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LIVRE DEUXIÈME

La stérilité est l'inaptitude h la procréation.

Comme la procréation (il est bien entendu qu'il ne s'agit ici que de Tespèee humaine), comme la procréation eiige In coopération de deux individus è organisation génital# différente, la nature n'a pas plus garanti à l'un l'immuable intégrité des conditions de son concours qu'elle n'n réservé h l'autre toutes les altérations capables de s'opposer à l'accomplissement de cette importante fonction ; elle a tenu entre les deui seies une balance impartiale, vi les a condamnés, chacun dans les limites de ses attributions r(*spectives, k des états morbides divers, dont l'étude fait le sujet de ce livre.

Nous aurons donc à examiner les états morbides suscep* tibles d'entrainer l'inaptitude è la procréation : i* chei l'homme ; 2** chez la femme.

Mais fc côté de ces altérations anatomiques, qui, chez l'un comme chez l'autre sexe, nous rendront compte du trouble de la fonction, n'y n-t-il pas des conditions générales qui, sans se rattacher aux circonstances de l'ége, du tempérament, de l'état de maladie, etc., et<;., semblent exercer, aussi bien chez l'homme que chez la femme, une influence fâcheuse sur leur faculté procréatrice?

De plus, ne divrais-jc pas admettre, à l'exemple de mes devanciers, que la nécessité du concours de deux individus è organisation diiïérente crée des conditions de synergie

56Ji DK LA STfiRlUTft.

dont le «ii^rniigement constiliitt un autre ortirc de raufet d'agénésteet marque une noiitt-lle espèce de .«(érililé? Peulètre; moi-i il,'iiis loi)« k-:4 cas, lu question est a.<i^pz itnpor* tante pour mériter d'être uiaiiiinée.

Dans lin premier {)nragrn|ihc, j'étudierai eu fuit «-Irange, et jusqu'à prirent niul interprété, il'uii indiiidu, n'iniporlr le 8C\e, qui, ilnns lescondîtion.s en a{i|inrence les plus htorablesh lit procréation, ne peut parvenir a reproduire son semMablf. — J'oppclli; nionieiUanénient t-et état xlérililé idiosyncrnsiqtic, tiirje montrerai tout a l'heure que In mol stérililé f.■^t C(3mptétoment impropre.

Dans un serond pnragrnphe, j'eiamincrsi les circonslanii» capables d'ullérer les comlitionit de synergie, et je dirai <t4iNs quel cercle plus restreint il funt df'sormnis rcnferiner ce qu'on désigne généralement par «stérilité relative.

^ I Mérllllé l(liM7acritah|ae

Tous les éleveurs d'iinimauv savent que, pour perpétuer une race, il faut accoupler les individus de familles difTérentes, et que, sans ce croisement (c'est le mot consacré), la race dépéril au milieu des oIToits inutiles des mAles et des Temelles.

Sismonde de Sismundi, dans ses considérations sur la noblesse européenne, fait jouer, pour le dépérissement de celle-ci, un rdle considérable uu préjugé par lequel un noble ne pouvait s'unir qu'à une personne de su cnste, et qui aurait bien plus proinplement amené ce triste résultat, m des liAtards n'eussent constamment apporté à la race de nouvtiiut germes de force el de vie {1).

.1) Ijinsiiltex sur celte inléressanle question, Benoialon de Châteauneuf, Mi'mnirr mir In liuri'e ilft (amilln rnihln île Fmive [Anitaln (fftK(i>iif pnW!?'!', I. XXXV. p 27)

SrÈKILITft IDI0SYNCRA8IQUE. 565

Les bonnes religions, dont les dogmes ne sont souvent que d'excellents préceptes d'hygiène, défendent les mariages entre parents trop rapprochés, et consacrent, par ainsi, une loi physiologique connue de toute antiquité.

Évidemment, la violation de cette loi, que, pour abréger, j'appellerai la loi du croisement des races, crée uneidiosyn* crasie, ou , si l'on aime mieux, une diathèse dont l'action néfaste se porte sur la faculté procréatrice.

D'autres dialhèses sont accusées d'exercer une influence analogue sur la même faculté } la syphilis, la scrofule, la tU" berculie^ le cancer, etc. . etc., sont dans ce cas ^ et pourtant, si l'on examine le sperme de l'homme, on le trouve animé par des spermatozoïdes, etsi l'on interroge la femme, on acquiert la certitude que la menstruation est parfaitement régulière.

Cependant Thomme, quelle que soit la femme avec la-, quelle il ait des rapports, et la femme, quel que soit l'homme qui la seconde, sont l'un et l'autre inhabiles à se reproduire.

Ainsi qu'on le voit, j'écarte de suite toute idée de stérilité relative, comme j'éloigno toute condition morbide, générale ou locale, susceptible d'entratner la stérilité.

Je me place dans un état de sanlé en apparence parlaite, et au milieu des circonstances, générales et locales, les plus favorables en apparence à Tacte de la procréation.

