‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité v. 1-2Chapitre 77 sur 122 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

FRIGIDITÉ iniOPATHltJUE.

En parlant de l'impuissance idiopalhiquc citez l'homme, j'ai dit que chez ce dernier la syncope génitale, dégagée dL' toute lésion organique locale et de toute oiïiclion gêné' raie, était rnrej mais bien plus rare encore est la Trigidité idiopathiquc chez la femme, et celle diiïérencc s'explique tout à la fois et par la simplicité du rôle que la femme remplit dans te coil, et par la moimlre complication de son appareil copulateur, ou plutôt de son appareil sensitifde la génération. Pour mon compte, je n'ai jamais vu celte variété de frigidité, et n'en ai point trouvé d'exemples dans tes auteurs ; toujours, quand une femme m'a avoué ne pouvoir prendre part aux plaisirs de la couclie conjugale, j'en ai trouvé la cause, soit dans les conditions générales de l'organisme, soit dans des conditions locales de l'appareil générateur.

Cependant la théorie permet d'admcllrc celte sorte de frigidité, et l'on conçoit 1res bien que le clitoris puisse être Trappe de paraljsie esserilielle, ou même sim|>lemenl d'un engourdissement plus ou moins prolongé de sa sensibilité. Dans ce cas, et si un pareil fait se jiré.senlait il mon observation, j'eslime, en jugeant par analogie, que l'électricité serait le moyen tout à la fois le plus rationnel et le plus avantageux. Mais, jo le répèle, sans appui et sans preuves en celte matière, je ne puis que fournir des hypothilities qui, ne reposant sur aucun fuit clinique, n'onl évidemment qu'une valeur minime.

Cependant il est une forme de frigidité que l'on admet-

fHKilDITfi Sïm-TOKATltttlK

volontiers comme idiopathiquc, rI rll(> n'élait pas life a certaines l'ircoiistnnco^ ijue je ilévolopperai touguemetil dans le chapitre suivunt, alors que je parlerai de la frigidité par tempérnment.

CHAPITKE m.

irRKilDITB NVMl'TOHATK'I^K-

Conme rimpuinsniire ('liez l'homme, la frif^idil^ ilr la femme est symplomali(]ue, ta[il<M d'un étui ph}siologi(|ue, comme l'Age, la constitulion, le tempérament, et taol4l d'un état morbide, soit général, soit local.

C'est i Cf^ double point de vue que je vais successivement me placer.

S 1. — FrifMIM BTMrUMMiiqM «■«« él*t phjalatocMiHc

1" j4ge. — Il est incontestable, par le Tait de la masturbation chez les pelilcs iîlles et par les exemples de lascivité que présentent quelques vieilles femmes, que la sensibilité génitale du scie n'est pas entièrement sous la dépendance de la menstruation (1), Mais cette sensibilité, pour être plus etquise et plus délicate que la sensibilité générale tactile, est-elle cette sensibilité voluptueuse, sut generis. seu* lement apanage de l'amour; et la sensation qui en découla est-elle aussi ce plaisir inelîable qui porte tout h la fois uo trouble divin dans notre âme et un frisson indicible dans nos libres?

(l) Dans toul le cours de cet ouvrage, le mol ni«rulrual«m doit èM pris comme synonyme d'évolution ovarienne dont l'bémorFbagie noM- Irnelle ^l le priocipal ByuplAme.

d'un état PHYSIOLOGIQUk. 519

Sans doute, en restant dans les limites de la théorie, le vrai plaisir vénérien, la vraie sensibilité amoureuse et la véritable volupté erotique ne doivent exister ni avant, ni après Tège de la menstruation, puisqu'ils ne sont que les incitateurs h la propagation de l'espèce, et que cette propagation ne peut se produire que pendant la vie menstruelle de la femme.

Cependant quand on aborde le domaine de l'observa* tion, on est forcé de ac départir d'une théorie aussi rigou* reuse, et en présence de faits bien authentiques et bien avérés, on se demande si le coït, dans l'espèce humaine, n'est pas tout à la fois un moyen de sociabilité et un aiguillon à la génération.

Ce n'est point ici le lieu d'aborder un semblable problème, dont on trouvera la solution plus loin, alors que j'examineroi rinflucnce exercée sur le sens vénérien par l'absence de l'utérus et des ovaires.

