‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité v. 1-2Chapitre 81 sur 122 · FRIGIDITÉ CON8ÉC0T1VB · texte numérisé non relu

FRIGIDITÉ CON8ÉC0T1VB

Il faut reconnaitre eiïectivement que cette couse est excessivement rare et qu'elle a pu échapper d'aulant plus facilement aux observateurs que ses effets, outre qu^ils sont rapidement réparables è cause de la nature même des parties lésées, se manifestent dans des circonstances peu favo* râbles au coït.

Que la lésion porte sur le muscle bulbo-caverneux ou sur le tissu érectile des bulbes eux-mêmes, il n'en est pas moins démontré pourmoique, dans quelques cas, le passage i la vulve de la tète de l'enfant détermine une lésion qui empêche le sang de venir des bulbes dans les corps caverneux du clitoris, et qui, par suite, rend impossible l'espèce d'érection clitoridienne nécessaire pour la manifestation du plaisir.

Cette impossibilité d'érection, qui entraîne fatalement l'impossibilité du plaisir, mais non pas celle des désirs vénériens, a une durée variable, de un à huit jours, pendant laquelle on peut s'assurer de la réalité de la lésion en titillant le clitoris.

Mon attention fut pour la première fois dirigée de ce côté par les confidences d'une femme qui, voulant se masturber quelques jours après son accouchement, ne put jamais, quoi qu'elle ftt, se procurer les sensations voluptueuses qu'elle recherchait; elle ne les retrouva qu'après un repos aasez long.

Cette espèce de frigidité, eu égard à sa courte durée et aux circonstances au milieu desquelles elle se produit, n'a pas une importance pratique bien grande, et ne doit pas, conséquemment, m'arrêter davantage.

Excès vénériens. — Les excès vénériens, outre la satiété et une certaine répugnance morale dont je parlerai tout à l'heure^ conduisent à la frigidité par deux voies différentes :

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taillât ils émoussent la «eiivibilité gi^oilalc, el taiilftl, au traire, ils lu Muretcilent ju«i)u'ii en reiitlre let minifetU' tioiiH morbiden et doulourBURes.

Le pnniicr i<ITt-t semble résulter plus ii|iéciateinetil 4t» eicè» dfl cuit, taiiilit que lo lerund (tarait âtre )>lua fjartii lièrctnent som la ilépendauredescicès d'uii.iiiiarue.

Letcnnséfjuenres morale» qu'nnièn«iit ic» deut variété d'abuM dus mémeH urganes lont ét;Bli>ni«itt différente» : taridÎK que leK excès de coït ini|)irent la Daliété, eapèce tle lasaitude et d'alai));uissemi)nt deii désirs, les uitis de masturbation d(.'teriiitMent uuu r(J|iuUiori plus uu moint marijuée pour les rapporta leiuels.

il l'oiivienltlonc li'eiumilier siiparémentce» deui nt>pt;cM d'pxcî'S, d'antani mieux que l<i frigidité qu'ih eiitralneat exige des indications thérapeutiques dilTérenles.

Etcfes DB COÏT. — Les excès de coil , euvisagéa leulemeot ious le rapport de la frigidité, exercent une action délétère et sur les organes de la copulation et aur le principe des dérirs véiii^rieiis.

C'est à ce double point de vue que je me propose de les étudier.

l'Aclim des excès decoU sur les organes de la copt^ation. — Qu'on me permette, avant toute chose, de rappeler lea observations intérestaiitei que Parent-Duchatelet a recueillies sur les prostituées, Ivpe^ , par métier, des escia de coït: « Les prostituées, dit-il, présentent Tréquemmeot, dans l'épaisseur des grandes lèvres, des tumeurs qui commenceot par un petit noyau d'engorgement et se tuméfient à cba<)ue époqnc menstruelle ; on ne les observe jamaia que d'iw cdlé è la Tois, et lorsqu'elles sont abandonnées k ellesmêmes, elles iicquièrent un volume asseï considérable i elle» sont iudolentes, et ne gênent les femmes qui les portent que

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d'une manière purement mécanique. Il est rare que ces lu* meur^ soient fibreuses; le plus ordinairement, elles sont remplies d'un liquide albuinineux très épais, ou d'une substance mélicérique. Quelques-unes se développent aussi è la base des petites lèvres ; ces dernières sont de même nature que les autres, mais fort douloureuses, et n'acquièrent jamais un ^rand développement.

