‹ Traité de l'opération de la taille, ou mémoires anatomiques et chirurgicaux sur les différentes méthodes employées pour pratiquer cette opérationChapitre 37 sur 61 · XXXIII · texte numérisé non relu

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Conclusions générales .

En résumé, on voit que i examen anatomique des parties qui sont intéressées dans la taille latérale et dans la taille recto-vésicale, pour extraire de la vessie des pierres de volume ordinaire ou plus qu’ordinaire, ainsi que le résultat des opérations de taille latérale proprement dite, et ceux obtenus par la taille recto-vésicale , démontrent évidemment que le premier de ces procédés est bien supérieur au second.

Quant aux cas dans lesquels le calcul est d’un volume extraordinaire, il est également évident, d’après la disposition anatomique déjà signalée, que dans la taille recto-vésicale l’ouverture trèsétendue, qui est alors nécessaire , exigeant une incision qui comprend la portion membraneuse de l’urètre, le col de l’urètre , l’orifice de

TilLLE R E C T O - Y E S I G À L E .

la vessie et une partie de son bas-fond , on blesse inévitablement les vaisseaux éjaculatcurs, l’une ou l’autre des vésicules séminales et le conduit défèrent correspondant; de plus, ou court les risques d’inciser le repli du péritoine qui descend entre la vessie et le rectum; et enfin, le malade reste affecté d’une fistule sterco-urinaire. Toutes ces circonstances suffisent pour prouver que , dans ces cas , la taille recto-vésicale est non-seulement bien inférieure à la taille latérale , mais même a la taille hypogastrique , ainsi qu’aux procédés employés pour extraire les calculs engagés dans le coi de l’urètre.

D’un autre côté , si l’on considère la taille recto-vésicale sous le rapport des symptômes locaux et généraux qui se développent consécutivement à l’opération , et relativement aux

résultats cliniques obtenus dans les Ecoles de Chirurgie de Turin , de Paris ( 1) , et même ceux

(i) « A l’Ecole de Chirurgie [pratique de Turin, sur cinq individus opérés de la taille recto-vésicale selon les règles prescrites par le professeur Vacca , trois succombèrent, tandis que on%e autres calculent , qui sc trouvaient à -peu- près dans les mêmes circonstances que ces premiers , et qui lurent opérés par la taille latérale , guérirent tous parfaitement et en peu de temps.

« M. le professeur Dupuytren ayant pratiqué la taille recto,, vésicale d’après la méthode de Vacca, a perdu tous ses opérés.

ïSz TAILLE RECTO-VÉSICALE.

de l’École Clinique de Pise, on reconnaît , de la manière la plus positive ? que l’intensité des

« Ayant été interpellé un jour s'il voulait tenter encore l’opé- » ration recto-vésicale , il secoua la tète pour toute réponse. » Le docteur Sanson, qui jusqu’ici avait été simple specfa- » teur, et qui avait assisté M. Dupuytren , voulut aussi tenter :» quelques opérations de ce genre : il opéra un enfant de

quatre à cinq ans, qui mourut peu de jours après d’une » entérite et d’une péritonite. A la fin du même mois, il » opéra un autre enfant un peu plus âgé , qui , à l’époque de v mon départ de la capitale, était encore à l’École de per- » fectionnement , languissant, près du tombeau, et si près , » que M. Sanson n’allait plus le voir, dans la crainte de le » trouver mort ( pag. 38 ). » Riberi , Rciggiiaglio di tredici Cistotomie , Torino , 1822.

Tout en convenant avec M. Sanson que Torlis a exagéré les faits, cependant nous nous en rapportons à ce que M. Sanson lui-même écrit au rédacteur du Journ. compî. du Di et , des Se. méd. , mars 1820 , pag. 87. « Depuis le malade m qui fut le sujet de la première observation, M. Dupuytren » n’a plus pratiqué la taille recto-vésicale ni à l’Hôtel-DJeu , « ni en ville : depuis cette époque , ce célèbre professeur n’a » plus employé que l’appareil latéral. »

Cette circonstance démontre suffisamment que cet habile chirurgien n’a pas été satisfait de la taille recto-vésicale , qu’il n’aurait certainement pas abandonnée , si elle ne lui avait présenté que de légers inconvéniens (*).

