‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité v. 1-2Chapitre 78 sur 122 · D*ON ÉTAT PHYS10LO6IQUB · texte numérisé non relu

D*ON ÉTAT PHYS10LO6IQUB

dimiDuer l'importance de Télément intellectuel qui prédomine, et de l'autre éveiller la partie sensible de l'Ame.

Pour remplir la première indication, on aura presque toujours à lutter contre des tendances ambitieuses, n'importe le but de l'ambition, contre des goûts de vanité, des habitudes d'amour-propre ; on dérangera souvent des calculs, on traversera parfois des espérances : n^importe, mettez dans vos prescriptions de la persistance et de la fermeté; le succès seulement est à ce prix, caria femme, qui est Umte tête ^ a une force de volonté peu commune.

En même temps que l'on arrachera la femme k sespréoccupations, tantôt graves, tantôt futiles, on lui procurera des distractions capables d'éveiller tout à la fois sa sensibilité morale et sa sensibilité physique. Ces distractions ne sauraient être les mêmes pour toutes les femmes : aux unes, il faudra le bal, les spectacles, In société des hommes; aux autres, la poésie, les romans, la solitaire contemplation de.H beaux-arts; chez celles-ci, la vue de la nature, la solitude des bois, le charme de la campagne, exciteront de tendres émotions; chez cellos-lè, enfin, l'&me ne s'ouvrira qu'aux impressions douces ou aux émotions terribles des voyages.

On ne peut donc, à priori^ Gxer les règles à suivre dans le choix de ces distractions. L'élément moral a, pour se déterminer, tant d'excitants divers, tant do mobiles à nuances si changeantes, qu'il faudrait, pour tracer ces règles, établir le bilan de chaque individualité et dresser l'inventaire de chaque Ame en particulier ; c'est impossible : cette tAche, cette pénétration des individualités morales doit être laissée au tact du praticien, à l'observation du médecin et à l'es* prit d'analyse du philosophe.

Quant aux moyens purement physiques que l'organe copulateur peut réclamer en pareille circonstance, j'estime

ftSO fnisiniTt fiyMfTOMATiijCB

que le» ftxcitniilti liteaux liont j'ai parlé tout à l'hfure sont loul à In foin les seuls el les tnGilleur!> que l'on fOiiM etnpiojcr. Les caotharides, Innt h l'inlArieur qu'A l'eiteneur, doivent élre proscrites ; |i-s béfiélircD qu'on en [tourrait retirer ue ttauraiont oompeitser les daiigrr<i dont s'nrcompiignu souvent leur administi m.

S ■■•— PrIcIdlM •jmptoBiMiltiM* d'an é*»t paUiolosHaF

Comme je l'ni fait pour l'impi «sauce, je Jivuerai lei maladies qui s'acronipagiieiil de Trigidité: 1* en celleji qui intërcs3>enl toute l'économie ; 3° en celles qui n'aiïeclenl que les organes de la t(énérntion.

A. italadit» gfnirales.

Il ne peut être ici question des maladies aiguës; cette résprve, ({ue j'ai déjà établie plusieurs fois daus le cours de cet ouvrage , n(> doit plus désormais se trouver sous ma plume.

Parmi les airections compatibles avec l'existence, od a cité l'embonpoint excessif comme entraînant la frigidité. J9 ne partage point cette opinion : le développement énorme des formes et de l'abilomen peut s'opposer au voïl. Il l'intromission de la verge dans le vagin, en un mot au rapprochement des setes, mais i) n'éteint ni les désirs DÎ la sensibilité génitale chez la femme. J'en pourrai citer pln- ■ieurs exemples, un entre autres, d'une femme dont Im passions étaient si ardcnlen, que, ne pouvani les satisbire avec son mari, elle payait un étranger pour se faire maslurlier, mulgré les prrticipcs religieux et honnêtes qa'clla avait puisés dans sa famille.

li'eKessive mnigretir n'est pas non plus une einae 4b

d'un état pathologique. 5S1

frigidité ; elle est même souvent l'attribut des Temnies pnssioDDées.

