‹ Traité de l'ophthalmie, la cataracte et l'amauroseChapitre 16 sur 70 · RIT1S · texte numérisé non relu

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agi avec moins d'intensité et pendant un laps de temps plus court.

Terminaisons. — Je n'en connais que trois :

1° La résolution. ]Nul doute que les effets seuls de la nature, aidés tout au plus par un régime convenable, ne puissent amener ce mode de terminaison , quand l'affection est simple , jî* est-à-dire bornée uniquement à la séreuse , sans complication iïuvéite. Un traitement approprié finit toujours par triompher de l'iritis séreux, même quand il a duré long-temps, dans les cas où il n'est accompagné d'aucune lésion coexistante.

2° La transition de la phlegmasie au parenchyme de l'iris. Quand cette terminaison survient , l'iritis séreux coïncide avec l'iritis parenchymateux. Le premier joint alors ses caractères à ceux de l'iritis proprement dit , lesquels éprouvent toujours quelques modifications. Dans ce cas, les attributs symptomatiques des deux maladies combinées l'une avec l'autre , sont plus difficiles à reconnaître et à isoler.

3° L'inflammation qui, dans le principe, siège dans la membrane qui tapisse l'iris en avant , peut enfin gagner une ou plusieurs des autres membranes oculaires. L'iritis séreux cesse quelquefois alors d'exister , mais il subsiste dans la plupart des cas. On s'expliquera facilement la raison de ce phénomène en pensant que l'invasion d'une phlegmasie nouvelle provient des mêmes causes qui primitivement ont produit l'iritis , causes qu'on a négligées , ou qu'on n'a pu réussir à combattre.

Pronostic.- — Il résulte de ces considérations sur les différents modes de terminaison de l'iritis séreux , que cette affection est peu grave, quand elle est rationnellement traitée, et qu'elle cesse même par la seule force médicatrice de la nature , lorsque les causes qui ont présidé à son développement cessent d'agir.

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Toutes les fois, cependant, que la maladie a été reconnue, on se gardera bien de se confier aux seuls efforts de la nature , puisque cette affection peut être suivie de l'iritis parenchymateux, lésion qui , très probablement, ne se développe, dans la plupart des cas, qu'après une invasion d'iritis séreux.

Traitement. — Nous l'exposerons en même temps que celui de l'iritis phlegmoneux , pour éviter des répétitions oiseuses.

B. Deuxième espèce: ihitis parenchymatelx od phlegmoneux; inflammation DO TISSU PBOPRE DE l/lRIS.

Premier degré.

Caractères anatomiques. — Lorsque l'iritis séreux a existé pendant quelque temps , et que ses symptômes sont arrivés à leur maximum d'intensité , il survient un nouvel ordre de phénomènes qui annoncent le début d'une inflammation dans le tissu propre de l'iris. La contraction de la pupille augmente alors déplus en plus, et finit même par devenir permanente; l'iris paraît complètement immobile. Cependant, si l'on examine avec attention les phénomènes morbides, l'on verra qu'une transition brusque d'une lumière vive à l'obscurité, ou de l'obscurité à la lumière , est encore susceptible de provoquer la dilatation ou la contraction de la pupille. Cette dilatation et cette contraction sont lentes, mais néanmoins sensibles; elles ne s'exécutent pas régulièrement sur tout le bord pupillaire, comme dans l'état normal, mais elles sont plus marquées dans certains points de la circonférence de la pupille que dans d'autres. Celleci conserve cependant encore sa forme ronde ; elle n'est point ovalaire ou anguleuse; on n'y voit ni angles saillants, ni échancrures , ni sinuosités. Si les mouvements de l'iris sont peu sensibles ou douteux , on peut toujours les rendre plus apparents par une instillation entre les paupières de quelques gouttes d'une solution narcotique , à la suite de laquelle la pupille se dilate considérablement , mais rarement d'une ma-

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nrere régulière , car elle devient presque toujours anguleuse y sinueuse et difforme.

