‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité v. 1-2Chapitre 49 sur 122 · A UN ÉTAT PATHOGÉNK^DB · texte numérisé non relu

A UN ÉTAT PATHOGÉNK^DB

eux; c'est la privation du Irovail, ils ne comptent pour rien \e% autres moyennont qu'ils se soustroient è celui-là (1); >.

Lorsque lo raison a triomphé de cette obstinotion Acheose et aplani cette première difficulté, il suflit, dans la mojorité des cas, de suivre la conduite que j'ai tenue dans l'observation citée plus haut; les forces se rétablissetit k mesure que les digestions deviennent meilleures, et l'énergie physique s'accroît de tout ce que ne dépense plus Télément moral.

Cependant il est des circonstonces où la nature seule ne suffit pas à cette réparation, et qui nécessitent l'intervention de Flirt. Alors les ferrugineux, quand ils sont supportés, et le quinquina sont deux spécifiques dont on peut attendre merreille, surtout si Ton o soin de les associei; aux béins froids, et, quand rien ne s'y oppose, aux excitants, tels que la cannelle, le girofle, le galangu, etc., etc.

Quelquefois, mais plus rarement encore, il faut agir sur les centres nerveux eux-mêmes, soit par des médicaments internes, comme la noix vomique ; soit par des moyens externes, comme l'électricité.

Mais, je le répète, la médication par excellence, celle dont on doit attendre le plus de succès, est le repos de l'esprit, l'exercice corporel en plein air, un régime analeptique, tonique, fortifiant et quelquefois excitant.

E. Abus de i appareil géniial.

Le sens génital, comme tous les appareils de l'économie animale, est appelé à remplir une mission, h laquelle, sauf

(4) JLm. cil,, t^. 4 36.

37S IMI*l)ia6ARCI GOMiÉCOTlVI

quelques cas eiceplionnels , noat ne pooTOos ooas soustraire. C'est en vain que rhomme essaie de se révolter contre Tempire de cette loi ; la nature, plus Torte, brise la résistance de sa volonté, ou lui impose des maoi inBnis comme châtiment de sa désobéissance. Buflbn raconte les souffrances d'un curé de la Réolc, victime de la chasteté, et dont rhisloire trop connue ne saurait ici trouver place.

Dans rintérèt de Tharmonie physiologique, qui n'est pas autre chose que Téncrgie relative de toutes les fonctions, la nature a établi pour chacune d'elles un type nonnal, différent, il est vrai, selon les individualités, mais basé sur l'ensemble de toutes les fonctions, et en deçà et an del| duquel apparaît lé désordre, la maladie.

La fonction génitale ne fait pas exception k cette ri^le immuable, et son abstention ou son exercice immodéré, que l'on dé<ii<«ne sous les noms de continence et d'incontinence, entraînent à leurs suites des désordres nombreux, dont je ne dois ici considérer que ceux dont l'action néfaste s'exerce sur In puissance virile.

lo Excès de continence. — Les excès de continence, et même la continence absolue, n'ont pas chez tous les hommes la même influence sur le sens vénérien : chez les uns, cette continence irrite les désirs, tandis qu'elle les abat chez les autres. C'est niïaire de tempérament et de constitution. Chez les individus d'un tempérament énergique, chez ceux dont l'imagination a des élans irrésistibles, les désirs vénériens ont une puissance étrange qui s'alimente de rêves incessants dans le silence de la solitude, et qui trouve, dans les combats mêmes que la raison livre k la folle du logis, comme dit Montaigne, des excitants nouveaux à l'œuvre de la chair. L'histoire de toutes les religions nous montre de ces martyrs de leur foi ^ et , dans l'Iliade chrétienne, saint

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Jérôme est resté comme le type des tristes victimes de la continence et de la chosteté.