Quelques aiïectioDS nerveuses s'accompagnent parfois d'insensibilité génitale, Tépilepsie est dans ce cas ; d'autres, au contraire, comme l'hystérie, amènent dans quelques circonstances une telle surexcitation génésiaque, que le coït est comme une source de voluptés amères et même de véritables souffrances. Dans l'excès de sensibilité les deux extrêmes se touchent : la jouissance est sur la lisière de la douleur.

Dans les névroses de l'intelligence et du sentiment, la sensibilité génitale est quelquefois abolie, mais plus généralement pervertie. Dans l'idiotisme^ dans la folie, les femmes éprouvent, dans quelques cas, une répulsion profonde pour les rapprochements sexuris; tandis que^ dans d'autres, elles s'abandonnent & la masturbation avec une espèce de fureur.

 peu près toutes les maladies dont les centres nerveux sont le siège peuvent amener tout h coup ou progressivement, par suite des troubles qu'elles jellont dans l'innervation générale, l'anéantissement partiel ou total de la faculté voluptueuse. D'abord ces affections, quand elles intéressent les organes intracrèniens , respectent rarement l'inlelligence, et tarissent, par conséquent, les désirs \énériens dans leur source même; en second lieu, elles allèrent plus on moins profondément les fonctions du système nerveux sous la dépendance duquel se trouvent toutes les impressions, et par conséquent les impressions vénériennes.

Enfin, toutes les maladies débilitantes, toutes celles qui attaquent la vie plastique, peuvent enlever aux organes du plaisir la force qui leur est nécessaire pour réagir sous les impressions vénériennes, les recevoir et les transmettre au consensus intime.

D*UII 6rAT PATHOLOGIQUE. 5SS

une véritable érection et se courbe en bas, entre (es deux nymphes, pour présenter son extrémité libre, sa partie la plus sensible, aux frottements de la verge pendant Tacle du coït ; à n'en pas douter le clitoris joue un rôle, et un rôle très important, dans la manifestation du plaisir erotique chez la femme, puisque Térotomanie, et les exemples n'en sont pas rares, a été guérie par l'amputation de cet organe.

Mais ce double fait, l'un physiologique et l'autre pathologique, établit-il la concentration absolue de la sensibilité génitale dans le clitoris? Je ne le pense pas. D'abord, et maintes observations l'attestent, l'amputation du clitoris^ en faisant cesser les accès d'érotomanie, n'a pas tari chei la femme la source des voluptés; secondement, pendant le rapprochement sexuel, les époux prennent quelquefois des postures où il est impossible que le clitoris soit touché par la verge de l'homme, et pourtant la femme n'est pas frustrée dans ses droits, on dirait même qu'elle atteint une plus grande somme de volupté. Bien plus, des femmes m'ont avoué être complètement insensibles aux titillations du clitoris et n'éprouver du plaisir que par les frottements de la verge ou de tout autre corps contre les parois de rentrée du vagin; ainsi s'expliquent les manœuvres de certaines roasturbatrices qui, dédaignant la sensibilité du clitoris, introduisent dans la cavité vaginale des corps de toute forme et de toute espèce : évidemment , si le clitoris était le siège exclusif du plaisir, il serait aussi le siège unique sur lequel porteraient les manœuvres des femmes livrées à l'onanisme.

Il faut donc reconnaître que, dans l'évolution du plaisir sexuel, le clitoris remplit un rôle important, mais que ce rôle ne lui appartient pas d'une manière absolue, et que les autres organes de In génération ont une part plus ou

ft'àd FRIGIDITÉ syHrTOHJiTIQini

moiiiH grandu duiit lo (lévelu|>|ieinent île cette •eoûbililâ •péniale.