Le fond de l'œil perd sa teinte noire ; il devient trouble , terne ; il est comme rempli d'une légère fumée ou d'un nuage; il semble grisâtre, ou un peu jaunâtre. L'usage de la loupe rend ces changements plus apparents. Ce trouble commençant et l'irrégularité de la forme pupillaire tiennent moins à l'inflammation de l'iris qu'à celle de la capsule antérieure , dans laquelle un certain degré de phlegmasie accompagne très souvent l'iritis.

L'humeur aqueuse perd sa limpidité normale , et devient également trouble. Le limbe brun ou noirâtre de la pupille est plus pâle , plus étroit, plus inégal que dans l'état physiologique; il subit des changements que nous décrirons en traitant de l'uvéite.

L'iris se gonfle , se rapproche de la cornée 9 et rétrécit la chambre antérieure. Cette turgescence de l'iris n'a lieu, selon Béer, que quand le grand cercle est déjà considérablement décoloré ; nous l'avons observée à une période bien moins avancée. Au lieu de se porter en avant et de se rapprocher de la cornée , l'iris peut encore se rétracter en arrière , et être tellement retenu dans cette position , que la capacité de la chambre antérieure se trouve augmentée ; mais ces cas sont rares et exceptionnels. Ce phénomène, suivant M. Rosas, semble se manifester plus fréquemment dans le premier degré de l'iritis, et provient d'une sécrétion plus copieuse de l'humeur aqueuse . « L'humeur aqueuse , dit M. Rosas , est sécrétée plus abondamment, et l'iris est un peu refoulé en arrière. » Ce phénomène est pour nous exceptionnel , et il trouve une explication bien plus naturelle dans un degré marqué dHuvéite, savoir de ciistalloïdite antérieure ; il n'existe presque jamais sans cette inflammation qui produit des adhérences memforaniformes étendues entre la surface postérieure de l'iris et

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la face antérieure delà capsule. ( Voir uvéitis). L'anatomie pathologique vient d'ailleurs à l'appui de notre opinion.

Mais les changements les plus intéressants, les plus essentiels et en même temps les plus manifestes sont ceux qui surviennent dans la couleur et dans la texture de l'iris. Ils sont toujours un peu plus marqués dans le petit cercle, sur lequel on les reconnaît avant que le grand cercle ne paraisse véritablement malade. La couleur du petit cercle s'altère de bonne heure; bientôt une décoloration semblable a lieu dans le grand cercle. Quelle que soit la teinte morbide que revêt l'iris, toujours elle s'explique parfaitement, et peut même être indiquée d'avance, d'après la couleur de l'iris sain , si l'on ajoute à celle-ci une teinte rouge , teinte qui n'a pas toujours la même intensité , et qui tantôt est plus pâle, tantôt plus foncée. C'est ainsi qu'un iris d'un brun foncé devient d'une teinte brun-rougeâtre ; un iris d'un brun clair devient rougeâtre ou orangé avec un mélange de brun ; un iris bleu devient vert ou verdâtre ; un iris d'un" gris bleuâtre devient verdâtre avec un mélange de gris; un iris verdâtre devient jaunâtre , etc.

Cette altération dans la couleur de l'iris commence dans le petit cercle de cet organe ; ce n'est qu'à une période plus avancée de la maladie qu'elle se manifeste aussi dans le grand cercle. La coloration nouvelle qui survient n'est , dans tous les cas, qu'une modification de la coloration physiologique préexistante ) ainsi quand les deux cercles diffèrent dé couleur dans l'état normal , ils diffèrent également sous ce rapport dans l'état pathologique ; en outre, la coloration normale du petit cercle étant toujours plus foncée que celle du grand cercle , la teinte morbide du premier est aussi beaucoup plus foncée que celle du second.