» Le métier des prostituées explique le travail inflam* matoire qui se développe quelquefois dans ces tumeurs et les fait aboutir, mais elles se remplissent en peu de temps, et déterminent des fistules désagréables; on ne peut guérir ces fistules qu'en enlevant les kystes qui les forment ou en les faisant suppurer.

» Tous ceux qui ont eu occasion de percer ces kystes et d'enlever ces tumeurs s'accordenl sur la fétidité extrême du liquide qu'ils contiennent; sous le rapport du désagrément que procure cette fétidité, aucun liquide pathologique, suivant ce que m'a dit plusieurs foisDupuytren, ne pouvait lui être comparé. Celte fétidité est inhérente au liquide, et ne peut pas être attribuée ù la présence de Pair. Je tiens des chirurgiens du dispensaire que, lorsqu'ils sont obligés d'ouvrir ces tumeurs, ils se servent d'un bistouri à manche très long, pour éviter le contact du liquide, et, par conséquent, l'odeur qui , sans celte précaution , resterait inhérente à leurs mains pendant deux ou trois jours, sans qu'il fût possible de la faire disparaître.

» Rien de plus fréquent que les abcès ordinaires dans répaisseur des grandes lèvres ; ils ont toujours une marche aiguë, et se terminent comme chez toutes les autres femmes qui y sont fréquemment exposées.

» Il n'en est pas de même de ceux qui se développent quelquefois dans la cloison recto-vaginale, partie qui, sui-

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vaiil <|ueli|ues obsertutcurs, est très amiiicm cliex |ps]»rot(i> tuées i ils dégénèrent souvent en fistules très ilinîciles • guérir, et que gardent souvent |>eiidnnt toute la >ic relies qui les portent; le plus ordinairement c!e« Kstutes sn rétrécissent et ne mettent pas obstacle h l'ciercice du métier. A l'époque où je faisais mes reirberclies dans lu prison, il n'j trouvait cinq on sii filles »vec celle inlïrmilé; les méilerins de cet établissement estimaient qite le nombre des tilles qui exerçaient leur métier dans Paris ovet: cettti dégoùlanle iiilirmité pouvait bien élre de trente. Qui te rroiritit? on a vu (le ces fistules guérir complètement, malgré l'influence de tant de causes capables de les entretenir et de les aggrover. Ce n'est pas cependant ce qui arrive le plan ordinairement: cbei une fille, les lenlalives que l'on fit poor obtenir la guéridon déterminèrent une ouverture d'une dimension telle, que les dcui conduits ne furntaicnl pltn qu'un seul cloaque, ce qui i>'empécbait pas que rcUc fille fût une des plus recherchées —

» D'après les observations faîtes dans les infirmerie) ilrs prisons, ces listules recto-vaginales coïncident presque toujours avec (a plilliisie; un y a vu aussi qu'elles s'accom* pagnent souvent d'un engorgement des grandes lèvres. Mtis cet engorgement n'est pas une infiltration ou un œdème ordinaire, il est dur et résistant ; il ne cède pas h la |iretsion et ne détermine pas de douleur.

>i Cette inlirmilé prend quelquefois un tel accroissement chet quelques tilles, qu'elles ne peuvent plus faire leur métier, et que, devenues it charge à elles-mêmes, elles cberchcnl un asile pour y terminer leur triste eiistencc : e*e»l ordinairement l'inlirmerie de la prison qu'elles cboisiiSFiit de préférence, et diins laquelle elles se font enfermer, etc. (t)a. (I) Dt la protlifuiion lUm* la ville de ParU, t. I, p. SSD el «uhr.

