptâroes qui lui est propre, mais tous offrent un caractère commun qui les rattache à Timpuissance, c'est l'absence du plaisir. La volupté est une condition essentielle de la copulation ; c'est la récompense de notre obéissance ù la loi de la propagation de l'espèce, et son défaut est une dérogation complète aux prescriptions de la nature. Bien plus, en ne considérant que la Gn prochaine du coït, c'est-à-dire en faisant un moment abstraction du but sublime caché sous les délices du rapprochement sexuel, le plaisir n'est-il pas cette fin prochaine, et celui qui ne pourra l'atteindre, soit par i'éloignement des désirs vénériens, comme dans le prîapismc, soit par défaut d'éjaculation, comme dans l'aspermatisme, soit par surexcitation physique et morale, comme dans le satyriasis,s'estimera-t-il moins impuissant que celui dont la verge ne peut entrer en érection ? Les uns et les antres sont bien réellement impuissants, car l'impuissance, je ne saurais trop le répéter, n'est autre chose que l'absence d'une ou de plusieurs des conditions nécessaires à un coït normal, et lé plaisir, nul n'oserait le contester, constitue une de ces conditions au même titre que l'érection de la verge ou que l'éjacuiation du sperme.

Je vais donc passer en revue ces quatre états pathologiques, en faisant surtout ressortir pour chacun d'eux les caractères qui le font rentrer dans le cadre de l'impuissance. !• Prtapisme. — L'érection de la verge, dans le pria-

2&8 IMFOISgAMGB IDIOPATBKKIB*

pisme, peut être comparée aux mouvemenU qa*exécu(aient les membres de la grenouille dans l'expérience de Galvani ; c'est un corps sans àme, que Ton me passe Teipression, obéissant à une cause anormale et étrangère. L'ème, eo effeii représentée dans Tacte de la copulation par Tamonr et les désirs y est absente, et l'excitation qui la remplacé, par cela même qu'elle ne rentre pas dans les vues de la nature, s'accompagne de douleurs et donne quelquefois naissance à des accidents graves et même mortels.

Les causes de cette surexcitation sont fort diverses : tantôt on les trouve dans l'emploi de certains ageniSi comme les cantharides ^ tantdt on les explique par l'existence de certains états pathologiques dont le priapisme est alors un symptôme ou une complication^ comme la blennorrbagie, le calcul vésical, les maladies herpétiques, l'hypochondrie, Tépilepsie, le tétanos, etc.; tantôt ellos se rencontrent dans l'usage d'aliments irritants, de boist^ons alcooliques; tantôt elles découlent de certaines habitudes, comme le coucher sur le dos et dans un lit trop chaud, ou eiiGn de certains accidentii, comme une chute sur le rectum, etc., sans parler, comme étranger à mon sujet* du priapisme si connu des pendus.

Quelquefois le priapisme ne reconnaît aucune de ces causes et constitue alors une maladie essentielle; dans ce cas, (les conditions le fuvorisent, et parmi elles je citerai : le tempérament sanguin, avec prédominance du s}stème hépatique; l'Age adulte et même la vieillesse; les saisons et les climats chauds, quoique Zncutus Lusitanus rapporte l'exemple d'un priapisme occasionné par un froid extrême; les excitants génésiaques de toutes bortes, tels que spectacles licencieux, lectures obscènes, danses voluptueuses, tableaui lascifs, etc., sans que l'excitation produite soit satisfaite.

IMPUISSANCE IDIOPATUIQUB PAR EXCÈS d'ÉNERGIE. 239

Mais de toutes les causes déterminantes ou occasionnelles du priapisme, nulle n'est aussi fréquente et aussi active que TuMge des cantharides è l'intérieur et même leur emploi à Teiiérieur.

Au point de ?ue de l'impuissance, le priapisme oiïre deux sjroptdraes saillants à noter, ainsi qu'une de ses terminaisons possibles. Les deux symptômes sont : 1° l'absence de désirs vénériens; 2* l'existence de douleurs plus ou moins vives ; et la terminaison est la gangrène, et par suite la perte de la verge.

A son début, et quand il n'a pas encore atteint un cer-> tain degré d'acuité, le priapisme n'est ordinairement pas douloureux ; il fatigue tout au plus le malade et cède le plus souvent à l'action lie quelques lotions froides. -

Mais lorsque l'afTection devient plus intense, soit que cette intensité arrive par degrés, soit qu'elle se montre tout àcoup^ des symptômes d'excitation générale et d'excitation locale se manifestent; une sorte de mouvement fébrile se fait sentir; la soif s'allume, la tète devient douloureuse et le délire même peut surgir ; une anxiété pénible fatigue le malade qui cherche en vain le repos et le sommeil.