Que l'on ne pense pas que cet état est imaginaire; il est commun au contraire, on le rencontre souvent dans la pra« tique, et l'on voit tous les jours des ménages dans lesquels l'un des deux époux ne peut avoir des en fants , et pourtant, si c'est rhomme, il est impossible de constater un trouble quelconque dans la fonction séminale, dont le produit a tous les caractères du meilleur sperme; si c'est la femme, les actes ovarien et utérin s'accomplissent dans les conditions les

MB lift rt ITtHILlTll.

plus normale!!, & co point quD lu cotiRéquenc* ilfl owï Ib menstruation, ett |iirriJieni«nt réftulière.

l'IiiH ji3 rt^néctiisxnii a vc»iaiuéUan^e»el filii» je Ina Irott- \m en désjiccurd avec len loi» Huivaiites, que j« eonaiilAra comme IcsoiiomoK >lo lu [ih}Miulogie de respàRe :

i' Tout tiomme dont le «ipernie ronlierit «le* animelculw doué»<le tie etit aplu h la procréai ion ;

2" Toute Temme dont la munnlruatinii est régulière Ml Hpteh h récoiiilalion.

Lr Iravatl de IV1.l)u|ilnyt qui avait rmconlrt^ dp»«periM* loioiilesdans la liqueur g^ininHleile*> tieillard*, ite conlnbui pat pi-u fi nu^metilor mon embarras, iiiirlout avant que je FuM» pai tenu il rn'eipliqiier leur nti^rililé ; mail il finît, loat il iirrupn mon (><|)i'it, |i)ir mi' (ni'llre <iur lu \uie <tc m qiif jis crois élrc la vérité.

Quoi qu'il eu soit, pour bien faire comprendre cctli vérité, je vais dire p<ir quellei phaies diverses passa ma pensée pour arriver jusqu'à elle.

Ce fut dans le cadre de la syphilis que je me renferniai •l'abord.

S'il est vnii, et l'observation journalière ne laisse aocaa doute sur ce point i,l), s'il est vrai que le virus syphilitique tue renfant et en détermine l'expulsion ù une époque plus ou nioiii.s avancée de son dé(cloppoment, on doit admettra que cette anlion fœliride n'ciorce, pourne parler que de la vie intra-ulériiie, depuis le moment de l'imprégnation da germe jusqu'à celui qui marque le terme naturel de la gestation. Quund l'accident arrive après la manirestation des sympldmes de la grossesse, il ne reste aucun douta sur

(I ) Voyei Traité de la typMlii det riounrau^n^i si dot «N/tutU à ta KMmfU*, par H. Diday, (89», i vi>l.in-B, p, IIB.

STÉKILITÉ IDlUSYNCHASIliUK. 567'

ravortenieiit ^ maii» si, au contraire, roocident se produit dans les premiers jours de la fécondation, et surtout si l'intervalle qui sépare l'imprégnation du germe et son 6ipulsion n'a que la durée d'un mois, l'avortement passe inaperçu, et la femme ne se doute ni qu'elle a été fécondée, ni qu'elle a fait une fausse couche.

Ce fait d'avortement aussitôt après l'imprégnation du germe peut se reproduire à l'infini, et alors, soyei-en con^* vaincu, l'individu qui est porleur du virus syphilitique est bel et bien accusé et convaincu de stérilité.

Et pourtant, est-cj bien là l'expression qui doive caractériser son état ? Le résultai final de la copulation a été atteint: un germe a été fécondé; il n'y a pas de stérilité. Si l'embryon arrive jusqu'au sixième mois de son développement, on n'accusera de stérilité ni le père ni la mère; mais si le même embryon n'atteint que le sixième jour de son im* préguation, on n'est pas plus fondé que précédemment à déclarer un des deux parents stérile. Dans l'un et l'autre cas, il n'y a qu'un avortement, et toute leur différence se résume en une question de temps.

On le prévoit déjà, je commençais à rentrer dans les limites des deux grandes lois physiologiques que j'ai énoncées tout à l'heure.

Cette hypothèse d'avortement précoce dans les cas de prétendue stérilité syphilitique, je l'appliquai non-seule* ment à tous les états dialhésiqucs accusés de produire l'iiifécondité, mais encore à ces idiosyiicrasies, sans germe patent d'affection, qui, jusqu'à présent, n'avaient servi qu'à masquer notre ignorance.

Il s'agissait de vérifier la réalité de cette hypothèse.

Dans quelques cas, il est poMible d*avoir la preuve matérielle de l'avortement en retrouvant l'ovule entier; deux

â6H DE LA HTtMLIIK.

Fui» j'ai i;ti ce bonheur : [n première fou cho une |ir< luée (le la rue GeorTroi -Marie i l'ovuli!, cipulsé snns Ton du l'ulérus, s'était httM dans le tngin, où pendant quelqw lempit je le prîii pour iiii coillot dr sang; la scronileroï* tlie» la femme d'un cordonnier Je In rue Lninartinc ; l'ovulff, Rorli du vugin, fut retrouvé entier au milieu àe cailliili saiigiiini) i]ui remjdisïaient un vase. Cliez leii deii\ fi-iiitur«, t'aïoitemeiil sY-tnit produit danii le premier luuis de leur grossesse, à l'éfioque correspondante à leur menstruation. si bien que ni l'une ni l'autre ne »f: croyaient cbceinlcu.