!SD el «uhr. j

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Parmi les infirmités dont Parent-Uuchatelet vient de nous dérouler le tableau, les unes, et c'est, à ce qu'il parait, le plus grand nombre, ne produisent aucune douleur, mais peuvent devenir, soit un obstacle à l'intromission de la verge, soit un motif de répugnance et de dégoût ; les autres déterminent des souffrances qui, non-seulement éloignent les pensées vénériennes, mais encore empêchent toute manifestation de volupté: dans ce cas sont les tumeurs des grandes et des petites lèvres, et quelquefois aussi les fistules vaginales.

Mais ces affections, qui occupent dans le cadre nosologique une place spéciale, ne doivent pas m'arrèter plus longlemps.

Il me faut, au contraire, parler d'une transformation que subit la muqueuse vulvaire et vaginale, et qui n'est pas sans influence sur le développement du plaisir erotique.

Cette transformation, bien connue du public quia infligé è la femme qui le porte une dénomination caractéristique, n'est autre chose que la sécheresse et le durcissement de cette membrane : on dirait que la muqueuse, sous l'influence du contact souvent renouvelé de la verge, subit des changements analogues à ceux par lesquels passent chez le fœtus les téguments externes avant de revêtir les caractères épidermiqucs ; la muqueuse vulvaireet vaginalerdevient une véritable peau, un parchemin ridé, que n'assouplissent plus les sécrétions sébacées.

Celte transformation, que j'ai eu occasion de constater quelquefois chez des femmes qui, par métier, faisaient abus de leurs organes génitaux, tient peut-être moins aux excès du coït qu'à des lavages fréquents, soit avec de l'eau froide, soit, et c'est le plus souvent, avec des substances aromatiques et astringentes. Mais que cette transformation recon-

une ȎclMB^|

55& KKiGiuiTft cons^krtTivB.

naisse Ich excèi de coit comm« ratue ilirecle

cause iiiilirecte, toujours csl-il i)uc la sensibilité génilale m

est proruriili^meiil siïectée, et i{ue le plaisir vénéri«o «I,

sinon complétemnit su!i|ien(lu, du oioiiis (-on^wlérableiMOl

afisibli.

Cet Atat, dont la Femme a prc»c|ae tnujoun est racilemeot recoiinaiititilile nu toucher, l.e doigl, inlrodlîl dans le vagin sans l« secours il'un corp* gras, gMue dtflM^j lement entrt; tes parties et ronstate «nnit |>eiQe une »éclMB reïseetdos rugosités qui ii'j «ont pos ordinaire; la tempé> rature n'} est psx sensiblemcnl diminuée ou augrovolée, et l'on; sent rarement les contraclionstibrillaire* détemtiniet quelquefois par la firésence de l'iuilicateur.

Sans doute, je le répète, le cbaH)!emi-nl que je signale est insulTisaiit pour amener une complète frigidité; mais il peut à ce point affaiblir la sensibilité génitale que le coït, perdant son stimulant naturel, devienne pour la femme un acte, sinon odieux, du moins à peu près indifférent.

Il importe donc, surtout si l'on se place au point de vue des rapports conjugaux, d'obvier k un état qui, sans parler des inconvénients dont il atteint la femme, peut jeter entre les deui époux le (rouble et le désordre.

Avant toutes choses, il fuut interdire les lavages froids ou aromatiques, que l'on rempliicera avec avantage par des injections ot des bains locaux chauds. On tiendra à demeure des cylindres mous, enduits d'un corps gras auquel je me suis toujours bien Iruuvé d'associer l'opium; et dans quelques circonslances, surtout si la muqueuse est pAle flt décolorée, on portera sur elle une iiction irritative, comme celle de la moutarde, par exemple.