Du côté des organes génitaux, la tension de la verge se communique au pubis et au périnée, qui participent souvent à la gangrène qui attaque le membre viril. Quelquefois uile éjaculatioo spermalique se produit, mais celte déplétion, loin de calmer le priapisme, irrite davantage encore la muqueuse Je l'urètre dont la sensibilité est extrême; il n'est pas rare alors d'observer une hémorrhagie urétrale. Tout le monde connaît le fait, rapporté par Cabanis, de cet étudiant en médecine qui, dans un violent accès de jalousie, fut pris pendant plusieurs heures d'un priapisme très douloureux, pendant lequel se produisaient tour à tour

2&0 IMPUISSANCE IDIOPATRIQ€B<

des émissions ilc semence et des pertes de sang presque pur.

Dans d'outrés circonstances, les contractions de l'urètre sont si violenles que, iion-seuicroent le sperme ne peut se frayer une issuo, mais que les urines elles-mêmes sont cornptilement arrêtées. On ne saurait, on le comprend, songer au cathétérisme, car la présence d'une sonde augmenterait les accidents au lieu de les calmer; d'ailleurs le cathéter risme est inutile dans beaucoup de cas : à ce degré de priapisme, la sécrétion urinaire est 1res souvent suspendue; mais lorsqu*cllc persisie et que l'émission de son produit peut se faire, l'urine est rouge, boueuse, et laisse au fond du vase un sédiment très abondant.

Un état aussi grave ne peut se prolonger longtemps sans danger, surtout si la cause du priapismc se trouve dans l'usage des cantharides; presque toujours alors la maladie se complique d'une cystite ou d'une entérite très souvent mortelles; mî^mc en l'absence de pareilles circonstances, le priapisme peut se terminer par la mort.

Quelquefois la perte de Torgnuo génital seul est la con« séquence de cet état pathologique, et, dans ce cas, le priapisme est le point de départ d'une impuissance absolue et contre laquelle la médecine est entièrement désarmée.

Il est donc de la plus haute importance de prévenir de semblables résultats et de s'opposer par tous les moyens pos • sibles, soit à la mort du malade, soit à la perte de son organe copulateur.

Quand le priapismc arrive graduellement, c'est-à-dire quand les érections deviennent peu h peu plus fréquentes, et ci'deiit, soit à un changement de température, soit h des lotions froides, on n'a le plus souvent besoin que d'un régime alimentaire approprié, dont les aliments douf , les

ISIPUISSANCB IDIOPATHIQUE PAR EXCÈS d'éNERCIE. 2&1

légumes herbacés et le lait feront la base^ ainsi que les boissons rafratchissantes ou acidulés, prises à une basse température. Le lit du malade ne sera ni trop mou ni trop chaud, et le patient aura soin de ne pas coucher sur le dos; è cet effet, on a donné le conseil de couvrir le ventre avec une serviette dont on nouerait les bouts sur le rachis; on comprend que la serviette peut èlre remplacée par une pelote dure, par un tampon, un morceau de bois, en un mot par tout corps saillant qui blessera le malade dès qu'il essaiera de prendre la position qu'il doit éviter.

Les bains généraux ou les bains de siège a une température de 16, 18 et 20 degrés, l'air pur de la campngne, les distractions en plein air, Téloignement des excitants vénériens seront prescrits comme hygiène.

La thérapeutique, dans ces cas peu graves, se réduira h quelques émulsions ou juleps camphrés et h des lavements froids ou émollients, ou dans la composition desquels entrera une faible dose de camphre dissous dans un jaune d'œuf. On retirera des avantages marqués de l'usage du lupulin (partie active du houblon) dont on a, dans ces derniers temps , constaté Taction spécialement sédative sur les organes génitaux (i) à la dose progressive de 1 i 10 grammes en nature, en* teinture et surtout en saccharure. Les opiacés et la ciguë pourront être essayés , mais avec modération dans leur emploi et leur dose, dans la crainte d'augmenter les accidents qu'il s'agit de combattre.

Quand le priapisme se présente avec des caractères plus graves, c'est-i-dire lorsque les érections sont persistantes, douloureuses, et qu'il y a menace de gangrène, il ne faut pas hésiter à pratiquer une saignée, si la constitution du malade le permet, ou h appliquer des sangsues aux lombes.