Selon M. Rosas, le petit cercle de l'iris devient vert dans les yeux d'une nuance claire ; des observations attentives m'ont amené à un autre résultat ; dans les yeux bleus, le petit cercle

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a presque toujours une teinte d'un gris d'acier qui , durant l'état de phlogose, se change en une teinte verdàtrepeu tranchée, tirant sur le violacé , le gris rougâtre ou même le gris brunâtre. Je suis d'accord avec M. Rosas et avec les autres oplithalmologistes, quant à ce qui concerne les yeux bruns; dans ce dernier cas, la teinte d'un brun rougeâtre du petit cercle devient, dans l'état de maladie, plus rougeâtre ou même orangé.

Ainsi , dès que la contraction de la pupille est devenue un peu considérable , le petit cercle commence à prendre une cor loration nouvelle , qui , comme nous l'avons précédemment exposé, est le résultat d'une combinaison du rouge avec la couleur naturelle de la membrane ; nous n'oublierons pas de mentionner que la nuance qu'offre l'iris est toujours un peu terne, vu la coexistence de l'inflammation de la séreuse, qui ne jouit plus de sa diaphanéité normale. La surface du petit cercle devient moins lisse ; ses stries commencent à s'effacer ; elles se couvrent d'un tissu floconneux et tomenteux. D'après les auteurs , l'altération dans la couleur et les divers phénomènes morbides que l'on remarque dans l'iritis ont leur premier début auprès dubord pupillaire ; nous avons au contraire le plus souvent trouvé leur point de départ sur la limite extérieure du petit cercle de l'iris , voisine du grand cercle de cette membrane ; cette circonstance semble s'expliquer par la couronne vasculaire placée dans cet endroit et envoyant dans toutes les directions, mais d'abord vers le petit cercle, des ramuscules d'un rouge plus ou moins foncé , de la présence desquels la décoloration de la membrane malade dépend principalement.

C'est donc dans le petit cercle que se manifestent au début de la maladie les premières modifications de la couleur et de la texture de l'iris. Enfin la couleur du grand cercle ne tarde pas aussi à subir l'influence de l'inflammation ; la nuance nouvelle

(ju^il contracte s'établit d'après les principes que nous avons exposés précédemment.

Béer ne mentionne pas l'altération de texture qui se manifeste dans la première et dans la seconde période de l'iritis ; il dit seulement que dans la première période l'iris semble couvert d'un léger brouillard.

Cette membrane frappée d'inflammation est encore le siège de phénomènes divers. Ainsi la surface du grand cercle finit par perdre son aspect lisse et luisant , et se couvre aussi d'une matière floconneuse , moins appréciable cependant à l'œil nu que dans le petit cercle. Quand la maladie existe depuis plus long-temps , cette substance floconneuse devient plus abondante ; les stries de l'iris et les sillons plus profonds qui les séparent , jusqu'alors très distincts encore , ne se voient plus qu'au travers d'une gaze qui devient de plus en plus épaisse ; et finalement ils s'effacent , et leur existence peut à peine être constatée.

Si , lors de ce premier degré de l'iritis parenchymateux , on examine avec attention l'organe malade à la loupe , on voit , dans un grand nombre de cas^ un phénomène que son importance rend digne d'intérêt, dont l'aspect même est gracieux , s'il est permis de se servir de cette expression quand on traite des misères humaines. Sur la limite existant entre le petit et le grand cercle est une couronne formée par des vaisseaux d'un rouge vermeil , et d'une extrême ténuité ; ces vaisseaux suivent les échancrures périphériques du petit cercle. Du bord convexe de cette couronne vasculaire partent des minuscules , qui se dirigent vers le grand cercle, s'y dichotomisent plusieurs fois et se terminent par des ramifications imperceptibles; et du bord concave du même anneau vasculaire dérive une infinité d'autres petits vaisseaux, très fins, parallèles entre eux, pénétrant dans le petit cercle , et se perdant enfin près du bord pupillaire , ou dans le bord lui-même. Nous ne connaissons

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aucun auteur qui ait décrit avec exactitude cette disposition vasculaire que l'on rencontre sur le cadavre quand on injecte l'iris , et sur le vivant seulement quand cette membrane est frappée de phlegmasie.

