CHAPITRE
TROUBLES DE LA FONCTION d'eXCRÉTION.
En quittant les vésicules séminales et avant d'arri\er au dehors, le sperme traverse deux nouveaux conduits : les canaux éjaculateurs et le canal de l'urètre, et n'est lancé, avec une certaine force, qu'à la condition de la rigidité de
la verge.
Il me reste donc à étudier les circonstances qui peuvent mettre obstacle à cette nouvelle et dernière phase de hi fonction spermatique; pour que cette étude ait toute In clarté désirable en pareille matière, je la partagerai en trois pa-
(I) Voy. la page 401 .
652 TRO0BI.RS l)B Lt PnXCTION 1>'lXCIlftriO<T.
rugraphCK : ilnns le [ireraicr, j'etamtiienii Im ifreclions iIm CfinduiU éjoculalcurN et (Je la proKlutCi àam le serood, je pasHPrai en revue les acnident^ si nombreui ri !>i variés iloBl le cnnsl de l'urètre est le siège ; dans le Iroisiicne, enfin, abordunt d'une Tat^oi) plus (-om|ililc <|ue je ne l'ai Tait \>récédrmineiil, la qucslion de l'tijaculalion, j'aurai k me demander M rim|iuisgance est toujoiirs et riitalement une caste lie stérilité.
SI — «ffeellona écn «•Mtas «jM«lal«BrB »■ de ta pr«MM«.
Pour obéir à la lD^ii|uc que m'imposait en quulcgue sorte la marche du sperme h travers les nombreui organes qu'il traverse, j'ai dO ciominer séparément les alTi'clions des vésicules séminales et celles des canaut éjoculateurs et de la prostate. Cette distinction purement physiologique ne saurait subsister dans l'ordre pathologique, et je suis le premier i\ reconnaître que les canaux éjaculateurs participent toujours plus ou moins aui maladies des vésirules séminales. Aussi les considérations que j'ai présentées à l'occasion de ces dernières, sont-elles entièrement applicables aui conduits éjoculateurs et à ta prostate.
Cela est si vrai que, dans les cas de spermalorrhée, par eiemple, on le caustique eierce une influence heureuse, cette influence n'est pas due à l'action immédiate de la cautérisation sur les vésicules séminales, puisque le nitrate d'argent ne louche que la prostate et l'ouverture citerne des canaut éjnculateurs. C'est donc en modifiant l'état de ceui-ci, que lo pierre infernale finit par modifier celui des vésicules séminales.
Cependant, celte liaison morbide n'est pas tellement intime qu'il n'eiiste des cas où l'un de ces organes est
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malade, tandis que l'autre est parfaitement sain, ou n'est tout au moins aiïecté que d'une manière insignifiante. Ainsi, lorsque dans le produit de Péjaculation on constate de la matière tuberculeuse, cancéreuse, etc., et que, par le toucher rectal et le cathétérisme, on s'est assuré que celte matière ne vient ni de la prostate, ni du canal de l'urètre, ni de la vessie, il faut bien admettre la libre circulation des canaux éjaculateurs, et en même temps la présence dans les vésicules séminales du produit du tubercule ou du cancer; car, ainsi que je le dirai tout à l'heure, si les canaux éjacalateurs étaient obstrués dans un point de leur parcours, il n'y aurait point d'éjaculation ; il n'y aurait qu'un suintement de fluide prostatique, dont la minime quantité suffit toujours, à défaut d'autre caractère, pour le distinguer du pro* doit de la sécrétion vésiculaire.
D'autre part, il est telles affections de la prostate et même des conduits éjaculateurs, auxquelles restent parfaitement étrangères les vésicules séminales, ainsi que l'ont montré des nécropsies dans lesquelles la prostate et les canaux éjacuiateurs étaient gorgés de pus, alors que les vésicules séminales étaient dans un parfait état d'intégrité.