Les prostituées, que leur niélicr etpo«e plu» Hpécialcmeat aux Tiiisses couches, sont tort au courant de ce phénomène, comme nous l'apprend le passage suivant de l'urent-DucliAtclcl : n J'ai parlé plus haut, dit-il, de l'irrégularité de U menstruation chez quelques prostiluoes et des intciruu' lions que présentait, rhei elles, celle évacuation dans une foule de cirronstancesi; ne pourrait-on pas les attribuer à une conception et à une véritable grossesse '? Cette opinion, qui a été émise devant moi par plusieurs médecins et phvsioloftistes distingués, acquiert une très grande probabilité par les observations faites par M. Serres, lorsque les prostituées étaient soignées dans une des divisions de Is Filié. Je transcris ici les réponses que cet académicien fit à mes questions : ■ Les pertes abondantes sont rares chez ces femmes ; mais les plus jeunes ont souvent des retards dans leurs règles qui su terminent par l'expulsion de ce qu'elles appellent uû bondon. Pendant deui années, je nefispas attention i cette expression ; mais ayant dirigé mes recherches sur l'embrjologie, j'examinai aiec soin ces productions, et il me fut facile d'} reconnaître tous les caractères de l'œuf huraain; j'ai pu dans uncourt espace de temps en recaeillir un grand

ST6kiLITÉ IDlOSYNGRASIiiOK. 569

nombre qui tous étaient sortis è une époque qui indiquait une conception de quatre à cinq semaines (1). »

On le voit, Tofiinion que j'émets ici n'est pas nouvelle dans la science; seulement, semblable à beaucoup d'autres, elle n'a pas suffisamment attiré l'attention du pratideo.

Mais comme dans tous les r^s d'avortement précoce, il n'est pas possible de retrouver l'ovule, parce qu'il se rompt avec la plus grande facilité et que ses débris se perdent entraînés par le sang qui s'échappe de la vulve, il me fallait d'autres témoignages et plus constants et aussi certains.

Je les trouvai dans la symplomalologic même de la grossesse et de l'avortement, et, en conséquence, je formai deui groupes de symptômes :

1*" Symptômes relatifs à la grossesse ;

2® Symptômes relatifs h l'avortement.

Les femmes interrogées avec soin se rappellent qu'elles éprouvent quelquefois et sans cause connue des malaises, des hauts de cœur, surtout le malin en se levant; presque toutes l'attribuent è une mauvaise disposition et prennent contre ces accidents essentiellement passagers, celles-ci de la limonade, celles-là un j.urgatif, et beaucoup d'entre elles n'y prêtent aucune attention; quelquefois les règles sont en retard, et alors tous ces phénomènes morbides trouvent une facile eiplication; dans d'autres cas, au contraire, les menstrues devancent l'époque de leur apparition, et ce dérangement est encore accepté comme la cause évidente de tous les accidents.

Rarement, dans ces circonstances, la femme consulte son médecin, d'autant mieui qu'après Vapparition des règles tout rentre dans l'ordre normal.

(4) Ik la fn-tMtitution dans la ville de Paris, %• édil., t. I, p. ^35 et 236.

571) DN LA «rkiitir*.

liiterrufreimuinteiiunll.i feinino!>urrétal(iiuaicu»true»«|ii suivent immf^difl terne tit ces mnliiiieH; presquo toujours dit! sont ou avaiit-ées uu relarJéef, cl, choie é peu prêt voniUole, )'hémorrlii>gi« v»l olom plus aboiidsiilu (|u'à l'urdiniirc.

Ce|ii^ii(lunt, (-ftte h^iiiorrhaiiio peut arrit«T à l'époi^iw muoitruclle liabituelle; liHDk ce cas, ratofleiiimtl prérooe est provoi|ué par le travail inDaminutoiro qui ne fait dans loal l'appareil f(é»ilal ii IV'ptjijue ciilamâtiiale, de telle »orti- qu* dans l'esprit de lafL-mme, laitouridunta généraux ol l'éiaul** uient aanguiii de 1» vulve ae lit-nt et l'otpliquenl les iinti pw len Butrei), i oc puiiil iju'il lui est impoxsilile d'aïuir l'idét de grossesse ou d'avortrment. Pour vile, comme pour les pur» sonnes non prévenui-s , tout xe réduit à un déraitgeiiiriit passager de lu mttnstruulion, (luijucl il rst toujours f.irilcde trouver une cause au milieu des ('ircun>lon<:r!i diverws, morales ou physiques, qui agissent sur la sensibilité de la femme

J'ai déjà plus de deui cents observations dirigées dana ce sans, et il est facile i tout praticien de vérilier l'etactitudt de ce que j'avance. Dans la majorité des cas que j'ai recueillis, le coit avait eu lieu peu de jours après l'époque menstruelle, c'est-à-dire pendunt le temps, selon M. Pouchet(l], le plus favorablei la fécondation ; tantôt la femiae ignorait complètement la portée de mon interrogiitoire. qui, OD le comprend, doit être très minutieux, et lauldt je liiî faisais part de la pensée qui me dirigeait. J'obtenais aioM, selon le degré de confiance que m'inspirait la femme, des renseignements prétis et circonstanciés.