Quelques ophthalmologistes , il est vrai, ont parlé de vaisseaux sanguins apparents dans l'iris frappé d'inflammation ; mais ils n'ont mentionné ni la forme ni les ramifications de ces vaisseaux , et ils n'ont point indiqué avec précision la période de l'iritis dans laquelle existent ces vascularités , ce qui cependant nous paraît de la plus haute importance. D'après notre expérience, ce n'est que dans le premier degré de la maladie et avant même le terme de ce premier degré que l'on observe l'injection que nous avons décrite , circonstance qui s'expliquera très naturellement dans la suite.

L'injection dont nous avons tracé les caractères se manifeste dans l'iritis dès le début de la première période ; elle est très fine alors , à peine perceptible, et c'est elle qui donne au petit cercle une teinte rongeâtre. Les vaisseaux qui la composent semblent produire deux espèces d'épanchements, l'un séreux et mêlé avec une certaine quantité de la matière colorante du sang, l'autre fibro-albumineux. C'est le premier épancliement qui, joint à une foule de petits vaisseaux ramifiés dans l'iris, fait entrer dans la teinte morbide de cette dernière membrane la couleur rouge, ce qui est clairement démontré par les terminaisons des vaisseaux dans des plaques d'une couleur rouge pâle existant dans le grand cercle. L' épancliement fibro-albumineux couvre les rayons de l'iris ainsi que les vaisseaux injectés , parties plus ou moins masquées par cet épancliement. Interposé entre les fibres de cette membrane , il en altère la structure d'une manière notable ; la matière fibro-albumineuse épanchée sur l'iris en rend la surface inégale, tomenteuse, villeuse, surtout dans le petit cercle, disposition que la loupe rend plus évidente. En outre , l'épaississement de l'iris qui en ré-

suite, joint au gonflement qu'éprouve cette membrane enflammée, diminue la capacité delà chambre antérieure.

Quand l'injection vasculaire a acquis un haut degré de développement , elle peut être constatée à l'œil nu , au moins dans quelques parties de l'iris. Une bonne loupe en rend l'examen plus facile ; lorsqu'on a étudié préalablement l'injection avec cet instrument, on la retrouve partiellement sans son secours. Quelques jours après la naissance des vaseulari- %és, du sang épanché entre les vaisseaux les réunit en faisceaux, d'où résultent des plaques d'un rouge paie dans certains endroits, d'un rouge foncé dans d'autres; plus tard des taches d'un rouge plus sombre , brunâtre quelquefois , surviennent au centre de quelques unes de ces plaques ; en même temps l'anneau vasculaire commence à pâlir; il se décolore peu à peu, et les plaques rouges qui tantôt sont très nombreuses et presque confluentes , et tantôt sont discrètes , finissent par se décolorer graduellement; pendant quelques jours elles laissent dans les parties qu'elles occupaient une teinte d'un rouge clair; enfin celle-ci disparaît également, et dès lors aucune trace de l'ancienne existence de ces plaques vasculaires ne peut plus être constatée. Dans d'autres cas , au contraire, l'épanchement de lymphe plastique exsudée à leur surface soustrait celle-ci de bonne heure à l'œil de l'observateur ; ainsi , plus l'iris est tomenteux, moins est sensible dans cette membrane phlogosée la couleur rouge.