Cependant, il faut le reconnaître, ces cas sont très rare^. Quand de si graves désordres ont attaqué un point de l'appareil spermatique, il est commun de les voir se répéter sur toutes les parties de l'appareil, même sur les points les plus éloignés de leur source, ainsi que Tout observé MM. Ândral,.Croveilhier, Lallemand, Dalmas, Albert, etc. , qui ont vu des lésions identiques exister è la fois sur la prostate, les canaux éjacuiateurs, les vésicules séminales, les canaux déférents et les testicules.
Quoi qu'il en soit, au point de vue de la stérilité, les aiïec-
65ft THOUBI.ES BU LA FOHCTION B'KCR^tlOK.
lions (les conduits éjorulateiirs ri df! tn proslsti- pcuTenl «e partagpr en ilcut^ranileiirlBsseK, Helun l«« réitulUlsquVIhs proiliiiiieol
DaiiH la [iremièrc classe se rangent Icti lésionfi Boatotniques suHCL'plibk's de metlrc obstacle à la dJrMion normale du sperme, soit en s'opfiosant *i sn marche, Boii en lai faisant prendre une route diiïérente de celle iju'il doit mitre.
La seconde rinssa comprend les ufTertion* qui, l«i»MRl complètement libru cette portion de la raie Kpermatique, altèrent les conditions dynamiques psr lesquelles a'accomptit la marche du fluide séminal.
Comme sans doate on le prewenl, ces deux genreu i'tffoetioni ont une tiymptnmatnlogie tellement différente qu'il est impossible de l'-s mpproctier et de les confondre. TaailH qui'dnnsles secondes, une certaine quantité de liquide spermnlique s'écoule au dehors, les premières sont entièrement veuves d'éjaculation et se trahissent par un suintement, que dis-je?par une simple Inimîdité produite par les glandes qui tapissent le canut de l'urètre.
Les premières créent à la mnrrbe du sperme nn em|tècbcmeiit mécanique; les secondes, bu contraire, ne lui opiïosent, qu'on me pa^^se le mot, que des obstacles djni* miques.
l'Auminonsdonc séparément chacune de ces deui clatM* d'aiïections, où, comme on va le voir, il est nécesuire d'admettre des degrés.
1 ° ObsUicles mécanù/ues à la marche normale du tperme, — Lis obstacles sont lantAt dans les canaui éjaculateun en\-niémes('t lautdt dsnsla prostate.
Toutes les causes que nous avons vues précédemment sua- (vptibles d']imrner l'oblitération des canaux déférents, pe» vent o(i)ir une action analogue sur les caaaui éjaculsteiirsi
APFEGT. DBS CANAUX tJACULATKURS BT DE LA PBOBTATE. 655
rinflommatioii, la tuberculisatioii, le cancer, rossificalion, aingi que Lallemand Ta observé, le dépôt de concrétions terreuses, comme l'a constaté M. Mitchell,8ont tout autant de causes qui peuvent empêcher le sperme de passer des vésicules séminales dans Turètre.
Dans d'autres cas, l'obstacle siège dans la prostate } Pinduration de cette glande, ses dégénérescences, son hyper* Iropbie, sa phlegroasie avec ou sans formation de pus, etc., sont également des circonstances capables d'amener, d'une manière ou d'une autre, l'oblitération de la partie des canaux éjaculateurs qui la traverse.
Ces oblitérations, que la cause siège dans les canaux éjaculateurs ou dans la prostate, sont souvent très difficiles è constater sur le vivant, quand l'oblitération n'a lieu que pour un seul cAté des voies spermatiques. Dans ce cos, le côté resté libre fournit assex de fluide pour que la sollicitude dn malade ne soit pas éveillée, et pour rendre beaucoup moins grave le pronostic, au point de vue seulement où nous sommes placé. Sans doute, quand on songe aux circonstances nombreuses qui, eu égard à la délicatesse et la multiplicité des organes, peuvent empêcher la fonction spermatique, il est toujours sérieux de constater une lésion dans un de ces organes doubles, car, par le fait de cette lésion, le malade a perdu plus que la moitié de ses chances de fécondité.
Cependant, en tout état de choses, il n'est point stérile, et, pour qu'il le devienne dans le cercle où nous sommes à présent enfermé, il faut que l'oblitération se produise dans les deux canaux éjaculateurs.