(1) Bulletin générai de thérapeutique, 4 854. t. XLVII, p. 464.

2/l2 IMPUISSANCE IDIOPATBIODE.

Le malade sera tenu longtemps dans un bain, et Tod placera sur les organes génitaux des cataplasmes émollients arrosés de laudanum. Dans un cas grave de priapisme, où les accidents les plus terribles étaient à craindre, après avoir vainement employé les saignées, les bains, les préparations camphrées et narcotiques, les lavements émollients et antispasmodiques, je me décidai è pratiquer des mouchetures sur les corps caverneux de la verge; la déplétion sanguine qui en résulta amena un ramollissement de l'organe et prévint ainsi la gangrène, qui, sans cette circonstance heureuse, eût peut-être été hAtée par les mouchetures mêmes. Je suis loin d'ériger cette opération en principe, mais je crois qu'on en doit user comme ressource extrême, lorsque tous les autres moyens ont échoué et lorsqu'il n'existe encore aucun symptôme de spliacèle.

D'ailleurs le traitement du priapisme sera toujours subordonné ù lu cause qui Ta produit. Zuculus liUsitanus raconte l'histoire d'un \ice'roi diS Indes qui, n*a>ant pu se débarrasser d'un priapisme qui le tourmentait de|iuis longtemps, lit usage d*uneeau distillée de clous de girolle, préparation essontiellemont excitante que ce médecin conseille de remplacer par uno eau de fleurs de cannello des Indes, autre pré|)aiation non moins excitante que la |)renHêrc. Il est probable ([ue le priapisme du vicr-roi des Indes a\ailpour cause une r.\ibles>e gi'iiérale, el il est certain que. la thérapenti(|ne onlonn/^e par Zacutus Lusitanus serait funeste à un adulte dinis toute la force de Và^i\

Enlin. si le priapisme tient à une aflection dartreuse, s'il reconnail pour cause un calcul d.ius la u'ssie, Tusage des canlliarides, etc., on s'attachera à détruire cette cause par les niojens que la médecine el la cliiiurgie mettent à la disposition du praticien, el dont je n'ai pas à m'occuper ici.

IMPUISSANCE IDIOPATHIQUE PAR EXCÈS d'ÉNERGIE. 2^3

2® ËROTOMANiE. — L'érolomanie est une névrose de rintelligence bien plus que des organes génitaux; c'est une penrersion de Timagination poursuivant un objet réel et quelquefois imaginaire ; c'est ce qu'on appelle commune* ment l'amour platonique. Rarement le génésique participe à l'exaltation des facultés intellectuelles de l'érotomanîaque, mais rarement aussi son énergie est amoindrie et éteinte. Un de mes amis, condisciple à l'école de médecine, tomba i vingt ans dans une folie amoureuse parfaitement caractérisée: les incitations génitales étaient nulles près de la personne aimée, et toujours, quand je lui demandais ce qu'il ferait de son amante couchée avec lui, il me répondait avec eialtation : Je l'adorerais !

Cette insensibilité génitale ne se produisait qu'à ToccasîoD de l'objet de son amour, car le malade jouissait de toutes ses facultés viriles, fort énergiques, je vous assure, quand il se trouvait avec une autre femme.

L'érotomanie n'est donc en réalité qu'une impuissance essentiellement relative; elle est bien plutôt du domaine des aliénistes qu'un sujet de cet ouvrage (1) ; d'ailleurs j'aurai à revenir sur l'influence que l'imogination exerce sur les fonctions copulotricos, et je dirai alors les caractères et le traitement de cette bizarre maladie.

â"" AspERMATiSMB. — L'ospermatisme est caractérisé par l'impossibilité de l'éjaculalion avec une érection normale, contrairement au priapi^nme, et sans perversion ni exaltation des facultés morales, contrairement u Térotomanie.

Je dois, ainsi que je m*} suis engagé plus haut, légitimer la place que je donne ici à ce nouveau genre d'impuissance, car si l'émission de la semence n'est pas la source de la

(1) Voyez Esqoipol, Dea maladies mentales. Paris, 1838, t. tl , p. 32 el suiv. — Marc, De la folie. Paris, 4 840, t. H, p. 48! et soîv.

2^& IMPUISSANCB IDIOPATBIQOI.

voluplc amoureuse, l'aspermaiisme doit être rois parmi les causes de la stérilité et non de Timpuissancc.