Caractères physiologiques. — ■ Tout ce que nous avons dit à l'article Iritis séreux au sujet de l'absence de photophobie , de larmoiement et d'injection siégeant sur d'autres membranes oculaires, est également applicable à l'iritis parenchymateux dans les deux degrés de cette affection. Quand ces symptômes existent, ils sont accidentels, et dépendent de la propagation de la phlegmasie à d'autres tissus , et en particulier à la rétine. La plupart des auteurs ne semblent point partager cette opinion ;

8o mina.

nous ia croyons cependant conforme à l'observation, et elle ressort même des assertions des ophthalmologistes qui ont écrit sur cette importante matière. Si, par exemple, vous parcourez l'excellent ouvrage de M. Mackenzie, vous y verrez la photophobie et le larmoiement figurer au nombre des caractères essentiels et constants de l'iritis arrivé au second ou au troisième degré ; et à son article sur la rétinite, cet auteur vous indiquera les mêmes symptômes comme caractéristiques de l'inflammation de la membrane nerveuse oculaire. M. Juengken prétend aussi qu'il existe dans l'iritis une sensibilité exquise , une violente photophobie , et un épiphora abondant , symptômes qui s'exaspèrent par la fatigue de l'organe malade , et baissent avec l'inflammation de l'iris. Le même auteur ajoute que, dans la seconde période , les bords palpébraux deviennent d'un rouge foncé , et que , dès que la conjonctive commence à rougir, l'œil sain souffre sympathiquement et devient photophobe. Béer indique une photophobie toujours croissante dès le commencement; suivant lui , la rougeur du globe oculaire, peu considérable dans la première période, n'est nullement en harmonie avec l'intensité et le danger de la maladie , car la sclérotique seule présente une injection d'un rose pâle.

Les opinions des ophthalmologistes que nous venons de citer doivent être selon nous rectifiées de la manière suivante : la photophobie n'est pas un symptôme propre à l'iritis , mais à la rétinite ; une invasion de rétinite doit donc être admise , dès que la photophobie survient. Nous en dirons autant d'un orand nombre de caractères qui d'ordinaire sont vaguement rapportés à l'iritis et à l'uvéite et qui en définitive n'appartiennent réellement qu'aune cristalloïdite antérieure, complication très fréquente et presque habituelle de l'iritis , vu le court espace qui sépare l'iris de la capsule antérieure, comme nous le démontrerons tout à l'heure. JNous ajouterons que la sensibilité de l'œil et l'épiphora augmentent ou diminuent

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d'intensité suivant la violence croissante ou décroissante de l'iritis dont ils suivent la marche, et que la photophobie est d'autant moins forte que la quantité et l'épaisseur de la lymphe plastique épanchée sont plus considérables.

La douleur qu'éprouvent les malades affectés d'iritis a été regardée avec quelque raison comme un signe pathognomonique de cette maladie. Ce serait une erreur de croire que ce symptôme est constant dans l'iritis aigu ; il peut quelquefois manquer, mais cela est rare. Ce n'est pas dans le globe oculaire que se fait sentir la douleur ; cet organe en est presque exempt , et il n'éprouve qu'une sensation de tension et de pression gênante, qui siège au fond de la cavité orbitaire. Dans les iritis aigus, quels que soient d'ailleurs leur nature et leurs caractères particuliers, la douleur occupe le front et les tempes. Elle est en général très violente , lancinante et presque toujours en rapport avec l'acuité de FafFection ; moins intense dans la journée, elle s'exaspère le soir, d'ordinaire vers neuf ou dix heures, et ne cesse qu'après minuit, après avoir fait éprouver au malade des souffrances atroces. C'est surtout pendant son exacerbation que la matière fibro-albumineuse est exsudée aux faces antérieure et postérieure de l'iris et dans la pupille. Celle-ci se rétrécit peu à peu, devient de plus en plus grisâtre , d'un gris jaunâtre et opaque ; elle se remplit d'une matière plastique qui forme la base d'une fausse membrane ; enfin l'oblitération de l'ouverture pupillaire et partant la cécité deviennent imminentes.

