IMPUISSANCE SYMPTOMATIQUE
Hors ce signe, rien ne mQn(|uailau tableau ordinaire de la chlorose.
l.cs organes génitaux ne présentaient extérieurement rien de particulier. La verge et les testicules avaient leur volume ordinaire, et la peau du scrotum se contractait encore sous l'impression du froid ou de la main.
Les désirs vénériens étaient absents, et les plaisirs de Tamour inspiraient même, je ne dirai pas du dégoût, mais une indilTérence bien proche de la répulsion.
Les érections étaient nulles, quelle que fût la nature des excitations appelées h les provoquer. Â des intervalles assex éloignés, et sans influence de rêves lascifs ou de pensées amoureuses, des éjaculatîons se produisaient pendant la nuit, tantôt a Tétat de veille, tantôt pendant le sommeil, occasionnant une certaine volupté, mais laissant après elles une lassitude générale dont le malade se ressentait |)lusieurs jours de suite.
Tous ces accidents du côté de l'appareil génital étaient contemporains de ceux qui m'avaient été signalés du côté des voies digeslives et de l'innervation, .\vant leur arrivée, la fonction génitale s'accomplissait, sinon avec énergie, du moins avec régularité et sans inspirer aucune crainte.
En présence de tous ces faits, je ne pus douter que j'avais affaire a une impuissance symptomatique de la chlorose.
[.e traitement devait être la pierre de touche de ce diignostic.
Il le fut en effet, et ne me laissa aucun doute sur la vérité de mon jugement: le quinquina d'abord, h cause de l'état du tube iligcslif, et les ferrugineux ensuite, associés au régime a|)|)ro|)rié ii la chlorose et à l'habitation de la campagiii», oiireiil rai*Jon, dons moins de huit mois, de tous les phénomènes morbides, tant physiques que moraux
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Les organes génitaux ne furent l'objet d'aucune thérapeutique spéciale; sous l'iniluence du traitement général de la chlorose, ils reprirent peu h peu leur énergie perdue, et les désirs vénériens reparurent au fur et i\ mesure que la mélancolie et les idées de suicide s'affaiblissaient.
Depuis deux ans à peu près» la guérison ne s'est pas démentie, et le malade, que je vois de temps en temps, jouit de l'intégrité parfaite de toutes ses fonctions.
Deux autres faits analogues d'impuissance, mais avec des caractères moins tranchés du côté des fonctions générales, également traités et guéris par les ferrugineux et le régime tonique, prouvent que la chlorose chez l'homme exerce sur les organes génitaux, comme chez la femme, une influence bien marquée, et que cette influence est identique dans les deux sexes, non-seulement sur les désirs vénériens qu'elle glace, mais encore sur les organes génitaux qu'elle Tnippe, chez l'un d'impuissance et* chez l'autre de frigidité. Comment se fait- il donc que jusqu'à présent les rapports qui unissent l'impuissance et la chlorose dans notre sexe aient été passés sous silence, et que les désordres de la fonction génitale chez la femme n'aient pas provoqué l'examen de la même fonction chez l'homme? Le peu de fréquence de la chlorose chez ce dernier, et les opinions diverses que l'on a émises sur la nature de la maladie sont peut-être la cause de cet oubli des observateurs.
Je ne sais si la chlorose syphilitique décrite par M. Ri* cord peut, comme la chlorose ordinaire, s'accompagner d'impuissance. Je n'ai pas eu occasion d'observer cette variété de la maladie.
Quoi qu'il en soit, l'histoire de l'impuissance dont il est ici question se confond tellement avec celle de la chlorose, que rétiologie, le pronostic et le traitement de l'une sont
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idefi(i<|ucmenl les mêmes que l'étiologie, le pronostic et le traitement de l'autre.
S m. Bm riwMrvatlMi.
Les altérations de Tinnerration se partagent en deux grandes classes : 1* celles qui sont liées à one lésion ma* tériellc des organes, et qui ont, si je pois ainsi dire, une anatomio pathologique ; 2* celles qui ne laissent après elles aucune trace dans les organes, et que l'on désigne généralement sous le nom de névroses.
Les altérations organiques du système nenreux qui jettent le trouble dans Tionervation génitale, sensibilité et motilité, peuvent exister, soit dans les centres nerveux, cerveau et moelle épiiiiîTe, soit sur le trajet des nerfs conducteurs, soit sur les nerfs eux-mêmes de l'appareil copulateur.
(Je renverrai celte dernière catégorie au chapitre consacré nux maladies des organes génitaux, ainsi que je l'ai déjà fait à roccasion de la nutrition et de la circulation, a6n de pouvoir embrasser, dans un seul coup d'œil, le tableau complet des maladies locales qui entraînent l'impuissance.)
A C(Hé des troubles de l'innervation, qui se traduisent et s'expliquent par des altérations matérielles des organes, il en est (raulres sur lesquels ne jette aucun jour l'examen nécroscojtique, et dont quelques-uns ont une influence bien manifeste sur le sens génital.
Je \cux parler des névroses.
Les névroses se partagent en deux grandes classes, selon qu'elles nfrectent plus spécialement ou l'innervation organique ou I innervation inlellecUielle, si je puis ainsi dire.