2"* Constitution, — On se tromperait grandement si Ton croyait qu'une mauvaise constitution est une cause de frigidité pour la femme; bien souvent, dans les organisations délabrées et cacochymes, la vie purait se retirer tout entière dans le système nerveux, qui est alors d'une susceptibilité excessive et d'une impressionnabilité étrange. Si, dans ces circonstances, la femme vit au milieu du luxe et de la paresse, si elle s'abandonne à la lecture des romans, fréquente les thé&tres, les bals, les musées, etc., etc., si elle s'expose à l'empire énervant d'une civilisation rafiinée, toutes ces excitations retentiront profondément sur les organes de la génération, et la sensibilité erotique s'accfottra de tous les désordres du système nerveux et de tous les écarts de l'imagination.

Cependant toutes les constitutions frêles et délicates ne

5'20 KBIfilBITÉ SVMPTOHATIQUK.

|irésrnlPiU }ins cette ciritabilité est-essive, et il en est c4iei les<]iielles toutes les sourci'S du la vie coulent avec une leii' leur et une mollesse désespérantes. A peine asseï furies pour se sufRre à elles-mêmes, pour retenir le faible soufTli' cfui le* anime, ces frôles créatures ne peuvent avoir l'ambition de perpétuer l'espèce, de communiquer k autrui une vitalité ijui leur écbappe, et la nuture, toujours prévoyante, même dans les malheurs dont elle nous afflige, leur réfute les désirs qui sollicitent, et hs plaisirs qui récompensent l'acle de la reproduction.

N'essajez pas, par des excilulions intempestives, de contrarier les desseins de la nature; vous n'arriveriez ija'à faligntir davantage et Ji briser même les faibles rcssorb tyù soulitfunenl la macbtne; que tous vos soins, que toute votre sollicitude se bornent ù au^^menter l'élasticité du ressort tl la résistance de l'organisme ; avec les forces, avec le développement osseux et muscubire, avec l'accroiiseinent d« l'innervation, en un mot avec l'énergie vitale, le sens géailil apparaîtra, riche de ses attributs, c'est-è-direaiecsesdésin ft sa sensualité.

3* Tempérament. — Les anciens, dont les sagarcs observations se cachaient souvent sous les allégories les pli» ingénieuses, admettaient quatre lempéramcnts, qu'ils faisaient correspondre aui quatre âges de la vie, aux quMre saisons de l'année et aux quatre climats du globe : ainsi le tempérament sanguin était l'apanage de Injeunesse, du priatemps l't des pays tempérés; le tempérament bilieui concordait avec l'Age adulte, avec l'été et les climats chauils; le tempérament atrabilaire était l'analogue de l'âge mdr, de l'automne et des pays équatoriaut; enlin le tempérament pituitt'ut correspondait è la vieillesse, à l'hiver et aui pajs humides et froids.

d'un état physiologique. 521

Il n'est pas, à coup sûr, de façon plus ingénieuse et plos vraie do caractériser les aptitudes génésiaques des difers tempéraments, et si Ton voulait dresser, au point de vue qui nous occupe, leur échelle de gradation, on n'aurait qu'k se conformer aux notions les plus vulgaires sur Tinfluence des âges et des climats relativement aux manifestations de l'amour.

Cependant il faut se garder d'accepter dans toute leur rigueur de semblables rapprochements, car si la vieillesse est complètement insensible aux excitations vénériennes, les habitants des pays froids ne sont pas déshérités de tout plaisir erotique, même pendant l'hiver.

Cette distinction nous amène naturellement à une question qui n'est pas sans importance, h savoir s'il existe des tempéraments complètement froids, c'est-à-dire si l'absence absolue de désirs et de plaisirs vénériens peut, d'une manière exclusive, être le résultat du tempérament; en d'autres termes, si un tempérament quelconque peut, sans devenir état morbide, être, comme la vieillesse, une cause absolue de frigidité, ou s'il ne constitue, ainsi que l'hiver et les climats froids, qu'une prédisposition à l'allanguissement de la fonction génitale. •

Toute question posée carrément exige une réponse catégorique. — Oui, je crois qu'il est des femmes complètement froides par tempérament, qui, sans préoccupations intellectuelles, sans contre-indications morales , sans maladie locale ou générale, en un mot, sans aucun de ces mille motifs, moraux, sociaux ou physiques, qui paralysent le sens Gopulateur, n'ouvrent leur âme à aucun désir et leurs sens à aucune volupté. — Sans doute, cette insensibilité complète, absolue, est plus rare qu'on ne pense, et l'on rencontre souvent des femmes qui doivent leur frigidité, soit à la ma-

