‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité v. 1-2Chapitre 48 sur 122 · C. Abus de 1* appareil digestif · texte numérisé non relu

C. Abus de 1* appareil digestif

S'il est un ensemble d'organes qui entretienne avec toutes les autres parties de l'économie des relations intimes et constantes, c'est à coup sûr l'appareil qui sert à la notrition et partant à la conservation de l'individu ; aussi les excès dont la nulrilion peut être l'objet, qu ils soient eo deçk ou nu delà dn type normal, exercent-ils une influence ntanifeste sur toutes les fonctions tant organiques qu'ani* maies.

Iljl rilPVI«SA:«CE CONSflCOTIVi

^,hii fonction ^linitnlt', va ilrhors mômo ilcs s^mpolbics ipécûlo qu'elle entEatJiatJiTeelM liHM;Ua|H.4^gM(^«#f <l ^n je ferai mieux resMrtùr Mtlaon) deviU plop ffU tM^ avtrc peul^tni h ^cer wui > MftmigM» de, cet «ppu* E<il( puiiqae son jnergieiflt « fiuiliti aoot prQfiortiofUieKet, mi qu«l(|aea cm palkpIogifttM.en^lMNHkvli, à. la tant dU 4éTeIoppein«Bl, qui M ri^l* ril»-nène tor TélH jlt lu Mi(rilioD.

,. Cet état, en debon dp tjpa «eriuti t'ofte» ,;jytjp la lUnii pltu baul. hui deai tonat» m^nmaUflfffiliff, •'«•Irè-dire overcicèi w moinit on ^vec escitw ^^*^ doBtrinflueneeert, daiulee dtM cas, égalemeaf f)iM0ipr le leni génital. C'est dMc i «^ double poiot de ynè %tm Mua devons coiuidérar le« eicè» do la Bulrition tfû a'appelient, d'une part,' tempérance, je&ne, macération, et, d'anlre port, inlempérance ou goinfrerie, quand il ne s'agit ^ne des aliments, et ivrognerie, quand il s'agit de liqueur* apirilueuses.

1* Excès de tempérance. — ■ L'histoire de toutes les religions, qui firent de la choslfté une vertu gloriCëe dans leurs dogmes, nous a conservé le nom de pieus solitaires, qui, par des jeûnes et des macérations de toutes sortes, parvenaient à dompter raiguîllon de la chair et à triompher daus les luttes que leur fanatisme engageait contre la natare. C'est ainsi que les saint Antoine et les saint JérAne purent résister aui séduisants fanlAmes qui les venaient Imter pendant leur sommeil, et que tant de fervents cénobites rapportèrent à Dieu une virgiuité qu'ils avaient pronis de respecter.

Sine Cerere et Baceho friget Fenm est un vieil adage dont la vérité ne saurait être mise en Joule ; maia il y a loin de la modération des ardeurs amoureuses rausée par la

A UN ÉTAT PATUOGÉMQUB. â5S

tempérance à rétouiïeraent des désirs vénériens et k TimpuissBnce de l'organe copulaleor amenés par les excès de jeûne et de macération.

La tempérance, unie surtout è ia continence, loin de porter atteinte à Téncrgic virile , lui donne, au contraire, une force nouvelle, et pour qu'elle produise les désordres génésiques dont nous parions, il faut qu'elle soit portée i Teitrème, et qu'elle détermine cet état d'aiïaiblissement général que j'ai précédemment étudié sous le nom de con- Mmption.

Je ne reviendrai pas ici sur ce point, d*autant mieux que les exemples d'anaphrodisie par excès de tempérance sont des mjthes dans nos sociétés modernes, et qu'il est plus utile de nous étendre sur les infirmités causées par les excès d'intempérance dont tous les jours, hélas! nous. avons le triste spectacle.

2» Excès d'intempérance. — Quoique Tinlempérance aiïecte spécialement le sens du goût (1), elle présente deux physionomies tellement tranchées, selon qu'elle dérive des excès de nourriture ou des excès de boisson, qu'il est indispensable de rétudier séparément sous chacune de ces deux faces. Nous aurons donc à examiner l'intempérance par excès d'aliments et l'intempérance par excès de boisson.

!• Intempérance par excès d'aliments. — Les excès

(I) Qoelqoes auleors, Virey entre antres, dans rarticle iRriiiFilAHci du Dictionnaire des scienceê médicales^ comprennent sous le nom d'intempérance les excès du sens du goût et ceux du sens génital. Celle confusion est regrettable , parce que le même mot ne peut et ne doit servir à exprimer des faits si éloignés les uns des autres. Les moralistes, en désignant sous les noms de continence et dlncontimnee les excès du sens génital, me paraissent plus logiques et me forcent ainsi à me ranger à leur opinion.