Cette simultanéité d'obstruction n'est pas commune; elle a été cependant observée: MM. Lallemand, Ricord^ Gaussail, Cullerier, etc., ont rencontré dans ces organes.
656 TIODBLBS DE LA FONCTION D'eiCRtTlOIf.
Ianl6tde l'cncéphuloiilc , lanliM du liibcrcul<' , laiilAl ilt-i granulalioiis osseuses , et tantAt des molièrcs morbides venues de In prostate.
Duns tous ces cas, l'éjnculation et même le suiolement du fluide Kpermatique, sont impossibles. Pas nV»l besoin d'examiner au microscope le pus, le liquide rendu, pour j chercher les spenualozoides ; la quantité de ce liquide, h défaut d'autre caractère physique ou chimique, suffit toujours pour en trahir la source. Cette absence d'éjnculalion, ou plutôt de fluide spermatique, est un symptôme cafiilBl, 4|ui, ropproché des signes fournis par le loucher rectal e( le €■• ihétérisnie, peut permettre de fiier la désignalion eiacte do siège de la maladie.
il est des circonstances on le fluide spermatique manqua complètement, comme dans les cas rapportés plus haut, tonl que la verge est en érection, mais s'écoule au dehors en bavant, ou mêlé i> l'urine, dès que le pénis revient è U flaccidité, a Ue la rejronie parle d'un homme qui avait dëji eu trois enfants, et qui, à la suite d'une ^onorrhée dont il négligea le traitement, faisait de vuins elTorts pour éjaculer le sperme, qui ue sortait qu'en bavant, peu de lempa sprâ le coil ; l'urine, cependant, était rendue sans difGcuUé, c« qui ne permettait pas de supposer un rétrécissement ou tout autre obstacle dans l'urètre. A l'ouverture du cadavre, on trouva une cicatrice sur l'éminence de lu portion du verumotiUinum qui regarde la vessie ; les brides de colle àcttrice avaient changé la direclion des vnisseaui éjaculoluîres, de manière que leurs ouvertures, au lieu d'élre dirigée*, comme elles le sont nalurctlemenl, vers le bout delà verge, l'étaientdans le sens contraire, c'est-à-dire vers le roi de la vessie; aussi, le sperme iie pouvant plus se diriger ters le
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bout du gland, était réQéchi vers le edté droit du col de la vessie (1). p
L'hypertrophie totale ou partielle de la prostate peut aussi changer la direction des conduits éjaculateurs et reproduire l'accident observé par de la Peyronnie.
Ce dyspermatisrae, pour me servir de l'expression de Pinel, ou cetaspermatisme, pour employer une expression qui me paratt rendre plus fidèlement ce phénomène, n'estpas' toujours la conséquence d'une lésion de la prostate ; il est tantôt sous la dépendance d'un rétrécissement de l'urètre, et tantôt sous celle de contractions spasmodiques de ce canal, et même de contractions semblables des conduits éjaculateurs.
Le diagnostic diiïérentiel de ces diverses aiïections a la plus haute importance pour le traitement, car (ouïe médication intempestive peut indéfiniment perpétuer Timpossi? bilité de l'éjaculation.
Le toucher rectal, le cathétérismc et Técoulement de l'urine sont les bases du diagnostic diiïérentiel de la lésion de la prostate et de celle de Turctre. Il est impossible qu'un examen qui tiendra compte des signes fournis par ces trois modes d'investigation ne conduise pas à l'exacte détermination du siège de la maladie.
Mais cette certitude est plus difficile à acquérir quand l'aspermatisme reconnaît pour cause un spasme nerveux. Les signes sont tous alors négatifs. Malheureusement, il est certaines lésions de la prostate, telles, par exemple, que l'induration profonde d*un de ses lobes, qui échappent h tous nos moyens d'investigations, et qui, par cela même, peuvent faire croire h un état spasmodique. Dans d'autres circon-
(4) Mémoires de V Académie de chirurgie^ t. I. — Orfila, Traité de médecine légale, 4*édit., t. I, p. 186.