Cependant les constitutions les plus vigoureuses ne sont pas toujours une garantie contre les atteintes anaphrodisiaques de la continence ; Galien avait déjà remarqué que les chanteurs et les athlètes, qui, de son temps, se vouaient i la chasteté pour conserver leurs forces, avaient les parties génitales exilia et rugosa comme les vieillards. « Un de mes amis, dit-il, étant venu me consulter h l'occasion d'un priapisme, suite d'une continence prolongée, s'étonna de ce qu'un athlète se trouvait placé, par la même cause, dans une circonstance tout opposée. Miror^ inquit^ quod huic (athletam indicans) ob continentiam rugosus^ coltapstisque pénis evaserit : mihi vero ex quo continentiam servare studuij evenerit contrarium. Galien ajoute que ceux, au contraire, qui, dans leur jeunesse, s'étaient abandonnés sans réserve aux jouissances de l'amour, avaient les parties génitales extrêmement développées (1). »

Le médecin de Pergame ne fait qu'affirmer une loi physiologique dont la vérité n'est contestée par personne, el qui fixe l'intime corrélation existant entre le développement d'un organe et l'exercice de sa fonction. Celte loi, dont un exemple frappant est le défaut de symétrie parfaite entre les deux parties latérales du corps par suite du plus grand usage d'un côté que de l'autre, peut se traduire de la manière suivante : Plus un organe ou un appareil d'organes fonctionne, plus il possède une nutrition active, et plus, par Gooséquent, il s'accroit en volume et en énergie; vi^ versdf moins un organe ou un appareil d'organes fonctionne, et moins il jouit d'une nutrition abondante, et plus, par

{V. DicUmuuiirê </^« tcienre* médictiln, art. CiAtreri.

S7& IMPCIStARCI COMÉGiniVi

conséqueDt, il e<t f «posé au dépérissement et à Tatrophie.

Si lette loi physiologique n*est pas un mensonge, on comprend que Ton en pui<se faire Tapplication à Tappareil S(énîtal, et que, ihez 1rs inditidus dont l^imaginalion para- Ijsée n*é%eille pas le feu sacré des désirs dont la présence supplée , jusqu'à un certain point, Teiercice de la fonction en entretenant dans les organes Tetcilation et la liCi oo comprend, dis-je, que rhei ces individus lèches de corps et d'esprit, r.ip(uireil pénitaL par suite du repos forcé auquel il est condamné, éprouve une sorte d*arrèt de développement, et reste , comme cbez les enfants , k Tétat embryonnaire.

J'ai raconté ailleurs • 1) un eiemple de petitesse eitrème de la ter^c, à laquelle je parvins cependant à donner on volume convenable par le seuiciercicc de la fonction copulatrice, grâce à la persistance chez le roala<ie des désirs vénériens. Mais cette circonstance lieuroiist> no se rencontre pas toujours, et il est assez ordinaire que dans rcs|}ècc d*im« puissance qui m'occupe, on ait à réveiller tout à la fois l'activité géné>ique du moral et la force annihilée de Torgane copulatcur.

Je ne reviendrai pas ici sur les movens d*e\citation mo* raie que j'ai longuement exposés dans un autre chapitre de cet ouvrage; mais je ferai remarquer que si la continence est le résultat, non de la volonté, mais de Tapathie du tempérament, il faudra d«; toute nécessité recourir, en même temps, a une méilication fortitiante dans laquelle le iér et le quinquina à l'intérieur, et les bains froids dans Tesu courante , et surtout dans la nter, occuperont une Iff^e place.

Voyvi la paga 460.

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Quant à la médication locale, à celle qui aura plus spé* cialement pour objet de relever les forces viriles aiïaiblies, je n'en sais pas de meilleure que Texercice même de la fonction.

Cependant, pour arriver i la possibilité de cet exercice, k la réalisation du premier coït, on se trouvera bien de recourir à l'intérieur et en frictions, concurremment avec la médication générale par les ferrugineux et les toniques, aux agents que les anciens désignaient plus spécialement sous le nom d'aphrodisiaques : le phosphore, l'acide formique, l'aristoloche, l'armoise, la garance, la myrrhe, la rue, la Sabine, le safran, etc.; on pourra, dans quelques circonstances, mettre k proBt la stimulation que quelques agents exercent sur les organes urinaires, tels que les cantharides, les acétates de chaux, de potasse et de soude, l'alkékenge, le câprier, la racine de fenouil, etc., etc.