85ft mpinssAiicv consAcotitë

d'alimentSy considérés sa point de voe de rimpuissanca, ont an triple mode d'action :

i" Ils amènent Tobésité, qui, ainsi que nous Pavons ?o, constitue quelquefois un obstacle mécanique k la copulation.

2* Ils absorbent, au pro6t d'une seule passion, tous les stimulants de la vie morale.

S"" Enfin, ils enlèvent i l'appareil génital tout ou partie de rénergie vitale.

L'obésité m'a longuement occupé dans une autre partie de cet ouvrage (1), je n^y reviendrai pas ici.

Je ne m'arrêterai qu'aux deux autres modes d'action des excès de table, que l'on peut réunir dans le même cadre, parce qu'ils découlent de la même loi physiologique.

Celte loi est la suivante :

Tout organe ou tout oppareil d'organes fonctionnant avec excès, a besoin d'un surcroît d'activité qu'il enlève aux autres organes, et plus spécialement à ceux qui entretiennent avec lui des rapports sympathiques, ou qui, déjà affaiblis, ont moins de force pour lui résister.

J'ai déjà dit, et j'exposerai plus longuement tout h l'heure, que les organes qui ont avec l'appareil génital les relations les plus intimes sont l'estomac et le cerveau, en tant que ce dernier organe est considère'» comme le siège des facultés intellectuelles.

Je n'ai donc à m'occuper ici, d'une part, que des rapports de sympathie qui unissent l'estomac et les facultés morales d'où naissent les désirs vénériens, et d'un autre côté de rinfluence qu'exerce l'organe digestif sur l'appareil de la copulation.

Sous le premier rapport, les excès de table, répétés d'une

(4) Yoyei la page 263.

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manière continoe, agissent de deux manières sur l'organe de la pensée : tantôt en lui enlevant et en appelant vers restomac une grande quantité d'influx nerveux, afin de débarrasser les voies digcstives des aliments qui les surchargent ; et tantôt en déterminant dans la masse cérébrale de petites congestions qui, souvent renouvelées, finissent par porter un trouble profond dans les fonctions de Tencépliale. Les grandes idées et les nobles passions sont incompatibles avec les plaisirs exagérés de la table. Les gastrolûtres ^ pour me servir de Theureuse expression de Rabelais, arrivent h la longue à perdre le sentiment de leur personnalité et k 9è dépeiiiller de tous les nobles attributs qui distinguent rhomimede la brute. Voyez dans quel profond avilissement tombent les Romains, lorsque abandonnant les vertus antiques, ils s'asseyent aux tables somptueuses de leurs empereurs. Vainement l'amour les sollicite, la beauté les appelle; leurs pensées, leurs désirs, leurs passions, sont ailleurs et poursuivent un autre but ! Semblables au Grec PhiloxènCy qui ne formait plus que le vœu d'avoir un gosier long comme l'oie, afin de mieux savourer les mets, les gastrolâtres concentrent dans un seul de leurs organes toutes leurs sensations, toutes leurs voluptés, tous leurs plaisirs, et si quelquefois leur imagination engourdie éclairé leur pensée d'un faible et fugitif éclair, ils s'en <ertent, non pour ressaisir un lambeau de leur individualité perdue, maisipour se replonger avec une nouvelle ardeur dans leur crapuleuse débauche, en rêvant, comme disaft 'd*Afgrefeuille, une Académie de la gueule.

La diminution et quelquefois même l'étouffement dés 'désirs vénériens, amenés par les excès de table, ne sonti^ertainement pas sans influence sur l'énergie de l'organe copûiMesr lui-même ; ils suffiraient h eux seuls pour rendre

«)66 IlIPUISgAKCE COKSiCUTlVE

compte de l'impuissance qui succède i ces abus, si d'aulrea circonstances, que les plus simples notions de la physiologie nous enseignent, ne concouraient aussi 1 produire Tanaphrodisie.

Tout le monde sait qu'après on copieux repas, surkMit si l'on a fait usage de liqueurs sptritueuses, les forces gécH taies sont loin de répondre à l'ardeur des désirs } ceui^i sont le résultat de Texaltation de l'imagination, née sous l'empire de Texcitalion des voies digestives, et sont des amorces trompeuses sur lesquelles l'homme prudent se garde de fonder de trop grandes espérances.