668 TRODIILES ni! LA FONCTION l>'Ktr.RftTIOfl.
■tances, BU controire, une t^gèn^hypcrlropliie ilelt proslnte peut simuler ile.s il^sonircii forictionncls iloiil elle e«t (Mrfaitement innocente, et qui llenuenl bien réellement n ud étatnerveut de celle })artie des voies ii|)crn)slir|ue». C'est n qui, en effi'l, m'est arrivé bien posilitemcnt une foi». Par le toucher rcclol.j'tiviiis consUlé un dévf^loppement anormal du lobe mojcn rie la proslalc, et ji* rrUR <]iie l'impoMÏbilité (Inns laquellu se trouvait le malade il'uetwmplir !'#]•• Gulalion, n'avait pas il'nutre etm'^e que cette hypertrophie partielle <le la friande, qu'expliquaient d'ailleurs plasiearf blennorrhagies successives et mal soi^n^^es, ConTainea de la bonté de mon diagnostic, j'in^i^tai sur les émt»iort« «anguines locales, et plus je recourais k ce moven thérspealiqno rt plus il semblait nii malade que son afTeclîon ^'nfif^init. Le malade se fatigua de rinniililé de mes soiifs et alla consulter un confrère, qui, inteiii inspiré que moi, et pro- Btant probablement aussi de l'expérience fournie par mon traitement, ordonna les bains, les onctions opiacées et belladonées, les antispoHmodiques elle camplire ft l'inlérieur. Sous l'influenrc de cette médication, le mahde recouvra l'exercice normal de ses facultés f;énératrtces , et je pus constater l'erreur que j'avais commise en retrouvant intacte l'hypertrophie de la pro^tole.
Que ce fait, dont les an8lo;;ues se rencontrent tous les jours dans la pratique, et que, par un sentiment mal placé (l'amour-propre, leurs auteurs mettent grand soin ^cacher ; que ce fait soit une leçon prolîlable pour le jeune méderin, car rien n'est aussi difHcile que le diagnostic différentiel des maladies de l'appareil génital.
Mais revenons, pour les résumer, aun lésions des canaux éjiicuiflteurs el de la prostate qui mettent obstacle à la marche naturelle du sperme.
AFPBCT. DIS CANAUIC ^ACULATEUtlS ET DE LA PROSTATE. 659
Ces maladies, qui Tormcnt la première clasjte des affections de ees organes, considérées au point de vue do la stérilité, doivent se subdiviser en deux ordres : 1^ celles qui créent un obstacle permanent è la marche du sperme, et qui sont caractérisées par l'oblitération de cette partie des voies spermatiques, quelle que soit la cause de l'oblitération ; 2* celles qui ne Font que détourner le sperme de sa route naturelle et qui ne s'opposent à sa sortie que dans l'étal d'érection de la verge.
Ainsi que je lai déjà dit, l'aspermatisme, qui est lié aux affections du premier ordre, réclame une médication variable selon l'espèce de ces affections. Je ne reviendrai pas sur ce point qui m'a longuement occupé.
L'aspermatisme, caractérisé par l'impossibilité de l'éja* culation pendant l'érection du pénis, et la sortie de la liqueur séminale lorsque la verge reprend sa flaccidité, est la conséquence, sans parler encore des états morbides du canal de l'urètre, tantôt d'une lésion anatomique de la prostate, et tantôt d'un état spasmodiquedes canaux éjaculateurs, auquel participent souvent la prostate et le col de la vessie.
Dans le premier cas, lorsqu'il est possible de constater la nature de la lésion prostatique, le traitement de l'aspermatisme se confond entièrement avec celui de la lésion de la glande, puisque c'est cette lésion elle-même qui produit l'impossibilité de Téjaculation. Je n'ai point à faire ici l'histoire de ces diverses lésions, et je ne puis que renvoyer le lecteur aux traités généraux ou spéciaux de pathologie.
L'état nerveux des canaux éjaculateurs, de la prostate et do col vésicalqui, en se contractant spasmodiquement sont Peicitation vénérienne, empêchent l'éjaculation de se produire, rentre dans la seconde classe des maladies de ces organes qui, laissant complètement libre cette portion des
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