En voiit-on un ei«mple? Pareot-Duchalolet cite i« f«il ■uiviint, dnns IpiuoI I« clilDriii élait fr.i|i|ié d'inspiiKibililé mttgré son déveiop|iemenl considérable, niBi<i à vause p«ulètra dt' l'ebsence des orf<ani;» génitaux inlorne» : <• A l'époque où jo TuiMis ci.'8 recberclifti, dit c.H excellent obnervaleur, on ne connai)i»ait k Pùris que trois prostituées dont le clitoris |>râ«entait un di^veluppemeol noli le ; nioiii sur unti •l'elln M dôrcloppnment était énorme, rnr cet oritaoe avait la loo* (tueur do 8 centimÈlres (3 pouces), et en grosseur it égnluil I* doifit indicateur; on jr remarquait un gland bi«n foriné K recouvert d'un prépuce, au-dftiïoiis duquel xe trouvait de la matière xébncée : c'était, à s'^ méprendre, la verge d'un enfant de douze à quatorze ans, peu avant u puberté. Celte fille, Agée de vingt-trois ans, n'avait jamaw été réglée e( n'offrait pas la moindre trace de mamelles ; il Mt probable qu'elle manquait également d'ulérui, car le toacher par le vagin ne faisait reconnaître qu'un tubercule ■phériquc sans ouverture, et Is même eiploratioo pratiquée par le rectum constatait l'absence de l'organe; malheo- , reuscment on n'a pas eu recours su spéculum pour eM eiamen important. Celte fille ayant été pendant longtemps i la prison des Madelonnettes, les médecins de cette prison ont cherché k découvrir quelle pouvait être l'isflnence d'un pareil état >ur l'activité des passions erotiques ; mais cette fille leur a toujours dit qu'elle était auisi iodtfférenle pour les hommes que pour les personnes de ton ie\e; qu'elle ne s'était livrée à la prostitution que par l'excès de In misère et du besoin, et que si elle avait CB pendant quatre ans nn amont dans son pays, elle n'était restée avec lui que parce qu'il pourvoyait à t

d'un état PATHOLOQIQUB. 5ft5

J'ai fait surveiller cotte fille pendant sii seniainesy je l'ai fait questionner par plusieurs personnes, et jamais elle n'a varié dans ses réponses. Sortie de prison, elle a tenu un langage semblable aux médecins du dispensaire, qui me l'ont rapporté.

« Cet état d'indifférence pour un autre sexe, malgré on développement aussi considérable du clitoris, pourrait, jusqu'à un certain point, s'expliquer chez cette fille par l'absence de l'utérus, et probablement par celle de ses annexes (1).»

Si un développement aussi considérable du clitoris coïncide avec une frigidité tout à la fois morale et physique, il faut bien admettre, à moins de repousser toute idée physiologique, que cet organe n'est pos le siège exclusif du plaisir chei la femme, et qu'il ne concourt que dans une certaine mesure à la manifestation des désirs erotiques et de la volupté.

Quoique le plaisir vénérien soit le résultat d'une sensibilité spéciale, comme la vision, le goût, l'odorat, etc., il n'en est pas moins sous l'empire do la sensibilité générale, ety à ce titre, subissant toutes les altérations dont cette son* sibilité peut être aflectée. Ainsi toutes les maladies des centres nerveux, oelles des nerfs sacrés qui se distribuent aux parties génitales de la femme, peuvent amener la suspension ou l'anéantissement de la sensibilité sexuelle.

Je ne puis ici, on le comprend, faire l'énumération de ces maladies, dont l'étude appartient bien plutôt à un traité général de pathologie qu'à* une monographie du genre de celle-ci. Il doit me suffire de noter les relations qui peuvent eiister entre les altérations de la sensibilité erotique et les

(4) De la ftrostitution dans la ville de Paris, V édit., Paris, 4 837, 1. 1, p. 880.

5S6 KHIGIItlTfe BVMI>ll>NAngtili

afTertiotis si multi|ili'8 et si (iiver<ics Btixi)»elles m>ii1 ei)< t^H tes rentres neneui et les nerfs qui président h la sennbilittS ({^■>>l"'c- Ainsi. |iar exemple, et pour ne citer qa' seul fait, il est cortuiii, coinme j'ai eu l'occasion de m' con(aincre dans deux circonstaiH'CS, qu'uitc tumeur pres- «out dur le pleius sdaliijue est suiiceptible d'amener la paralysie du nerf lionteas, el, par suite, d'éteindre la mhi^ sibililé vénérienne.

C'est pcul-Mre par une eiplicalion analogue qoe Ton parviendrait b ne rendre compte de l'indiFTérence qu'éfiroatcnt rerlaineii femmes après des repas copieiii, penduiil la grossetise on dans un élnt habituel de constipation.