Mais si la transformation est complète, c'est-à-dire si les

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sources de la sécrétion des follicules sont tariesyil ne faut pas espérer les rouvrir et se bercer d'un cs|)oir qui est audessus des ressources de notre art. Cependant il importe de De pas trop se hâter d'arriver à cette conclusion, et Von oe s'avouera vaincu que lorsqu'on aura longtemps rais en usage les prescriptions que je viens de formuler.

2" Action des excès de coït sur tes désirs vénériens. — • Esquirol, d'après des tableaux statistiques qu'il avait dressés à la Salpètriëre, établit que Tuliénation mentale est excessivement, fréquente parmi les prostituées, mais que rien n'est plus rare chez elles que le délire erotique, que ce délire soit chronique, comme dans la folie, ou qu'il soit le résultat de fièvres ou de maladies aiguës.

En raisonnant par déduction, il faut admettre que la passion erotique est bien aiïaiblie chez les prostituées, puisque le délire, qui eslordinairement le miroir dans lequel viennent se réfléchir les passions dominantes, ne porte que très rarement l'empreinte des idées vénériennes, et que, par conséquent, le métier auquel elles sont condamnées, c'est-à-dire les excès de copulation ne sont pas étrangers à cet alaoguissemeutde l'aiguillon sexuel.

L'observation est ici d'accord avec la théorie; les excès vénériens, comme toutes les choses dont on fait abus, engendrent la satiété, et, par suite, l'indilTérence. Le monde nous offre, dans les deux sexes, des exemples nombreux de cette satiété, et aujourd'hui que les jouissances de l'amour sont souvent cueillies par un âge qui se devrait seulement préparera les savourer, on rencontre à chaque pas de ces jeunes blasés qui se font honneur de la sécheresse de leur cœur et qui étaleraient volontiers l'impuissance et la flétrissure de leurs organes.

La femme ne se soustrait pas plus que l'homme aux suites

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inévitables de la satiété, et ne jouit (lus ili; l'iieureut {irni* lége (le garder en sod ânie, olurs qu'elle abuse de ses organes génitaux, les aspirations amoureuses et les désirt vénériens qui la remplissaient naguère. Le vide se fait également en elle, et alors elle tombe dans cet état d'apalbîc morale caractérisée par la sus|)ensioii ou la ruine de tout sentiment.

Quand il n'y a que suspension, la nature, si on la seconde par le repos généslaque et par une excitation morale habilement conduite, la nature, dîs-je, lînil toujours par reprendre ses droits et par restituer à la Temme les mobiles sensuels qui la font se rapprocher de l'autre se\e.

L'abolition délinitive des désirs copulateurs, k la suite d'cicès vénériens, est très rare, et elle n'a guère lieu qne lorsqu'elle s'accompagne de la frigidité physique. Dans ce cas, toutes les ressources de l'art sont inutiles, cl la femme est, en quelque sorte, dans un sexe neutre; mais, je le répète, ces cas sont plus rares >[u'ot) ne pense, et il suffit souvent, pour voir renaUre Icsdésiri, de substituer au libertinage une continence soutenue par les dislructions, et en même temps irritée par des excitations puisées surtout daus te domaine du moral.

Exchde mustur/Htlion. — Tous les auteurs qui ont pris la masturbation pour sujet de leurs études, se sont plu, dans une intention louable sons doute, mais qui, bien souieot, n'a pasatteint le butqu'ilsse proposaient, se sont plu. dis-je, i rembrunir sans mesure les couleurs avec lesquelles il» peignaient les maux qu'entraîne cette funeste habitude ; l'ouvrage de Tissot est resté, sous ce rapport, un litre classique.

Si ce n'était pas sortir de mon cadre, il serait facile de prouver combien ces peintures sont tout h la fuis etagé-

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rées, inutiles, et même dangereuses; la stricte vérité est suffisamment hideuse par elle-même pour qu'il ne soit pas nécessaire de la charger d'images purement imaginaires.