Nul n'ignore que pendant le travail de l'estomac, tontes les fonctions animales, c'est-à-dire toutes les foDctiona de relation semblent s'anéantir et abandonner leur vitalité à l'organe digestif, qui, lui, a besoin d'un surcroît de forces pourse débarrasser des aliments qui le remplissent. L'homme qui digère ne pense plus, se meut difficilement, et ne jouit pour ainsi dire que d'une sensibilité obtuse; en un mot, le roi de la création descend au niveau de la brute.

Ces excès, longtemps continués, en enlevant journelle'* ment une partie do leurs forces aux organes génitaux, les appauvrissent suffisamment pour les. empêcher de remplir convenablement leurs fonctions.

l.a gastronomie poussée a l'excès agit donc de deux manières différentes sur le sens génésique ; en d'autres termes, elle porte atteinte a deux conditions du coït: 1^ aux désirs vénériens, 2'* à l'érection de la verge.

C'est donc par conséquent sur ce double terroin que devra marcher la thérapeutique.

Mais avant de rien entreprendre, il est d'une absolue nécessité qu'une vie régulière et frugale ait succédé aux excès qui ont donné naissance h l'impuissance ; la fonction

A UN ÉTAT PATBOGÉNIQUB. 557

liîgeslive sera ramenée à un type normal, et pour cela faire, le régime alimentaire sera réglé sur Tétat sain ou morbide des voies digeslives.

Cette condition remplie suffit, dans beaucoup de cas, poar réveiller tout à la fois les désirs vénériens et Ténergie de la verge 3 il ne faut plus que savoir attendre et persister dans la sage et prudente hygiène qui constitue la médication.

Quelquefois cependant ces prescriptions sont insuffisantes, et alors il faut que la thérapeutique intervienne d'une ma* nière plus active.

Pour rappeler les désirs éloignés, on recourra aux excitants moraux de toutes sortes : les conversations et les livres badins, les tableaux, les gravures et les marbres représcn-* tant des scènes d'amour, les spectacles grivois, les théfttres, les bals, les concerts, seront tour à tour mis en usage, et leur emploi judicieusement réglé sur les goûts du malade. Cette dernière circonstance est plus importante qu'on ne peut le croire, car la médication atteint un but diamétralement opposé à celui que l'on poursuit, si elle froisse un sentiment ou un instinct quelconque. J'ai vu l'exhi^ bîtion que l'on faisait il y a quelques années, à Paris, de femmes complètement nues, sous le nom da tableaux vivants^ non -seulement inspirer une profonde répulsion pour ces femmes, dont la beauté des formes était cependant manifeste, mais encore produire une véritable anaphrodisie que perpétuait le souvenir de ce spectacle. J'ai également connu on malade qui, malgré son vif désir de lire le roman de Justine^ de M. de Sade, n'a jamais pu surmonter le dégoût qo'il éprouvait dès les premières lignes de cet ouvrage.

Il fautdonc, sous peine de manquer complétementson but, apporter une certaine circonspection dans le choix des excitants moraux, et ne se décider qu'après avoir minutieuse-

ft58 mpoisaiJici coiistciiTiTi

nent consulté les goûU, les habitades et let tewtoaces morales du malade.

En môme temps que les désirs vénériens seront ainsi sollicilés, on s'occupera à rappeler dans l'organe copolaleur la virilité qui Ta fui, et Ton tirera les indications de eette thérapeutique du mode de production, du mécanisme» si je puis ainsi dire, du mal qu'il s'agit de combattre.

L'impossibilité de l'érection e^t due, on se le rappelle, k la soustraction d'une partie de la vitalité qui anime les organes génitaux ; le traitement doit donc se proposer de rendre h ces organes la vitalité perdue.

Tous les mojens capables d'attirer le sang vers les parties inférieures du tronc, et conséquemment dans l'appareil copulateur, seront mis en usage, car une circulation active et luxuriante porte avec elle la vie et l'énergie. C'est ici que la ihcrapeuliquc de Clia|tlul et de Gcsner, dont j'ai déjà parlé (1), trou\e une indication formelle, et que les immersions r(^pélées de la verge dans une décoction de semence de moutarde . employées avec succès par ces praticiens, amènent les résultats les plus heureux ; on peut même, ainsi que je l'ai fait plusieurs fois, substituer h ces lotionsi dont Taction n'est pas assez rapide, de véritables sinapisnies appliqués sur le périnée, et même sur la verge; il suflit de produire une simple rubéfaction, et Ton renouvelle tous les jours l'emploi de ces cataplasmes de moutarde.