(*) Quant à l’opération de la taille recto-vésicale chez les enfans , elle a donné lieu à M. Janson , chirurgien en chef du grand Hotel-Dieu de Lyon , de faire quelques remarques pratiques que je crois utile d’indiquer ici.

« En 1822, dit il, nous avons tenté la nouvelle méthode

TAILLE RECTO-VÉSICALE.

accidens locaux et généraux qui résultent de la taille recto-vésicale est portée très-fréquemment au plus haut degré et peut faire courir les plus grands dangers aux malades ; tandis qu’on

» recto-vésicale , qui commençait à prendre faveur. Nous la » pratiquâmes pour lapremière fois sur un enfant âgé de trois » ans et sur un jeune liornme à la fleur de l’âge : ces deux » essais furent des plus heureux. L’enfant sortit au bout de » six semaines complètement guéri et sans fistule , et le » jeune homme après cinq mois , avec une fistule , qui s’obli- » léra bientôt. »

M. Janson, après avoir rapporté deux autres exemples de guérison par ce procédé chez l’adulte, ajoute : « L’expé- » rience nous porte à penser que cette méthode n’est pas aussi » avantageuse chez les enfans en bas âge. Nous en avons taillé v deux de cette manière au printemps de iôsô , et ils ont suc- » combé l’un et l’autre à une violente inflammation de i’ahdo- » men. Quand on réfléchit qu’à cette époquede la vie l’intestin » rectum, doué d’une sensibilité exquise , doit ajouter à la a gravité des accidens inflammatoires; quand on pense aux » entraves que doit apporter â l’exécution de cette opération » la chute si fréquente de cet intestin ; enfin , si l’on réfléchit » q«e chez l’enfant l’hémorrhagie n’qst pas plus à craindre , » et l’introduction du doigt dans la vessie tout aussi facile par » toute autre méthode , on conviendra que la taille recto- » vésicale n’offre pas pour lui les mêmes avantages que pour w l’adulte , et surtout pour les personnes d’un embonpoint » extrême. Aussi, dans ces circonstances, nous y avons re- » nonce , tout en poursuivant nos recherches dans les cas où » elle paraissait mieux indiquée. »Yoy. Archiv* gcn. de Mêd ., tom. YI Extrait du Compte rendu , etc., etc. ( Addit. du Trad. )

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n’observe* que très-rarement des accidens aussi graves après la taille latérale . Les observations de guérison qu’on cite en faveur de cette nouvelle méthode ne sont d’aucune valeur pour prouver sa supériorité ; car ceux qui pratiquaient le petit appareil ont eu des succès, et qui ne furent pas moins nombreux que ceux qu’annoncèrent les partisans outrés du grand appareil . Les auteurs qui ont pratiqué la taille latérale , suivant une route plus sûre pour arriver au perfectionnement de ce procédé, démontrèrent combien les deux méthodes précédentes étaient imparfaites. Plus tard , on ne regarda pas cette opération ( la taille latérale ) comme le moyen le plus avantageux pour extraire une pierre de la vessie , uniquement parce qu’on obtenait ainsi un plus grand nombre de guérisons que par les autres procédés , mais parce qu’on reconnut , d’après les principes établis par Ledran et les chirurgiens les plus célèbres , qu’elle était basée sur la structure et les fonctions des parties intéressées dans l’opération , et qu’elle était , par cette raison , plus rationnelle dans son application qu’aucune des méthodes connues , opinion qu’on a d’ailleurs toujours conservée.

Les progrès que l’esprit humain fait chaque jour dans les sciences et les arts porteront peut-

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être Ja taille latérale à son dernier degré de perfection ; mais jusqu’à présent l’on n’est pas parvenu à ce résultat, et l’on ne peut citer, sous ce rapport , la taille recto-vésicale ; opération qui , à tous égards , est très-imparfaite, et que je regarde comme peu digne des connaissances que notre siècle a acquises en anatomie humaine et en la chirurgie opératoire.

TAILLE RECTO-VÉSICALE.

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