539 KKIGIbllft SVMPTUHAIltjDK

[adresse de leur mari, soit au défaut d'Iiiirtnonie entre leara mutucllifs evrilatioiit. Mais pour èlre peu commuita, l'entière frij^iditi^ par vice Je icmpt-niment eiiite bien réelle, jo le répète, et ce fait, & défaut de diagnostic infaiU lible, trouvu une nouvelle confîrmalion dans le auccèt d«bl médication mise en usa|;e.

l,e» (ffame9 dont l'itislincl gétiilnl ne «'eM pas éveillA k l'Age lie la puberré.et relies mAme dont les mBuifeitalions de cet iiisliuct sonl languissantes et pareiiseuse», présenleal un ensemble de phénomènes qui les fait toujotirs facilenicnl roconnailre. Ces phénomène», pour In plupurl du muin», pris isolément, n'ont pas constonimenl une valeur cerldinr, el l'on s'eipuserait h des erreurs ((■''■^^^ <'* nombreuse* si l'on appréciait l'ardeur erotique d'une femmes jtur un miuI de ces signes ; ainsi, par exemple, une menstruation peu abondante, déréglée et à sang pftic, est notée par tous les auteurs r«mme un symptAme de frigidité, et pourtant, j'ai vu des femmes très ardentes au plaisir et chei lesquellea lea règles n'appuroissaicnt que de loin en loin et en quantité presque insigniliante ; j'en ai même connu une entièrement privée de menstrues, et dont les désirs insatiables amenaient, quand ils étaient satisfuils, une véritable crise nerveuse.

11 faut donc, avant de se prononcer sur les disipositioas erotiques d'une femme, étudier, non-seulement te» nianifestations extérieures de son organisation, mais encore h degré d'énergie de la vitalité qui se trahit toujours dans le* habitudes du corps et dans les sentiments de l'Ame.

Tous les attributs du tempérament lymphatique domi> uent chei les femmes froides par tempéramenl. Je n'ai point ici è les passer eu revue ; seulement, je noterai que le système pileux joue, dans le sujet qui nous occupe, u» rùle assez important pour fournir à lui seul des signe* i

d'un état PHY8I0L0GIQDK. 593

peu près certains. Tout ce système est remarquable par la langueur de sa vitalité : les cheveux sont blonds, finii» clair*« •emés et plats ; ils n'offrent point, comme daQs les natares ardentes, de.petites touiïes firiséessur les tempes et semblent subir plus que tout autre l'influence hygrométrique de l'at*? mosphère ; les sourcils pfties et à peine distincts de la pean transparente qui les supporte, laissent entre eux,i la racine do nei, un espace considérable et ne recouvrent pas dana une grande étendue l'arcade sourcilière; les aisselles, quoique facilement baignées par une sécrétion nauséeuse des follicules sébacés, n'offrent que quelques rares poils à couleur douteuse et à consistance nulle; enfin, le pubis, à travers un duvet court, p&le et décoloré, laisse plutôt devi^ ner que voir un mont de Vénus, dont la maigreur et Taridite doivent être un épouvantai! pour la volupté.

Sans doute, ces caractères, en quelque sorte passifs, di^ système pileux, ne sont pas constamment et à coup sur des signes irréfragables de frigidité, mais ils en conslitvient certainement un indice probable, surtout s'ils concordent avec les autres attributs physiques dn tempérament lympha--* tique, avec un allanguissement dans les facultés intellect tuelles et avec une certaine apathie dans les affections de i'ftme.

Mais de ce que les caractères que je viens de noter signalent presque toujours, sinon une frigidité absolue, du moins un allanguissement dans la faculté volupfueuse des organes de la génération, il n'en faut pas conclure que la frigidité complète ou incomplète s'accompagne fatalement de cette physionomie. Le tempérament lymphatique n'est pas le seul à produire cet état; il en est un autre, peu étudié par les physiologistes, qui tire ses attributs plutôt de la nature intellectuelle que de la nature physique de la

FHIGIDITË SYHPTOMATIUUK

, [lour ces moiif!s, j'appelle (fm/M-Viirnenf

femni'', el i|i inlellecturl.