Mais il ne faut pas se faire illusion et placer trop d'espérances sur une médication dont les effets sont souvent douteux et toujours lents à se produire ^ car chez les natures apathiques, qu'on ne Toublie pas, la continence prolongée a souvent déterminé un arrêt de développement de l'appareil génital, auquel il n'est pas toujours facile de remédier, surtout quand l'imagination du malade ne seconde pas la médication ou que le sujet a atteint déjà un certain êge.

2® Excès dUncontinence, Excès vénériens. — Les excès vénériens sont de toutes les causes physiques d'anaphrodisic la plus fréquente, sinon la plus terrible. L'impuissance qu'ils déterminent n'est quelquefois que passagère, mais dans quelques autres circonstances au contraire, elle persiste plus ou moins longtemps, et peut même devenir définitive si les organes testiculaires sont épuisés et flétris.

Je vais examiner les conditions diverses de chacun de ces

376 IMPOIftiAKCi COII8ÊC0TITE

éUts ; mais il me parait utile^ avant d'entrer en matière» de %ider une question, h laquelle les gens du monde et beaacoup de médecins attachent un certain intérêt : je veui parler de la diriercncc des résultats amenés par les eicès de coït et par les excès de masturbation.

S'il en fallait croire à peu près tous les auteurs qui ont écrit sur Tonanisme, les excès de ce vice aéraient beaucoup plus funestes que les excès de coït ; les raisons qu^ils fout valoir on faveur de celte opinion ne me parabseot ni réelles ui fondôes, et l'on peut même dire que, toutes cbosea égales d ailleurs, la copulation détermine une excitation générale, un ébranlement dans tout le système nefveui que la masturbation ne saurait produire dans le silence de ion isolement.

Il est incontestable quo Ton rencontre un plus grand nombre de \irlimes de roiianisme que du coït, mais cette dintTonce en fa^ellr do la masturbation tient a plusieurs causes :

l*" Parce que la masturbation est le plus fréquemment exercée à un A^c où les or<;anes «génitaux n*ont |)oint encore acquis leur développement complet , et que, par conséquent, ils liront à opposer n la fatigue qu'on Inur impose qu'une très faible force de résistance; tandis que le coït est ordinaiiement rapana<;e de l'Iiomine arrivé, sinon à une évolution parfaite, du moins à un degré suflisant d'énergie^

2* Parce (|ue les excès d'onanisme sont plus facilement exécutables que les e\rcs du coït, en ce que pour les premiers une volonté seule suflit, alors que jiour les seconds il faut l'accord de deux volontés et la réunion de certaines circonstances dont le masliirhateur parvient facilement » s'affranchir ; ainsi, le mastnrbateur n'a pas toujours besoin de la solitude pour satisfaire ses vicieux penchants ; r»n en a ui

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qui contentaient leurs habitudes sous les yeux de leurs maîtres ou de leurs parents, soit en croisant leurs jambes et en balançant leurs corps, soit avec la main placée dans la poche de leur pantalon, soit en frottant Torgane voluptueux contre un coussin, un meuble, etc., etc. ; le coït, au contraire, exigeant l'isolement le plus absolu, a bien moins que Tonanisme d'occasions de se satisfaire, sans parler de l'accord parfait qui doit exister entre l'homme et la femme.

C'est surtout à ces deux circonstances, et non h une dif* | férencc d'action du coït et de la masturbation , qu'il faut ■ rapporter les résultats notés par les auteurs; pour moi, je suis parfaitement convaincu qu'au milieu de conditions | égales, les excès d'onanisme et les excès de copulation amè- \ nent des effets identiques, soit sur l'économie tout entière, l soit seulement sur l'appareil de la génération.