Ces observations me donnent même le droit d'aller plus Iota. Je suis convaincu que toute copulation entre individu possédant les caractères de fécondité que j'ai indiqués plw

(I) Thiorit potitive lU l'omilation tponUnM «1 d« la (JmMJatioà. Paris, I8i7. p. i70.

STÉRILITÉ IDIOSYNGRABIQUB. bH

haut, est fatalement, nécessairement suivie d'ane fécondation, et que beaucoup de frmmes qui portent un enfant à terme, après un certain temps de stérilité, ont éprouvé un nombre plus ou moins considérable d'avortements précoces. Il est des femmes qui avortent régulièrement au siiième on au septième mois de leur grossesse, et qui ne parviennent h terme qu'après un nombre plus ou moins grand de fausses couches; pourquoi ne pas admettre qu'il y en ait d'autres qui avortent constamment dans le premier mois de la féconda* tion, alors que les causes d'avortcment sont tout è la fois plus nombreuses et plus actives? Toute la différence entre le fait du développement de l'embryon et celui de l'avortement précoce tient h ce que, dans le premier cas, l'œuf fécondé a pu se fixer n la face interne de Tutérus, et que, dans le second, il n'a pu le faire, soit parce que l'œuf n'avait pas par lui-même une suffisante vitalité, soit parce que l'utérus était dans un état pathologique h ne pas permettre cette union.

C'est ainsi que s'explique la fécondité de certaines femmes après un temps plus ou moins long de stérilité : chez celleci, l'œuf ne pouvait se fixer à cause d*un état spasmodique de la matrice sous l'influence des excitations amoureuses; l'habitude, le mariage, cet étei^noir de l'amour, comme on dît, ont amené le calme dans l'organe, et la femme devient enceinte ; chez celle-là, l'œuf ne se pouvait fixer à cause d'un état atonique de l'utérus; la femme va aux eaui fer* rugineuses , aux bains de mer et on revient fertile ; chez une troisième, l'œuf ne se pouvait fixer è cause d'un étal phlegmasique de la matrice ; la femme est prise d'une fièvre typhoïde, d'une pharyngite, etc., etc., et ces affections, en déplaçant l'inflammation de l'organe gestateur , mettent un terme k sa stérilité.

Comment, avec les explications ordinaires, comprendre

^^ STÉRILITÉ RBLATIVB. 573

^ comme jo Tui dit plus haut; tantôt il la rattachera à Tétai <lébile (les animalcules spermaliques, ainsi qu'il arrive chez quelques vieillards, chez les individus affaiblis par de longues privations ou des maladies graves ; tantôt enfin, et c'est le cas le plus commun, il la rencontrera dans un état morbide, organique ou dynamique, de l'utérus.

C'est surtout dans ce dernier organe qu'est la source la plus ordinaire du phénomène dont je parle, car nous voyons tous les jours les diathèses se transmettre d'une génération à une autre, et je dirai plus loin que l'on doit, d'après les travaux les plus récents, éloigner, dans la majorité des cas, la pensée d'une altération quelconque des spermatozoïdes du vieillard.

Comme on le voit, la question de la stérilité idiosyncrasiquc est bien plutôt du domaine d'un traité d'accouchement (1) qu'elle ne rentre dans les limites de ce livre, car notre rôle finit là où l'embryon est fécondé ; cependant, j'ai dû l'aborder, mais j'ai du aussi la ramener dans les bornes que l'observation m'a permis de lui assigner, è ce point que ce problème, déchu de son importance, se réduit, la plupart du temps, à un simple chapitre de pathologie utérine.

Je renvoie donc le lecteur, pour les détails pratiques, a la partie de cet ouvrage où j'examine les maladies de la matrice, et je me liAle d'arriver au second point que je me suis proposé d'examiner en cette place, c'est-à-dire la stérilité relative, pour faire voir combien ici encore on a laissé un libre cours à l'imagination.

S II. — Ntérllllé relative.

Si l'on considère, d'une part, le mystère au milieu duquel s'accomplit la fécondation, et, d'autre part, la retraite

[\ ) Voyez Chailly-Honoré, Traité pratique de CaH des aeeouchemenU, Paris, 1853, io-8.

