‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité v. 1-2Chapitre 59 sur 122 · SYMPATHIES MORALES A · texte numérisé non relu

SYMPATHIES MORALES A

dans sa voie que par les conseils et le spectacle de la réalité. -^A chaque élément de notre ème, conservons son essence : à l'imagination le mensonge, à la raison la vérité.

2* Influence des troubles de la raison. — • La raison n'est jamais la dupe d*une chimère; elle n'est que la victime de la réalité. — C'est là la physionomie propre qui caractérise les troubles de cette faculté, et qui doit toujours et facilement les faire distinguer des troubles de l'imagination que je viens d'étudier.

A proprement parler, la raison, et il ne s'agit ici en aucune manière de la folie, la raison ne s'altère pas; plus que toute autre faculté peut-être, elle subit, dans le choix de ses déterminations, l'empire de toutes sortes d'influences physiques, organiques, morales ou sociales, et cette subordination explique les différences si tranchées que l'on observe dans les raisonnements et les jugements, par exemple, du jeune homme etdu vieillard, du lettré et du paysan, etc., etc.

Cette dépendance de la raison n'est pas, en réalité, constituée par un aiïaiblissement ou un dérangement dans ses moyens d'action, mais bien par un obscurcissement, si je puis m'exprimer ainsi, de sa personnalité ; en d'autres termes, les influences, dont je parlais tout à Theurc, agissent primitivement sur une ou sur plusieurs des facultés intellectuelles ou affectives, lesquelles, par les troubles dont elles sont susceptibles, masquent les déterminations de la raison, étouffent sa voix, et, par suite, la rendent impropre à réagir contre la réalité. Ainsi, au moment du coït, la vue des règles, un bruit inattendu, éveillent dans l'imagination mille fantômes hideux qui, bourdonnant autour delà raison, empêchent l'homme de se rendre un compte exact du sang qu'il aperçoit et du bruit qu'il entend ; de même pour te^ facultés affectives: l'annoDce subite, au mtHnent de l'acte,

jfbi|.iMilrjnifi^ remplit l'àme d'un «en*

|M h nifon , comme submergée dint

^^^^^ 4g^h«r •« d'ivresse, ne pirtient même plus k

Al 4M»éiMM* de cette subordination , les troubles de ll^^^jj^ jMiÉlMre distingués selon qu'ils seront sous la èr liasaginalion ou sous l'empire des facultés M h physionomie qu'ils emprunteront a l'une de ces deui intertentions les fera asseï faciiMttre, pour qu'il soit inutile d'entrer ici dans qui, peut-être fastidieui, seraient nécessairement

i« ibiinction que j'établis peut, au premier abord» pabien métaphysique pour un ouvrage de la nature dt celui-ci; mais si Ton considérée combien de sources ^'aliiuente l'impuissance par sympathie morale, si l'on ré«lécKit combien ces sources sont parfois mystérieuses et Mcrètos» et si Ton se rappelle combien est indispensable pMr le traitement de l'anaphrodisie la connaissance des causes qui ont fait naître et entretiennent ruiïection, on me pardonnera l'excursion que je me suis permise dans le do- ■Mine de la psychologie, car, ainsi qu'on va le voir, elle n Iracé au praticien une route moins obscure et moins épineuse que celle de mes devanciers.

Dans la majorité des cas, la raison ne perd que momentanément ses droits, et l'impuissance qui en résulte est, comme les troubles de cette faculté, essentiellement fugace et passagère. Les exemples que j'ai rapportés plus haut, tels que ceux de Timpuissance amenée par la vue des règles, par l'audition d'un bruit inattendu, par la nouvelle d*un malheur ou d'une grande joie, etc., font comprendre que la force virile, un instant suspendue, rentre bientôt dans toute

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la plénitude de ses prérogatives, sans que la médecine ait jamais h intervenir.

Cependant la cause première de ces troubles, exaltation de l'imagination ou émotion des facultés aiïectives, peut avoir été si profonde qu'elle survive au fait qui lui donna naissance, et se perpétue pendant un temps plus ou moins long. Je me rappelle un malade dont l'impuissance datait du jour de la mort de son fils, et qui échouait h chaque tentative du coït, parce que son imagination, établissant une espèce de rapport entre l'acte qu'il allait accomplir et la perte qu'il avait faite, lui rappelait, avec l'image de l'enfant, toute l'étendue de sa douleur.