D'ailleurs, plus qu'en toute autre occurrence, l'appréciation de ces efTets ne peut être établie d'une manière absolue, et telle incontinence qui sera excès pour Tun, sera pour l'autre le simple exercice de la fonction. Les tempéraments, réiat de santé ou de maladie et les passions jouent ici un très grand rôle, et sollicitent toute Tallention du médecin.

Je me suis déjà sufTisamment expliqué ailleurs (1) sur la valeur de chacune de ces circonstances, pour qu'il soit inutile d'y revenir ici.

En cette place, je dois admettre que l'acte vénérien a été accompli d'une manière abusive, c'est-è-dire en dehors des limites posées h l'individu ou par les forces de son organisme, ou par l'existence d'une maladie, ou par l'état de son Ame, etc. , et que ces excès ont amené l'impuissance.

L'impuissance produite par une pareille cause est rarement indépendante de tout autre phénomène morbirfe :

(1) Voyez les pages 139 el suivantes.

S78 IWUIftAlICI GOmtCOTIfB

taotAt elle est liée k on anaiblisieiDeQi général de Vi nie, et tantôt elle est accompognée de lésions anatoniqMa locales dont elle paraît n'être qu*ane conséqoence*

La première, presque toujours passagère, est rareomit au-dessus des ressources de Tart; la seconde, au contraire, résiste davantage aui moyens thérapeutiques, et peut mêoM, dans quelques cas, les déGer complètement.

Je vais eiaroiner k part ces deui formes d*anaphrodisie, car leur distinction, au point de vue du traitement, est de la plus haute importance.

a. Impuissance par excès vénériens sans lésûms onolomtftfei locales. — Il ne peut être question ici, on le comprend, de cette impuissance qui suit une ou plosieors nnits de débaudie ; Timpossibilité du coït n'est point alors bm maladie qui réclame les secours de la médecine ; c'est pour le physique une fatigue que le repos fait disparottre, et pour le moral une satiété que la continence dissipe; la sécrétion spermatique, h Tége surtout où elle est le plus active, a bientôt réparé les pertes nuxquelles ces eicès ont condamné Torganisme, et Tindiudu ne tarde pas k rentrer dans toute la plénitude de ses droitii.

Cependant ce retour à la vie sexuelle se fait quelquefois vainement attendre, et le malheureui dont Tespoir est déçu tombe alors dans un découragement qui peut k lui seul amener Timpuissance.

Dans ces cas, moins rares qu^on ne croit, l'impossibilité du coït ne se trahit par aucun autre symptôme que par la non-érection de la verge : les désirs n*oiit pas fui, et l'émaciation et le dépérissement dont je parlerai tout k l'heure n*eiistent pas. Le médecin n'a pour éclairer sa religion que les seuls aveux du malade* dont la véracité d'ordinaire ne saurait être mise en doute.

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Cet état, par lui-même, n'a aucune gravité, et disparaît assez facilement par le repos de l'organe et l'emploi de quelques moyens excitateurs chez les malades dont l'esprit est resté inaccessible à la crainte ; mais il peut se prolonger plus ou moins longtemps chez ceux dont le moral est trou* blé par les appréhensions d'une impuissance complète.

Plus qu'en toute autre circonstance, les gens du monde dont la verge entre difficilement en érection après des excès vénériens, s'abandonnent à des terreurs imaginaires et se croient atteints de toutes les infirmités dont quelques auteurs, et Tissot entre autres, leur ont fait un si lugubre tableau. Le médecin ne doit point partager de semblables appréhensions, il les doit attaquer en face et les combattre avec toute l'autorité que lui donne la science. S*il caresse les terreurs de son malade, celui-ci, soyez-en convaincu, se croira bientôt la victime de toutes sortes de fléaux ; son imagination troublée lui Fera voir des flocons blanchâtres dans ses urines ; elle lui fera prendre pour une perte séminale le mucus prostatique qui vient humecter le méat urinaire sous l'empire d'une excitation amoureuse; elle lui créera mille fantômes plus absurdes les uns que les autres et qu'il est quelquefois très difficile de dissiper. Je me rappelle un de ces malheureux qui se croyait atteint d'un sarcocèle, parce que, me disait-il, les abus qu'il avait faits de ses organes génitaux avaient amené dans les testicules, par suite du travail forcé de la sécrétion spermatique, une inflammation chronique qui avait bien pu dégénérer en cancer.

