A UN ÉTAT PATHOGÉNIQUE
considérée que comme une cause éloignée et plus ou moins certaine d'impuissance; dans le second cas, au contraire, raiïectioQ est complètement de notre domaine, puisqu'elle est suivie de l'abolition d'une ou de plusieurs circonstances nécessaires à l'acte copulateur.
Ces deux états se rencontrent en eiïet, et il existe entre eux un tel lien de parenté que, assez généralement, l'un est amené par l'autre.
J'appellerai polliUioi\ la perte de semence qui s'accompagne de l'orgasme vénérien; et je réserverai le nom de spermatorrhée aux pertes séminales qui ne sont sollicitées par aucun désir vénérien, qui ne sont pas précédées de l'érection de la verge, et qui ne provoquent aucune sensation voluptueuse.
L'impuissance ne coexiste pas toujours avec la pollution; elle est au contraire un attribut constant de la spermatorrhée.
Pollutions. — La pollution, que je vais d'abord examiner pour revenir tout à l'heure h la spermatorrhée, doit nécessairement, pour constituer un état pathologique, se produire en dehors de la volonté et des excitations naturelles du génésique.
Eu égard u cette double condition, les pollutions ont été distinguées en nocturnes et diurnes, comme s'il était possible de limiter exactement ce qui appartient aux excitants internes, et ce qui revient aux excitants physiques.
Je m'explique.
Pendant le sommeil et précédant la pollution nocturne, il se produit, tantAt des rêves lascifs, tantôt des tableaux hideux, des images repoussantes, tantôt enGn il n'existe aucun rêve, il ne se dessine aucun spectacle. — Du côté du corps, la choleur du lit, la position horizontale, et surtout sur le dos, qui appelle une sorte de Quxiou sur Textré-
A UN ÉTAT PATHOGAnIQOE. 391
8oit des conduits éjacolateurs, soit même du col de la vessie, à ce point que la plus légère eiritation détermine incontinent la sortie du sperme, — c'est la goutte d'eau qui Tait déborder le vase, — mais dans ces circonstances, qui tiennent évidemment à un état morbide local, la rapidité de i'éjaculation ne saurait constituer une pollution, puisque j'ai établi que cette dernière n*existait qu'en l'absence de la volonté .
A ceux qui nient la réalité de la pollution diurne, il faut répondre par des faits. Le satyriasis est Texpression la plus haute de cet état, et malgré les restrictions que j'ai faites ailleurs (1) sur cette maladie, on me permettra de citer l'exemple suivant : <x Un jeune homme de vingt ans, d'une complexion primitivement forte, presque athlétique, mais affaibli par les excès dont je vais donner l'histoire, s'était, depuis Tàge de quinze à dix-huit ans, livré à cet acte destructeur dont Tissot a si bien décrit les dangers.. Il s'y livrait de préférence dans le bain, et avait quelquefois porté le nombre des pollutions jusqu'à quinze dans un seul jour. Des excès aussi multipliés afTaiblirent sa constitution, portèrent atteinte à la force de son intelligence et du trouble dans sa mémoire. D'après les avis de quelques personnes prudentes, ce jeune homme renonça à cette funeste habitude, et, depuis deux ans, il vivait dans la continence la plus exemplaire. Sa constitution s'était ralTermie ; la mémoire et les autres facultés mentales avaient repris leur ancienne vigueur. Ses parents, qui le destinaient au commerce, le placèrent chez un négociant : il se livrait h sea nouvelles occupations avec tout le zèle et l'activité que comportaient et son Age et sa constitution robuste. Chéri
(4) Voyez la page 260.
80$ mrvMsjiHCK coNKftntiTiVK
de ce négociant et du sa f<-mtnc, dont il n^ceToit (ous l« jours if<-« tètnoi!:nef;es li'amiti^, il s'obaia sur \e f;enrc 4'«llKli«atrnt <{ue lu reiiimc avait puur lui, et s'ima^îiiu dVii èlra t«»ilreaictit aimé^ de mit côté, il la pajail iJ'un (etidrc ffCtoV. FUvé entre la crainte de violer la dooirs de h rcnmïnaicc, ci le désir de posséder celte femme i[ui n'était cvpeodaot ni jeune ni jolie, su siluatiun devint de jour va jour plus pénible et plus cmbarrassaiilc, Quand par hasard elle jct.iii un coup d'œil sur lui, il entrait en érection H ne tarJaitpas à éjaeuler ; la nuit, il ovuit des polluirons Tréqwntes, etc., etc. (1). »
J'ai connu un ji-une bumine à peu prh dans la poMlion
de celui dont on vient du lire l'histoire. Après dca cic^
de mnsturbaliun, qui avaient cessé depuis assez lon(;tenip5,
,Ai-bwt mois environ, ce jeune homme devint éperdument
«Mnreax d'one demoiselle. Toutes les Tois <{u'il se Irou-
mH es sa présence ou que ion image se présentait à son
4lfrit« il entrait en érection, el alors le moindre contact
|«r II férge déterminait l'éjaculalion. 11 était obligé de
1er immobile pour empfecher le rroiteraent de son pan-
ta OD de sa chemise ; il lui est même arrivé d'avoir sa
le séminale en loachaut seulement la main de la )ter-
M aimée.
|l«e cet état tienne à tine surexcitation de tout le sysi nerveox ou simplement des organes génitani, il le t admettre comme l'eipressiou d'nne sitoalion anormale a'est certes pas l'impuissance, mais qui peut en être rdéa comme une cause plus ou moins prochaine ou I ou moins éloignée.
•pendant, il est à remarquer que les personnes atteinles pollutions, suit nocturnes, soit diurnes, perdent une 1] Dktivutain dn ttknett wMkaItt, art. Smatâm, I'.' L, p. SS.