LÉSIONS PHYSIQUES DES OVAIRES
rien ne fixe cède sous la pression exercée sur lui et fuit; enfin, sans parler des obstacles ou tout au moins des embarras que crée assez souvent la présence d'une couche plus ou moins épaisse de tissu cellulaire, on ne peut prétendre eiplorer l'intérieur de Tovaire, et il faut se contenter d'apprécier seulement les conditions relatives à sa forme, i son volume et à son poids. C'est beaucoup, dira-t-on; sans doute, mais ce n'est pas assez, surtout pour la solution du problème de la stérilité.
Aussi, tout en recommandant, d'une manière expresse, de ne jamais négliger ce moyen d'investigation , j'estime qu'on ne doit lui accorder qu'un certain degré de confiance , et ne pas en faire la base exclusive de son appréciation.
Je ne dis rien des autres modes d'examen dont les ressources sont encore plus aléatoires que celles du toucher rectal, mais dont il faut cependant tenir compte, ne fût-ce que comme termes de comparaison.
Heureusement nous avons, pour marcher au milieu des ténèbres de cette nuit profonde, un guide à peu prés infaillible, et dont le témoignage égale et surpasse, à lui seul, tous les signes fournis par les moyens directs que j'ai énumérés tout à l'heure. On devine déjà que je veux parler de l'hémorrhagie menstruelle.
Sans doute, et je l'ai reconnu plus haut avec M. Bischoiï, il y a des menstruations sans hémorrhagie, et dans ces cas alors il semble difficile de décider si l'absence de l'écoulement cataménial tient à une idiosyncrasie ou à une affection des ovaires. D'abord, les faits de menstruation régulière sansQux menstruel et avec intégrité de l'organe qui fournit le sang, c'est-à-dire l'utérus, sont beaucoup moins fréquents qu'on ne pense, et doivent être relégués parmi ces
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LÉSIOlfS PHYSIQUES MÈ OVAIRES. 707
des phénomènes insolites, soit généraux, soit localisés sur un point de Téconoroie.
Si l'afTection des ovaires entraîne la suppression de Thémorrhagie utérine, l'habitude des menstrues antérieures éloigne la pensée que cette suppression est due i une idiosyncrasie ; de plus, la sécrétion, lé développement et l'expulsion de la vésicule graafienne ne se faisant plus par suite de la maladie des ovairc.«, on ne remarquera pas aux époques menstruelles les phénomènes insolites que j'ai dit remplacer Thémorrhagie cataméniale dans les cas d'intégrité des ovaires.
Comme on le voit, l'absence ou la suppression de l'écoulement menstruel, liées à une lésion des ovaires, ne sauraient être confondues avec l'absence du même écoulement menstruel dépendant d'une idiosyncrasie.
Mais, dira-t-on, par cela même que l'écoulement menstruel est produit par la face interne de l'utérus, ne peut-il pas arriver ^ue, par suite d'un état pathologique quelconque, cet organe se refuse à cette hémorrhagie, sans que pour ce motif la fonction ovarienne soit interrompue ou seulement même troublée ? Sans doute, et je reviendrai plus loin sur ce point intéressant et encore mal connu de la palhogénie utérine, la matrice peut ne pas fournir les éléments du flux menstruel, bien que l'ovaire sécrète un ovule, le porte à maturité et j'expulse. Nous retombons ici dans les cas de menstruation sans menstrues oii celles-ci sont remplacées par les phénomènes anormaux dont il a été plus haut question.
Nous sommes donc en mesure de formuler les lois suivantes, qui me paraissent être l'expression la plus exacte de la vérité.
1® La menstruition régulière, c'est-à-dire la sécrétion,
phénomène loli général, soil
2° La menstruation régui
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LÉSIONS VITALES DKS 0VAIRB8. 709
S 111. — Lésions vitales des ovaires.
Il ne peut être ici question que de cette vitalité par laquelle une vésicule est sécrétée, s'accrott et, en fin de compte, est expulsée ; les résultats des troubles de cette vitalité doivent se rencontrer sur la vésicule, et Tanatomie pathologique démontre, en elTet, que cette vésicule est soumise, pendant son évolution, h des causes d'avortement dont la source est précisément dans une altération de cette activité vitale de l'ovaire, qui lui fait sécréter, développer et expulser un ovule.
Malheureusement l'histoire pathologique de ces lésions est encore à faire; l'anatomie morbide les a seule éclairées de quelque jour, et dans la pauvreté où, sous ce rapport, se trouve la science, il nous faut bien nous contenter des études d'amphithéâtre, d'autant mieux qu'après avoir lu attentivement les observations relatives aux avortements des vési* cules de deGraaf, on peut, sans grand dommage.* au point de vue de la stérilité, appliquer à ces lésions les considérations que je viens de présenter sur les lésions organiques des ovaires.
Quoi qu'il en soit, je dois exposer ici les conclusions tirées par l'anatomie pathologique des faits observés par elle, et je ne puis mieux faire que de les emprunter è un des hommes les plus compétents en pareille matière , à M. Négrier (d'Angers).
« Les conclusions suivantes, dit-il en terminant son travail sur l'anatomie et la physiologie des ovaires, me paraissent être autant de déductions naturelles des recherches et des observations qui précèdent.
» 1* Les vésicules ovariques sont susceptibles d'éprouver des altérations qui, loin d'empêcher de reconnaître ces
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