Il faut en pareille occurrence, je le répète, que le médecin ne s'abandonne è aucune faiblesse, à aucune condescendance; il ne doit point, comme dans quelques occasions que j*ai eu soin de spécifier, user de ruse; la ruse est ici funeste, parce qu'elle fortifie la croyance du malade en des

ff

380 IMHJI88A1ICI COMttCUriYB

lésioiM profondes et presque inaccessibles au reisonites de l'art.

D'ailleurs, quand son eiïroi ne lui a pas créé des images trop sombreji, le malade ne tarde pas k revenir de son erreur, et la conGance la plus entière rentre en son âme au plus petit retour de la force virile.

' Pour obtenir ce résultat, la première condition est de soustraire le sens génital aui excitations amoureuses ; tout ce qui peut éveiller les désirs vénériens, moralement ou physiquement, sera éloigné, et Ton respectera avec un soin égal la quiétude de Tâme et le repos des organes.

Concurremment avec ce calme général, et comme pour forcer la nature à en sortir elle-même sans le secours d'excilants venus du dehors, une nourriture fortiBante, analeptique, sera employée, et Ton se trouvera bien de l'usage des gelées de viamie ou de voloillcs nromalisées avec des épices, du chocolat à la vanille, du sagou, du salep assaisonnés avec le vin, la cannelle, la muscade, les clous de girofle, clc, des rôties au sucre ou au vin, etc., etc. Des promenades à la campagne, surtout à cheval ou en voiture, compléteront cette hygiène, qui suflit, dans la mojorilédes cas, pour rendre au malade toute sa vigueur première.

Cependant, si ces moyens étaient insuffisants, et qu'il fallût recourir à une médication plus active, on commencerait par odministrer, en guise de tisane, une décoction de bois de quinquina, a la dose d'un verre par jour, pris en deux ou trois fois.

Enfin, s'il était nécessaire d'agir d'une monière plus énergique encore, on pourrait a\oir recours i l'ocide formiquc, au phosphore et mémo aux canlharides, soit k l'intérieur, soit en frictions sur le périnée et In base de la verge. Mais, je le répète, cette impuissance sans altération

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générale, «ans lésions anatomiques, et produite seulement par quelques excès vénériens, est essentiellement passagère et réclame rarement une médication active.

Il n'en est pas ainsi de celle qui, découlant de la même source, s'accompagne du dépérissement de Torganisme et semble être une conséquence fatale de l'anéantissement qui frappe toutes les fonctions ; c'est qu'en effet l'impuissance, dans ce cas, est autant le résultat de l'alTaiblissement général que de la fatigue des organes génitaux, et l'on peut dire que si son point de départ est dans les excès vénériens, elle est entretenue et singulièrement aggravée par l'état déplorable de l'économie tout entière.

Par suite de l'insuffisance de nutrition dépendant, soit d'un état morbide de l'estomac ou des vaisseaux absorbants, soit d'un alanguissement de la force vitale elle-même, le sang s'appauvrit, et dans beaucoup de circonstances tous les phénomènes de la chlorose se montrent; ceux dont le système nerveux est le siège offrent parfois une acuité et une persistance qui font le désespoir du malade, et il en doit être nécessairement ainsi, puisque le coït, dont les excès sont la cause première de tous ces désordres, porte sur ce système une action profonde et en quelque sorte spéciale.