J'ai précédemment rapporté le fait de ce malheureux devenu impuissant h la suite de la frayeur qu'il éprouva pendant l'accident survenu, en 1839, sur le chemin de fer de Versailles (rive gauche), sans que quelque autre symptôme, soit moral, soit physique, fit soupçonner une lésion des centres nerveux.

Bien évidemment selon que les troubles de la raison seront sous la dépendance de Timagination ou des facultés alTectives, la conduite à suivre sera différente. Dans le premier cas, le médecin demandera a l'esprit ses moyens d'action ; dans le second, au contraire, il ne les trou\era que dans le cœur. — On tlissipe les fantômes de rimagination, non par des larmes de joie ou de douleur, mais par le contraste d'autres fantômes, par la raillerie, par le raisoimement, etc., tandis que ces armes s'émoussent contre une âme ivre de bonheur ou brisée par le chagrin.

Ces considérations doi\ent suflire pour indiquer la conduite que le médecin doit tenir ; cependant ne peut-on pas se demander si, comme dans les troubles de l'imagination,

il n'est pas néce$!»aire de recourir à quelque prescription

phrimiireatiquc |>our contenter au moins letexigeneaifMlquefois absurdes des gens du monde ?

On peut répondre, en thèse générale, qoe les prescriptions pharmaceutiques sont toujours d'un effet ialnlaira dans rimpuissance par sympathie morale, parce que le malade, dans la très grande majorité des cas, n*a recours à notre art que pour les médicaments qu*il prescrit, et non pourlns consolations qu'il donne. Il fout donc, je le répète, établir, comme règle générale dans Taffection qui noua occupe, la nécessité d'une ordonnance pharmacenlique ; mais il fout prendre garde aussi de ne pas tomber dans uo écueii contraire, et de ne pas se foire accuser d'erreur par ceux qui, se rendant parfoitement compte de leur état moral, ne îiennetit demander au médecin que les règles d'une conduite ft suivre ou les conseils de l'amitié.

A moins de spécifier tous les troubles moraux, ce qui est imj.ossible, on ne peut rion prévoir ni projuger d*aiance. Les indications spéciales ressortciil de circonstances individuelles dont rappréciation est entièrement abandonnée au tact et au jugement du médecin. C'est dans cette appréciation bien plus que dans des préceptes formulés dans un livre que Thomme de Tart doit chercher ses inspirations et trouver sa règle de conduite.

B. Paeultéi affecUtm.

La physiologie, si je puis me servir de cette expression, la physiologie des fonctions aiïectives de notre nature morale est encore plus remplie que la psychologie intellectuelle^ de confusion et de malentendus : jetant dans un |.6le-mèle inextricable toutes les aspirations de TAme sensilive, on en a dressé une liste plus ou moins méthodique, que Ton a

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ensuite, sods le nom de passions, classées dans un ordre la plupart du temps arbitraire.

Cependant une distinction rationnelle n'est pas moins importante h établir parmi les racullés aiïeclives que parmi les Facultés intellectuelles ou que parmi les fonctions de l'économie animale, et Ton est en droit de s'étonner de l'arbitraire avec lequel ont été divisés les sentiments de l'Ame, quand la nature elle-même a indiqué les bases de cette classiiication.

En eiïet, quand on analyse les facultés de la vie aiïective, on ne tarde pas 6 se con\aincre qu'elles peuvent toutes èlre ramenées à deux types fondamentaux, la sym[iathie et l'antipathie, dont le premier nous |.ousse vers l'objet qui a ému notre Ame, et dont le second nous en éloigne au contraire.

Mais de même que toutes les fonctions de l'organisme qui servent à nous mettre en relation avec le monde extérieur ont des intermittences d'action, de même les fonctioDi de la vie affective n'ont pas une continuité absolue d'exercice; cette suspension de ructivitê affective, en arrachant le consensus intime h l'influence de ses excitants naturels, constitue un état passif de l'Ame dont l'étiologie de l'impuii* sance doit tenir grand compte, comme on le verra tout k l'heure.

Je donne le nom lïapaihie à cette absence permanente ou momentanée de la sensibilité morale.

I^es facultés affectives, quand elles s'accomplissent seloo le type normal d'activité inhérente à chaque idiosyncrasie, s'appellent ^en/i>A2(ïn^^ moraux; quand, au contraire, elles s'exécutent avec une énergie et une impétuosité étrangères au type régulier des autres fonctions de l'organisme , elles prennent le nom de fHUBXonê^ qui bientôt entraînent le délire

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et la folie, si la faculté aurexciléa absorbe et annihile l'eiercice ties aiilros fnruUés.