Je vais d'abord rapporter l'observation qui, In première, éveilla dans mon esprit les considérations physiologiques qui me font rattocher la jouissance vénérienne è réjacnjalion de la liqueur séminale.

Un jeune homme de vingt ans, d'une santé parfaite et d*un tempérament sanguin,sc présente un jour k ma consultation et me raconte les faits suivants : « J*entre facilement en érection^me dit-il ; mes désirs vénériens sont d'autant plus vifs que je n'ai jamais éprouvé lei jouisumce$ de Vamùur; rintromission de la verge dans les organes de la femme se fait sans difliculté et sans douleur; mais cette intromission obtenue, je ne puis, quelque effort que je fasse, ressentir la volupté dont mes amis m*ont parlé ; après un temps plus oumoins long de tentatives infructueuses, pendant lesquelles j'appelle a mon aide toutes les ressources de mon imagina* tion et toute mon énergie amoureuse, je ploie sous la fatigue, et ma verge, participante cet abattement de tout mon être, 8*uiïaisseet devient molle sans qu'il m'ait été possible d'ob* tenir l'éjaculation.»

Dans l'interrogatoire que je fis subir au malade d'après cetle première donnée, je recueillis les renseignements suivants : l'éjaculation ne s'était jamais produite à l'état de veille, soit par la masturbation, soit par le coït; mais elle avait lieu quelquefois pendant le sommeil, tantôt sous Tin* fluence de rêves lascifs, tantôt sans cause connue; et, ce que ces circonstances étronges présentent de remarquable, c'est que si le malade venait, par un motif ou par un autre, h s'éveiller pendant l'éjaculation, celle-ci s'interrompait instantanément, de telle sorte que le malheureux n'avait pas même une idée confuse du plaisir vénérien.

IMPUISSANCE lUlOrAlHIUUË PAK EXCÈS d'ÉNEUGIE. 2^5

Ce qu'il éprouvait aux approches de la remme était un sentiment de bien-èlre, une excitation générale qui n'était pas sans charmes, il est vrai, mais qui n'était pas lajouis«saoce génésique; tous les hommes aussi éprouvent ce bien* être et cette excitation générale, et s'ils les considèrent comme les doux préludes du plaisir, ils ne les estiment pas comme le plaisir lui-même, et nul ne croirait avoir goûté les voluptés de Tamour, si ces voluptés se réduisaient h ce bien-être et è cette excitation préparatoire.

Cependant, quelques physiologistes, abusant de la langue et de la logique, ont avancé que l'éjaculation séminale n'était pas le plaisir, mais le signal de la fin du plaisir; et à cet eiïet ils citent l'exemple des enfants masturbateurs qui éprouvent du plaisir sans éjaculation. La définition et l'exemple qui Tappuie sont aussi mauvais l'un que l'autre : la définition est aussi irréprochable que si Ton disait de la vie qu'elle est le signal de la mort; quant à l'exemple, il est fort douteux que l'enfant, dans l'onanisme, éprouve le même plaisir que riiomme pendant l'éjaculation, et il est probable que la volupté du premier se réduit h une excitation générale et locale qui n'est ni s^ans charmes ni sans attraits.

Non, l'éjaculation spermatique n'est pas plus le signal de la fin du plaisir que la vie n'est le signal de la mort. Sans doute, en n'ayant égard qu'aux destinées de ce monde, toute chose, par cela même qu'elle est, doit avoir un terme^ de telle sorte que son existence est la preuve même et le signal de sa destruction. Mais ce caractère, inhérent à toute réalité, ne peut servir a aucune de signe distinctif, pas plus à réjaculation qu'à Térection, qui, ace point de vue, pour* fait être définie le signal de la lin de l'orgasme vénérien ; ce qui serait absurde.

L'éjoculation, lorsqu'elle s'accomplit dans les conditions

Sè6 uffoiiiARci imorATBiQini.