57^ Itl LA llAKILITft.

presque iniicce«<iiblD '■> nos inov«ns d'inveitiftAlioti où mmiI tenu* In plu|iart de* ortianeii ijui eancuiireiil à l'acrnmpli*- «emonl île cet acte, on ■«ouers qu'il esit hrilL' île m^i-on* nnltre, finns beaucoup décati, la cause réelle d'une ilérililé. et l'on Irouvern moini exlrnordinnire que l'eapHl humain, h qui, en iléfliiilivc, il faut loujuurs une eipliralion bonne ou mauTuise, ail ndiniii den hypothJ^spii complètement imoginaircfi, et aiilmir deR({iielle!i son! venu* ne fjrouper, ou de gré ou Aïs force, tous le« fait» qui sortaient des foii le* plut vulgnirrn de la pnlliolo^ie.

Parmi cet hypoltièsa», il en est une qui a joui d'nn fniti crédit el qui est enrore oujuurd'iiui même entourée de la faveur gt^nérale, c'est celle que l'un désigne romiDunémenl sous le iiom d'Admionie d'amour.

Cette harmonie a pour base des rapporta soit de similitude, loit de dissemblance, et se tire tantAt de la nature phjtique el tantAt de la nature morale dea deui conjoinU. € Comment, a'écrie Virey, qui a consacré à la défenae de cette opinion les phrases les plus redondantes de son aljle imagé, comment s'établit l'amour le plus pénétrant, le plus parfait entre les seies? C'est lorsque lu femme est lu plus bmclle, et que l'homme est le plus viril ; c'est quand ua mâle brun, velu, ser, chaud et impétueux, trouve l'autre •ete délicat, humide, lisse el blanc, timide el pudique. L'un doit donner, l'I l'antre est constituée jiour rerevoir; le premier, par cette raison, doit avoir un principe de surabondance, de furce, de (;ériérosilé, de libéralité qui aspire i s'épanclier ; la seconde, nu rontniirc, étant constituée en moiriJ, doit, par ua timidité, tendre ft riTueillir, & absorber, avec nue sorte de besoin el d'économie, le Irnp de l'autre, pour établir l'égalilé, lit niveau complcl. Ainii lu résultat de l'union conjugale, ou but de la procréalimi d'un DomH

STABILITÉ BELATIVB. 575

être, ne peut être rempli que por cette unité physique et morale dont parlent Pythngore et Platon, au moyen de laquelle les deui seies s'égalent, se saturent pour ainsi dire réciproquement (1). d

Et, comme si ces paroles ne rendaient pas toute sa pen^» sée et qu'il craignit qu'on ne les appliquât qu'à la partie sensuelle ou altraetive de la fonction de la génération , Virey revient plus loin sur son système d'harmonie et en montre toute l'influence sur la fécondité : « En eflet, dit-il, si Ton unit deux tempéraments semblables, mâle et femelle, comme Voltaire et la marquise du Chêtelet, qui ne poufaient ni se quitter, ni se souffrir longtemps ensemble, cette similitude d'égalité produit une source de querelles, et devient une cause de stérilité très remarquable. Ainsi l'on a vu deux époux, ensemble stériles, ets'accusant mêmt d'impuissance et de froideur, devenir, par leur divorce, féconds et ardents avec d'autres individus d'une constitutioi opposée, etc. ("2). »

Cette théorie est si ingénieuse et plait tant è l'imagimtion que chaque auteur qui l'a adoptée semble, pour le dire en passant, s'en attribuer la paternité; cependant, ele appartient à Aristote, qui, en ce point, s'éloigne des idies hippocratiques : (' Evenit sane^ dit-il, muliis et mulicrims et viris^ ut qui conjuncti inier se nequeant procreare^ ubi diisociati se junxere cum aliis^ queant (â). » Boerhaave va plus loin, et, après avoir avancé qu'Aristote rapportait des exemples en faveur de cette théorie, ce qui n'existe pas, car le passage que je viens de citer n'est accompagné J'au-

(t) De la femme, sous to« rapports physiologique, moral et littéraire, p. 496.

(2) !Md., p. f 07.

(3) HiêloHa animaMum, édit. de 4 679, lib. Vf, r vol.. p. 439.

DE LA SrfcRIUTtl.

cuiie Libftervalioii, il racoiiU' lui-inèi»e le fuit xuivanl : t in Galliâ illuilris casus conlûjil : prtncefm {S. (i., nuMù^ erat (/ui diii cum ofitimd v.rore tu xlerili ronjtigio viixenii, fJllinio ej-judifio sufiremœ curitf vonjugium lolutum eak, Bodem concilia caplo, mnritus in viduum Utonitn altam uxoretn ducil, et vidua nupsH alieri; et ilh fUiot. hcH prolem Irriter ex si'cundo cnnjugio tulit. - Kt IFucrhacve lijuulK : i< Apparat fecttndilalem etiam a mutuA quâdam latione pfindere passe, absque uUo abtoluto vîtio nul %nri 'lut femina il), «

Toiifi les ailleurs qui ont ér-ril sur la matiire nont ansM taconi(|ucsr)ue Boi'Hiaavc; nulle port une iiidicalioa même inmmain- de l'i^lol île» organes {{énitnui ; ce» organes, qiu pueiil ri'iienlinnt li* prriiripnt râle, sont comme s'ils ii'etisbieiit pas. Ou comprend celte absence de détails de la part iluii liislorieu, comme Tacite, par exemple, qui rapporte qie l.i>ie, uii^out point eu d'enfant avec César, qiioi- <|rcllc on fût lenJrcmeiil aimée, donna le jour à Tibère et Driisus dans un second mariage qu'elle coiilrsGla avec Tiière-Néron.