Cependant il est incontestable que les excès d'onanisme attaquent la vie dans sa source et pervertissent quelquefois Iq sensibilité d'une manière étrange. Au point de vue qui nous occupe, la perversion que je viens de signaler se porte moins sur la sensibilité physique que sur la sensibilité mo* raie; car sous le rapport organopathique, la sensibilité générale est bien plus souvent atteinte que la sensibi* lité génitale.

Mais celle-ci, par suite des troubles apportés dans la sensibilité morale, ne se soustrait point à l'influence néfaste de l'onanisme; elle la subit d'une manière bien réelle, quoique indirecte, et mérite par conséquent que l'on s'y arrête.

Le masturbateur, quel que soit le sexe auquel il appar-tienne, finit toujours par se complaire exclusivement dans ses plaisirs solitaires, et passe progressivement, vis-à-vis de l'autre sexe, de l'indifférence à Taversion la plus prononcée. — Ce caractère est constant et a été noté partons lesobser-vateurs. — Je ne cherche point à en trouver les motifs dans une timidité poussée à l'extrême, ou dans un sentiment exagéré de la pudeur ; car si la timidité ou la pudeur peuvent être le point de départ, ou mieux encore, l'excuse de la masturbation, elles ne sauraient être la source de la perversion qui affecte la sensibilité morale. L'habitude ne me paraît pas davantage rendre raison du trouble que je signale, et je préfère le considérer comme un désordre morbide intimement lié è l'onanisme, ainsi que le sont la consomption, le rachitisme, la folie, etc.

55S rfiiRiniTk cofriftcrtivR.

D'nilleurs l'éluigiiviiit'iit (>our te» |ilfli*iirti i)u OMt n't§l pHs la seule elteitito quV))raut(> |p moral qui, tans fiarkf deraiïoibliiDipmf^nl firoroml Ae» InculléR inlelleclucllt'ii, |iml aller jusiju'À In Mie el In lii'mence - tout le momie Kotl «]im lu niaslurliatGur sv réiùk- par un cachet tout {isrliculier Je son <^Ere moral, et que je n'ai |)a.« a faire roMorttr iri.

La répogiinnce que le ma)>turbBleiir é()rouvc (lour le* rapport» setuels ii'odI en aui-uiie façuit coinparabif i la aatitïli^ iinVngfti liront lt-5 excii de coil : ci'ucci «^loufTant la voix des tulnpléfl géiiéiiaqneii, qunlle que loit d'ailleun l'imafte sou» laquelle se |>réienteiit ce» voluptés, tandi* qnc le*( excès d'onanisme ne glacent que les dé^rs il« la o>pllation, o( laiitseiit nubalïter, a'ih ne l'augmentent encore, l'ardeur pour le.» plainira solitaire».

Sans doule la frigidité que ces habitudes entraînent o'eat, k proprement perler, qu'une frigidité relative, pui»i|B'il reste à In sensibilité génitale un mode de manifestalHm. Cependant, en rentrant dans les lois de lu physiologie, el en considérant que l'onaniiime n'est pas l'etcitation natorelle de la sensibilité génitale, on peut dire que l'aiersion éprouvée par les ma«iurbatt<urs à l'endroit du rapprochemenl sexuel ronstilne un état morbide du moral, aggravé de la perveraion de la sensibilité g<'-nitale.

C'est donc ù la cause première de tous ces désODJreSf c'est-à-dire à l'onanisme, que la médication devra d'abord s'adresser, et vr ne sern qu'nprcs l'oloignement détinitif da cette cause que l'on pourra, s'il en est besoin, ramener dans la voie normale l'excitant léoérien qui s'épuisait eo des plaisirs solitaires.

Je nui pas à raconter tous les niujens miii en usage, jirières, menaces, terreurs, appareils protecteurs ou c<wtcntiîs, elc, etc., pour prétenir uu comba<tre la t

prigiditA gonsécdtiyb. 559

habitude de la masturbation ; les ouvrages de TiMot(l) et de Deslandes (2) renferment, sur ces divers points, des instructions précieuses et auxquelles je renvoie.

