SYMPATHIES MORALES
viens de rapporter, quoique couronnée d'un plein sucrés, ne saurait être couscilloe d'une manière absolue; In rè<;leà suivre se tire des causes de Tapathic elle-môme. Cependant, comme auxiliaire de celte médication spéciale, individuelle, pour mieui dire, il faut souvent avoir recours aux excitants moraux dont j'ai plusieurs fois parlé dans le cours de cet ouvrage, oinsi qu'aux moyens physiques dont l'elTet excitateur se fait surtout sentir au cerveau , comme un repas délicat, l'usage modéré des liqueurs alcooliques, la musique, la lumière, les parfums, etc., & ceux surtout qui s'odresscnt de préférence aux sens dits intellectuels, afin que leur excitation éveille la faculté génésiaque endormie.
D'ailleurs, dans la très grandie majorité des cas, l'espèce d'impuissance que j'examine ici est rt'Iative et temporaire, ôt il suflit, pour la dissiper, qu'il entre dans le cœur du malade un de ces divins rayons d'amour que la femme sait si bien allumer à l'étincelle de son regard, à l'éclat de son sourire et au doux feu de ses paroles. Que le médecin ne dédaigne point ces auxiliaires; il est presque invincible s'il agit de concert avec l'amante ou l'épouse de son malade.
2^* Influence des ])assions sympathiques. — Quand on considère que l'acte copulateur est sous la dépendance la plus entière des sentiments attractifs, on est conduit h pro* portionner l'énergie de l'art*, et par conséquent Tactivilé de rajipareil copulateur, 6 la force de ressentiments attractifs, en d'autres termes, et pour employer un langage plus usuel, on est amené à penser que le coït est d'autant plus facile et plus com|del que l'amour qui le sollicite est plus violent et plus exalté.
Cette loi psycho-physiologique dont il est impossible de De pas reconnaître la justesse et la réalité, souflre cependant
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des exceptions asses nombreuses pour qu'il soit utile de non y arrêter un instant.
Quand le désir ou plutôt quand l'instinct du rapprochement des sexes a quitté ce vague nuageux qui, semblable i une atmosphère légère, entoure notre âme, et vient se placer sous Tempire de la conscience ; quand ses aspirations, abandonnant les vastes horiioiis de Tinconnu, prennent un corps pour ainsi dire, naissent è la vie morale, et ae coih centrent dans la contemplation d'un être fini et réel, TiDstinct devient sentiment, le désir se fait amour.
Fidèle aux lois de son essence, Tamour, cette douce et magique expression de la portion sympathique de notre àme, s'ciaspère des lenteurs et s'irrite des obstacles ; pour vaincre les eniraies qui lui cachent le but, il appelle à son aide toutes les forces de l'organisme, toutes les graiw deurs de l'esprit, toute rex»ltnlion des setitimetils, et va même chercher des ressources d»iis le monde des rives et des enrlionlcmeiits. Au milieu de celle conrusioii étrange, Me cette tension exagérée de tous les res.sorls de la vie, l'àmc n*extTcc plus qu'un empire douteux, qu'une puissance trcmb'ante ; si tout à coup elle est inondée '*d'un bonbtîur lungtemps C4iressé, si el!e est éblouie par l'apparition inattendue d*une félicité prochaine, elle se noie ellemême dans une immensité de joies et de «oluptés, obandonnant k leur délire, sons gouvernail et sans boussole, toutes les forces de l'organisme : « Si Ton considère, dit Virey, que l'âme éperdue nage dans un océan de plaisirs ; que toutes les fibres du corps frissonnent sous les plus tendres caresses ; que l'on est plongé dans un enchantement universel, et comme ravi en extase de l'excès de son bonheur, on comprendra qu'il faut revenir de cette secousse générale pour se livrer plus spécialement à une jouissance