A de pareils observateur.", on pourruit répéter le mot que Beiserade répondit au marquis de Langey (2) ; mais la

(1) 0^' pritlfcl. ornrf., l IV, !' pari., p. !B6.

{i> Lp marquis de Lungey. accusé d'impuissance par sa femme, vit son nariage déclaré nul après l'épreuve du congrès. Malgré la défeaM qui lii eu Fui faite, il se remaria en Belgique avec madetnoiMlle Diane de Utoiault-Navaille^, ei eu eul sept enranls. De retour en Fraoce, il lira m légitime orgueil de sa progéniture, et, comme il s'en vaaiail fc loiit |ro|)OJ, Bfnserade lui dit un jour : Mui», monnifii!^, }t n'ai jamait Jouir Tif iniiilrmmxfllf de Sarailltt nt fût tapiible d' tngendrtr . — C'est Tallenaol iIm Héani qui rapporte celte méclianceié (voyei ses ffialorffKi-i, 1 VI hiHorittlr lif madame de Lnn<iey. édition de MU. De Monmerqué ei Paulin Paris, t864-IS56, Techener).

STÈRILITft RELATIVE. 577

science a des devoirs plus sévères, et uvant d'admettre .la théorie des contrastes ou celles des similitudes, j'ai dû vérifier les bases sur lesquelles elles reposaient.

Sans doute, par cela même que deux individus sont néce^8ai^es pour la formation d'un nouvel être, les conditions de ce concours sont soumises h des lois dont la violation, compromettant l'inlégrité de ces rapports, en doit nécessairement annihiler les résultais ordinaires ou normaux.

Quelle est donc la loi de ces rapports? Repose-l-elle sur la dissemblance ou sur la similitude des conjoints, et, dans Tun ou l'autre cas, cette harmonie uait-elle du contraste ou de l'homogénéité des habitudes générales de Torganisme, ou se contcnte-t-elle des mêmes conditions dans l'appareil génital seulement? En d'autres termes, la fécondité obéitelle à la loi des contrastes ou h celle des ressemblances, dans le développement de l'intelligence, dans les passions, dans le tempérament , dans la constitution , dans l'ardeur des plaisirs vénériens, etc., etc., en un mot dans des circonstances éloignées de l'appareil générateur?

11 ne faut pas une bien longue observation pour se convaincre que si la théorie des contraires ou celle des semblables peut être invoquée pour la manifestation des sympathies amoureuses, quoique les anciens, aussi bons observateurs que nous, aient mis un bandeau sur les yeux de l'Amour, il ne faut pas une longue observation, dis-je, pour se convaincre que l'une et l'autre de ces théories sont complètement erronées quand il s'agit de la fécondité ; il suflit de regarder autour de soi ; dans ce tourbillon immense qui constitue le monde on verra l'espèce se perpétuer au milieu des conditions les plus diverses, et chaque procréation, pour ainsi dire, donner un démenti aux rêves harmoniques des philosophes et des poêles.

PE LA ftTtltlLfTft.

OfMMiiliiiil, tl r»l tli-n rnil<> £trnn^c5 qui wniMent MUk d'une manière irrôfrnf-iibic une loi quelconijup <!« rêp)inrb: ce sont ccui (lonii lesqMls Heut iiidivttius, liomtnp el fprame, voient l«ur uiuon Mérilu, alors quv rharuii (l'eiii donne tle •on rôt* lie» jireiives mRiiirntns île férondilé.

Mai» (l'uboril ve oiii» coinmiinsi i^ii'on M

potirmit rrnirp, el t d'Mi ègle, il* rfiii<(lita«nt une

ln''<< rnre ftceplioii ; il n r fiËs logif|ue de fonder

nur eut une lui ronilam 'ériger nne eiceplîon en

Biiotne iiiexnrsble.

Ce|ii*n<lanl, quelque rares s fuMiMit . re» fnils, pur

cela m^e qu'ils )>e [irnili !>nt viv^mont etrité mon

■tteiiliiHi, Pt J ni ai, pour me former une opinion <iur Imr rompti', ni" jm!> iiii' rontonlcr de siriiplps iijifvnri'niv'i

A cL-t efTn, j'ai cherché, aillant que me le permettait l'état lie nos roiinois^aoces annlomiques et physiologiques, à me rendre compte des conditions iionnale*) de férondilé rhet l'un et l'autre sene, it je me suis assuré ensuite si dam les Ciis exce|)tioimels dont il s'agit, ces conditions éleienl intactes el s'accump lissaient d'après les principes tcquis k la science.

Il est nécessaire de rappeler brièvement ces comKtions «I ces principes.