La distinction que je cherche à établir ici me parait de la plus haute importance» car si le sentiment est IVipression phjsiologique d*un phénomène de la vie morale, la passion en est une manifestation morbide qui n'est jamais sans influence sur l'exercice régulier des fonction? de Torganisme 00 des facultés de Tesprit. — L'histoire des sentiments est du domaine de la physiologie^ tandis que Tétude des passions incombe fatalement à la pathologie.

Mais, ainsi que je l'ai laissé pressentir tout à Theore, la passion est un état essentiellement relatif, et qui se mesure, non sur un type donné, mais suivant les conditions d'activité que chaque intli\idu porte en lui; ainsi l'homme du nord se cioiniilà coup sûr sous Tempire <le la |Q^sion, s*il avait l'enthousiasme et Texaitation des smlimcnls de Thomme du midi. Chacun sent à sa manière^ dit-on cummuiiément, et pour 6lrc dans le \rai, il faut que cliacun mesure ses pa}i>ions ou thermoiiîèlre de ses sensations et de ses émotions.

La passion n*étantque Tcxaltation des facultés aiïcctives, leur dénombrement et leur clasMliration sont donc les mêmes que ceux des sentiments moraux ; nous aurons donc :

!<" l.t's passions sympathiques ;

2* Les passions antipathiques.

Ou [)our les exprimer par les mots propres et consacrés par le langage de tous, nous aurons :

!• L'amour,

2" La haine ; avec les nuances infinies dont les hasords innombrables de la vie colorent ces deux manifestations extrêmes de TAme.

Nous allons donc rechercher, au point de vue qui nous

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occupe, l'influence exercée sur la fonction copulalrice, 1* par l'absence des sentiments rooraui ou apathie^ 2"* par Tevaltation des sentiments sympathiques ou passions attractives^ 3* par l'exaltation des sentiments antipathiques ou passions répulsives.

V Influence de l'apathie sur le sens génital ou indiffé^ rence amoureuse. — Cet état étrange de TAme, que ne sauraient émouvoir les plus grands comme les plus doux spectacles de la nature, est lié, tantôt à certaines circonstances organiques, comme le tempérament lymphatique, la faiblesse qui suit les longues maladies, les hémorrbagies copieuses, etc., etc., et tantôt à certaines conditions du moral lui-même.

Dans le premier cas, l'absence des désirs vénériens se prolonge plus ou moins longtemps, et sa durée est en rapport avec celle des circonstances organiques qui la tiennent sous leur dépendance.

Dans le second cas, la condition morale qui entraine l'apathie tient à plusieurs causes : ou bien elle est le résultat de l'exercice exclusif d'une faculté morale, soit intellectuelle, soit aiïective, autre que la faculté génésiaque, et qui absorbe è son profit toute Tartivité de l'Ame, ainsi qu'il arrive dans les études abstraites, dans l'exaltation d'un sentiment de haine, de vengeance, etc., etc. ; ou bien elle est amenée par l'affaissement, par l'aberration ou par tout autre état particulier de la faculté génésiaque ellc-môme, comme chez les sodomites et les maslurbateurs, par exemple, dont les facultés copulatrices ne répondent plus à leurs excitants naturels tant internes qu'externes.

Je me suis précédemment occupé de l'empire qu'exercent sur les désirs vénériens les conditions vitales de l'organisme, et j'ai suffisamment étudié Tinfluence de ces

lliS IMPUIlUANCB iYMPlTHIQCE.

cunditioiis, Innt |ili]siulo^ii|utis i{ue raorbidcn, pour qu'il soit iniililo li'y ri*\eiiir ici.

Quant à ce qiroii pourrait appeler prédisposilion morale, j'ni également, et par avance, défloré ce sujet en traitant, soit des e\cè<i dos travnui de cabinet, soit des troubles des fatuités intellectuelles, et je compléterai tout à Theure ce cadre en parlant des troubles des fncnltés aiïectives.

Il ne me reste donc h examiner ici que cet état particulier de Tâme, dans lequel l'homme sans haine, sans motifs légitimes d*éloignement pour la femme qui lui donne ses caresses, ne lrou\e dans son cœur que la froide indifférence qui, en étouiïant le désir, arrête et suspend toute activité dans l'appareil copulateur.

On pourrait désigner cet état par lea mots A^apathie essentielle.