Cependant le point de vue spécial sous lequel je me suis ici placé, c'est-à-dire la masturbation chez la femme, me fait un devoir d'insister sur un moyen que les auteurs cités plus haut n'ont pas suffisamment indiqué, et qui m'a bien souvent réussi, alors qu'avaient échoué toutes les ressources ordinaires du raisonnement et de l'intimidation.

Ce moyen est la mise en jeu du sentiment maternel, auquel bien peu de femmes sont insensibles. Nous verrons plus loin quelle est l'influence exercée par la masturbation sur les facultés procréatrices de la femme; en attendant, il nous suffit de savoir que celte influence est acceptée comme néfaste par les gens du monde, et que le médecin sera toujours cru quand il fera remonter jusqu'à elle la stérilité future ou présente d'une femme.

Il peut même aller plus loin , et réveiller, toujours au nom du sentiment de la maternité, les désirs et les plaisirs seiuels que lonanisme avait glacés; il sufiit d'évoquer la nécessité de la volupté dans le coït, pour que l'imagination rétrouve les douces images, et par suite les ineffables sensations, compagnes de l'amour.

Mais qu'en de pareils conseils préside une sage pru* dei.ce; car presque toutes les femmes savent que la fécondation ne s'accomplit pas fatalement au sein de la volupté, et elles pourront sur ce point vous citer l'exemple de telles ou

(4J Onanisme, dissertation sur les maladies produites par la mM-

turbatiofi,

(%) De V onanisme et des autres abus vénériens conêidéréê dans U%»ri rapports avec la santé. Paris, 4835, iD-8.

560 FHIGIDire COKStnUTIVE.

telles de leurs amies qui sont d<.'tcniiei ciirciiiles su railico de l'indtiïérenoaf^énérieniie la plus complùto. Il Taul, ea semblable circonsluiicc, prévenir luut conflit entre le mé* «it'ciii et la mnlaile, parce que relle-ci, en une rostière qu'elle croit être plutôt de la t-ompélciice de soo ses» que de celle de l'homme de l'art, s'en rérérera laujoars • l'emiéricnre acquise, soit par elle-même, ioil par set rompn^ficDi aussi, je le répète, la plus firnnde circoittpcelioii de»ra être observée sur ce point, et l'on verra pltts loin, alors que j'établirai les conditions nécessairei * U fécondiition, les ar((iiments que l'on pourra tirer de la présence ou de l'absence du plaiitîr.

Mais si le médecin échoue sur ce point, c'est-à-dire s'il ne peut cunvoincrc la femmr de la nécessité du plaisir seiuel pour la fécondation, ou s'il s'adresse à une femme enceinte ou déjà mère, il lui reste la ressource de plaider la cause des enfaiils, et de les lui montrer frappés de rachitisme ou de scrofule: rarement une femme résiste h de pareils arguments, car dans ses rêves dorés de jeune fille oa de mère, elle donne à ses enfants une beauté idéale et une santé impossible.

Je le répèle, le sentiment de la mnlernilé, adroitement dirigé, est, chez les mnsturbatrices, un moyen puissant, non-seulement pour les arracher i leurs funestes habitudes, m:iis encore, dans quelques rirconslances, pour éveiller en leur imagination les tendres pi usées et les amoureai désirs.

Quelquefois des excllanls moraux plus directement érolique<i , comme In lecture des romans, la société des liommcï, les spectacles, etc., doivent être mis en usage. Mais ici, comme en général toutes les fois que l'on voudra ncoiirir à de semblables ressources, la plus grande dr-

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conspection est commandée par les danoers mêmes que ces moyens présentent, car tantôt ils pervernB^ent l'esprit sans atteindre le but que Ton se propose, et tantôt ils ramènent à l'onanisme les malheureuses que l'on était parvenu avec peine k lui arracher.

Je me suis ailleurs longuement eipliqué sur l'emploi de ces moyens et sur les précautions que leur usage réclame; je n'y reviendrai pas ici.

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