Quoi qu'il en soit, el fi l'on se rappelle que jaillit rombieti était rare lu frigidité jiliupulbii|Ui>. on devra apporter la plus grande attention dans l'examen de la malade ; car bien souvent, si l'on s'nrréle è un examen superficiel, on prendra pour une frigidité essentielle un sjmptAme pur et •impie de quelque affection, soit de ta moelle, soit des nerfs qui vont animer les parties génitales de la femme.

Le diagnostic différentiel est donc, en cette circonslance, de lu plus haute, et je pourrais même dire de l'unique importance, Cor le pronostic et le traitement de la frigidité sont entièrement subordonnés h la gravité et à la nature de l'affection première.

Je n'ai donc pas à m'en occuper davantage.

Maladies des organes internes de la génération. — Quand on réfléchit que te sens vénérien n'est pas iutr« rbose, pour la physiologie, que l'eicitant et la récompenae, si je puis ainsi dire, de l'acte reproducteur, on se demande si, dans les cas où la reproduction est impossible, comme en l'absence d(t l'utérus et des ovoires, U nature a respecté un aiguillon dont nous n'avons plus que faire, et une rému-

D*UN ÉTAT FATIIOLOGIQUB. 537

iiéraliori dont nous ne pouvons plus nous rendre dignes; en d'autres termes, l'absence des conditions fondamentales de la fécondation chez la femme condamne-t-elle le sens vénérien au silence et au repos?

Qu'on me permette, avant d'aller plus loin, de rapporter l'observation suivante, prise & THâtel-Dieu, dans le service de M. Rostan, et que j'ai publiée dans le journal que je dirige (1).

La femme qui en fait le sujet est une prostituée, c'est dire que j'ai eu toute facilité dans les moyens d'investigation.

Les organes externes de la génération sont normalement conformés ; le pubis est couvert de poils, comme chez le commun des femmes; les grandes et les petites lèvres ont un développement ordinaire, et le clitoris ne présente rieo de remarquable pour la forme et pour la grosseur; les seins ont un volume convenable et sont en harmonie avec toutes les parties du corps qui offrent les attributs du sexe féminin ; la voix n'est point mAle, et rien, dans l'habitude extérieure de cette femme, ne trahit l'étrange conformatico de ses organes internes de la génération.

Kn introduisant le doigt dans le vagin, on éprouve, dès l'entrée, une résistance dont on ne tarde pas à se rendre compte : on est au cul-de-sac vaginal, qu'avec un léger effort on refoule dans le bassin de toute la longueur du doigt qui pratique le toucher. Ce cul-de-sac est entier, sans solution de continuité, et ne porte pas la moindre trace de col utérin. Exploré dans tous les sens, par le toucher et au spéculum, pressé dans toutes les directions, il ne laisse soupçonner aucun vestige de matrice, et l'on cherche vai-

(4) France médicale et pharmaceutique, t. II, p. 449. 4 855.

6&8 FKItimiTi SVUPTOMATIUUK

nenient ce bouton ou cctle e8|ièce il« tuberenle <

par quel(|uus nutours. ^J

L« toucher rectal confirme les donnée* fournies pir ll^ toucher vu<>iriol, et l'uK-riis nu révile sa pré»ence parn* cun indice, «juclque faible qu'il »ott. 1^ doifcl. introduit dans \ii rectum, urrive librement h la reiicuntr« île calai qoi presse le cul-()u-«acduvu)(iii. et perçuil, sans autre inlerméiliuire que les membrniies vésicnle et intestinale, une sonde introduite dans le résertoir urinaire.

Rien évidemment il y u iri nbnonce complète, absolue, de \'\xlérus.

En est-il de même des ovaires?

M. de tkanvais, àicf de lu clinique de M. Ro»tAn, i l'obligeance duqtit-lju doi<i rendre hommage, nssure tir les avoir jamais reoconlrés; pour mui,cn portant le doigt asseï haut dans le rectum, j'ai bien distinctement louché dcm corps ovoidea, llottunt dans le bassin, et de la grosseur i pea près d'une aveline. Sont-ce les ovaires, ou sonl-ce simplement quelques ganglions engorgés du mésentère? Dans M dernier cas, il faut avouer que la coïncidence est bizarre et que la nature se plail it semer sur notre voie des sujets de doutes et d'erreurs.