Le môme eiïet est également obtenu par la chaleur, soit sèche, soit humide, et sous ce rapport on aura garde de se priver des bénéfices des bains chauds. Les bains froids, surtout au début de la médication, sont essentiellement contreinJiqués, u moins que quefque circonstance spéciale n'en réclame l'usage.

(4) Voyez les pages 24 8 et 3S9.

A UN AT AT PATHOGÀNIQUB. âÔ9

La flagellation, rurlication, le massage et les frictioDS sèches sur les lombes font également partie de l'arsenal thérapeutique où le praticien devra puiser.

Tous ces moyens ne seront point employés simultanément; on les appellera tour à tour à son aide au fur et k mesure que l'un d'eux échouera. Il est aussi telle disposition individuelle qui peut décider le choii du médecin, et i| faut laisser à la sagacité do celui-ci les soins que cette déci* sion comporte.

2* Excès de boissotis. — Les boissons se partagent en deux grandes classes : l*" les boissons fermentées; 2*" le^ boissons non fermentées.

Les premières se subdivisent à leur tour en boissons fermentées simples et en boissons fermentées distillées; et lef secondes en boissons aqueuses rafraîchissantes et en boisr sons aqueuses stimulantes.

Au point de vue spécial qui nous occupe, les boissons uon fermentées ne sauraient m'arrèler longtemps, car si Ton comprend que les boissons aqueuses, prises en très grande abondance, soient capables de débiliter l'organismiQ au point de produire l'impuissance, on conçoit difiicilement les motifs qui pourraient amener de tels excès; le temps de l'inquisition et des pénitences exemplaires est bien loin de nous, et ce serait poursuivre un fantôme que de rechercher l'anaphrodisie par abus de l'eau introduite, bien entendu, dans les voies digestives.

Mais il n'en est pas de même pour les boissons alcooliques, au nombre desquelles je comprendrai toutes les boissons fermentées simples ou distillées, parce que leur action sur le goût et sur les facultés inlellectuelles sollicite l'homme à en faire un usage trop souvent abusif.

L'alcool introduit dans l'estomac agit d'abord d'une ma-

â60 mPOIMANCB G0N8ÉCUTIVB

nîère irritante sur la muqueuse de ce viscèrei et secondairement d'une manière excitante sur le système ner?eux encéphalique ; en conséquence et eu égards aux sympathies que j'ai déjà signalées comme reliant entre eux le certeau» instrument de la vie morale, Torgane digestif et le sens génital, on doit comprendre la double influence exercée sur celui-ci par les excès de boissons alcooliques.

« Ceux qui boivent beaucoup de vin, mesmement tout » pur, dit Plutarque, sont lâches à l'acte de la génération, et » ne sèment rien qui vaille, ni qui soit de bonne trempe pour » bien engendrer ; ains sont leurs conjonctions avecque les D Temmes, vaines et imparfaites (1). » Cette observation est bien plus vraie que celle de Pline, qui prétend que le vin rend gentil compagnon à Vendroii des dames. L'enquête ordonnée i Londres en 1720, sur les causes de la diminution considérable que Ton avait constatée dans le nombre des naissances et de laquelle il résulta que l'ivrognerie en était la cause principale, vient a l'appui deTopinion de Plutarque, alors même que la science ne lui donnerait pas entièrement raison.

Et en eiïet, les excitations successives et souvent répétées que laissent après eux les excès alcooliques (2), finissent par émousser la sensibilité générale, de telle sorte que le sens génital se perd tout h la fois par l'abolition des désirs et par Tanéantissement de Torgane sensitif lui-même, li'ivrogne de profession n'a plus de goût que pour son vice, et le penchant qui l'entraîne le pousse a une brutalité dont la source n'est ni dans son cœur ni dans son imagination^ ces deux foyers du sens génésiaquo.

(I) Traduclion d'Amyot.

.1) Voyez Ch. Rœ»cb, De l'abw des boissons syiriiueusrs, Paris, 4S39, page 72.

A UN ETAT PATUOGÉNIQUK. 361

Quelle que soit la boisson rermenlée dont Tivrogne fasse abus, que Talcool soit à l'état de presque pureté, comme dans reau-de*vie et le trois-six ; qu'il soit mélangé à des substances plus ou moins astringentes, comme dans le vin; qu'il soit mêlé, au contraire, à des substances débilitantes, comme dans la bière, les résultats définitifs sont les mêmes. La physionomie des ivrognes peut différer, ainsi que le montrent les buveurs de vin et de bière, mais les conséquences, sous le rapport qui nous occupe, sont parfaitement identiques : tous perdent, avec le sentiment de leur dignité, le stimulant moral qui pousse un sexe vers Tautre, et en même temps la sensibilité physique sans laquelle nos organes restent sourds aux impressions extérieures.