Pour caractériser ce tempérament, je ne pu» inicut faire que de ra|i|ieler ce que me disait un jour une femme d'inlinimehl d'esprit. Elle ilispiilnil h une rivale lieureuae la possession d'un liumme, non pour les plaisirs que l'amour puuvnit lui procurer, mais [tour h position sociale, c'est-idirfl pour le iiiarioge, dont cet amour pouvait £tre la conséquence U'un lempérumeiit sunguin, d'une beauté rare, d'une nmnbilitc pi'U commune, elle était en tout supérieare h sa rivale, qui, néanmoins, avait le (-rond ovnntage li'èlre aimée, La lutte s'établit entre ces deux ft-mmes; d'un cdté^ le Cifiur, le dévouement, l'amour; de l'autre, la beauté, l'adresse et l'esprit. « Je suis ta plus forte, me disait on jour celle des deut femmes dont les prétentions étaient le résultat d'un calcul ; mis sens et mon cœur sont lii.sjoulat-elle en frapjiant son front, et la tète est bonne... " Onî, les femmes de l^le, comme dit le vulgaire, chez lesquelles la raison domine eu souveraine, sont souvent insensibles aux charmes d'une douce liaison et aui enivrements de l'amour. l'tijsiquement, rien ne décèle celte froideur; j'ai même connu des femmes qui lu cochaient sous les apparences d'une nature passionnée et sous les attributs d'un tempérament fuugueut. Ce n'est que dans les muiura, la tournure d'esprit de ces femmes, qu'il est possible de pénétrer les conditions d'une semblable insensibilité. Presque toujours ces personnes ont quelque chose de viril dans le caractère, une volonté ferme et un jugement qui ne s'inspire pas de lu timidité de It'ur >ete -, ces attributs de leur nature morale donnent it leur démarche et à leurs mouvements une sûreté et une fierté qui ne sont pas ordinairement l'apanage de la femme, et jtourtanl ci

elles ne porleal J

d'un état physiologique. 525

pas les signes de ces virago dont parle le poëte; leurs formes sont i^légantes et arrondies ; leur beauté, quoique mêle, n'a rien de dur et de viril ; leurs manières sont séduisantes, leur voix douce ; en un mot, elles sont complètement femmes, et n'ont pas, comme les virago^ les penchants obscènes de la tribadie; elles éprouvent, non de l'aversion, mais une indifférence absolue pour les plaisirs vénériens, quelle que soit d'ailleurs la source d'où ces plaisirs dé* coulent.

La menstruation ne fournit pas de signes plus certains que les autres habitudes du corps ; quelquefois elle paraît moins abondante qu'elle ne semblerait l'être ; mais il est difficile, pour ne pas dire impossible, de rien préciser à cet égard, tant la quantité des menstrues varie avec chaque femme; seulement, cette fonction est constamment remarquable par sa régularité, que l'on attribuerait volontiers à l'absence de toute excitation génésiaque.

Les seins n'offrent également rien de particulier; les glandes mammaires acquièrent leur développement normal et subissent les influences ordinaires qu'exercent sur elles la menstruation et la grossesse, car, disons-le par anticipation, la frigidité, quel qu'en soit le motif, n'est jamais une cause de stérilité.

Je le répète, ce n'est point à des signes physiques que se reconnaîtra la froideur dont je parle; il en faut chercher lesmanifestationsdans les mœurs, les habitudes et le caractère moral de la femme, quoique ces circonstances n'aient pas toujours par elles-mêmes une valeur bien grande, et, dans la majorité des cas, s'en rapporter aux aveux de la malade, qui, en les faisant à un médecin, ne peut guère être soupçonnée de supercherie.

On s'étonnera peut-être de me voir placer ici c^tte forme

536 piierDiTft svMMoaATivce

ife rri^iditt^, i?l l'on «e ilfmatidffni <>i «on ^tiiile nWil f>n

miouK figura Aou» le cliapilre relatif h la Triitrilil^ iilmpa-

thH|iie DU h relui ijuc je fODimcrerBi luut k l'ht-urf h \»

frigidili^ (inr cnuse morale. Qu'on me permetlp un mnt it'ci-

pliratioii <|ui liitora en mAme lemps l'étiologïe de r^lât qw

j'etainine.

Cette Tormc de frigidité ne pouvait entrer dans le cadrt de la frigidité idiopalhiqiic, pnrre <)u'elle esl la maniresistion, je |iourrai.<i presque dire le sympldme d'un état parfaitement dc^fini, ik itatoir. la prédominante de l'élément intellectuel.

Elle lie devait pas non plu» trouver 5a place a cAté de la frigidité par fniiie morale, parre qne, ainsi que nous le terrons pn temp» cl lie», celte frij^iilit^ eut loul h la toi* pnssng^r(" el relative, el (jue, [i«ur nt: produire, il lui fuul on mobile extérieur, un aliment étranger, pour ainsi dire, tandis que la frigidité dont il est ici question est permanente, absolue, el a »a source dam un des éléments de notre nature.