Du c6té de l'homme :

Ëjaculation dans la direction de l'aie de la verge et propriété spéciale (fécondante) d'un liquide appelé sperme.

De ces deui conditions, la dernière, c'est-à-dire fa cornposition du sperme, est acceptée sans conteste. Ce n'est pas ici le lieu d'evposcr cctie composition; il suftit simplement il'cn murquer l'absolue néressilé.

I.'éjaculation, c'est-à-dire le bncement du sperme avec une certaine force, a perdu quelque choie de ma mpor-

STÉRILIIÉ ItELATIVE. 579

tanee depuis les eipérieiices Ae Spallaiizani ; cependant et malgré ces expériences, je crois In fécondation, dons l'espace humaine, très difficile, sinon impossible en dehors de celte condition, è moîos que les deux conjoints n'aient recours à un artifice qui supplée en quelque sorte à Téjaculation, ou que la femme ne soit affectée d'un prolapsus de matrice.

La direction suivant laquelle s'accomplit l'éjaculation ne me semble pas aussi une circonstance sans valeur ; je sais bien que tous les hypospades ne sont pas stériles, et je tiens même de M. Ricord que ce vice de conformation s'est montré h lui d'une manière héréditaire sur trois générations, preuve bien évidente qu'aucune d'elles ne fut inféconde ; mais sans contester, en nous appuyant sur la position problématique de l'utérus des femmes que fécondent les hypospades, les conséquences que l'on tire de ces faits, reconnaissons que ceux-fi forment une exception, et que dans l'immense majorité des cas la fécondation n'a lieu qu'à la suite d'une éjaculation spermatique dans le sens de l'axe du canal urétral.

Du côté de la femme, les conditions anatomiques ont jusqu'à présent paru seules nécessaires pour sa fécondation, et c'est à l'oubli dans lequel ont été laissées plusieurs autres circonstances qu'il faut peut-être rapporter les incertitudes et l'ignorance qui planent encore aujourd'hui sur cette partie de la pathologie féminine.

Cependant quelques-unes de ces circonstances ne sont pas entièrement méconnues , et la discussion soulevée è l'Académie de médecine, (i) è l'occasion du pessaire intrautérin, a prouvé que les meilleurs esprits et les hommes

• (4) BmUetin de r Académie de médecine. Paris, 4864, t. XIX, p. 628 et saiv.

UK LA STÉRILITÉ.

plus pratiques ailmettnient les iléviatloii.« ulàrines pannî

causes de siiiriliiiS du In femme.

Je m 'explique rai longuem'nl ailleurs <ur l'hnportance des déplaccmr-nts utérins ou point de vue qui nous orcupc ; mais je dois établir ici, pour rintelligetice de ce <|ui va suivre, qui', dans un trts gn lo B cas, et principalomeol

dans les cas de version, ces emcnt* ne faisant qu'al-

térer les rapports nonnnui di> conjonction, déterminent ane stérilité qui n'est ni relative adivc, mais simplement

rcflot du défaut i)'e\urte opposition de l'orgune mAle et de l'organe femelle.

Pour mui, en effet, il est iiorH de doute que dans Iw conditions normales de fécondation, le méat urinairc du metiH bre viril doit se trouver en fac de l'ouverture inférieure de la matrice, afin que le sperme puisse pénétrer dans ce dernier organe en sorloni par saccades do la verge de l'homme j et que toutes les fois que, par un motif quelconque, cette mise en présence de l'orifice urétral de l'homme et de Tarifice utérin est détruite, la fécondation n'a pas li«u; c'est ce qui arrive, en effet, dans les cas de descente ou de déviation antérieure, postérieure ou latérale de l'utérus, dans lesquels la verge, portée sur les câtés du col de la matrice, lance le sperme contre le cul-de-snc vaginal que vient battre sans profit le lluidc fécondant. Et cela est si vrai , qae « les conjoints, par un artifice de position, ou l'art par des moyens dont j'aurai à m'ocruper ailleurs, parviennent k rétablir l'aie fictif des deux orifices dont il s'agit, la stérilité cesse aussitôt, en admettani , bien entendu, qu'il n'esiste pas d'autres causes d'ugénésie , et la femme , jusqu'tlort iiiféronde, peut, comme je le montrerai tout à l'heure, donner le spectiicle d'un de ces faits réputés étranges par les esprits superficiels.

STÉRILITÉ 'UELATIVE. 581

Mais ce n'est pas tout : à côté des conditions anatomiqncs, dont il est superflu de parler ici; h câté des condi* lions de topographie, qu'on me passe le mot, dont il vient d'être question, il en existe une autre que j'appellerai condition physiologique.

Qu'on me permette de légitimer cette expression.

Chaque tissu, chaque organe, chaque appareil possèdent, en dehors de la sensibilité générale à laquelle sont soumis tous les corps organisés , une sensibilité spéciale qui les caractérise et qui leur est propre. Cette sensibilité se développe sous l'empire d'excitants spéciaux, dont l'influence est nulle sur un autre tissu, sur un autre organe, sur un antre appareil. — C'est VcUpha de la physiologie.