Deux indications se présentent donc h la thérapeutique de l'impuissance par excès de boissons alcooliques: 1* rappeler les désirs mis en fuite ; S"" ranimer la sensibilité locale engourdie.

Il est bien évident qu'avant d'entreprendre la médication spéciale au sens génital, il faut que le malade ait renoncé à ses habitudes de buveur, et qu'un traitement approprié et que je n'ai pas mission d'exposer ici ait heureusement combattu les accidents généraux que l'ivrognerie détermine, tels que paralysie, démence, amaigrissement, cachexie, etc.

Quelquefois le retour à la sobriété et le traitement des accidents généraux suflisent pour ramener l'exercice normal des facultés génitales; ce résultat s'obtient surtout chez les malades dont l'intempérance n'a pas eu une longue durée, et dont la transformation s'est opérée au milieu de l'air pur et vivifiant de la campagne.

Cependant, malgré ces conditions favorables, l'impuissance survit quelquefois à toutes les autres conséquences de l'ivrognerie, et il est alors nécessaire de réveiller, comme

S62 Ulf UiMAWft ONHftGpilU

çhei les bavears de profeuioD , les ièmn féBériepw il la force virile eogoardis.

Pour remplir la première ïDdicatioo, oa recMirra av eicitaols moraoi dont j'ai déjà parlé pliisiettrs Ibb». et Tm observera dans leur mise eo pratique les coDdiljiMia.qH:Ji'*î indiquées comme indispeosabias k leur succès (i)» .

Quant 1 rinertie de Torgane génital luiHnèTOi ilbiitt pour la pouvoir combattre heureusement, se rendre oooipte des modifications pathologiques qui l'ont prodoite. S'il m'était permis de détourner un mot de sa aJgnificalMHi précise, je dirais que» dans le cas dont il s'agit« raflectîoo est une phlegmoiie nerveuie chronique détenninée^ 'comme beaucoup de phlegmasies chroniques, par npe succeision plus ou moins rapide de stimulations.

Par conséquent, toute nouvelle stimulation, quelle que soit sa nature, est formellement co.ntre- indiquée.

Mais si l'on réfléchit que les stimulations alcooliques se sont presque exclusivement fait sentir dans les centres ner* veux, et surtout au cerveau, et que TafTaiblissement des extrémités a pu être amené par la privation de l'influx nerveux, dont le centre faisait une dépense trop grande par suite des stimulations dont il était le siège, on comprendra qu'il ne faut tenir dans une proscription absolue que les excitotcurs généraux.

Et en cflct lo strychnine, la brucine, la noix vomique,etc. , n'ont aucune action dans les circonstances qui nous occu- |ient, quand elles n'aggravent pas les accidents qu'il s'agit de combattre.

liCs excitateurs locaux, tels que l'électricité et l'acupuncture, ont une action plus certaine que les excitateurs géné-

(4) Voyex la page 357.

A UN ÉTAT PATBQ6ÉICIQDE. S6S

rauiy mais il ne faudrait pas croire qu'ils réussisseot d'uoia manière constante; je les ai ?us échouer assez souvent.

La médication qui a paru me donner les résultats les plus satisfaisants est la médication par le calorique» appliquée localement, soit sous forme de bains, soit sous forme de fumigations simples ou aromatiques. Pour obtenir ce dernier effet, le malade est assis sur une chaise percée, au-dessus d'un réchaud contenant quelques charbons enflammés sv^ lesquels on verse la poudre des aromates dont on veut faire usage. Ce mode d'excitation, dont j'ai déjà parlé ailleurs (1)^ doit être rappelé toutes les fois que l'occasion s'en présente, car il rend d'éminents services dans le traitement de diverses formes d'impuissance.

Quelle que soit la médication que l'on ait appelé à SOB aide, et quelque assurée que paraisse ltt< guérison obtenue, on ne devra jamais oublier que de tous les accidents produits par l'ivrognerie, l'alTaiblissement génital est peut-être celui dont la récidive est la plus constante au moindre retour vers la vicieuse habitude. J'ai donné des soins à un sommelier de restaurant qui, à cliaque excès de liqueurs alcooliques qu'il commettait, perdait toute énergie virile, et qui ne la recouvrait qu'avec la sobriété et après une ou deux fumigations aromatiques. Je le répète donc, la guérison n'est durable qu'au prix de la tempérance, et le médecin ménager de son honneur ne s'exposera pas aux chances d'une médication presque à coup sûr inutile, si le malade^ en réclamant ses soins, ne fait qu'un serment (Tivrogne.