Quand l'iritis est à son début , le symptôme dont nous venons d'énumérer les caractères est loin de sévir avec autant de violence. Le malade n'éprouve que quelques élancements passagers dans l'œil ou dans la région sus-orbitaire , élancements qui peuvent se manifester périodiquement et qui sont en général d'une durée plus longue à chaque retour.

Les auteurs (jiii dnt écrit sur l'iritiâ, ifeér, Schmidt é MM. Juengkcn, Mackerizie > Rosas , etc.j n'oilt pas oublié de mentionner la douleur qui existe dans cette affection. Suivant M. Juengken, elle précède même les changements dans la couleur et la mobilité de l'iris. Dès le début de la maladie, dit Béer, et dès que la contraction de la pupille commence à s'opérer , une douleur obtuse et tensive se fait sentir au fond de l'œil ; le malade compare la sensation qu'il éprouve à la pression qu'exercerait un doigt qui comprimerait le globe oculaire/ La violence de la douleur croît avec l'intensité de l'inflammation, et à la fin de la première période la douleur s'étend jusqu'au vertex , de telle sorte que les élancements que le malade éprouve dans la tête s'exaspèrent sous l'influence de la cause la plus légère, telle que l'attouchement de l'œil, etc. La douleur que l'iritis aigu occasionne a été parfaitement localisée par Schmidt, qui dit qu'elle est rémittente et qu'elle occupe la région sourcilière , le front et la tempe du côté de l'œil affecté , et peut même s'étendre jusqu'à l'occiput.

L'absence du symptôme qui vient de fixer notre attention peut être regardée comme exceptionnelle. J'ai vu cependant des cas où des iritis très aigus ont parcouru leurs différents degrés , sans la moindre douleur autour de l'orbite. Mes observations à cet égard sont entièrement confirmées par celles d'un excellent ophthalmologiste, M. Mackenzie.

Dès le début de la première période de l'iritis , la vue est trouble, et les objets paraissent au malade comme couverts d'une gaze légère ou entourés d'un brouillard grisâtre. Ce trouble est en raison directe de l'opacité que l'on découvre dans la pupille , opacité qui doit être attribuée à l'inflammation de la capsule et au dépôt fibro-albumineux qui existe sur cette membrane. Des bleuettes, des étincelles, des éclairs (photopsies ) sont quelquefois aperçus par le malade ; elles indiquent

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toujours un trouble sympathique de la rétiiië ôti Une hypéré» mie secondaire ou primitive de cette membrane , altération qui coexiste avec l'iritis.

Cette affection peut encore avoir un retentissement dans les appareils circulatoire, digestif, etc., moins souvent cependant que ne le disent les auteurs. Quelquefois le pouls est dtir, le malade est agité , la langue est rouge et sèche, la soif ardente, la constipation opiniâtre, la peau chaude, etc. J'ai vu dans un grand nombre de cas ces symptômes manquer entièrement. Tel est le premier degré de l'iritis parenchymateux.

Deuxième degré ( 3e période de M. Mackenzie et de quelques autres auteurs).

Dans le second degré de la maladie, tous les symptômes précédemment décrits augmentent d'intensité. Le brouillard dont les objets semblent couverts devient de plus en plus épais, et il est noirâtre. La pupille se rétrécit encore, et l'immobilité de l'iris est complète. La transition la plus brusque de l'obscurité profonde à la lumière la plus vive et les instillations d'une forte solution d'extrait de belladone ne sauraient plus agir sur la pupille qui reste immobile. La régularité de ses bords peut persister jusqu'au dernier moment; d'autres fois elle devient plus ou moins anguleuse , ainsi que Béer l'a fait remarquer. Il peut arriver qu'elle soit réduite au volume d'une petite tête d'épingle ou qu'elle soit complètement effacée. Le plus ordinairement la matière fibro-plastîque exsudée fait adhérer ses bords entre eux , et soude l'iris à la capsule antérieure du cristallin , si un traitement convenable ne prévient point ces accidents funestes.

