‹ Traité de l'opération de la taille, ou mémoires anatomiques et chirurgicaux sur les différentes méthodes employées pour pratiquer cette opérationChapitre 35 sur 61 · XXXI · texte numérisé non relu

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De l'Extraction des Calculs cneaeés dans le col de

U ur'e ire.

Enfin, je vais terminer ce Mémoire en examinant si la taille recto-vésicale peut au moins remplacer utilement les moyens que la chirurgie emploie pour extraire les calculs qui sont arrêtés ou qui se développent dans le col de l’urètre.

Trois circonstances se présentent lorsqu’un calcul est engagé et arrêté dans le col de l’urètre : ou l’on peut faire pénétrer entièrement le cathéter dans la vessie malgré la présence de la pierre; ou l’on ne peut enfoncer cet instrument dans le canal de l’urètre que bien peu au-delà du sommet de la prostate; ou , enfin , le calcul est tellement volumineux , que le cathéter ne peut pas pénétrer au-delà de la portion membranense de l’urètre.

Dans le premier cas , le chirurgien , introduisant profondément le cathéter dans la vessie , n’a qu’à pratiquer immédiatement au-dessous du bulbe la taille latérale du col de l’urètre , et l’extraction du calcul est bientôt terminée.

Dans le second cas ? il incisera latéralement la

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portion membraneuse de l’urètre , immédiatement au-dessous du bulbe et dans une petite étendue, et en découvrant ainsi la cannelure du cathéter , il profitera de cette ouverture po ur introduire une sonde mince et flexible entre le calcul et le col de l’urètre , qu’il fendra le long de cette sonde, dans toute la longueur nécessaire pour mettre le calcul à découvert, et pour l’extraire avec des pinces à polypes ou une simple spatule.

Dans le troisième cas, comme il est impossible de faire pénétrer suffisamment la sonde ordinaire entre le calcul et le col de l’urètre , il faut introduire l’indicateur et le médius de la main gauche dans l’intestin rectum , et autant que possible, au-delà du point ou se trouve le calcul : alors on incise avec la main droite le col de l’urètre sur le calcul lui-même , et à-peu-près de la même manière que dans le petit appareil. Les pinces à polypes et les tenettes ne peuvent servir que très-peu ou même être inutiles pour l’extraction du calcul. Dans cette circonstance , le meilleur moyen qu’on puisse employer pour le déplacer et l’extraire du col de l’urètre , consiste à le soulever avec un levier , ainsi qu’on fit chez le sujet de l’observation suivante.

T’AILLE RECTO-VÉSICALE.

Observation.

Henri Toncini., âgé de vingt ans, serrurier, était depuis long-temps incommodé par une incontinence d’urine causée par un calcul qui s’élait arrêté dans le col de l’urètre, où il avait ensuite pris de l’accroissement. Je pratiquai la taille latérale pour en opérer l’extraction. Je fis sur la cannelure du cathéter, immédiatement au-dessous du bulbe , une petite incision à la portion membraneuse de l’urètre , par laquelle j’introduisis une sonde ordinaire, mais qu’il me fut impossible de faire pénétrer entre le calcul et la prostate. Je fus alors obligé d’inciser le col de l’urètre sur le calcul , en suivant la direction oblique de la plaie extérieure du périnée, c’est-à-dire du pubis à l’ischion , comme on le fait en pratiquant le petit appareil. Ayant ainsi mis le calcul presque entièrement à découvert , il me fut impossible de le saisir avec de petites tenettes, non plus qu’avec des pinces à polypes , parce qu’il était tellement resserré par les parois du col de l’urètre, que je ne pus parvenir à introduire et à ouvrir les mors de ces instrumens. J’eus recours alors à un élévatoire en cuiller , à l’aide duquel je le détachai facilement et l’attirai en dehors , en prenant

TAILLE RECTO-VÉSICALE,

un point d’appui pour l’instrument au-dessous de l’arcade du pubis. La grosseur de ce calcul ( 1 ) était assez considérable : il présentait, en outre, une partie saillante et rétrécie , qui s’engageait dans l’orifice de la vessie : on observait à sa face interne et postérieure un sillon creusé dans son épaisseur , par lequel l’urine pouvait s’écouler. L’incontinence d’urine dont ce malade était affecté résultait de la dilatation permanente de l’orifice de la vessie, causée par la présence de cette portion saillante du calcul.

Les accidens consécutifs à l’opération furent légers. Je pensai, plutôt d’après l’expérience des autres que d’après la mienne propre , que ce malade serait affecté de fistule urinaire. On cautérisa la plaie pendant quelques jours avec des caustiques faibles , parce qu’elle paraissait recouverte d’une couche calleuse assez dure ; et , à ma grande surprise , elle se cicatrisa complètement dans l’espace d’un mois. De sorte que ce malade n’éprouva aucune incommodité des suites de l’opération ; mais l’incontinence d’urine qui existait auparavant continua d’exister... (2)

(1) Pi. IV, Hg. 3.

(2) On peut voir une relation plus étendue de cette observation dans l’ouvrage du professeur Jacopi , intitulé 'Rapports sur V Ecole de Chirurgie pratique de Pacte , vol. II , png 66,

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