(À'ilo apathie est amenée par les causes les plus di\ erses: chez le pédéraste et |r masturhalrur, la faculté excitatrice du sens générateur semble s'élrejait une autre nature sous l'empire de riinhitude, et aioir déraillé desaxoie normale pour subir rinllurnee i\(lu>i\e d'excitations factices; chez ceux-ci, un ^ouiriiir, quelle que soit In sphère où il se déroule, a un pou\oir nnaJoKiie à c«'lui de Thahitude ; chex ceux-là enfin, la source de TindilTérence amoureuse se perd dans ce labyrinthe inexlrii able <|uc peuph'ut le caprice, les bizarreries de caractère et les excentricités de toutes sortes.

1/éluignement de^t pédérastes, de< sod(»mite< , des tribades et di'S mastuibatcurs des deux sexes pour les rapprochements «sexuels est as^rz connu p(Mir qu'il soit inutile d'en rapporter des exemptent. Celui qui e^l sous la déjH'ndance d'un caprice, d'une élr.m^clé demœurs ou de caractère, de la mode même, est tellement individuel qu'il échappe

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en quelque sorte h raiialyse. Il fauclrait fuire l'histoire des bizarreries de Tesprit humain, ce que j*estimc impos* sîble, bien que des essais, je crois, aient été tentés sur ce sujet.

Cependant, je rapporterai le fait suivant, comme spéci* mendeces bizarreries, et aussi pour l'enseignement thérapeutique qui en découle.

IVl. X..., (ils d*un général du premier empire, avait été élevé dans le château de son père, et n'en était sorti, à l'âge de dix-huit ans, que pour entrer à l'Ecole militaire. Pendant cette longue solitude h la campagne, il avait été initié, à l'âge de quatorze ans, aux plaisirs de l'amour, par une jeune dame, amie de sa famille. Celte dame, alors â^ée de vingt et un ans, était blonde, portait des cheveux à ranglaise« c'est-à-dire en tire-bouchons, et, eu égard aux précautions qu'elle était obligée de prendre pour cacher à tous les regards son intrigue amoureuse, elle n'avait jamais de rapports avec son jeune amant que dans un costume de jour, c'est-à-dire chaussée de brodequins, serrée dans un corset et portant une robe de soie.

Tous ct'S détails, que j'énumère avec intention, eurent la plus grande inlluence, non-seulement sur la faculté excitatrice du sens génital, mais encore sur toute l'existence de M. X...

La jeune dame, fort passionnée, à ce qu'il parait, abusa des forces du jeune néophyte, et il ne fallut rien moins que le régime sévère et la continence de l'Ëcole militaire, pour rendre aux organes génitaux Ténergie qu'avaient compromise des pratiques anticipées et trop fréquentes.

Mais lorsque, rendu à la liberté et aux plaisirs de la vie de garnison, M. X... voulut jouir drs droits que la nature semblait lui avoir restitués, il s'aperçut que les désirs véné*

(40 tMrOIWAlKI tTBFATmOOB.

riens ne s'éreilInicnlqu'iiiiprèH do iTrIatries remmei, etiree le concours <le cerlnines rirrunfltanreR; ornxi, aiie fennm brnue n'etcilait en lui aucune émotion, et le rostume et Buil suRiuit pour éteindre et glocer tout tnnaport tiMHireui.

Pour que son Ame IrcMailllt Mes l'aiguillon da déair et de la v<tlu]ilê, il Tnllnit que le r.mme Tilt blonde, coifTie i riiiplaiiH!, diauwée de brodequins, emiiriaonnée dans ua eomcl, vtMuc d'utie robe de toie, en un mol, réunit toutes les particularité!! que le wuvenir de M. X... gardiit de ses Bremiem ébolK erotiques.

Ce nVluit |ioint un de ces souvenirs d'amour insené» dont lu mngîqne pouvoir s'étend sur toute une «tatroee. Danx ses premiers rnpprorhements seiuels, M X. . . n'avait apporté '|uu rn|i|tniril de ses org.-iiii's ; son rœur était toujours ri!slé étranger h rctlc union, dont le but éliiit leptai> Str; et, h vingt-cinq nns d'in1crtnllt% M. X..., en me conaultaiil |i<»ur foti étrange inlirmilé, m'avoua n'avoir nimé, at'CC le cœur, qu'une srulu femme, ji laquelle it n'nvait jtmuis osé ailn-sscr ses liiimmn»es, parce que, coïncidence bitiinc! cette femme était brune.