A mesure que l'inflammation fait des progrès , la substance fibro-albumineuse qui se dépose dans la chambre postérieure devient de plus en plus copieuse , épaisse et d'une couleur foncée , bien qu'elle conserve toujours une teinte d'un gris jaunâtre. La vision, dont le trouble augmente en même temps

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que la pupille se resserre et que répanchement fibro-albumineux se forme , s'éteint peu à peu, et finalement elle se réduit à la simple perception de l'ombre des objets présentés au malade ou que l'on agite devant lui ; et lorsque répanchement est très épais , à peine peut-il distinguer la lumière d'avec les ténèbres. Dans les cas d'une inflammation des plus violentes , et quand la rétine y participe, la faculté visuelle peut être complètement éteinte.

Dans le second degré de l'iritis la membrane phlogosée se gonfle parfois tellement qu'elle s'applique contre la paroi interne de la cornée , de telle sorte que la chambre antérieure est complètement effacée, et la sécrétion de l'humeur aqueuse totalement abolie. Il peut encore arriver que le gonflement de l'iris rétrécisse seulement la chambre antérieure , dont la capacité est encore diminuée par la matière fibro-albumineuse déposée sur la partie antérieure de l'iris. Dans le cas où la turgescence de l'iris est telle que celui-xi s'applique contre la face postérieure de la cornée , on a tout lieu de craindre d'après les auteurs un staphylôme total de l'iris et de la cornée. Il n'en résulte, pour nous , le plus souvent dans ce cas d'ailleurs fort rare , qu'une synéchie antérieure complète.

Quand la désorganisation de l'iris ett arrivée à ce point, il est impossible de dire quelle a été sa couleur normale. La coloration nouvelle qu'il a contractée est d'un brun rougeâtre mêlée à celle de la matière plastique dont il est couvert. On chercherait vainement dans cette membrane quelques vestiges de son ancienne organisation j les fibres et les sillons ont disparu ; on ne les retrouve plus, même à la loupe. On dirait que l'iris a été barbouillé avec un pinceau préalablement trempé dans de la colle. En quelques points les rayons semblent avoir été disjoints par de la matière albumineuse épanchée derrière l'iris , et dans les interstices qui séparent ces rayons , la fausse membrane, molle encore, fait hernie. Elle est tantôt brunâtre

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à cause du pigmentum dont elle est enduite , tantôt elle offre sa teinte naturelle, c'est-à-dire une couleur d'un gris jaunâtre, quelquefois argentin , le pigmentum ayant disparu des endroits qu'occupe la procidence , soit qu'il ait été détruit , soit tm'il existe encore sur la surface postérieure de l'iris et aux bords de l'interstice nouvellement formé. Les tumeurs albumineuses dont nous venons de parler présentent de petits bourrelets le plus souvent d'un gris brunâtre et constitués par des espèces d'ampoules visibles à l'œil nu. Cependant elles sont assez rarement la suite de l'iritis aigu ; c'est presque toujours l'iritis chronique qui les produit, et cette désorganisation s'opère principalement dans le grand cercle.

Dans la seconde période de l'iritis parenchymateux , les souffrances s'exaspèrent de plus en plus ; elles arrachent des cris au malade, et le privent du repos et du sommeil. La lièvre est presque toujours intense.

Les symptômes qui viennent d'être décrits sont à peu près constants. Il existe d'autres phénomènes qui, quelquefois, se manifestent dans cette seconde période, mais qui manquent dans le plus grand nombre des cas, tels que le dépôt sur la face antérieure de l'iris et au fond de la chambre antérieure d'une matière puriforme (hypopyon) et la formation d'abcès dans l'iris. Nous en parlerons quand nous traiterons des terminaisons de la maladie.