Comme on le doit penser, l'hémorrhagie menstruelle ne a'eat jamais montrée chez cette femme, qui, d'une intelligence assez bornée, n'a que des réponses contradietoirea aur les questions qu'on lui adresse relaiivemeut au mo- Umen.

Le sens vénérien, sans présenter une grande énergie, eaiate |.our les désirs et peur la sensation voluptueuse. Avant de tomber dans la prostitution, cette femme aveit aimé, et, comme le coit est douloureux, par suite de le briëteté du conduit vaginal, elle trouve le plaisir dans les

d'un état PATHOLOaiQDB. 5&9

attouchement de l'homme et dans la masturbation , à moins que le congrès ne s'accomplisse avec certains ménagements, auquel cas l'union sexuelle lui procure la volupté.

Rapprochons maintenant celte observation des faits analogues que possède la science, et voyons jusqu'à quel point nous pouvons répondre à la question que nous nous sommes posée, a savoir : L'absence des ovaires ou celle de la matrice détruit-elle le sens vénérien ou génésiaque ?

Le rôle secondaire auquel l'utérus a été réduit dans l'acte de la fécondation par les travaux de Harvey, de Sténon, de R. de Graaf et de tous les ovologistes modernes, fait prévoir que ses anomalies et ses maladies n'ont pas sur l'appareil génital l'influence que les anciens lui attribuaient. Baudelocque rapporte un cas d'absence complète de matrice avec conformation normale des organes externes de la génération (1). Le professeur Heyfelder (d'Erlangen) a dernièrement publié une observation analogue, et il a noté que la femme qui portait ce vice de conformation aussi complet que possible, non-seulement accomplissait le coït dans toutes les conditions physiologiques, mais encore avait, à chaque époque menstruelle, une perte de sang par l'urètre (2). On ne peut méconnaître ici l'existence des ovaires. Krahmer avait déjè rapporté une observation analogue (3), tandis qu'Rngel et Dupuytren avaient directement cx>nstaté sur le cadavre la présence des ovaires coïncidant avec l'absence complète de la matrice. — Le fait que j'ai recueilli à l'HôteUDieu et que j'ai rapporté plus haut, s'il oe démontre pas l'entière indépendance des ovaires à Tendroit

(1) Art âen accouchement», 1. 1, p. 4 83.

{%) IkuUcheKlimk, 485i, n« 54.

(3) Mandbueh dêr gerichOichen MmUxin. Halle, 4854, p. 480.

5f|(> fHIlilIllyS bVMPTClUATIVlIK

de riitrnis, Lomme les fuils (i'Bri<^el et de DD|)Ujtr«n l'ont (irouvée nu |iuirit de vue anrttomii{ue, et comme les obs«rvulioiis de Kruhmer et de Hfjreldcr l'ont constatée sou» le rapport pliysiolo^i(|ue ; ce fait, disons-nous, ra|i)iroclté de ceui que j'tii cités, et dont J'uuruis pu augmenter In nombre, ne laisse tmcun doute sur l'inanité des relation!! que l'on » voulu établir entre l'organe gestaleur et l'orgnne topulaleur, entre les roncttons uléritics et le sens vénérien.

Au point de vue puremenl anatomique de ces relations, l'observation de Parent-IJuclialelel que j'ai rapportée plut haut monlr<; que le iirini'îpat orgime du pliiisir, loin d'avoir .suivi la destinée de l'utérus, n été soumis, ou contraire, i une loi inverse de développement, et qu'il ne peut être accusé, par conséquent , de subordonner ses ronclions h celles de ta matrice. — Ainsi, au nom de la théorie indaclive et ail nom de l'eipénence, l'absence et les maladies de la matrice n'altèrent aucune des conditions du coït phju»logique, c'csl-ii-dire désirs vénériens, réception de la verge dans le vngin, et enfin volupté amoureuse.

Mais, au nom de la même théorie inductive , par cela même que les ovaires rem|ilissent, dans la plivsiulo|iic de It reproduction, le r<Vle par excellence, et que c'est d'eui qae partent le signal et len aliments de la faculté ^«'-nérBlrice, t| Taudruit que tout le sens génital fût sous leur dépendance, et que leuf empire s'étendit, non-sculemenlsuf les arf^uies mis au service de ce sens, mois encore sur l'incitateur raterne, sur le consensut intime qui le dirige dans ses toit* lions.