Ainsi, en récapitulant toutes les divisions que je viens d'admettre, j'aurai à examiner:
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1* Les troubles de l'innervation avec altérations analomiques, qui comprendront, selon le siège de ces altérations :
a. Maladies des centres nerveux ;
b. Maladies des nerFs intermédiaires des centres nerveux et de l'appareil génital lui-même.
2* Les troubles de l'innervation sans altérations anatomiques, qui comprendront :
a. Les névroses organiques;
b. Les névroses intellectuelles.
C'est dans cet ordre que je vais envisager ce cadre si vaste.
!• Troubles de l'innervation avec altérations anatormques.
a. Maladies des centres nerveux. — Pour répondre à toutes les données de ce programme, il faudrait passer en revue la pathologie entière du cerveau, de la moelle et de leurs enveloppes, car il n'est pas une seule des alTections de ces organes qui ne puisse agir et qui n'agisse en effet sur le sens et l'appareil de la génération.
Mais si, comme je l'ai fait pour la circulation, j'éloigne de mon cadre les maladies qui, par leur acuité et leur r.ipiditéy menacent prochainement la vie de l'individu, et parmi lesquelles se trouvent la grande famille des phlegmnsies, les bémorrhagies, etc., il ne reste plus que quelques affections dont les unes, comme l'hydrocéphale chronique, le ramoN lisseiiient du cerveau, etc., appartiennent d'ordinaire à des Ages où l'appareil vénérien n'a pas encore commencé ou a déjà fini son râle, et dont les autres, comme le cancer, les tubercules, les hydatides du cerveau ou de la moelle, et les altérations diverses des méninges cérébrales ou rachi*
S80 i«poi8aAiici sïurroMATiQOi.
dieones» n'offrent partout dans leur bistoiro qae doa contradictions et des doutes.
Cependant on peut dire d'une maniire générale, en s'appuyanl sur les lois mêmes de Tinnervation » que toules lea maladies des centres nenreuii quelle qu'en soit d'ailleurs la nature 9 ont un retentissement quelconque sur la fonction génitale , soit en abolissant ou pervertissant l'intelligence, et par suite les désirs vénériens, soit en agissant directement d*une manière ou d*vne aidrt sur les organes génitaui eux-mêmes, car celte action est loin d*ètre toujours débilitante, puisque M. Serres a noté Térection du pénis six fois sur onie cas d'hémorrhagie cérébelleuse.
Mais si le cadre de cet ouvrage ne me permet pas d'aborder la description de chacune de ces maladies , je dois les signaler à l'attention du médecin comme un point de départ très fréquent de riropuissance.
Evidemment, je ne parie pos ici de ces affections aiguës, la méningite, l'apoplexie, la cérébrile, la myélite, etc., qui arrachent celui qu'elles frappent à ses attributs, à ses besoins, à ses facultés,- en un mot à sa mission sur cette terre ; mais de ces maladies à marche lente et quelquefois tortueuse qui, tout en apportant & l'organisme un germe de mort, respeclent longtemps encore les sources de la vie: parmi elles sont les tumeurs de toute nature, exostose intracrànienne ou intravertébrale, productions morbides, dégénérescences, etc., etc., en un mot toutes les affections qui amènent une altération lente et progressive des centres nerveux.
La possibilité d'une de ces affections dont le début est bien souvent insidieux, de\ra toujours être présente a l'esprit du médecin et a\oir sa place dans Tétiologie de Timpuis* sance; il sufiit que l'attention soit éveillée sur ce point, car
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aussitôt des symptômes tels que fourmillements dans les membres inférieurs, fatigue rapide, constipation, etc., dont le malade ne tient encore aucun compte, tant ils sont légers et fugitifs, prennent, aux yeux du médecin averti, une importance et une gravité faciles à comprendre. Que de malheureux eussent été sans doute conservés, si les premiers signes de leur mal avaient pu être appréciés à leur juste valeur! Je le répète donc, car je ne saurais trop insister sur ce point, toutes les fois que l'origine d'une impuissance sera dîiBcile h saisir, que sa source, comme il n'arrive que trop souvent, se perdra dans des méandres inextricables, qu'on interroge avec soin l'innervation générale, et qu'on ne l'abandonne qu'après avoir minutieusement exploré l'intelligence, la sensibilité et la motilité.
Que l'organe copulateur, par suite d'une affection des centres nerveux, soit frappé d'asthénie ou de paralysie, le résultat est le même, l'érection est impossible (1); que l'altération porte sur In sensibilité ou sur la motilité, le traitement de l'impuissance n'en subit aucune modification, ou plutôt ce traitement est nul, toute l'attention du médecin et toutes les ressources de l'art devant s'adresser à la maladie mère, à l'affection des centres nerveux , source de tous les désordres.
Il n'en est pas ainsi lorsque, l'affection des centres nerveux ayant disparu, l'impuissance persiste. Il est alors nécessaire de recourir à un traitement spécial que j'exposerai dans le chapitre sui\ant, alors qu'il sera question de l'impuissance consécutive.