Marche de l'iritis parenchymateux. — Elle peut être suraiguë , aiguë ou chronique. La forme suraiguë est la plus rare ; elle se termine au bout d'un petit nombre de jours ; je ne l'ai jamais observée. L'iritis aiguë est assez fréquente; mais la forme chronique est celle qui existe le plus ordinairement. La difficulté du diagnostic, la lenteur de la marche de l'affection , les symptômes peu manifestes et pour le malade et pour le médecin , enfin l'absence de toute sensation douloureuse, sont les motifs pour lesquels cette forme in-

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sidieuse d'iritis passe souvent inaperçue dans le principe, et n'est appréciable plus tard que par les altérations secondaires qu'elle détermine.

La marche de la maladie que nous étudions peut encore offrir des différences d'après son point de départ, qui tantôt est dans l'iris lui-même , tantôt dans les membranes externes de l'œil, tantôt enfin dans les membranes internes. Les cas d'inflammation débutant primitivement dans l'iris, sans phlegmasie siégeant dans une autre membrane, ou dans les annexes oculaires , sont assez communs; c'est presque toujours dans la séreuse que la maladie prend alors naissance (Y. iritjs séreux), et elle parcourt les différents degrés que nous avons indiqués plus haut. Ce serait une erreur de croire que l'inflammation commence toujours dans la séreuse et sur la partie antérieure du tissu propre de l'iris ; très fréquemment elle débute sur la surface postérieure de cette membrane , et presque toujours, dans ce cas, elle est due à une inflammation qui siégeait d'abord dans la cristalloïde antérieure , et qui s'est ensuite propagée à l'iris.

Il peut encore arriver que l'iritis succède à une kératite , et plus fréquemment encore à une sclérotite. Je ne l'ai jamais vu suivre une simple conjonctivite sans que l'inflammation ait gagné la sclérotique sous-jacente. L'iritis survient parfois à la suite d'une rétinite ; mais la choroïdite et la cristalloïdite antérieure sont de toutes les inflammations celles dont les progrès et l'extension par contiguïté produisent le plus souvent l'iritis. (Y. dvéite et iritis arthritique. )

La plupart des auteurs prétendent, ainsi que nous l'avons déjà observé , que l'inflammation de la conjonctive, de la sclérotique, etc. , accompagne l'iritis d'une manière constante. Nous pensons que la grande fréquence des cas dans lesquels l'iritis est compliqué de ces diverses inflammations , et peutêtre une observation peu attentive, ont donné naissance à cette

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opinion qui nous paraît erronée. Si, en effet, l'iritis aigu se présente le plus souvent avec un cortège de phénomènes inflammatoires dans d'autres tissus de l'œil , au moins il suffit de l'iritis chronique pour nous montrer que la coexistence de ces différentes inflammations n'a rien d'essentiel, de constant et de pathognomonique.

Variétés. — Jusqu'à ce jour je n'ai point encore vu Virais partiel , tel que le décrit M, Mackenzie. J'ai constamment observé que l'inflammation envahissait toute la membrane ; cependant, l'altération de couleur et de texture plus marquée dans certaines portions de l'iris, et en général un développement plus considérable des symptômes dans tel point plutôt que dans tel autre, doivent noi;S faire admettre qu'une portion de l'iris peut être phlogosée avec une intensité plus forte que d'autres parties de la membrane, et dès lors il est présumable que celle-ci est susceptible de s'affecter partiellement. M. Mackenzie s'exprime en ces termes au sujet de l'iritis partiel : « Il est possible qu'une partie seule de l'iris soit en- » flammée; quand l'action inflammatoire a cessé, il ne reste » qu'un seul filament de matière opaque dans la pupille , qui >- d'ailleurs est transparente; ce filament plastique s'étend » d'un bord à l'autre de l'ouverture pupillaire, tandis que » le reste de la pupille est libre et mobile. » Outre ces filaments placés dans la pupille et touchant la capsule antérieure, qui sont assez rares, nous en avons vu un, dans un cas particulier, tendu au devant de cette ouverture et de l'iris, d'un point de la surface antérieure de cette membrane à un autre point situé du côté opposé de cette même surface.

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