Mais cette action, ainsi que celle de l'appauvrissement général, se limitent assez souvent aux fonctions organiques du système nerveux, et laissent dans leur intégrité les facultés intellectuelles et affectives. Aussi n'est-il pas rare de voir persister les attributs de l'esprit chez ceux-là même qu'une trop fréquente satisfaction des désirs vénériens a conduits au marasme et h l'impuissance.

D'autres fois, les facultés intellectuelles et affectives ont été entraînées dans le naufrage des fonctions organiques, et seuls les désirs erotiques surnagent au milieu des débris

8N imititAfici co!ittc8nirB

moncelés autour d'eux. La position da malhooretit iiiai frappé est biiarre : la mémoire est toujoors plos oo moÎM profondément altérée ; Tème, châtrée de tout sentiment, languit dans rindiiïérence, et Torgane seinel, atteint dans sa force, ne peut plus réagir contre les excitations qnt le abIKcttent; aussi, dans cette absence des plus neUea attri» bnts de Thomme, les désirs vénériens ont qoelqne dioae da bestial qui, s'ils pouvaient être contentés, ravaleraient aetni qui les manifeste au niveau de la broie k l'époque do rot. L'irritabilité dans laquelle se troove le système nerveux aiguillonne ces désira et change en véritable torture rimpossibiiité de les satisfaire. J'ai vu plosienrs da ees malheureux condamnés k fuir le monde, k s'éloigner da la société des femmes el k rechercher une solitude où ils passent tout k leur aise maudire leur fatale destinée. L'un d'eux, entre autres, qui m'aurait convaincu, si je n'avais eu déjà cette certitude, de rexistcnce de l'hystérie rhei l'homme, portait des regards de convoitise 5ur toutes les femmes, laides ou jolies, qu'il rencontrait, et il lui était impossible de fixer dans ses souvenirs l'image de l'une d'elles. J'allai avec lui au\ Tuileries un jour où la mode fait de ce jardin public un lieu de réunion pour les femmes élégantes de Paris, et, pendant une heure ù peu près que nous y restâmes, il éprouva des désirs constamment nouveaux : il lui semblait toujours \oir pour la première fois las persoimes devant lesquelles nous avions passé k plusieurs reprises et sur lesquelles j'avais attiré son attention dès notre entrée dans le jardin. L'émolion ne se prolongeait jamais au delà de la sensation; l'impression produite par une fcmme s'eiïaçait presque instantanément par la vue d'one autre femme, et sa mémoire perdait le souvenir de celle-ci i la rencontre d'une nouvelle. Cette mobilité d'impraaaioat

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faisait le désespoir du malade et le força enfin à se retirer à une campagne qu'il possédait dans le déparlement de l'Oise, et dont la solitude, en lui permettant l'observation rigoureuse d'un traitement, le rendit bientôt au monde de Paris, auquel rattachaient sa fortune et sa position sociale.

Dans d'autres circonstances enfin, les désirs vénériens ont subi la destinée de la force virile, et comme elle se sont noyés dans les excès de la luxure et du coït. L'homme n'est plus alors que l'ombre de lui-même ; automate animé par un reste de vitalité, il n'ouvre ni son esprit, ni son àme, ni ses sens à ce que la nature a de plus sympathique, à ce que la femme a de plus séduisant. C'est à lui que peuvent s'appliquer, sans parabole, ces paroles de TËcriture : Oculoê habet et non vidity aures habet et non andiit, etc.

Quels que soient les phénomènes qui, du côté du moral, accompagnent les actions vitales résultant d'excès vénériens, la première et la plus importante indication à remplir est la réparation des pertes éprouvées par l'économie; ce résultat n'est pas toujours facile h atteindre^ surtout au début de la médication, parce que l'excessive irritabilité de Testomac ne permet pas de recourir à une alimentation franchement analeptique. Il faut ordinairement commencer par un régime lacté et n'arriver que progressivement à une nourriture tout h la fois plus substantielle et plus excitante.