Bormales, dans les conditions voulues par la nalnrei e'esità-dire par saccades, pendant réreclion de la verge et après une eidtation amoureuse suffisante, n'est peut-être pas le plaisir unique de la copulation, mais elle en constitue, du OMins, Teipression la plus haute et la plus vive. Par consé« quent, le début de l'émission spermatique, en rendant le coït incomplet, crée un genre d'impuisMnce dont on n'avait jusqu'ici tenu aucun compte, et pour la désignation duquel je me suis vu forcé d'employer le mot nout eau d*ttMpermàtume. Cependant, des fails è peu près analogues fc celui que j'ai mentionné plus haut sont consignés dans la science. Une observation fort curieuse de ce genre est rapportée par Cockburn(i) : « Un noble vénitien, dit ce dernier auteur, épousa, à l'ége où l'amour fovorise un homme avec complaisance, une jeune demoiselle très aimable, avec laquelle il se comporla asset vigoureusement ; mais l'essintiei manquait è son bonheur : tout annonçait dans ses transports le moment de l'eiiase, et le plaisir qu'il croyait goûter s'échappait. L'illusion lui était plus favorable que la réalité, puisque les songes qui succédoient à ses eiïoris impuissants le réveillaient par des sensations délicieuses, dont les suites n'étaient pas équivoques sur sa capacité. Cet épout malhcureui, rassuré sur son état, voulait-il prouver efficacement sa puissance et réaliser iQS plaisirs? Il en procurait sans pouvoir les partager^ en un mot, réreclion la plus forte n'était pas accompagnée de ce jaillissement précieux qui fait connattro toute l'étendue de la volupté. On fit inutilement plusieurs remèdes pour procurer des plaisirs è un homme qui méritait de les connaître et que son amour consumait depuis asses longtemps. On

(I) Eisais et obiervationn tie mMccine d'Edimbourg. Parts, 1740, t. I, p. 391. — l>e Lignac, De t'homme et de la femmê^ t. 1, p. 84t et suiv.

IMPUISSANGB IDIOPATHIQUB PAR EXCÈS d'ÉT«IERG1E. !2i|t7

pria en6n les ambassadeurs, que la république^de Venise eotretieDl dans les différentes cours de l'Europe, de fouloir bien consulter les plus fameux médecins des lieux où ils faisaient leur résidence, sur la cause de celte incommodité, aussi bien que sur les moyens dont il fallait se servir pour y remédier. J'attribuai cette impuissance, dit le docteur Cockburn, à la trop grande vigueur de Térection, qui bouchait le conduit de l'urètre avec tant de force (1) qu'elle ne pouvait être surmontée par les moyens qui obligent la semence à sortir des vésicules séminales; au lieu que cette pression étant moins forte dans les songes, l'évacuation se fait avec plus de liberté. »

La Gazelle de santé t ihns son n'* 52, rd|)por(e une observation À peu près semblable, d'après Schevetel; enfin Planque fait mention d'un homme de trente -huit ans, qui se plaignait d'être impuissant, parce que In semence ne pouvait point sortir , quoiqu'il fût souvent en érection. Il passa ainsi une année à se tourmenter, et la nature se fit un chemin à la région épigastrique du côté droit. La semence passait par trois petits trous, quand cet homme exprimait cette partie ; mais il mourut peu après de consomption (2). »

Je ne m'arrête pas, on le comprend, a cette prétendue fistule séminale; Terreur est trop grossière pour mériter d'être discutée.

Comme on le voit, les faits analogues à celui qui s'est offert à mon observation et que j'ai rapporté, sans être très

(1) Celte explicalion n'est plus admissible, car on sait au contraire aujourd'hui que l'érection dilate le canal de l'urètre. Il serait plus rationnel d*attribuer celte impossibilité d*éjaculation aux contractioDS spasmodiques des conduits éjacula leurs.

{%) Bibliothèque ohoiêie de nMeemey t. VI, art. Impuissance.

2&8 IMPUKMiAKCK IDIOPITUIQUB.

communs dans les annales de la science, étaient suflLsanls cependant pour attirer l'attention des praticiens» et Ton i*étonne que Ton ait jusqu'ici confondu ce genre d'impuissance avec celui que justifie le priapisme ou que caractérise la non-érection de la verge.

Presque toujours, Taspermatisme tient è un état spasmodique des conduits éjaculateurs ou de rurètrc; et cette cause doit être acceptée comme la seule vraie dans les cas où, comme chez mon malade et chez le Vénitien dont parle Cockburn, des pollutions ont lieu pendant le sommeil; cette circonstance, qui jeta une si vive lumière dans l'esprit du médecin écossais, ne doit jamais être perdue de vue par le praticien.

ii'absence de l'éjaculation peut également tenir è l'oblitération des conduits éjaculateurs, que cette oblitération soit native ou le résultat d'un état morbide. Dans ce cas, aucune émission de sperme n'a lieu, ni pendant le sommeil ni pendant la veille, ainsi que je le dirai plus loin, quand je parleroi de cette couse de stérilité.