D. Abus de Vorffan$ inteUetUul.

a On a observé, dit de Ligoac, que les mariages dm

(4) Voyez la page 209.

M& iHNMâilGB comitiitivi

fjtûtr de lettres • -étaieDt pai ceux qoi rapportaient le plus è l*£tat : « J'ai Iq dans une fable ioeonniie aux aoriens, a dit Dafresny, qo'ApolloD s'étaot marié an jonr, rHippocrèoe tarit le lendemaio. Uo géuie marié est on géoie stérile. En effet , continue Doflresnj, les productions de l'homme sont bornées; il Tant opter, de laisser à It postérité ou des onf rages d'esprit ou des enrants (i). » (//muiemeiilff térieu» €t comiqveSf amosem. iV).

La Table imaginée par Dufresny con6rme l'allégorie iim anciens, qui, pour exprimer l'étoignement des lettrés pour les plaisirs de l'amour, ont représenté oMnme f ierges Apollon et les neuf Muses, ses scsurs.

La Fontaine, fort compétent en ces sortes de OMtières, dit que :

Uo maleUar» I ce Jee, vaot trois rois.

L'observation médicale est ici entièrement conforme a Popinion des poètes , et s*il est vrai que les travaux de l'intelligence, poursuivis dans une mesure raisonnable et au milieu d'heureuses conditions hygiéniques, soient pour l'organe cérébral un bienfaisant stimulus dont l'inOuence se fait sentir jusqu'aux dernières ramifications du système nerveux, il n'est pas moins certain que les excès dans les travaux du l'esprit amènent, en dehors d'une foule d'actions qui peuvent plus ou moins retentir sur le sens génital, une débilité nerveuse générale, a laquelle les fonctions généra* trices ne sauraient se soustraire.

Parmi les causes qui président aux maladies des gens de lettres, Tissot en mentionne deux principales qui doivent également m'arrèter un instant ; ce sont : 1* la contention de l'esprit; 2^ Tinaction du corps.

(4) De Vkimme et âê la femme, etc., t. II, p. 47.

A UN ÉTAT PATDOGÈNIQUB. 565

La contention d'esprit a deux modes d'action parfaitement distincts, et s'adresse tantôt h la partie morale et tastât à la partie physique du sens génital.

Dans le premier cas, la contention d'esprit a pour résultat de détourner Timagination du but que Tamour se propose, comme dans Texemple suivant cité par l'auteur de l'article Impuissance du Dictionnaire des sciences tnédù cales : a Peyrilhe rapportait dans ses cours l'observation suivante : Un mathématicien, profondément occupé de certains problèmes qu'il ne pouvait résoudre, s^oubliiit . près de son épouse chaque fois qu'il allait partager ses feux avec elle, c'est-à-Jire que son imagination le reportant suur ses problèmes pendant l'acte , il lui était alors impossible d'éjaculcr. Sa femme vint consulter ce médecin habile qui lui conseilla de produire chez son mari une ivresse joyeuse, et de saisir ce moment comme étant le plus propre à recevoir ses. caresses. L'avis de M. Peyrilhe, rigoureusement observé, vint combler l'espoir des deux époux ; en un mot, le mari, arraché a ses profondes méditations, rentra dans tousses droits. » (Maur, thèse^ Paris, 1805«)

Quoique l'auteur de cette observation soit d'une sobriété de détails désespérante, on ne saurait admettre que l'impos* sibilité de l'éjaculation dont il parle fût analogue à cet état que j'ai appelé aspermatisme; il est h croire, au contraire^ qu'elle était due 1 la flaccidité de la verge, qui se prodaisait au moment où l'imagination cessait de présider 1 l'acte copulateur. Cet eflet est très commun, et il est peu d'hommes qui ne l'aient éprouvé, quel que fût le motif qui détournilit l'esprit de l'opération amoureuse près d'être entreprise. L'impuissance qui en résulte, quoiqM très réelle , est essentiellement passagère , et l'imagination , ramenée sur le théâtre de l'amour, peut ioconti-

BMt fBprottdre 808 droits 6t birc oublier son nofliieiit a lb«

liais les choses ne se ptsseot pas tOQJoors ainsi) A ¥m préoeecpelioBs intelleetiielicis peuvent à ce point absorber l'euprit que riniagtnation soit sans images et le conseostis saosdésirs.Newton elW. PiU nonnirent vierges; Karit baissait les femmes ; Bacon remarque qn'oocon grand boAmé de rantiqnîté ne fut très adonné aux plaisirs seinels ; dt lëtf nctens, cachant les ptos grandes Térités sons les plus mgtiienses allégories, avaient donné à Minenre, la déesse de la science, le snmom de iemme sans tnaméUet^ et ils la ga* mnlissaient des traits de TAmoar avec la tête de Méduse.