Tissot recommande de faire prendre au malade du lait froid coupé avec l'eau de Spa : '< Un grand avantage, dit-il, des eaux de Spa et du quinquina, c'est que leur usage fait passer le lait. M. de la Mettrie nous a conservé une belle observation de M. Boerhaave. Ce duc aimable^ je traduis mot à mot, s'était mis hors du mariage ^ je l'ai remis dedans par Vxksage des eaux de Spa avec le lait. {AfM^

S8& JMMIMAIICK GOmACUflVI

Mis iUe dua> $e poiueral eœtra matrimonhÊMs ego iUiÊm repatui intra (I ). » (Supplément à l'ouvrage du PéMof^^ rh. I, !;▼. XXXV.)

C'est dans les circonstances qui nous occupent que les anciens auteurs recommandaient de faire coucher le malade avec une personne saine et à vitalité eiubérante, et de le nourrir avec du lait de femme. J'ai, dans un autre chapitre (2)« suffisamment fait ressortir l'inanité de ce premier mojren, et le danger et l'immoralité do second, pour qu'il soit inutile d'y revenir ici.

La médecine, grâce au ciel ! poMède asses de ressources pour ne pas regretter de semblables cipédients, et elle a, dans le quinquina, les toniques et les ferrugineui» des armes puissantes, si elle sait les manier avec prudence et avec fermeté. « Un homme, dit do Lignac, s'était tellement épuisé a\ec une courtisane, qu'il était incapable d'aucun acte de virilité; son estomac était aussi extrêmement affaibli, et le manque de nutrition et de sommeil l'avait réduit à une grande maigreur. Voici la méthode qu'employa M. Tissot pour procéder h la curation de cette impuissance: A six heures du matin, le malade prenait six onces (180 grammes) de décoction de quinquina, à laquelle on ajoutait une cuillerée de vin de Cunaric; une heure aprèis, il prenait dix onces de lait de chèvre qu'on v«:nait Je tirer, auquel on ajoutait un peu de sucre et une once d'eau de fleur d'oranger. Il dhiait d'un poulet râti, froid, de pain et d'un verre d'excellent vin de Bourgogne avec autant d'eau. A six heures du soir, il prenait une seconde dose de quinquina; à six heures et demie, il enirait dons un bain froid, dans lequel il restait dix minutes, et au sortir duquel il en-

(4) ùnaniême, art. 111, sect. x, p. fOS, Y édii. Ljuzanne, 4765. (t) Voyez la page 955 .

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trait dans son lit. A huit heures, il reprenait la même quantité de lait; il se levait depuis neuf heures jusqu'à dix. Tel fut Teffet de ces remèdes, dit M. Tissot, qu'au bout de hait jours, il me cria avec beaucoup de joie, quand j'entrai dans sa chambre, qu'il avait recouvré le signe extérieur de la virilité^ pour me servir de l'expression de M. deBuiïon. Aq bout d'un mois, il avait presque entièrement repris ses anciennes forces (1). »

Grftce aux progrès que la chimie a fait faire a la pharmacie, la médecine dispose aujourd'hui de préparations ferrugineuses facilement supportables et qui sont bien plus singulièrement actives que le quinquina ou le vin de Canarie. Cependant je me suis toujours loué d'avoir commencé la médication en mettant pendant quinze jours le malade à la décoction de quinquina et au mélange du lait froid et de l'eau de Spa. Cette dernière peut sans inconvénient être remplacée par tout autre eau ferrugineuse, comme celle de Forges ou de Passy, par exemple.

Mais dès que l'estomac peut supporter des préparations de fer plus actrves, il faut se hâter de les faire prendre au malade; les pilules de Yallet, celles de Blaud et te lactate de fer de Gelis et Conté m'ont, dans de semblables circonstances, rendu des services qui me les font considérer comme indispensables dans la thérapeutique des affections que j'examine.

L'alimentation, tout à la fois nourrissante et légèrement excitante, facilitée par un exercice modéré et pris à la campagne, devra seconder l'action du quinquina et du fer.