Iteaucoup de physiologistes l'ont ainsi pensé, el R. de GraaT a eiprimé cette opinion en cette espèce d'aphorisme : Cntirala unimalin feminas pytlumtix, dit-il; non solum fecunditale detliluuntur, sed venerec? volupUUis i

D*UN ÉTAT PATHOLOGIQtJB. 5/il

deponunt appetitum (1). Malheureusemenl, l'observation lie confirme pas cet axiome, et, en présence de la conservation des désirs et du plaisir vénériens, coïncidant avec l'absence congénitale ou accidentelle des ovaires , on se demande si la copulation, dans la race humaine, n'est bien exclusivement que le premier acte de la génération, et si, eu égard a notre nature morale, elle n'est pis aussi un moyen, un instrument, si je puis ainsi dire, de sociabilité ?

S'il en est ainsi, comme permet de le supposer la faculté accordée primitivement h Thomme seul d'accomplir le congrès en tout temps, et à laquelle prennent graduellement parties animaux réduits en domesticité, l'absence, et à plus forte raison les maladies des ovaires , ne doivent exercer sur le sens vénérien, et, par suite, sur l'appareil copulateur^ qu'une influence bornée et peut-être nulle.

Il faut se garder d'établir, comme on le fait communement, une analogie trop frappante entre le testicule et l'ovaire. Au point de vue de la génération, leurs rôles, il est vrai, sont identiques : l'un sécrète le produit m&le, et l'autre le produit femelle, tous deux indispensables pour la formation d'un individu nouvc.u^ mais, sous le rapport du plaisir vénérien, tout un monde les sépare : tandis que le produit de l'ovaire reste complètement étranger au dévcloppement de la volupté amoureuse, le produit du testicule, au contraire, est la source même de cette volupté. Malgré ce qu'ont pu dire certains physiologistes, le véritable délire erotique chez l'homme n'a lieu qu'au moment de l'éjacula* tion spermatique; tandis que, chez la femme, que l'ovaire

(4) De mulier, organis, etc. {Bibliothèque anatomique de Manget, i. I, p. 643).

5^''2 KRiaiDITt STHPTOUTIVDe

émelli' ou iiod son ovule, )e itlnisir eM le mèm''. Se »êi* bien (\\i'h i'npprocbe des rèf;les, le «létiir tt^n^rj^ ^t'accroH et \f s|>flsmi! cynique augmente ; mais cette recruilnrenrc ■ ses motifs «lanii l'état organique de tout rs(i|>areil génjltl. h la Ruite duquel une héniorrhsgie va seproduire.

Lnisfionii donc une analogie impossible entre len teMîcule» t)t les DVBtn-s, et n'évoquons pnK les éterneh ftintAn»» des eunuques et des castrats, qui d'ailleurs abdiquent si peu leur ri'îiswurre de tiorial>ililé, que tes dûmes romaines du temps de Perse et de Jurénol en usaient largement pourb plus grande gloire de leur honneur et le rontentemenl 69 Jcur fomitte.

Sous le rapport anatomiquc, In question de corrélstioB entre li' dëvelo|ipemrm des ovaires et relui de l'appareil copulateur est jugée par les faits. Contre un cas de Morgogni, dans lequel l'absence des ovaires coïncidait arec 00 arrêt de développement des organes du roU (1), il serait facile d'apporter des observations nombreuses oïi la mAme anomalie esistait avec une bonne conformation de l'appireil génital externe Itien plus. In femme dont Parent-Duchatelet nous a tout h l'heure raronté l'bistoire, et chet laquelle l'absence des ovaires était rendue probable par le manque absolu de menstruation el par raffaissemenl des mamelles, cette femme, dis-je, loin de présenter une atrophie de l'organe copulateur par excellence , offrait, aa contraire, un clitoris (énorme. — Notre malade de l'Hôtel- Dieu, si M. de Kcauvais a porté un diagnostic plus jiiate que le miin, est un nouvel eiemjile de la parfaite conformation des organes eilernes de la génération coïncidant avec l'absence congénitale des ovaires.