Cette influence de la contention d>sprit sur tel désirs vénériens est connue de tout le monde, et beaucoup d'hommes, au milieu des circonstances de toutes sortes qui, dans les grandes villes surtout, les sollicitent i la débauche, ne doivent faire honneur de leur continence qu'aux préoceopalions fiévreuses qui remplissent leur existence.

Au point de vue purement physique , les eicès de travaux intellectuels exercent sur l'organisme une action débilitante constatée par tout le monde ! « Le travail du cabinet, dk Rousseau, rend les hommes délicats, aiïaiblit leur tempérament, et rime garde difficilement sa vigueur quand le corps a perdu la sienne. L'étude use la machine, épuise las esprits, détruit les forces, énerve le courage, rend pusillanime, incapable de résister également h la peine et aux passions (!)• » Ramaxxini n*est pas moins explicite : «L'union de l'âme et du corps, dit-il, est telle qu'ils partagent réciproquement le bien et le mal qui leur arrive ; l'esprit est incapable de s'occuper quand le corps est fatigué

(4) Frê^ltm^dê Bfuuiiw, Mvrss diverses, 1. 1, p. 471.

A m ÉTAT PATHOGÉNIQUE. 367

par les exercices excessifs, et une applicotion trop soutenue à Pétu^e détruit le corps en dissipant les esprits animaux qui sont nécessaires k sa réparation (1). y> Tissot, si compétent en pareille matière, explique, comme il suit, l'action du travail intellectuel sur le dépérissement de l'organisme : aPour comprendre, dit-il, ces influences du travail de l'esprit sur la santé du corps, il suffit de se rappeler : l"" un fait qoe j'ai déjà indiqué, et que le sentiment apprend à toute personne qui pense et qui s'observe penser, c'est que le cenreau est occupé pendant que l'on pense; S"" que toute partie du corps qui est occupée se fatigue, et que si le travail dure trop longtemps, ses fonctions se dérangent; 8* que tous les nerfs partent du cerveau, et de cette partie précisément du cerveau qui est l'organe de la pensée et qu'on appelle le sensorium commune; &*" que les nerfs sont l'une des parties principales de la machine humaine, qu'il n'y a aucune fonction à laquelle ils ne soient nécessaires, et que, dès que leur action est dérangée, toute l'économie animale s'en ressent.

» D'après ces principes simples, chacun sentira que quand le cerveau est épuisé par l'action de l'&me, il faut nécessairement que les nerfs souffrent et que leur dérangement entraîne celui de la santé, et détruise enfin le tempérament sans qu'aucune autre cause étrangère y ait part (2).»

Il est donc incontestable que sous Tinfluence des excès du travail intellectuel, outre l'éloignement des désirs vénériens, la force virile s'aiïuiblit elle-même, et cela en vertu de la loi physiologique générale si bien indiquée par Tissot.

Mats, outre ces deux caractères qui sont communs à

(4] Opéra omnia, p. 648.

(8) De la santé des gens de lettres. Nouvelle édition augmeotée de notes, par P.-G. Boisseau. Paris, 4 826, page 24.

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plusieurs autres espèces d*aoaphroiiisie, Timpuissancii dci hommes de cabinet s*accompagnet pour le moral, d'oM hjpochondrie,el,pourlepb;sique,d'aGcidenUducdtédasj»« tème génito-urinaire, auiquels ne sont peut-être pu étrangères l'inaction et la position assise que les oufriers de la pensée gardent trop longtemps.

LMnaclion amène , en eflet, des troubles dans les diges« tiens qui réagissent sympatbiquement sur Torgane cérébral; et la position assise livre aui congestions sanguines les organes contenus dans le bassin, par suite de Tobatade matériel qu^cile oppose à la libre circulation dans les parties mférieurea et du repos lui-même de cette partie ; aussi a-t-on toujours mis au nombre des maladies des lettrés, la gastrite et la gastralgie, rhvpocbondrie, la gravelle, le calcul vésical, les engorgements de la prostate, etc., etc., aiïections qui ont toutes, comme on le sait, une influence Acheuse sur réncrgie virile.