Que si l'on réfléchit à ce que l'on doit entendre par tempérament , r'est-ft-dire In prééminence d'un des sytlèmes de l'organisme, concordant avec un état parfait de santé, on con>ienilra que la prééminence de l'élément intellectuel, sans altération de la santé générale, constitue une condition analogue k celles qui font le tempérament sanguin, pituileui, etc. ; seulement, l'élément dominateur n'obéissant point, comme les appareils de l'organisme, aai lois de la matière, j'ai <iu créer une nouvelle variété de tempérament caractérisée par lu suprémiitie de Télémest intellectuel, qui, fatalement, lui devait donner son nom.

i'ar c<'smotifi4, le tempérament intelleclucl a toutaussi bien sa raison d'être que les autres tempéraments généralement

d'un ÉTTAT P1IY81OLO6IQ0B. 527

admis, et si Ton se rappelle sous quelle dépendance l'élé'ment moral tient l'excitalioii et les jouissances vénériennes, on admettra et Ton concevra sans peine que la préémi*nence de cet élément soit, chez la femme comme chei l'homme, une cause de frigidité et agisse sur Torgasme génésique à la façon des débilitants, parmi lesquels Bgare en première ligne le tempérament lymphatique.

Seulement, la médication n'est pas identique dans les deux cas, et il en doit être ainsi, puisque les éléments à combattre sont d'une nature si dissemblable.

Dans le premier cas, c'est-à-dire dans la frigidité par tempérament lymphatique, il faut surtout insister sur la médication générale que tout le monde connaît, et dont le fer, les toniques et les analeptiques font la base, et ne pas se hftter d'agir, soit localement, soit spécialement, sur les organes génitaux. Dans le second cas, au contraire, c'esti^dire dans la frigidité amenée par la, prééminence de l'élément intellectuel, aucune médication générale n'est néces^ saire ; il faut s'adresser d'une manière presque exclusive et en même temps au consensus génital, c'est-à*dire au foyer des désirs vénériens et à l'organe lui^^mème, instrument dt ces désirs.

Pour atteindre le but de la première médication, et lorsque! l'organisme aura été relevé par les martiaux et les toniques de Tallanguissement où le tenait l'abondance des humeurs blanches, il peut se présenter la nécessité d'agir sur les facultés génésiaques de la femme, tant morales que phy* siques; en d'autres termes, il peut être nécessaire d'éveiller les désirs vénériens endormis et l'appareil génital languis^

sant.

Sous le premier rapport, on mettra en usage les excl"* tants moraux dont j'ai donné ailleurs la nomenclature;

323 FRIGIDITft $TlfPTON;ITtQ0B

mais dans l'emploi de ces mojciis, qui louchent de si |irè9 aux prescriptions de la mortilc, le médecin ne doit jama» oublier le respecl auquel ont droil le sete auquel il s'adresse, l'Age et l'état social de la mulode, l'Iiouneur et les verliu du foyer domeslique.dont ne peuvent ni ne doivent te dé[iartir la femme, l'épouse et la mère.

Comme médication etcitunte de l'organe copulnteur, je place en première ligne les moyens loraui, tels que bain» de roer, lotions froides ou chaudes sur la vulte el li's lombes, frictions sèches ou composées sur le périnée, fumigalions aromatiques sur les parties etlerttes de la génération, et enfin, dans quelques ca<i, réleclricité.

Les agents médicaux internes, décorés du nom d'aphrodisiaques, tels que phosphore, aride formique, ^inseng, etc., ne paraissent pas avoir sur la femme la même action que *ar l'homme. J'ai fait, sous ce rapport, quelques expériences qui ne m'ont amené o aucun résultat décisif; mai» il est vrsî de direausïi que l'influence qu'ils exercent sur le générique de l'homme est si inconstante et si fautive, que l'on ne pcutsàrtmentpas conclure^ leur entière inanité sur la femme. Il n'en est pas de même des cantharides, qui, chei les deui sexes* agissent, non comme aphrodisiaques proprement dits, mata bien en déterminant une irritation vésical qui retentit lur l'appareil génital, grAce iiu vuisinage qui rapproche relui'^ de l'appareil urinaire. On pourra donc, au bei^oin, recourir aux cantharides, soit en frictions sur le périnée et les lombes, soit à l'inlérieur, avec toutes les précaulioM qu'exige l'administraliuii d'un agent aussi toxique et que je n'ai point k spécilior ici.

Dans le traitement de la frigidité par tempérament iDtellectuel, c'est aux excitants moraux qu'on donnera tout è la fois la préférence et son attention. Il faut d'un calé

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