L'oblitération des conduits éjaculateurs est une aiïeclion rare^ elle est ordinairement produite par la matière tuberculeuse ou concéreusc dont le dépôt peut ùlrc limité è ces conduits, mais qui, le plus souvent, se rencontre aussi dans les vésicules séminales et les canaux déférents. Comme on doit le comprendre, ces altérations constituent des infirmités presque toujours au-dessus des ressources de l'art.

Mais il n*en est pas de même de l'état spasmodique des conduits éjaculateurs et de Turèlre; abandonnée à ellemême, celle névrose pourrait disparailrc a\ec Tàgc, c'csl- A-dire avec In dimiiiulion des désirs et de Tor^^nsmo >éné-> rien ; mais il csl peu de malades qui consenlenl ù attendre une pareille terminoi»on, et tous, on le comprend sans

IMrUISSAKCI IDIOPATBIQUB FAE IXCÈS d'ÉNBRGIE. SftO

peioe» réclament impérieusement le secours de la médecine.

Quand le sujet est jeune et vigoureux et qu'il n'existe pas chex lui de contre-indications, il faut commencer le traitement par une émission sanguine avec la lancette» ou tout au moins par des sangsues au périnée. La saignée, quand elle est possible, doit être préférée, comme agissant mieux sur l'ensemble de l'innervation, et parce qu'elle laisse libre une place sur laquelle on a à agir, soit par des frictions ou des onctions, soit par des vésicatoires volants, ainsi que je vais le dire.

Après cette émission sanguine, on essaiera tour à tour, an commencement, les narcotiques et les antispasmodiques, tant à l'intérieur qu'à Textérieur.

A rintérieur, j'ai retiré, dans le cas que j'ai cité, des avantages réels des pilules suivantes :

Âssa fœlida

Castoréum

Extrait gommeox d*opium ....

Extrait de ciguë

Conserve de roses q* s

\a, 4 gram.

jâià. 0^50 ceDtigr.

On fait avec cette préparation de 15 u 20 pilules, et le iDolade en prend quatre par jour.

A l'extérieur, des frictions sur le périnée et les lombes avec les opiacés, la ciguë, la belladone, seront prescrites avec succès.

Les mêmes agents et les antispasmodiques, l'assa fœtida surtout) pourront être ordonnés en lavement.

Les bains généraux et les bains de siège devront jouer un grand rôle dans la thérapeutique de l'aspcrmatisme; leur température variera selon les indications spéciales, depuis 1 degré jusqu'à âO.

Chez les sujets lymphatiques, irritables, les bains de

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mer oiïriront des ressources inespérées, et dans bien des cas ils seront le seul remède au mal.

Ces moyens, secondés par un régime convenable et approprié au tempérament et h la constitution du malade, suffisent d'ordinaire pour triompher de la maladie ; il faut quelquefois en prolonger assez longtemps l'usage et les associer à quelques précautions hygiéniques relatives au coucher, comme, par exemple, la proscription d'un lit trop chaud et trop mou, et d'un sommeil ou d'une paresse trop prolongés.

Enfin , dans les cas où les progrès vers la guérison ne seraient ni assez rapides ni assez sensibles, on pourrait les hâter en employant les opiacés, par la méthode endermique. C'est ce que je fis avec un plein succès sur le malade dont j'ai parlé eu début de cet article; j'appliquai sur le périnée un vc^sicatoire non cantharidé^ que je saupoudrai pendant trois jours, matin et soir, avec Ix milligrammes de chlorhydrate dr morphine.

li* Satyriasis. — Je me dois contenter ici de mentionner le sat\ riasis, cor ce serait étranglement abuser des ressources de la classification, si dans un livre consacré k l'impuissance, je décrivais le type de la luxure et Tidéal de la lubricité.

Sans doute, on conçoit que le satyriasis puisse devenir une cause d'impuissance et que les exploits amoureux qu'il suscite soient suivis de tristes revers ; mais alors sa place est marquée dans un autre cadre : dans celui où il sera question de l'impuissance consécutive. U'ailleurs, le satyriasis, excessivement rare, surtout dans les pavs froids et les régions tempérées, est moins une cause d'impuissance que de mort, ainsi que le prouvent les quelques observations que la science possède. Je suis donc autorisé à ne pas faire entrer dans les limites de cet ouvrage une aiïection que tant de motifs en éloignent.

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