Au moment où j'écris ces lignes, je donne mes soins i un jeune homme de Bruxelles, ftgé de vingt-sept ans, d'un tempérament bilioso-sanguin, dont Timpuissance s'acoompaghe d'accès assez fréquents de gastralgie, d'une bypochondrie prorondo poussée jusqu'à des idées de mort, et de douleurssourdesda cété du col vésical suivies assez fréquem* ment d'une perte blanche que le molade confond arec des pertes séminales, et qui n'est que le résultat d'une sécrétion plus abondante de la prostate. Ce jeune homme a quitté, il y a dix-huit mois, le service militaire pour se livrer k des éludes métaphysiques; comme il obéissait, m'a-t-il dit, k une vocation irrésistible, il a sacrifié, avec toute l'ardeur d'un néophyte désireux d'apprendre, sa vie active et son sommeil réparateur à la lecture des ouvrages de Leibnitz, Descartes, Malebranche, Spinosa, etc., etc.

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Après six mois d'un changement aussi radical dans les habitudes et le mode d'existence, des douleurs vagues d'abord, mais ensuite plus prononcées, se firent sentir du côté de la prostate, et leur plus grande acuité, qui correspondait toujours à une augmentation des excès du travail intellectuel, était tout h la fois le signal d'une sécrétion plus abondante de mucus prostatique, et d'une impossibilité d'érection, malgré Taiguillon de désirs vénériens très réels. Bientôt des accidents nerveux apparurent du côlé de l'estomac et furent promptcment suivis d'un amaigrissement général, d'une teinte terreuse de la peau et d'un change* ment complet dans le caractère gai et les idées riantes du malade.

Fidèle au précepte de Tissot et ù celui de tous les auteurs qui ont écrit sur la santé des gens de lettres , j*arra» chai le malheureux à ses livres et à ses philosophes favoris^ j'exigeai le retour h la vie active d'autrefois, j'imposai les exercices corporels en plein air et surtout h la campagne, et je prescrivis un régime analeptique secondé par l'eau de Spa. Sous l'influence de cette simple hygiène, une saison d'été suffit au malade pour renaître au monde, a ses espérances et à ses plaisirs ; malheureusement l'hiver, en le chassant de la campagne, l'a ramené à Paris, où il a retrouvé ses livres, qu'il a cru pouvoir reprendre sans crainte d*une rechute; mais cette confiance ne s'est point justifiée, et dans le courant de mars, c'est-à-dire trois mois après la reprise de ses études, le malade vint de nouveau réclamer mes soins et m'accusa les mêmes accidents que ci-dessus, mais à un degré moindre.

Avant de me venir voir, et sur le conseil d'un confrère, il avait essayé de faire usage du citrate de fer, et avait éprouvé de l'emploi de ce médicament une aggravation dans l'état

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oerfeui da canal alimentaire. Le bismnth et lea opiaeli firent raison de cette sarexcitation, et lea mojena hygié- ■iqaes précédemment employés paraissent josqn'è présent dtfoir produire des résultats aussi benreu qne la pi»* mière fois.

A défaut de cette obsenration, Teipérience et la raiaoB commandent de n'entreprendre aucune médication» si au préalable on n'a enle? é le malade à ses livres, à ses méditations, en on mot k la cause même de son mal. Cette condition indispensable est, il en faut convenir, la pins dilBdlodo toutes à réaliser. Tissot, dont le témoignage eat d*un grand poids en pareille matière; ne cacbe pas ses craintes à cet égard : « La première difficulté, dit-il, qu'on a à vaincre avec les gens de lettres, quand il s'agit de leur santé, c'est de les faire convenir de leurs torts ; ils sont comme les amants qui s'emportent quand on ose leur dire que l'objet de leur passion a des défauts ; d'ailleurs, ils ont presque tous cette espèce de fuite dans les idées que donne l'élude, et qui, augmentée par cette bonne opinion de soi-même, dont la science enivre trop souvent ceux qui la possèdent, fait qu'il n'est point aisé de leur persuader que leur conduite leur est nuisible : avertissez, raisonnez, priez, grondez, c'est souvent peine perdue, ils se font illusion k eui-mèmes de mille façons diiïérentes : l'un compte sur la vigueur de son tempérament, l'autre sur lo force de l'habitude ; celui-ci espère échapper i la punition, parce qu'il n'a pas encore été puni ; celui-li s'autorise d'exemples étrangers qui ne prouvent rien pour lui ; tous opposent au médecin une obstination qu'ils prennent pour une fermeté dont ils s'opplaudissent, et dont ils deviennent les victimes ; bien loin de redouter le danger i venir, ils ne veulent quelquefois pas même sentir le mal présent, on plutét, le plus grand des maux pour

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