A cette sensibilité succède la contractilité d'une manière si fatale que l'on a désigné par un seul mot, irritabilité, et la sensation excitée sur l'organe par l'impression du corps étranger et la contraction de l'organe réagissant sur ce corps.

Cette action et cette réaction ne sont pas nécessairement sous l'empire de la conscience, et ces deux opérations s'exécutent souvent en dehors de notre volonté.

L'utérus et plus particulièrement son col ne font pas exception aux lois physiologiques que je viens de rappeler en peu de mots. Ils ont une irritabilité spéciale dont le moteur est le fluide spermatique.

Cette irritabilité n'est ni sous la dépendance de la volonté, ni sous l'empire de la conscience; si elle eût été soumise h la volonté, la femme aurait pu se soustraire à l'obligation de la gestation, et la nature n'a pas voulu que la volonté qui acceptait le plaisir eût le pouvoir de repousser la fonction dont ce plaisir n'était que la récompense de Taccomplissement; elle est également indépendante de la con-'

«ciencc, cur celle iiiilé|ieudanre est pour la ualure one gtraiitic certaine de In buiiiie eséi-utîmi île l'acte ; auuî faul-il rangi^r jiarmi k'« iltufion» île rima);iitaUoit \ea tre»sotlIemeiiU ut ies x|i»»ine!« [larticuliers (]ue ccrtaiiiei feniM) prélenilonl re.osciitir au moment d'un coit fécondant. Il eal maiiifeste qu'il ne i ci des treMaillemenl* et

d«ji «[lafiRics iimnur eignenl un haut degré

d'inleiisilé [leiidanl l'ejai le l'Iiommo par >oit« Jet

mouvements NpuRmoitiifues els la verj^c eit alors tm

proie, et par suite aussi it alioii de la température

délerœinée tout ii la fois fai ution vilulo do l'artv c|w a'tcconipUt et par la présence du sperme.

L'irritabilité utérine, celle qui nous occupe ici, c«l spéciale et ne sV'iercc que sous rinfluenco du Ituidc Kpermatifguf

J'ai poussé sur le museau de tanche de divers aoimaux des liquides de difTérenles sortes, excitants, astringent!, caustiques, etc., et jamais l'ulérus, immédinlemenl ouvert, ne m'a fourni In moindre Inirc du liquide injecté.

On a rapporté aux tressaillements amoureux^ à la «ensation de volupté la source de cette irritabilité ; mais alors comment ex|>liquer la fécondation de ces femmes insensible! uu plaisir, de ces jeunes filles violées et prises de force, et pour lesquelles la copulation est un sujet d'elTroi et de douleur? Non, le plaisir n'est pas plus t'eicilanl de celte irritabilité que les ttquideft dont je parlais tout k l'heure.

L'électricité, dont je dirai plus loin le râle dans le traitemenl de l'infirmité qui m'occupe, a-t-elle sur l'irritabilité de l'utérus une action marquée et manifeste ?

Comme beaucoup de médecins, j'ai triomphé quelquefois de la stérilité au moyen du fluide électrique; et les cas |iréFi<émeiit où cet agent m'a paru avoir l'indicatioo la plu* précise, et où, en effet, le succès a couronné les les-

STÉHILIIÉ RELATIVE. 58â

tatives, sont ceux où l'irritabilité de Tutérus, ou plutôt du col de Tutérus , semblait aiïaiblie et ne pas suffisamment répondre à l'action de son excitant ordinaire, le sperme.

Cependant, h Tétat physiologique, si l'on dirige sur cette partie un courant galvanique, il advient, dans la très grande majorité des cas, que la sensibilité et la contractilité de l'organe ne semblent en aucune façon iniluoncées; seulement, si l'action électrique est prolongée pendant quelque temps, le col de la matrice se phlogose avec les phénomènes de rougeur, de chaleur et de tuméfaction qui, dans les circonstances ordinaires, accompagnent ou caractérisent cet état pathologique.

Aussi il est constant pour moi que dans les cas où le fluide électrique exerce une heureuse inilucnce sur la stérilité, cette action est due non h une modilication spéciale apportée par l'électricité, mais au rappel dans le col de l'utérus des conditions normales de la vitalité générale.

Je ne puis donc admettre que l'électricité, malgré les services qu'elle rend dans raffuiblissement de l'irritabilité utérine, soit un excitant spécial de cette irritabilité.

Ce lôle, je le répète, appartient exclusivement au sperme.

Cependant il ne faut pas pousser trop loin ce principe, et pour faire une juste part à toute chose, il importe de reconnaître que les émotions amoureuses et que les sensations voluptueuses, en éveillant la sensibilité générale de ra;i|)areil génital, sont le premier signal et comme la source de l'irritabilité spéciale de Tutérus, et que, par conséquent, le degré de cette irritabilité est en proportion de l'intensité des émotions amoureuses et des sensations voluptueuses.

C'est ainsi que s'explique la stérilité des femmes trop passionnées, car, en cette matière comme en beaucoup

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