‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité v. 1-2Chapitre 57 sur 122 · SYMPATHIES MORBIDES PHYSIQUES · texte numérisé non relu

SYMPATHIES MORBIDES PHYSIQUES

existe-t-il entre les appareils que j'examine des sympathies morbides, comme il existe entre eux dos sympathies physiologiques ?

Je ne puis ici apporter mon propre témoignage ; je n*ai jamais observé une impuissance sympathique d'une aiïcction du larynx; mais Rurdach rapporte, d'après Meckel (Abhandlungen aus der menschlichen und vei^gleichendet^ Anatomie^ p. 19/i): «Qu'aux altérations du larynx se joignent parfois Tendolorissement et l'atrophie des testicules, accidents qui augmentent à mesure que la maladie primitive fait des progrès (!)• »

L'asthme est à son tour noté par quelques auteurs comme une cause sympathique d'impuissance ; mais il m'est difRcile d'admettre une semblable corrélation, et je demande, en l'absence de tout détail clinique, et me rappelant que lu masturbation est souvent le point de départ de celte maladie^ si l'impuissance qui coexiste avec cette dernière n'est pas plutôt le résultat de l'onanisme que reffet sympathique de l'aflcclion spasmodique des organes de la respiration ? Des faits précis peuvent seuls éclaircir le doute que j'émets ici, car, en cotte occurrence, l'observation clinique est la seule sur laquelle il soit possible de se guider.

Mais^ je le répète, rien de semblable n'est à ma connaissance, et de tous les confrères que j'ai interrogés, je n'en ai pas trouvé de plus heureux que moi.

3* Influence morbide du cerveau, — Il n'en est pas de même de l'encéphale, et surtout de sa partie postérieure et inférieure, dont les relations avec l'appareil génital sont si manifestes, que les phrénologistes placent dans le cervelet le siège de la faculté procréatrice.

(I) Traité de physiologie, trad. par Jourdan, t. Y, p. 4 5.

Il est bieo évident qoe je n'eatends point parler id des •flections cérébrales qui, agissant sur la masse eocéphaliqMt attaquent dans sa source Tinnervation générale dans laquelle est nécessairement comprise rianenration seiuelle. J*ai ailleurs abordé ces causes d'impuissance, je n'y revieodni pas ici.

Mais il est des accidents, ou, si Ton aime mieai, des lésions du cerveau qui, tout en respectant les foaetioaa du système nerveui, retentissent sur le sens génital sans qu'il soit po^ible d*eipliqucr cette action autrement que par les sympathies qui unissent l'organe cérébral et Toi^^ne seiuel.

A l'article Ihpoissaiigi de sa BibliùihèquB choisie de médecine^ Planque cite quelques faits de ce genre, qu'il n'est pas inutile de rappeler ici : « Paul de Sorbait, dit-il, rapporte dans le Journal d'Allemagne (iléc. 1 , an ii , obs. 10/i, p. 177), qu'un seigneur, ovant été blessé à l'occiput, était resté impuissant après sa guérison, n'ayant ni érection, ni éjaculation. Il n'est donc pas vrai, répond-il, que la léte ne contribue en rien au coit et à la semence. Ainsi, ce n'était point sans raison que Platon ossurait qu'elle venoit du cerveau et de la moelle allong(5e; aussi avouons* nous que la semence est un eicrément du dernier olimrnt qui vient de toutes les parties, mais surtout de la tète. Au reste, nous avons plusieurs eiemples d'une pareille cause d*impuissance. Nirolaus dit avoir connu un juif qui devint impuissant par une plaie de tète. HiManus(c^nt. 6, obs. 59) assure avoir vu la même chose dans un homme qui, huit ans auparavant, avait reçu un coup de béton sur le bregma droit; il n'entendait point de ce cdté*là. Hildanus croit qu'après ce coup de tète, il s'était écoule contre nature une matière qui a obstrué les nerfs et même les artères qui servent h l'ércctioo de la verge. Du autre homme a éprouvé

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le même sort, après une chute sur le dos; il sentait du plaisir, mais il ne pouvait point parvenir à l'érection. Il y a des auteurs qui prétendent que la semence vient du cerveau. De ce nombre est Donatus {Med. mirab.^ lib. IV, c. 18) ; mais Raies {Camp, elys.^ quœst. med. 58, § 20) combat ce sentiment, et demandant, au sujet de cette question, si la saignée qu'on fait derrière les oreilles aut Scythes les rend stériles, il conclut (§§ 27 et 28) que cette saignée qu'on fait fréquemment, et dans laquelle on lire beaucoup de sang, aiïaiblit, et que le froid quMIc produit à la tôte est caase de la stérilité, sans nier cependant une sympathie occolte entre les oreilles et les parties de la génération. C'est pour cela qu'un jurisconsulte, au rapport de Dulaurens (Anat.^ lib. VIII, qusst. A), a écrit qu'il fallait couper les oreilles à ceux qui volaient, pour les empêcher d'en* gendrer de petits voleurs. Un soldat robuste, et père de trois enfants, eut les oreilles coupées pour difTérenls crimes, et fut chassé hors de la ville {Ibid.y déc. 2, an vu, appead., obs. 10, p. 161); depuis ce temps-là, il ne sentit plus aucun désir charnel et ne put avoir aucune érection (1). »

Malgré les bizarres explications que nos pères acceptaient sur la foi d'Hippocrate, et qu'une observation plus saine et les progrès de la science ne permettent^plus d'admettre aujourd'hui, il n'en est pas moins constant que des plaies de tète, des coups sur le cervelet, déterminent l'impuissance, qui persiste malgré l'absence de toute lésion appréciable et plusieurs années après la guérison des accidents encéphaliques. Bien évidemment, une corrélation inexplicable» un lieo occulte ; en un mot, une sympathie existe

(I) ^iMidlAéfiM é$ méAêciMê^ i. VI, p. tiO et S4I .

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entre Torgane renrermé dans le crâne et celui qui sert à la propagation de l'espèce.

Celte sympathie va recevoir une nouvelle et éclatante démonstration par ce que j*ai à dire de Pinfluence eiercée sur le sens génital par les aiïections du moral, dont lia facultés constituent, comme on le sait, la fonction la plus hante et la plus noble de Torgaoe encéphalique.

S BL — n/ipMlilM

Me voici arrivé aux sources les plus fécondes d'impuia* sance, et par conséquent en face de diflicultés également ardues pour fécrivain et pour le praticien. C'est que l'élément moral de notre nature, qui cierce sur les organes

génitaux un empire h peu près absolu, subit des influences si diverses et si mystérieuses, qu'il est presque impossible de pénétrer tous les motifs de ses déterminations et tous les mobiles de ses passions.

Soumis aux exigences si nombreuses de l'organisme, l'élément moral en reflète les nuances multiples, qu'elles découlent, soit du tempérament, soit de la constitution, soit de l'âge, soit du sexe, soit de Tétat de santé ou de maladie, soit des impressions du monde extérieur, etc. Livré sous le contréle seul de la conscience è toutes les inspirations du libre arbitre, il se modifie et change h tout instant par l'éducation, par l'instruction, par Texpérience de la vie, par le spectacle des vices et des vertus dont la lutte est l'essence même des sociétés humaines; de telle sorte que, méondre insoisissable, l'élément moral échappe, pour ainsi dire, è toute onalyse, et se joue des eiïorts tentés pour le aaisir. Aussi quelle confusion parmi les philosophes qui ont voulu déterminer le nombre el le domaine des facultés morales :

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