Ces moyens, joints à la privation totale des plaisirs vénériens , suffisent , dans la majorité des cas, pour réparer

(I) De Vhomme et de la femme^ etc., t. I, p. 306.

M6 ivoiMâMi Gomtcmfi

l«t déiordret généraoi et locau prodctti par les eieèt 4e Tamour. Mais rimpoissauoe est de tons les accideiits le dernier 4 disparaître ; coinine dans révolotton ph jsîologiqQe, le seos génital n'entre en eserdce qu'après raoqnisitiee d'une soifisante énergie par toates les antres parties de Técoiiemie. Les bains froids de rivière et sortent 4e mer, les laliens froides snr les lombest le périnée et l'appereil génital, hâteront singulièrement le réveil de celtti-d ; qnelqnelbist nMÎs bien rarement, qoand la réparation générale a été snfiaante, il est nécessaire de recourir k des eidtanls lecani pins énergiques : les frictions sèches on aroroatiqnes, le masMge, et« au besoin, la flagellation, pourront rendre quelques services; plus rarement encore, on aura recours aut cantharides, dont l'action sur la tessie serait ki plus nuisible qu'utile.

Les agents ou moyens e&citateurs ne seront mis en usage qu'avec la plus grande circonspection ; ils ne seraient pas sans une iiillucnce fâcheuse sur un système qui a été le tliéàtre de désordres quelquefois très graves.

Quant à Ia médication morale ncitante, qu'il faut appeler à son aide quand le retour des désirs vénériens se lait trop longtemps attendre, je l'ai suffisamment eiposée dans plulîeurs parties <le cet ouvrage, pour quil soit fastidieux d'y revenir ici.

6. Impuissance par excès vénériens avec lésions onalomiquês locales. — Je n'ai point à décrire toutes les lésions «natomiques qu'impriment à ra|»pareil génital les excès vénériens ; parmi ces lésions, les unes n'ont aucune influence sur l^énergie virile, et les autres aflectentplutét la fécondité que le puissance, et n'agissent que secondairement sur cette dernière, après avoir altéré les fonctions des testicules, comme, |ar exemple, le cancer de ces orgaues ou le varicocèle.

A LN ÉTAT PATUOGÉNIQUB. â87

Les premières, étrangères ù mon sujeî, ne doivenl point trouver ici de place; les secondes, naturellement désignées pour une aulre partie de cet ouvrage, entreront dans le cadre de la stérilité, car leur étude , enfermée jdans les limites de l'impuissance, serait nécessairement incomplète et ferait en même temps un double emploi.

Cependant je m'arrêterai à une lésion qui, si elle affecte généralement la faculté reproductrice, ne laisse jamais intacte la force copulatrice ; c'est la lésion des vésicules séminales et des canaux éjaculateurs qui donne naissance aux pertes séminales, ou spermatorrhée.

L'exception, que je fais en faveur de cette maladie en la décrivant ici, se justifie par ce que je viens de dire : que si, arrivée à un certain degré, elle est une cause certaine d'impuissance, elle n'entraîne pas toujours la stérilité, comme on peut s'en convaincre en examinant au microscope, le sperme de certains tabescenis qui ne présentent également rien d'anormal du c6té des glandes spermatiques.

Mais alors s'élève une autre question qui appellera ailleurs toute mon attention, et que je ne veux qu'indiquer présentement, afin de légitimer tout a fait la place que j'accorde ici à la spermatorrhée. L'éjaculation spermatique, si difficile et le plus souvent impossible chez les individusatteints de pertes séminales, constituant, chez l'homme, une des conditions de la faculté fécondante , il semble que son absence doive être une cause positive de stérilité. Sans doute, à première vue, et en ne jugeant que par la théorie, les choses paraissent devoir se passer ainsi ; mais lorsqu'on se rappelle les expériences de Spallanzani et que l'on veut consulter les archives de la science, on reste convaincu que si l'éjaculation est une des conditions normales de la faculté fécondante chez l'homme, elle n'en est point une condition

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