‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité v. 1-2Chapitre 56 sur 122 · SYMPATHIES MORBIDES PHYSIQUES. I · texte numérisé non relu

SYMPATHIES MORBIDES PHYSIQUES. I

Le malade étail Agé de vingt-trois ans, d'un tempérament lymphatique, mais bien conformé et ayant toujours joui d'une santé générale bonne. Il ne s'était point livré ù la masturbation ; il avait eu des chancres et une blennorrhagic traités l'un et Tautre h l'hôpital du Midi, dans le service de M. Vidal (de Cassis), et avait été antérieurement opéré d'un varicocële par M. Roux ; cette opération n'avait laissé aucune trace, et, sans les aveux du malade, il eût été difficile de soupçonner une ancienne dilatation variqueuse des veines du cordon spérmatique.

Les organes génitaux, parfaitement conformés, ne présentaient rien d'anormal, et leur examen le plus attentif ne put me rendre raison du mal que j'avais à combattre.

J'étais fort embarrassé du diagnostic h porter, et je pesais dans mon esprit les motifs d*une conduite h suivre, quand, machinalement* et bien plus, je l'avoue, pour occuper les loisirs du malade que pour éclairer ma religion, je demandai à voir la langue de mon visiteur, sur laquelle je portai instinctivement les yeux. A cette vue, un horizon nouveau s'ouvrit devant moi, car la langue, rouge et piquetée, ne pouvait me laisser des doutes sur l'existence d'une gastrite.

Dès ce moment, mon diagnostic fut éclairé d'une vive lumière, et, lorsque je sus que les premiers symptômes de l'impuissance coïncidaient avec l'apparition d'une douleur épigastrique, de certains trolibles dans les digestions, etc., j'eus la certitude (certitude médicale, bien entendu) que l'aiïaiblissement de l'organe copulateur était sous la dépendance sympathique de l'afTection de l'estomac.

Le traitement fut conforme à cette manière de voir, et le malade, qui espérait s'en retourner avec quelque formule aphrodisiaque (dans le sens ordinaire de ce root), se montra

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forl mécontent de la lûuine de mauve et da régime émoUient que je lui prefcrivin.

Cependant il ne dédaigna pas entièrement les cooseib que je lui donnais, et comme la santé générale s*améliorait sous Tempire de cette médication, il crut devoir la coût»nuer, sinon pour remédier à sou impuissance, du moins pour se débarrasser des malaises et des troubles digestîb qui le tourmentaient.

Néanmoins, à mesure que la langue devenait noina rouge, répigustre moins douloureui, et les digestions plus laciles, les forces copnlatrices reparaissaient, à ce point que l'érection d'abord, et le coït ensuite, furent possibles.

Mais, et c'est ici que se montre un caractère biurre, la copulation n'était réalisable, ni pendant les digestions, c'està-dire pendant les dcu& ou trois heures qui suivaient les repas, ni dans la position horizontale qui déterminait une pression sur l'épigastre. L*éreclion de In «erge se produisait comme dans les conditions normales, mais si l'une des deux circonstances que je viens de signaler, digestion ou pression épigastrique, ciistait, Térection ne se soutenait pas et tombait dans le vagin même après quelques courtes tentatives et avant l'éjaculation du sperme. Le matin, à jeun, était le moment de la journée le plus favorable a Taccomplissement de l'acte , pourvu toutefois que le malade évitât avec soin toute prcs^ioR sur Tépi^astre par une posture dont je dois m'abstenir de parler ici.

Cet état se prolongea assez longtemps, parce qu'il était impossible au malade, eu égard k sa position sociale, garçon de café, de suivre exactement la médication et surtout le régime alimentaire que réclamait sa gastrite. Comme il était venu réclamer mes soins parce qu'il avait l'intention

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de s'établir marchond de vin et de prendre femme, je lui conseillai vivement de se marier, en lui faisant sentir combien serait plus rapide» sous l'empire des soins domestiques, la guérison de sa maladie d'estomac, et combien serait aussi plus facile le coït, alors qu'il serait exercé au milieu de toutes les commodités de la couche conjugale.

Pendant assez longtemps, le malade, reculant devant la honte d'un échec marital, n'osa suivre mes conseils, et commença par acheter un fonds de marchand de vin, qui, de serviteur le transformant en maître, lui permit de soi-* gner et de guérir sa gastrite.

Il y a deux mois à peu près, en mars 185/i, il vint m'anooncer son mariage, en réclamant de nouveau et plus consciencieusement encore que précédemment, Tassuranco qu'il était propre à remplir ses devoirs conjugaux. Unext» mcn attentif et minutieux ne modifia en rien ma manière de voir, et cet homme, aujourd'hui marié, se loue tout è la fois du traitement que je lui ai fait suivre et des conseils que je lui ai donnés.

Un de mes amis, dont l'irritabilité intestinale est extrême, est incapable d'entrer en érection et d'exercer le coït toutes les fois que cette irritabilité est mise en jeu, et cette impuissance se prolonge deux ou trois jours, et même plus longtemps, selon que les coliques et la diarrhée par lesquelles se manifeste ralTection ont été plus ou moins longues et violentes.

Je pourrais multiplier les exemples de cette nature, mais ceux que je viens de rapporter et la connaissance de l'empire exercé, à l'état physiologique, par la digestion sur l'énergie virile, sufGsent, ce me semble, pour légitimer les sympathies morbides de l'appareil digestif et de l'appareil génital, sans recourir à des troubles de nutrition qui réagiraient sur

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l'énergie virile comme sur lootes les antres forces de l'éco-

nonie animale.

Il est rare que dans Timpuissance sympathique que j'examine, les désirs vénériens soient éteints ; dans quelques circonstances, au contraire, dans celles ovi l'activité digea* tive est augmentée, les désirs présentent une intensité plus grande, è laquelle ne répond pas Torganc copulateur. C'est une disposition analogue à celle que l'on ressent après un bon repas, alors que l'imagination, surexcitée par le vin et le café, s'égare en des rêves étranges, dont aile demande en vain la réalisation à un organe rebelle et sourd à ses provocations.

La durée de cette impuissance est évidemment subordonnée h celle do la maladie qui la tient sous son empire; elle gn\ite dnn.^ la sph&re de celle-ci, qui contient Tanaphrodisic dons les limites, non-seulement de son pronostic, mais encore de son traitement.

La disparition de Tétat morbide de l'oppareil digestif, en rompant les liens occultes qui lui enchotnaicnt le sens génital, rend ce dernier a la vie qui lui est propre, sans qu'il soit nécessaire d'intervenir pour faciliter ce retour.

^* Influence morbide de V appareil vocal. — Les relations qui, dans l'état physiologique, unissent l'appareil \ocal et l'appareil génital, sont connues de tout le monde : les changements qui, à l'époque de la puberté, s'opèrent simultanément dans chacun de ces appareils, le timbre enfantin que conserve !a voix chez les individus mutilés et chez ceu\ dont les organes génitaux sont atrophiés, ne laissent aucun Joute sur les rapports intimes, quoi(|ue inexplicables, des fonctions de la phonation et de celles de lu génération.

Mais en est-il de même entre l'impuissance virile et certaines aiïections de l'appareil vocal ? £n d'autres termes.

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