Sa fortune, son nom, <a position sociale fuisoicnt depuis longtemps un devoir à M. X... de se marier, et il avait toujours ré-isté au\ sullicitotions de sa famille el de ses amïs, parce qu'il se >avai( in(-a|ii)l)le il'cverccr le coît dans le négli<tédela eouc-lie conjngiile. Certes, un ^embfabie motif eât été dilTirile è pénétrer, car riuforluné jouissait d'une santé h toute épreuve, était d'un tempérament bilioso^aiiguin, iitait une taille au-dessus de la moyenne, et une constitution si robuste que, pendant plus de quinic ans. il atait ^lé oOicier dans un n^giment de grosse cavalerie. - Bien évidemment, M. \.., n'était atteint que d'une im-

.STMPATniES MOHALBS. ft/^l

puissance essentiellement relative, car lorsque la Temme était blonde et lorsque les conditions énumérées plus haut se trouvaient réunies, il accomplissait la fonction copulatrice avec toute l'énergie d'une forte constitution et Tardeur d'un tempérament amoureux.

Rentré dans la vie civile, et tourmenté plus que jamais par sa famille au sujet de son mariage, il voulut tenter un dernier effort, et vint me consulter dans le courant de l'hiver de 1852.

Pendant la longue conversation que nous eûmes ensemble, je crus m'apercevoir que M. X... n'avait qu'une foi douteuse, non-seulement en moi, mais encore dans celte branche spéciale de la thérapeutique, et que. par conséquent, il me fallait, avant toute chose, et par quelque moyen que ce fût, conquérir sa confiance en faveur de la science, et en même temps en faveur de l'ellicacité du traitement que je lui prescrirais.

Dans de semblables occurrences, je l'ai déjà dit et je le répète, parce que le conseil est important, tout discours est superflu et tout raisonnement se brise contre l'incrédiilité systématique du malade ; il lui faut un phénomène physique, palpable, matériel, contre la négation duquel sa raison se révolte; ce phénomène obtenu, ^a coniiance est d'autant plus absolue que son incrédulité a été plus profonde.

En conséquence, je résolus de frapper un grand coup, et sachant bien, par l'expérience que j'en avais acquise, que la moitié seule de mon ordonnance serait exécutée, je prescrivis une potion cantharidée et phosphorée assez énergique, et conseillai le coït avec une femme brune et sans corset, deux heures après son ingestion.

Ainsi que je l'avais prévu, la potion fut avalée, mais le rapprochement sexuel ne fut pas même tenté, car jamais

Uli iiiroiiiAiiGi trariniQiig.

rhomma ne s'e^poso à un écheo traoureui qu'il regarit comme certain.

Mais reiïet que j'aitendaia de Temploi det eanlharides •'étant produit, et le malade ayant été toarmeoté toato la nuit par une érection qui n'était pas tans quelque aovf» franco, la scène changea de face, et M. X... crut avoir enfin rencontré l'agent médicamenleni qui seul poorait contre-balancer la lâcheuse influence de son morah

Le lendemain, ne pouvant venir me revoir, maia vouianl reprendre un second flacon de na ligvmàr magi^WB^ conme il m'écrivait , il me demanda s'il pouvait se servir encore de la même ordonnance, ce a quoi je m'opposai, dans la crainte d*une cystite, et lui envoyai une prescription oà les cautliaridcs et le phosphore ne jouaient qu'un rAle esaen» ticllement secondaire.

Cette seconde potion , fort peu active, je l'assure, 6t autant d'eiïet que la première, et le mnlaJe put enfin eicrcer le coit avec une femme brune et dépouillée de son corset.

Mais pondant assez longtemps, pendant plus de six mois, les rapprochements sc&ucis ne furent possibles qu'avec l'aide d'une potion qui était censée contenir Tugent médicamenteux assez puissant pour contrc-balonccr l'empire de l'Ame ; ce ne fut que progressivement et h la lonj^ue que M. X... parvint a se passer^ pour l'accomplissement de l'acle copulateur, du concours de la médecine, cl oujourd*hui même, il e<t parfaitement convaincu que le médicament que je lui ai prescrit a exclusivement a;;i sur ses organes, et ce serait peut-être s'exposer au relourdes phénomènes morbides si l'on parvenait à le convaincre que le traitement qu'il a subi est un traitement purement moral. La conduite que j'ai tenue dans la circonstance que je

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