(<) De Ktdib. et cnu». miirli.,epifit. ilvi, arUSO.

d'un état pathologique. 5&5

Au point de vue physiologique, les ovaires ne me paraissent pas avoir sur le sens vénérien toute Tinfluence que d'aucuns leur attribuent. Il est vrai que Hessychius et Suidas accusent Gigès d'avoir fait extraire les ovaires à certaines femmes pour en obtenir plus de volupté; mais, par contre, quelques autres historiens assurent que les Créophages, peuples de l'Arabie, étaient dans l'usage de pratiquer cette sorte de castration sur les femmes qu'ils voulaient employer en qualité d'eunuques dans leur palais ; et Boerhaave rapporte, d'après Wier et de Graaf, le fait d'un chètreur de porcs, qui, irrité du désordre dans lequel vivait sa Glle, lui extirpa les ovaires, et éteignit ainsi chez elle le feu qui la dévorait auparavant (1).

Des observations tendant à prouver le même fait ont été rapportées par J.-A. Coock (2), Colombi (3), Robert Gooch (A), etc. De plus, certaines relations ont été notées, d'une part, entre l'énergie du sens génital (désirs et plaisirs), et d'autre part entre l'étal des ovoires et la menstruation : ainsi, pour les ovaires, Théoph. Bonet raconte l'histoire d'une jeune Glle dont Tamour contrarié amena la mort, et qui présenta a l'autopsie les ovaires gonflés et contenant des vésicules volumineuses (5). Pour les menstrues, on a remarqué que le désir et le plaisir vénériens sont plus prononcés à l'approche des règles qu'à toute autre époque; et que rbi^morrhagie mensuelle est plus abondante chez les femmes

(4) PrœlectUmes academicœ, t. YI, p. 4 27, et de Graaf, De muUer, organis (^Biblioth, anatom, de Mangel, 1. 1, p. 643).

(i) Journ.des connaiss. médico-chirurgie. ^ t. IV, p. 4 63.

(3) Frank de Franknau, Satirœ medicœ, p. 44.

(4) Lectures on midwifery^ etc. Londres, 4 830. in-8, chap. I, secl. 2.

(5) Sej[mlchreium, secl. 8. p. 246.

5AA FKIGIDITR SÏMPTOMATIQUI

voluptueuses que chez celles qui vivent dans In chjisteté (1).

L'opinion que ces faits expriment u généra k'ment cours dans la science, è ce point que Ilaller et Carus sont sll^ jusqu'à dire : ^ que la |iropension de In femme aux plaisirs de Vénus rst en raison directe du plus ou moins de vitalité dont jouissent les ovaires, et mOmc de leur volume plus ou moins considérable, et de leur turgescence, u

Je ne puis accepter une opinion aussi absolue en préwMce des faits dont nous sommes tous les jours les li^moins. La ménopause amène rulropliie des uvairos; après l'A^e critique, ces organes diminuent de volume, et n'entrent plus en turgescence ; et cependant le sens i^énésinque ne suit pas les lois de ce dépérissement, et l'on voit, tous les jours, ties femmes dont les règles ontdisparu depuis longtemps, goAter les plaisirs de Vénus avec une ardeur à laquelle portcraîenl envie maintes femmes bien nuiistruées.

Enfin, j'ai connu une jeune femme de vingt-deui ans.qut, malgré une absence ubsnlue de menstruation, ctail iigilûe par les désirs vénériens les plus imjiétucui;, et trouvait dans le coït une source toujours nouvelle et toujours abondante de voluptés. Celle jeune femme, poussée par le besoin irrésistible des rapprochements sexuels, sans qu'elle manifestât d'autre symptôme d'érotomanie, (jiiilla un jour la maison paternelle el vint dans la ville voisine, où elle ne tarda pas à ne livrer h la prostitution. Cinq années pnssées dans celle condition misérable ne purent contenter sa lubricité, à laquelle la mort mit enlin un terme. A l'nutopsie, à laquelle j'assiMai, et qui eut lieu à l'Iiâjiital Sainl-fCloi de IMonlpetlier, on coo- ■tata l'alrophie des deui ovaires, qui n'étaient représentés

(1) Bordscl), nuiiolofit. i. 1, p. SU».

Il ii-prcpcain ■

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